Résumé : Meiringen, Suisse.Les pompiers dégagent l'accès à l'hôtel Baker Street. Cet établissement, charmant et isolé, a été coupé du monde pendant trois jours à cause d'une avalanche. Personne n'imagine que, derrière la porte close, se trouve un véritable tombeau. Alignés dans la chambre froide reposent les cadavres de dix universitaires. Tous sont venus là, invités par l'éminent professeur Bobo, pour un colloque sur Sherlock Holmes.
Un colloque un peu spécial puisque, à son issue, le professeur Bobo devait désigner le titulaire de la toute première chaire d'holmésologie de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait prêt à tuer...
Mon avis : J.M. Erre, je ne connaissais pas du tout alors qu’apparemment ses bouquins sont super connus. Et j'aurais sans doute continué à ne pas le connaître s'il n'avait sorti ces derniers jours Le mystère Sherlock. Le résumé et la couv (attirante dans sa simplicité) me tentait beaucoup et il n'en a pas fallu plus pour que je l'achète en compagnie de MeL un samedi. Et après cette lecture, je peux vous dire que je suis bien contente de l'avoir acquis parce que j'ai passé un très bon moment dans ce chalet sous la neige ! Déjà premier point auquel je ne m'attendais pas, je pensais que ce serait un polar sérieux, alors que pas du tout, ça fourmille de jeux de mots absurdes, de situations grand-guignolesques. Ensuite le bouquin est structuré un peu comme Dracula, on a des extraits de journaux intimes, d'un mystérieux Sherlock Holmes pour les Nuls, de post-it du professeur sénile, de lettres envoyé à un curé. Tout cela rend le récit très dynamique entendu qu'on ne passe pas plus de trois pages par type de support et en plus j'adore quand on se trouve dans un genre de roman composite comme ça.
Ensuite J.M. Erre parle de Holmes, du coup j'étais aux anges. Et il le fait de façon drôle, parlant des holmésiens comme de grands malades (je crois que je suis niveau quatre), de leurs manies, de leurs discussions (la couleur des chaussettes de Watson, et qu'en est-il de son chien, de ses mariages, de sa blessure ?), le tout baignant dans l'atmosphère anxiogène d'un Dix petits nègres neigeux. Et justement tous ces parallèles à différents romans policiers m'ont faire penser à la très bonne Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet d'Antoine Bello. Certes le bouquin de Bello est à mon avis mieux équilibré et construit que celui de J.M. Erre (notamment au niveau de la résolution ou pas, de l'énigme), mais il le vaut bien terme de clins d’œil et d'intrigue tortueuse. Ça été un vrai plaisir d’échafauder des théories et je me vanterais bien en disant que je pense avoir trouvé la bonne parmi mes élucubrations. Justement un des points négatifs que je relèverais ici, c'est le fait que l'auteur fait un genre d'épilogue ou la vérité est presque révélée. J'aurais préféré qu'il n'en fasse rien comme Bello, qu'il nous laisse dans le doute, ou alors qu'il se contente d'une phrase pour lancer nos réflexions. Là ça fait un peu trop et c'est dommage. Dommage aussi que certains jeux de mots soient trop souvent répétés. Ils touchent juste la première ou la deuxième fois, mais à la troisième c'est juste redondant.
Le côté holmésien peut paraître léger au départ, mais on voit quand même que Erre a potassé son truc, mais bon on a aussi l'impression qu'il a véritablement révisé pour parler des trucs, par qu'ils viennent naturellement parfois. Cependant, le texte des conférences des holmésiens, les références, et surtout l'idée de la journaliste et du professeur sont vraiment intéressante et c'est un truc à retenir.
Et comme je suis holmésienne de niveau quatre, je dirais que lorsqu'en appendice l'auteur nous renvoies au canon édité par Omnibus et à la traduction associée, c'est n'importe quoi. Une pseudo édition intégrale bourrée de contre-sens de traduction, trop chère, bref à éviter à tout prix.
En deux mots : Une agréable découverte et un très bon moment de lecture ! Il y a quelques bémols, mais j'ai été tellement agréablement surprise que je lirais sans aucun doute les autres bouquins de l'auteur en commençant par Série Z.












