« Les lettres, c’est de la copie qui n’est pas payée. » Théophile Gautier.

Le mystère Sherlock, J.M. Erre.

Publié en 2012.
Le signe des Trois.



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/9782283025628FS.gifRésumé : Meiringen, Suisse.
Les pompiers dégagent l'accès à l'hôtel Baker Street. Cet établissement, charmant et isolé, a été coupé du monde pendant trois jours à cause d'une avalanche. Personne n'imagine que, derrière la porte close, se trouve un véritable tombeau. Alignés dans la chambre froide reposent les cadavres de dix universitaires. Tous sont venus là, invités par l'éminent professeur Bobo, pour un colloque sur Sherlock Holmes.
Un colloque un peu spécial puisque, à son issue, le professeur Bobo devait désigner le titulaire de la toute première chaire d'holmésologie de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait prêt à tuer...

Mon avis : J.M. Erre, je ne connaissais pas du tout alors qu’apparemment ses bouquins sont super connus. Et j'aurais sans doute continué à ne pas le connaître s'il n'avait sorti ces derniers jours Le mystère Sherlock. Le résumé et la couv (attirante dans sa simplicité) me tentait beaucoup et il n'en a pas fallu plus pour que je l'achète en compagnie de MeL un samedi. Et après cette lecture, je peux vous dire que je suis bien contente de l'avoir acquis parce que j'ai passé un très bon moment dans ce chalet sous la neige ! Déjà premier point auquel je ne m'attendais pas, je pensais que ce serait un polar sérieux, alors que pas du tout, ça fourmille de jeux de mots absurdes, de situations grand-guignolesques. Ensuite le bouquin est structuré un peu comme Dracula, on a des extraits de journaux intimes, d'un mystérieux Sherlock Holmes pour les Nuls, de post-it du professeur sénile, de lettres envoyé à un curé. Tout cela rend le récit très dynamique entendu qu'on ne passe pas plus de trois pages par type de support et en plus j'adore quand on se trouve dans un genre de roman composite comme ça.
Ensuite J.M. Erre parle de Holmes, du coup j'étais aux anges. Et il le fait de façon drôle, parlant des holmésiens comme de grands malades (je crois que je suis niveau quatre), de leurs manies, de leurs discussions (la couleur des chaussettes de Watson, et qu'en est-il de son chien, de ses mariages, de sa blessure ?), le tout baignant dans l'atmosphère anxiogène d'un Dix petits nègres neigeux. Et justement tous ces parallèles à différents romans policiers m'ont faire penser à la très bonne Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet d'Antoine Bello. Certes le bouquin de Bello est à mon avis mieux équilibré et construit que celui de J.M. Erre (notamment au niveau de la résolution ou pas, de l'énigme), mais il le vaut bien terme de clins d’œil et d'intrigue tortueuse. Ça été un vrai plaisir d’échafauder des théories et je me vanterais bien en disant que je pense avoir trouvé la bonne parmi mes élucubrations. Justement un des points négatifs que je relèverais ici, c'est le fait que l'auteur fait un genre d'épilogue ou la vérité est presque révélée. J'aurais préféré qu'il n'en fasse rien comme Bello, qu'il nous laisse dans le doute, ou alors qu'il se contente d'une phrase pour lancer nos réflexions. Là ça fait un peu trop et c'est dommage. Dommage aussi que certains jeux de mots soient trop souvent répétés. Ils touchent juste la première ou la deuxième fois, mais à la troisième c'est juste redondant.

Le côté holmésien peut paraître léger au départ, mais on voit quand même que Erre a potassé son truc, mais bon on a aussi l'impression qu'il a véritablement révisé pour parler des trucs, par qu'ils viennent naturellement parfois. Cependant, le texte des conférences des holmésiens, les références, et surtout l'idée de la journaliste et du professeur sont vraiment intéressante et c'est un truc à retenir.
Et comme je suis holmésienne de niveau quatre, je dirais que lorsqu'en appendice l'auteur nous renvoies au canon édité par Omnibus et à la traduction associée, c'est n'importe quoi. Une pseudo édition intégrale bourrée de contre-sens de traduction, trop chère, bref à éviter à tout prix.

