http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/2475medium.jpg    Novecento : pianiste, Un monologue d'Alessandro Baricco.

Publié en 1994.

Résumé : Novecento est né lors d'une traversée, et à trente ans il n'a encore jamais posé le pied sur la terre ferme, il n'en a d'ailleurs aucune envie. Traversant toujours l'Atlantique il n'a de cesse de jouer du piano, à composer une musique étrange et magnifique qui envoute irrésistiblement tous ceux qui l'écoute.

L'auteur : Alessandro Baricco (né en 1958) est un écrivain et musicologue italien. Écrivain et musicien à la fois, Baricco écrit avec un nouveau souffle, comme s'il suivait une partition, car selon lui «toutes les histoires ont leur musique».

- Soie -
- Sans sang -
- Châteaux de la colère -

Mon avis : J'ai vu ce livre à l'aéroport et je me suis dit que comme j'avais aimé Soie, je me devais de découvrir plus avant cet auteur. Et quel plaisir de lire à nouveau une histoire sortie de l'imagination d'Alessandro Baricco. Cette histoire, en fait un monologue de "théâtre" bien que ce ne soit pas tout à fait ça (l'auteur l'explique lui-même très bien au début du livre), un monologue donc, dit par l'unique ami de Novecento et qui nous raconte son histoire. Loin de gêner la lecture cette forme narrative est très bien menée et l'on est plongé dans l'atmosphère du bateau tout de suite. Le style est toujours très beau, très "poétique", bref j'aime l'écriture de Baricco.
L'histoire est de celle qui me plaise, car le sujet à mi-chemin entre l'absurde (pas l'absurde en fait, mais le bizarre, l'étrange comme dirait Sherlock Holmes) et le "sérieux" et est très bien mené par Baricco. A aucun moment il n'en fait "trop" ou pas "assez". On est sous le charme de ce personnage singulier qu'est Novecento et on se laisse bercer par son histoire. Par certains côté cela m'a fait un penser au Joueur d'échec de Zweig, peut-être parce que ça se passe aussi sur un bateau et que ce n'est pas non plus très long, va savoir... J'ai aussi pensé à L'attrape-coeur, à cause du style oral (ce qui est bien normal pour un monologue entre nous), mais puisque l'histoire est courte, qu'il ne fait pas trop de répétitions, c'est très "vivant" et agréable.
Maintenant j'ai bien envie de découvrir Château de la colère et Sans sang (qui à l'air génial quand on lit le résumé !) ; peut-être commanderais-je ce dernier sur internet.

En deux mots : Un très beau texte, mais dont la fin m'a un peu laissé perplexe, ou tout du moins un peu "déçu" sans que je sache vraiment pourquoi.


Traduit de l'italien par Françoise Brun.

Rangé dans Littérature italienne le 13 septembre 2009

Le contraire de la mort, Scènes de la vie napolitaine, Roberto Saviano.

Publié en 2009.

 

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/couv35553502.jpgRésumé : « Tu pleures seulement si personne ne te voit
et tu cries si personne ne t'entend,
car le sang qui coule dans tes veines
n'est pas de l'eau,
Carmela, Carmè,
et l'amour est le contraire de la mort.
» Sergio Bruni.

Deux nouvelles qui mettent en scène des scènes de la vie napolitaine. Dans la première, du nom du livre, on découvre Maria, jeune fille de dix-sept qui voit son fiancée forcée de s'engager dans l'armée pour pouvoir obtenir un prêt. Cependant un jour, on lui téléphone pour lui apprendre que Gaetano a été blessé. Dans la seconde, on écoute l'histoire de Giuseppe et Vincenzo, abattu pour n'avoir pas voulu jouer le jeu de la Camorra…

L'auteur : Roberto Saviano (né en 1979 à Naples), après des études de philosophie il devient journaliste. Collaborateur de L'Espresso et La Republica. Depuis l'immense succès de Gomorra, son premier livre, il est condamné à mort par la Camorra, il vit donc sous constante protection policière.

Mon avis :
 J'avais entendu parler de ce petit recueil soit dans La grande librairie soit dans On n'est pas couché, je ne me souviens plus. Je connaissais l'auteur de nom bien sûr, à cause de Gomorra, mais je n'avais jamais été tenté plus que ça. Je suis cependant contente d'avoir découvert sa plume, parce que j'ai passé un moment à le lire. 
Le style de Robert Saviano diffère de tout ce que j'ai pu lire jusque là. On pourrait dire que c'est vivant, ce n'est pas dérangeant, pas du tout, c'est différent. J'ai beaucoup aimé ces deux nouvelles, elles sont écrites avec talent, et on se prend au jeu en la lisant. Il y a de ces phrases magnifiques, digne d'un très beau poème.
Un tout petit bémol, j'ai trouvé la première nouvelle un peu confuse dans la façon dont sont distillés les informations, mais rien de catastrophique ni de blasphématoire. Je m'attendais à un journaliste qui ne sache pas écrire, ce qui est bien souvent le cas, mais là je suis bluffé. Il sait écrire et très bien même.

En deux mots : J'ai beaucoup aimé.

