Raison-et-sentiments

"J'ai dans l'âme une fleur que nul ne peut cueillir." Victor Hugo

Jeudi 23 avril 2009 à 22:46

1.

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/faitduprincem.jpgLe Fait du Prince, Amélie Nothomb.

Publié en 2008.
(Relecture)

L'auteur : Amélie Nothomb (née en 1967 au Japon ) est une écrivain belge de langue française, à publié de nombreux romans depuis 1992, date de publication de son très célèbre Hygiène de l'assassin, et depuis c'est au rythme d'un livre par an qu'elle nous régale.

- Le Voyage d'hiver -
- Journal d'Hirondelle -
- Ni d'Eve ni d'Adam -
 
Résumé : Baptiste Bordave est un français moyen que sa vie indiffère. Dans une soirée il rencontre un original qui prône des idées bien à lui, et l'une d'elle est cette constatation : si par malheur un quidam vient à mourir chez vous, pendant une réception par exemple, surtout ne le dites à personne et emmenez votre ami aux urgences grace à un taxi, on dira que l'ami est mort sur le chemin de l'hôpital ( comme c'est commode ) et l'on ne vous embêtera plus. Baptiste est amusé par l'homme mais ne donne pas plus de crédit qu'il ne faut à son histoire. Cependant les choses se gâtent quand un suédois, vient mourir chez lui, que faire ? Appeler une ambulance ou ... prendre la place d'Olaf Sildur chez lui ?!

Mon avis : J'ai beaucoup aimé relire ce livre. Comme une envie de lire un livre où l'on parlait de champagne ( même si moi-même je n'aime pas cette boisson ). La théorie qui m'est chère, et qui dit que les Nothomb sont infiniment plus délectable à la relecture, se prouve une fois de plus ici. Un régal que ce livre.

En deux mots : Très très bien.

Vendredi 24 avril 2009 à 13:58

2.

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Potbouille.jpgPot-Bouille - Emile Zola

Résumé : Octave Mouret quitte sa province pour monter sur Paris. Il est bien décidé à y faire fortune et à rencontrer des femmes. Des connaissances à lui, les Campardon, lui ont réservé une chambre dans un immeuble «  très comme il faut », et notre aventure commence. En fait, on va suivre la vie des habitants de cet immeuble pendant environ un an. On parlera du père Vabre, le propriétaire avare et qui n'a jamais remboursé les dotes de ses filles et fils, des Josserand et de leurs filles à marier d'urgence et des coucheries que tout le monde tait mais que tout le monde connait …[on retrouvera le personnage d'Octave Mouret dans Au bonheur des dames]. 

L'auteur : Emile Zola ( 1840 - 1902 ) écrivain français, fondateur du naturalisme. Il est surtout connu pour sa fresque en vingt volumes des Rougon-Macquart et pour sa lettre ouverte J'accuse, dans laquelle il défend le sieur Dreyfus. A la publication de son premier roman il est traité par les « bon gens » ( ceux la même qui ne se prive pas d'être les pires enflures, mais en privé s'il vous plait ! ) de « pornographe », d’« égoutier » ou encore de partisan de la « littérature putride » ( ref. Encarta ). Il est assassiné en 1902 d'un intoxication au monoxyde de carbone, les bons gens avaient obstrués sa cheminée, et sa femme a failli elle aussi mourir.

Mon avis : Je suis amoureuse de Zola depuis que j'ai découvert La bête humaine au collège. Et Pot-Bouille m'a convaincu de nouveau que j'aimais cet auteur. Pas une seule faute de goût dans ce roman, du début  la fin les bons mots, l'ironie, de la véritable littérature en somme. Cependant je trouve que les deux derniers chapitres ne sont pas d'une importance capitale, l'accouchement d'Adèle ( la bonne des Josserand, dont ces messieurs raffolent pour leur gâteries du soir ) est long et pas forcément intéressant. Le personnage de Marie m'a fasciné, et l'évolution de Berthe était très bien vue.