En deux mots : Une agréable découverte et un très bon moment de lecture ! Il y a quelques bémols, mais j'ai été tellement agréablement surprise que je lirais sans aucun doute les autres bouquins de l'auteur en commençant par Série Z.


http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/MiniLogoDilettantessansfond.gif

Rangé dans Littérature française le 23 février 2012

Sept femmes contre Édimbourg, Ely M. Liebow.

Publié en 2012.
Service Presse Editions Baker Street - Challenge Victorien




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/Capturedecran20120216a164223.pngRésumé : Décriées, conspuées, tournées en ridicule par les hommes, tant médecins que professeurs d’université ou étudiants, sept jeunes femmes qui rêvent de devenir. médecins, au milieu du siècle à Édimbourg, se donnent la difficile mission d’ouvrir aux femmes l’accès aux études de médecine en Grande-Bretagne. C’est cette réalité historique qui sert de toile de fond à une enquête menée à un rythme endiablé, mettant en scène notamment celui qui inspira le personnage de Sherlock Holmes : le Dr Joe Bell, qui, par ses fabuleux talents d’observation et de déduction, fait l’admiration de tous ceux qui l’entourent, et notamment de son jeune assistant, un certain Arthur Conan Doyle qui fera de lui plus tard une légende, en le peignant sous les traits de son illustre détective.

Mon avis : Peut-être que certains d’entre vous se souviennent que l’année dernière j’avais adoré L’homme qui était Sherlock Holmes, une biographie du Docteur Joe Bell par Ely M. Liebow. Quand j’ai appris que les éditions Baker Street allaient sortir cette fois-ci un roman de l’auteur, se déroulant à la même période, à Édimbourg, avec Bell et en toile de fond le combat des étudiantes en médecine pour pouvoir être diplômée à l’égal de leurs condisciples masculins, j’ai tout de suite décidé qu’il serait sur ma liste d’achats. Mais cependant, je n’ai pas eu besoin d’attendre sa sortie pour recevoir un mail me proposant l’ouvrage en service de presse, comment refuser, comment même songer à refuser ? L’ouvrage a donc été rapidement entre mes mains et je remercie Cynthia Liebow pour m’avoir contacté et envoyé le bouquin.

Pendant l’année 187*, une groupe de sept jeunes femmes mené par Sophia Jex-Blake a fait vibrer la capitale écossaise. En effet, elles souhaitaient non seulement étudier dans la prestigieuse université de médecine d'Édimbourg, mais également être admise en séance d’anatomie et pouvoir accompagner les médecins dans les salles de soin au même titre que les étudiants mâles. Ely M. Liebow reprend donc les faits historiques, des personnages ayant existé (je ne sais pas s’il en a inventé, peut-être le journaliste ?), et brode là-dessus une intrigue criminelle pas mal du tout, mais donc le fond manque singulièrement de dynamisme et de concision.