Extraits : « Si je souris alors je souris trop, je l'ai déjà oublié ; si j'ai les yeux gonflés de larmes, on murmure que je dois cesser, pleurer ne le fera pas revenir ; et si je demeure impassible, ils émettent leur verdict : elle est folle de douleur. »

« Maria s'interrompit plusieurs fois en évoquant le sujet. Elle doit faire attention à ne pas s'égarer. C'est risqué, trop souvent elle se perd dans ses souvenirs, elle ne trouve plus assez de souffle pour parler, elle se sent étouffer sous le poids de tout ce qui n'a pas eu lieu. Asphyxiée par l'oxygène. »

Traduit de l'italien par Vincent Raynaud.
Il contrario della morte - L'anello


• > La Beauté et l'Enfer

Rangé dans Littérature italienne le 30 avril 2009

 Le Libraire de Sélinonte, Roberto Vecchioni.

Publié en 2004.


http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/9782253124429FS.gifRésumé : Sélinonte est une petite ville de la Sicile, on y trouve des bars, des boutiques, des églises et même des librairies alors pourquoi l'arrivée d'un nouveau libraire chamboule-t-elle à ce point les habitants ? C'est simple, ce nouveau personnage ressemble à un diable avec sa petite taille, son visage franchement laid, et sa manière de ne jamais parler à personne. Et le comble c'est que les livres de sa librairie il ne les vends pas, il les lit. Tous les soir à neuf heures on peut aller l'écouter, mais personne n'y va à part Nicolino, et là c'est une découverte. Le vieux libraire à un tel talent pour lire, que le garçon ne pense plus à rien d'autre qu'à retourner chaque soir l'écouter. Cependant les choses se compliquent quand une petite fille disparaît ... qui accuser ? Le libraire pardi, il est si étrange ...

L'auteur : Roberto Vecchioni (né en 1943) est un écrivain et chanteur italien. Le libraire de Sélinonte est son troisième livre, et le premier à être traduit en français.

Mon avis : Quand je lisais ce livre je m'imaginais couchée dans l'herbe, n'entendant rien d'autre que le vent frôlant les arbres, et les oiseaux batifolant.
Ce livre est étrange, une sorte de mélange entre un conte merveilleux à la Perrault et une histoire de tous les jours. En fait, cela ressemble plutôt à un apologue ou un conte philosophique style Zadig de Voltaire. C'est d'ailleurs exactement à ce livre que j'ai pensé en lisant Le libraire.
On a l'impression de lire un long poème en prose, avec de très belles phrases, et une musicalité qui semble être un élément à part entière du texte.
Ce livre est ... reposant. On le lit et on se détend. Une bouffée d'air frais.

En deux mots : Ravie par cette délicieuse et simple lecture.

Extrait : « Le vent, on ne sait jamais quand il arrive, ni comment il arrive. De façon imprévisible et inexplicable, tels les mouvements du coeur. Un instant plus tôt, tu es calme, serein, et tout à coup tu ressens une agitation, une frénésie... Les vents changent des choses jusqu'alors immuables, depuis toujours : plages, forêts, glaciers. Peut-être avons-nous, nous aussi, des vents dans le coeur ? Quelque chose qui, lorsqu'il survient, est plus fort que tout et ne veut entendre raison parler ? Est-ce ainsi, pensai-je, que l'on devient fou ? Est-ce ainsi qu'éclate une vérité que tu ne connaissais pas, ni ne voulais connaître ? »


Ce qu'en pense Mrs Pepys.

Traduit de l'italien par Gérard Julien Salvy.

Rangé dans Littérature italienne le 25 avril 2009

Soie, Alessandro Baricco.

Publié en 1997.


http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/9782070419654.jpgRésumé : Hervé Joncour est « un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre ». Il vit dans un petit village où le travail de la soie fait vivre toute la population, mais arrive un moment où les larves se retrouvent malades et meurt dés leur éclosion, il faut trouver une solution, sinon tout le village risque de mourir. Commence alors des allers-retour entre le Japon et la France…

L'auteur : Alessandro Baricco (né en 1958) est un écrivain et musicologue italien. Écrivain et musicien à la fois, Baricco écrit avec un nouveau souffle, comme s'il suivait une partition, car selon lui « toutes les histoires ont leur musique ».

Mon avis : Ah, ce livre c'est un de mes bonheurs littéraire de cette semaine avec Zola ! Un petit bouquin qui se lit très rapidement, mais qui est d'une fraicheur et d'une douceur très agréable. On a plus l'impression de lire un long poème en prose à cause de sa brièveté et de la musicalité de l'écriture, mais c'est un roman, qui raconte une vraie histoire et c'est encore mieux. Et l'on ne s'ennuie pas cinq minutes en lisant tout ce qui arrive à Hervé Joncourt, les paysages du Japon et de la France se superposer pour nous donner une magnifique fresque.

En deux mots : Très chouette.

Extrait : « - Nous devrions traverser le monde pour aller nous acheter des œufs tels que Dieu les voudrait, dans un endroit où quand on voit un étranger on le pend ?
- Le pendait, précisa Baldabiou. »


Traduit de l'italien par Françoise Brun.

• > Novecento : pianiste Sans sang Châteaux de la colère

Rangé dans Littérature italienne le 24 avril 2009

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