En deux mots : Très très bonne lecture.

Citations de ce volume : « Il y eut un silence. Elle lui souriait de ses yeux candides. Jamais il ne l'avait trouvé si inutile, avec ses cheveux rares et ses traits noyés. » Extrait du chapitre IV, Octave parlant de Marie Pichon ( sa première maitresse ).

« Vous me fourrez encore un Balzac, reprit-elle en regardant les livres qu'il lui prêtait de nouveau. Non, reprenez-le … Ça ressemble trop à la vie » Extrait du chapitre XI, Marie Pichon parlant à Octave.

Jeudi 30 avril 2009 à 20:00

9.

Le magasin des suicides, Jean Teulé.

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/lemagasindessuicides.jpg

Résumé :
Imaginez un magasin où l'on vend tout ce qui peut faire votre malheur … de la corde de pendu, aux lames de rasoir rouillées qui donnent le tétanos, des poisons à inhaler, avaler, et même le death kiss … bienvenue dans le Magasin des suicides ! Tout le monde est malheureux dans le plus pire des mondes … cependant lorsque le petit dernier de la famille qui tient la boutique naît, les choses se compliquent … en effet Alan respire la joie de vivre !

L'auteur : Jean Teulé ( né en 1953 ) est l'auteur d'une dizaine de romans, dont Le Montespan, Je, François Villon, et cætera …

-
Mangez-le si vous voulez -

Mon avis : Alôrs que dire … c'est amusant, pas au point de s'étouffer de rire ( peut-être un des buts de l'auteur ? ) mais c'est tout … il y a des descriptions bizarrement alambiquées et dont on ne comprend pas le sens. Et puis la fin est tout sauf crédible. Cependant c'est une lecture agréable.

En deux mots : Pas mal mais sans plus.

Extrait : « -Qu'est-ce que tu lis ?
-Les statistiques de l'an dernier : un suicide toutes les quarante minutes, cent cinquante mille tentatives, douze mille morts. C'est énorme …
-Oui, c'est énorme, le nombre de gens qui se loupent. Heureusement qu'on est là... »

~

Ce qu'en pensent Akkhanta, Petite Lune's Books et Bouquins.

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/lpevel2.jpgLes Enchantements d'Ambremer (T.1), Pierre Pevel.

Publié en 2004.
Genre :
Fantasy.
(Relecture)

Résumé : Mettons que les personnages de l’OutreMonde se soient révélés au grand jour à nous les humains. Qui sont-ils ? Elfes, gnomes, fées, mages, ogres, et cætera … mettons encore que cela ce soit passé après les dernières guerres napoléoniennes, que la Tour Effel soit fait en bois magique de l’OutreMonde, qu’il y ait des petits dragons dans les jardins public, des sirènes dans la Seine, des Dryades dans les squares.
Nous somme donc à Paris, en 1909 pour être plus précis. Notre héros n’est autre que le mage Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, mécanicien à ses heures et admirateur inconditionnel des Trois Mousquetaires de Dumas. Et c’est bien innocemment que toute l’histoire va commencer, on sollicite l’aide de Griffont pour démasquer un tricheur aux cartes qui semble utilise un artefact magique … le mage ne se doutait pas d’où allait mener ses investigations.

L'auteur : Pierre Pevel (né en 1968) vit à Nancy et est l’un des écrivains majeur de la fantasy française. Il est l’auteur de 7 romans sous son nom propre mais écrit sous le pseudonyme de Pierre Jacq. Il est notamment l’auteur des célèbres Ombres de Wielstadt, et des Lames du cardinal (dont le volume deux sort en juin).