En lisant les premières pages, j’étais aux anges. Un prologue écrit par un mystérieux narrateur qui propose de nous raconter les terribles évènements de l’année 187*, une gravure très victorienne pour orner le tout et j’étais au paradis, cependant bien vite, mon enthousiasme est retombé. C’est encore une fois ce que j’avais pu soulever dans mon billet sur la biographie de Bell qui m’a freiné. Ely M. Liebow parle, comme dans sa biographie, de faits précis et détaillés, il les présent précisément comme dans sa biographie, d’une façon peu adapté à un roman me semble-t-il. Par exemple, quand l’action décolle vraiment, que je ne voulais pas lâcher mon livre, le narrateur nous écarte de la scène pour nous dire qu’il ne peut absolument pas éviter de nous parler de la controverse qu’il existe au sujet de l’existence des microbes. Certes c’est en rapport avec la scène, cependant  a-t-on jamais vu manœuvre plus maladroite et susceptible de couper l’élan du lecteur ?
Les dialogues ensuite ont été une source d’agacement. L’auteur emphatise continuellement. Les terribles évènements sont annoncés sans cesse sans qu’on en voit le bout avant la fin de l’ouvrage, la moindre anicroche est montée en épingle et notre narrateur, du style Hastings ou Watson justement (parce que lui-même se nomme Watson), est un peu lent, un peu naïf et du genre à s’ébaubir à grands cris des déductions de Bell ou de l’inspecteur. Je me demande comment le prototype du narrateur doucement idiot peut encore séduire les romanciers. Les dialogues s’en ressentent donc. L’art d’en écrire est vraiment, à mon sens, très périlleux. Soit l’auteur y réussit avec brio, sachant habilement travestir ses « dit-il » et « s’exclama-t-elle » en acteurs invisibles mais nécessaires, soit comme c’est le cas ici, il donne l’impression soit d’en placer trop et de nous boucher la vue, soit d’en oublier et de ne pas nous permettre de parfaitement comprendre ce dont il s’agit. Ils sont également trop souvent très, trop didactiques. Les « mais qu’est-ce que cela signifie ? » sont d’une récurrence agaçante. Et parallèlement à ça, la manière dont le texte a été préparé me laisse songeuse. Les problèmes de guillemets à la française sont réguliers (ils sont ouverts mais pas fermés, ou fermés mais pas au bon moment, se perdent dans la nature, etc.), et la traduction m’a plusieurs fois intriguée (ou alors cela vient du texte original, mais je n’y ai pas eu accès vu que cette édition est la première mondiale). Exemple : « L’étrange carriole qui venait de se garer dans la rue semblait fabriquée avec des planches récupérées dans toutes les poubelles. » Quelles toutes ? Toutes les poubelles de la rue, du quartier de la ville ? Ne dirions-nous pas plutôt, dans des poubelles ?

Enfin bref, la dernière partie du livre arrive, et je recommence à être attachée au texte comme au début. L’action se développe enfin et même si je remarque les petits trucs agaçants dont je vous ai parlé plus haut, je ne lâche pas mon bouquin. La solution arrive, et elle est bien menée, je ne peux et ne veux dire le contraire, mais m’étant perdue dès le début dans la profusion de personnages présentés de manière confuse, je n’ai pas pu être surprise ou contente de l’identité du coupable. Je n’arrivais tout simplement pas à le remettre.
Dernière petite chose à évoquer, le caractère disons holmésien de l’ouvrage. Pour un amateur éclairé comme je peux l’être, les clins d’œil sont évidents, mais du coup un peu trop. Ce sont les clins d’œil habituels utilisés dans les pastiches et de la manière dont ils sont repris d’ordinaire. Phrase habituelle de Holmes, attitude, etc. J’avoue cependant que la reprise du « Élémentaire, mon cher Watson. » qui même si elle n’a pas existé textuellement dans le canon, fait tellement partie du personnage qu’on ne peut y couper, est faite d’une très belle manière. Cependant, pour le caractère vraiment parcellaire et annexe de ces caractéristiques holmésiennes je ne classerais pas ce bouquin dans les billets du Signe des Trois.

En deux mots : Je me rends bien compte que mon billet n’encourage pas spécialement à la lecture de cet ouvrage. Cependant, malgré sa discutable et maladroite construction en roman, elle apporte des informations passionnanteshttp://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/logochallengevictorien.png sur ce passage de l’histoire victorienne et j’ai relevé de nombreuses informations que j’ignorais et qui m’ont donné envie de lire des tas d’autres trucs (en vrac la biographie de Sinoué sur Nightingale, l’autobiographie de Sophia Jex-Blake, des journaux britannique de l’époque, grand dieu comment réaliser ce rêve ?),  m’ont fait une fois de plus bénir de ne pas être née femme à cette époque, et m’a réellement intéressé même si je n’ai pas ressenti cette petite « flamme » qui guide les lectures qu’on pourrait classer en coup de cœur.
Dernier petit bémol, il est dommage que la source des petites illustrations de début de chapitre ne soit pas donnée.