- L'Elixir d'Oubli (T.2) -
- Les Ombres de Wielstadt (T.I) -
- Les Masques de Wielstadt (T.II) -
- Le Chevalier de Wielstadt (T.III) -

- Les Lames du Cardinal (T.1) -
- L'alchimiste des Ombres (T.2) -
- Viktoria 91 -

Mon avis : C’est la première fois que je relis ce livre, et je dois dire que je l’aime encore plus que la première fois où je l’ai lu. Quand on li on a l’impression que les phrases sont parfaites et que aucun mots ne seraient à retrancher, que chaque phrase est à sa place et cela forme une sorte d’alchimie avec le lecteur qui est juste fantastique. C’est donc très très bien écrit, amusant, fantastique, rebondissant, beau, bref juste un chef-d’œuvre. Pour ne rien gâcher j’adore le Paris qu’il dépeint, la minutie avec laquelle il le fait et l’ambiance old school qui s’en dégage.

En deux mots :
Juste magnifique !

Extrait : « Petit et rond, Maniquet était un pimpant vieillard affabulé d’une spectaculaire paire de bacchantes blanches. Bien que membre à part entière du Cercle Cyan, il était en quelque sorte un mage à la retraite. Il ne pratiquait donc plus et consacrait ses journées à une science nouvelle, inutile, qu’il avait inventée et qui l’amusait fort : l’alchimie absurde. Celle-ci consistait à vaincre l’élasticité du caoutchouc, à rendre friable le diamant, à corrompre le bois pour qu’il ne flotte plus. Tout cela, naturellement, au terme de laborieuses recherches. Maniquet promettait un jour le but ultime : transformer l’or en plomb. »

A propos de la dédicace : Pierre Pevel était à la FNAC de Nancy le 12 mai et après une conférence simplement géniale d’une heure il s’est livré à une petite séance de dédicace. Voilà maintenant j’ai les deux volumes dédicacés ! Bon vous avez la chance connaître mon prénom maintenant.

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/pevel.jpg

Samedi 16 mai 2009 à 14:39

Et des Ombres sortit un Chevalier ...

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/BILD0785.jpgLes Ombres de Wielstadt (T.1), Pierre Pevel.

Publié en 2001.
Genre : Fantasy.

Résumé : Nous sommes en 1620 dans la belle cité de Wielstadt située en ce qui sera l'Allemagne que nous connaissons. Wielstadt n'est pas une simple cité sortie de son moyen-âge tardif, c'est une ville gardée par un dragon la protégeant de tous sièges, invasions, guerres externes comme civiles. En ces murs vivent des centaines, des milliers d'armes, parmi eux se trouvent le chevalier Kantz.
Ancien prêtre, aujourd'hui homme d'arme adepte de la kabbale, Kantz est un homme qui combat l'Ombre et se charge de renvoyer les démons dans les limbes au besoin. Maniant aussi bien le pistolet que la rapière, notre homme consent à rendre des services à l'ordre des Templiers établit dans la Cité, il revient justement d'une de ces missions quand le récit commence.
Aidé de la fée-demoiselle Chandelle, de son ami Zacharios le faune, du dragon et même d'une certaine Dame en rouge, Kantz va affronter des périples qu'il ne pouvait imaginer.

L'auteur : Pierre Pevel (né en 1968) vit à Nancy et est l’un des écrivains majeur de la fantasy française. Il est l’auteur de 7 romans sous son nom propre mais écrit sous le pseudonyme de Pierre Jacq. Il est notamment l’auteur des célèbres Ombres de Wielstadt, et des Lames du cardinal (dont le volume deux sort en juin).

- Les Masques de Wielstadt (T.2) -
- Le Chevalier de Wielstadt (T.3) -
- Les enchantements d'Ambremer (T.I) -
- L'Elixir d'Oubli (T.II) -
- Les Lames du Cardinal (T.1) -
- L'alchimiste des Ombres (T.2) -
- Viktoria 91 -