Ce billet est le premier qui rentre dans le cadre du challenge Victorien ! Et allez lire ce qu'en pense Pinly.


Composition graphique Eva Van Ruymbeke.
Traduit de l’anglais par Françoise Jaouën.
Seven against Edimburgh

• > L'homme qui était Sherlock Holmes, une biographie du docteur Joe Bell.

Rangé dans Littérature états-unienne le 20 février 2012

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Lesrendezvousdudimanche/BUTIN.jpg


Butin (n.m.) [moyen bas allemand būte : partage] :
Ce qu'on prend à l'ennemi à l'occasion de la guerre : Le butin des armées napoléoniennes.
Produit d'un vol, d'un pillage : Les cambrioleurs ont abandonné leur butin.


Pas de butin la dernière fois, ce ne sont pourtant pas les acquisitions qui ont manqué, mais me trouvant occupée le dimanche et sans internet, j'ai préféré décaler le rendez-vous aujourd'hui. Je ne vous présenterais donc uniquement les achats faits cette semaine. Faut bien que je garde une part de mystère (je vous dirais juste que j'ai récupéré une édition originale américaine de 1917 de His last bow d'Arthur Conan Doyle. Imaginez mes hurlements hystériques). En plus cette semaine j'ai été particulièrement raisonnable, mais j'ai reçu un cadeau de Saint Valentin, et je n'ai été à la librairie qu'une seule fois !


http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/BUTIN6.jpg
  J'ai eu un petit coup de folie anglophonesque mardi dernier. Mais franchement, vous avez vu les prix de ces Penguin, genre le max c'est 5 € et en neuf ? J'ai donc craqué pour The importance of being ernest de ce cher Oscar (en occasion, et je ne saurais jamais si je comprends les classiques si je n'essaie pas d'en lire), The adentures of Tom Sawyer, Mark Twain (je les ai adoré en français pendant mon enfance, hâte de les découvrir en vrai) et Persuasion de Jane Austen (besoin de préciser pourquoi ?). J'ai aussi craqué pour My Antonia de Willa Cather. J'avais été charmé quand Jean-Philippe Blondel en parlait dans G 229 il me semble, ou alors était-ce sur le plateau de La grande librairie et je voulais le lire dans le texte. J'ai aussi chipé sur une pile une petite nouvelle d'un auteur Irlandais qui me semblait rigolote : Albert Nobbs de George Moore.

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/BUTIN61.jpg  Que je vous explique, Chouchou, c'est la fille qui m'a fait découvrir (entre autre), le magnifique boutique L'écritoire (et on dit une écritoire pour votre information), il y a deux semaines (j'avais besoin de cire, parce que en effet comment fermer une enveloppe sans cire ?). On y a été ensemble, j'ai craqué bien sûr pour de l'encre, une plume, de la cire, des marque-pages... mais j'ai résisté et aucun encrier n'était repartit avec moi. Jusqu'à ce que Chouchou ne m'en offre un pour la Saint Valentin ! Que voulez-vous, on est comme ça toutes les deux, on dine aux chandelles (à la lampe électrique en fait, mais ne chipotons pas) et on s'offre des cadeaux à la Saint Valentin.
Vous avez donc un magnifique encrier avec reposoir de plume (avec une plume dedans ; on écrit trop bien avec !), et un petit cahier trop choux : Mémoires d'un lecteur éclairé que j'ai peur de commencer et d’abimer. Merci encore Chouchou !

Et c'est tout pour cette semaine ! Je sais, cette tempérance dans mes achats est proprement effarante, mais je suis foncièrement une fille raisonnable de toute façon.
La semaine prochaine un achat est prévu sûr, et je vais aller au musée d'Orsay voir l'expo
Akselli Gallen-Kallela (un peintre finlandais qui est trop chouette), alors je vous ferais peut-être un article dessus et sur ma visite la boutique de souvenirs du musée (c'est toujours critique pour mon porte-monnaie). Et vous, votre semaine, c'était comment ?

~

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/BUTIN63.jpg
Que n'avais-je oublié de vous parler de ces derniers petits nouveaux ? J'ai été catastrophé, lorsque dans le train qui m’emmenait vers Paris, je me suis rendue compte que j'ai oublié de vous présenter ces deux-là. Tout d'abord mon deuxième bouquin reçu en troc grâce à Bookmooch : le numéro de juin 2009 du Ellery Queen Mystery Magazine. Je n'ai pas choisi ce volume en particulier, mais il était disponible et je voulais découvrir ce magazine, ça m'a l'air très chouette.
Ensuite, en faisant mes courses dans un supermarché bien connu, j'ai trouvé le deuxième DVD des aventures de Sherlock Holmes au 22e siècle. J'avais déniché le premier il y a des années en occasion, et même si ce n'est pas transcendant, c'est sympathique à regarder au petit-déjeuner.
Toutes mes excuses pour cet oubli impardonnable !

Rangé dans Le butin de Matilda le 18 février 2012

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/logochallengevictorien.pngGeorge a encore réussi à me faire inscrire à un challenge, mais de toute façon, c'était perdu d'avance, comment une lectrice comme moi aurait pu résister à l'intitulé et aux explications d'Arieste ?

« 2012 sera placée sous le patronage de l'ère victorienne !

En effet, cette époque a non seulement inspiré de nombreux écrivains comme par exemple Kipling, Wilde ou Dickens mais elle continue d'inspirer encore aujourd'hui, par exemple Anne Perry. De plus, 2012 marque le bicentenaire de la naissance de Charles Dickens, une autre raison de parler de son œuvre et de son époque. L'époque victorienne est donc celle du règne de la Reine Victoria (1837-1901).

Concrètement ce challenge peut mettre en valeur :

- des livres écrits par les sujets de sa très gracieuse Majesté la Reine Victoria,
- des films se passant à l'époque victorienne et toujours dans le cadre géographique de l'Empire britannique, adaptations de livres ou non.
- des livres plus récents mais se passant à l'époque victorienne (toujours dans l'Empire Britannique) comme par exemple les romans d'Anne Perry ou bien ceux de Gyles Brandreth.
- si le coeur vous en dit, des livres traitant de cette époque (livres d'Histoire, biographies...)
- des expositions, des documentaires, des bâtiments... »

Tentant, n'est-ce pas ? Je me suis donc inscrite dans la première catégorie (parce qu'il en existe trois) : Rudyard Kipling, lire entre un et quatre livres. Comme d'habitude on peut changer de niveau si on lit plus de livres que prévu. Le challenge aura cours du 1er janvier 2012 jusqu'au 24 mai 2013 (anniversaire de la reine Victoria).
Mes billets seront listés ici, dont ma lecture en cours qui porte justement sur l'ère victorienne, n'est-ce pas le destin ?

• > Sept femmes contre Édimbourg, Eli M. Liebow.
 

Rangé dans Challenge livresques le 18 février 2012

Les Chevaliers d’Émeraude (T.1) : Le feu dans le ciel, Anne Robillard.

Publié en 2002.
Service Presse Michel Lafon

 

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/couv20296507.jpgRésumé : La paix régnait sur les terres d’Enkidiev, mais bientôt le magicien Elund se rend compte que le vilain et pas gentil Empereur Noir qui habite dans l’Empire Noir, veut venir tous les tuer et laisser ses dragons manger leurs cœurs pour le dessert. Il se charge donc avec le monarque du royaume d’Émeraude de faire revivre l’ancien ordre de chevalerie qui naguère sauva l’univers avant de se déliter à cause de l’orgueil de ses membres magiciens. Est-ce que les sept nouveaux jeunes chevaliers auront le cœur assez pur pour combattre le Mâl et sauver le monde à nouveau ?