Mon avis : Tout d'abord je dois dire que j'ai tout simplement adoré ce livre, si je décernerais des étoiles à mes lectures je lui en donnerais dix !
L'histoire et prenante, servie par une écriture impeccable foisonnante d'érudition, de bons mots et d'actions tout de même. On suit les aventures du chevalier Kantz avec passion, sans jamais s'ennuyer, toujours fasciné par ce grand homme aux vêtements noirs et au pentacle tatoué sur la paume.
Ce qui est génial avec ce texte, c'est que le vocabulaire et la façon de parler des personnages s'accorde avec l'époque où l'action se déroule. Vous me direz que c'est le minimum, je suis d'accord, mais contrairement à d'autres textes, ici on ne balance pas trois mots pour faire « couleur locale » et pour donner l'illusion qu'on a fait des recherches. Ici on dépeint le tableau historique, humain, social avec minutie, en respectant les croyances de l'époque et en introduisant les créatures du merveilleux avec un tel naturel qu'on ne se pose même pas la question de la légitimité de la démarche. On trouve normal que des centaures fassent partie de la garde de la ville, que des faunes tiennent une auberge, que des Nains venus d'Écosse portent le kilt ...
Ensuite le chevalier Kantz est terriblement crédible, l'auteur arrive à lui donner une substance, un charisme à tout épreuve, il arrive à le rendre réel à nos yeux de lecteurs. Et de plus le chevalier est fidèle à ses valeurs, il est crédible par rapport à sa foi envers le Très-Haut et ses actions en découlent. On ne contente pas d'en faire un gros-bras idiot et hâbleur, c'est un personnage réel qui et cohérent, terriblement cohérent qui prend vie sous nos yeux.
Je rajouterais également que ce qui rend ce livre si génial, si parfait c'est le fait que tout n'est pas blanc, tout n'est pas noir. En fait on évite de tomber dans les considérations manichéennes, même si l'église est là pour dire ce qui est bien est mal. On a également des personnages variés, ils ne sont pas tous dépressif au bord du suicide, ou cavaliers en quête de gloire. Il y a des personnages dont la légèreté et la drôlerie donne un relief tout autre à l'histoire, je pense notamment à Clochette et Feodor.
Pour conclure je dirais que je ne m'attendais absolument pas au tournant que prend l'histoire. Je voyais bien une banale histoire de fantasy comme la littérature en conte des centaines, et non ! Terrible erreur. C'est simplement un bijou à l'atmosphère trouble que j'aime. On y retrouve tout de la cité sous les neiges, de ses secrets, sa noirceur, sa vie en somme.

En deux mots : Terriblement bien écrit, magnifiquement racontée, une perle dans le domaine de la fantasy aussi bien que de la littérature.

Extrait : « « La petite fée s'appartient à vous, chevalier Kantz ? »
Elle n'apprécia guère l'idée d'appartenir à quiconque et afficha un air farouche.
« Non, Feodor. Je l'ai simplement secourue. »
Elle acquiesça fièrement.
« A-t-elle un nom pour elle ?
-Je n'y ai pas songé. Et comment l'apprendre ?
-Tu as un nom, petite fée ? »
Elle haussa les épaules.
« Veux-tu que Feodor te trouve un nom ? » demanda le colosse.
Elle hocha la tête pour dire : oui.
« Luciole? »
Non.
« Brindille ? »
Non.
« Lumière ? Joliette ? Caramel ? »
Non, non et non.
« Princesse ? » avança Kantz en entrant dans le jeu.
Elle hésita mais... Non.
« Jolie petite demoiselle qui luit comme un joli bijou brillant ! » dit d'un trait Feodor sous le coup de l'inspiration.
La fée lui adressa un regard circonspect. Se moquait-il d'elle ?
« Clochette ? » proposa Kantz sans trop savoir pourquoi.
Non de non de non de non ! Pas question !
« Très bien ! Oublions Clochette » s'empressa-t-il d'ajouter.
N'empêche, l'idée lui semblait bonne.
« Chandelle », lâche distraitement Zacharios.
Il y eut un silence.
La fée acquiesça avec énergie, son halo palpitant à chaque mouvement de menton.
« Eh bien, te voilà baptisée ! Lui dit Kantz. Bonjour Chandelle. »
Tout sourire, elle le salua d'une gracieuse révérence en soulevant les pans d'une robe imaginaire. »

Ce qu'en pense Brunissende.

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