Mon avis : J’étais curieuse de lire les aventures des Chevaliers d’Émeraude depuis quelques années, mais l’occasion ne s’était jamais présentée. C’est grâce aux éditions Michel Lafon et Camille, que j’ai pu recevoir le premier volume en format poche ! Merci à eux.
Autant le dire tout de suite, les Chevaliers et moi, ce ne sera jamais une grande histoire d’amour et je doute même de lire le deuxième volume. J’aime la fantasy, mais la fantasy de qualité à la Robin Hobb ou à la Robert Jordan, la fantasy d’Anne Robillard, c’est pour moi ce que le Journal d’un vampire est à la littérature vampirique. Alors bien sûr on va me répliquer que c’est pour les enfants, mais est-ce que parce que l’auteure ne sait pas éviter les lieux communs qu’on doit forcément l'étiqueter « littérature de marmot » ?

Commençons par le premier truc qui m’a le plus gêné, et ce tout au long de ma lecture. Les noms de personnages et de lieux. On est dans un univers de fantasy, on s‘attend donc à un minimum de dépaysement. Or si certains noms le promettent, Wellan, Enkidiev, etc. d’autres tombent complètement à plat et ne cadrent pas du tout avec l’univers, tel que Dempsey, Chloé ou tous ces royaumes avec des noms de joyaux.
Ensuite on découvre nos héros, et on nous les présente si rapidement, en égrenant leurs noms et quelques particularités, sans vraiment les décrire, que j’ai été perdue entre l’uns et l’autre un certain moment. Bien sûr Chloé qui est la seule femme chevalière réfléchit bien avant d’agir, parce que la tempérance féminine l’habite. Et si un autre chevalier fait preuve de douceur, c’est parce qu’il a un côté féminin développé. Mais bon sang de bois quand est-ce qu’on va être libéré de ces conneries sexistes à deux francs ? Si un homme fait preuve de calme et réfléchit c’est parce qu’un hypothétique côté féminin l’habiterait ? Cela m’énerve de plus en plus quand je découvre ce genre de lieux communs crétins dans des bouquins.

L’écriture ensuite. Elle est correcte objectivement parlant, elle fait avancer le récit sans heurt, mais vraiment, il faudrait offrir à Anne Robillard un dictionnaire des synonymes parce que j’ai cru que j’allais faire une indigestion de ces « grand chevalier », « grand chef »,  « grand magicien », etc. Et quand je les retrouve ensemble sur une même page, j’ai juste envie de dire, cocotte, on a compris que ton Wellan c’était le plus beau, le plus fort, le plus meilleur magicien, le plus courageux chevalier de l’univers du monde entier, pas besoin de l’écrire six cent sept fois par chapitre ! Les adjectifs grandiloquents sont également au rendez-vous, on a du belliqueux par-ci, de l’empereur noir vilain par-là, du maléfique saupoudré sur tout cela, de l’admiration sans borne et j’en passe et des meilleurs. Il y a aussi clairement un problème de niveau de langage. On peut avoir un mot plutôt peu courant comme « complexion », puis ensuite se retrouver avec une tournure de phrase pas du tout adapté au contexte ni à l’écrit.
Même si ce bouquin est un volume d’exposition, le schéma narratif se répète trop souvent en si peu de pages. Les chevaliers vont faire leur première mission en passant par tous les royaumes et en rencontrant tous les rois, puis refont une mission en passant par tous les royaumes et en rencontrant tous les rois. Là j’ai été un peu plus prise dans l’histoire parce que les habitants de chaque royaume étaient dotés de particularités précises, et que l’auteur a taché de différencier chaque peuple. Cependant ma totale indifférence à la pseudo bluette entre Wellan et la super magicienne super immortelle, ne m’a pas permis de m’immerger dans le texte de façon à prendre du plaisir à lire. Non plus que le pseudo danger qui guette les royaumes, parce qu’il est évident qu’au bout des douze tomes, les héros sauveront le monde.

En deux mots : Une lecture rapide au moins. Je n’ai accroché ni aux noms incohérents des personnages et des lieux, ni à l’intrigue. Et encore moins à la bluette mystique. Ma PAL est ravie, elle n’accueillera jamais les onze autres tomes de cette série.


Ce qu'en pensent NiënorMeli et Méloë.

Rangé dans Littérature canadienne le 16 février 2012

<< Rayon précédent | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | Rayon suivant >>

Créer un podcast