« Les temps sont durs pour les sapins. » Sylvain Tesson

Le club Dumas ou l'ombre de Richelieu, Arturo Pérez-Reverte.

Publié en 1993.


http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/56751369.jpgRésumé : Lucas Corso est un détective d'un genre particulier, il est chasseur de livre. Il se voit confier deux missions : d'une part authentifier un manuscrit des Trois mMusquetaires, comme étant de la main même de Dumas, de l'autre, enquêter sur un mystérieux livre de sorcellerie italien du XVe siècle. Sur son chemin, les cadavres s'amoncellent, une mystérieuse jeune femme le protège, des personnages échappés des romans de Dumas l'espionnent. Entre Tolède et Paris, le diable semble mener la danse...

L'auteur : Arturo Pérez-Reverte (née en 1951) est un auteur espagnol. Reporter pendant plus de dix ans et fondateur d'une revue il se consacre ensuite entièrement à l'écriture et créera des personnages et des histoires incomparables : Le capitaine Alatriste, ou Le club Dumas qui fut adapté au cinéma sous le titre Les neuf portes.

Mon avis : C'est la lecture du Dragon des Arcanes qui m'a donné envie de me replonger plus avant dans le monde des mousquetaires et des énigmes si sympathiques de notre cher Dumas père. Seulement au lieu de terminer comme je l'aurais dû, le troisième volume du Vicomte de Bragelonne, j'ai ouvert Le club Dumas et presque malgré moi, me suis laissée emportée.
Arturo Pérez-Reverte est un bien curieux auteur. Admirateur de Dumas, de tous ces romans et nouvelles diffusés en feuilleton à la fin du siècle dernier ou de celui d'avant, il nous raconte une histoire aux consonances tant chevalière que magiques. Ainsi l'on pourra croiser le diable, Milady, Rochefort et un d'Artagnan égaré dans un autre siècle … La curieuse histoire qui nous occupe s'ouvre sur la découverte du corps pendu de l'éditeur Enrique Taillefer. Suicide ou meurtre ? Luca Corso s'en moque éperdument, son travail de mercenaire moderne qui consiste en la traque de volumes rares et précieux pour bibliophiles toqués, lui satisfait pleinement. Et s'il s'intéresse à l'affaire ce n'est que parce qu'il doit identifier un chapitre manuscrit des Trois mousquetaires que l'éditeur a vendu à l'un de ses contacts. Et c'est le point de départ d'une rocambolesque enquête qui voguant entre un mystérieux livre écrit pour invoquer le diable, et les spectres de personnages de romans perdus, nous offrira une conclusion plus qu'inattendue.

C'est qu'il ne faut pas trop en dire quand on parle du Club Dumas. Si l'on laisse échapper tel ou tel commentaire, le lecteur va être influencé et comprendre le truc plus vite que le narrateur lui-même, ou alors s'égarer encore plus, ce qui ma foi serait vraiment dommage tellement on attend les dernières pages du dénouement quand on se trouve encore dans le flou avec Luca Corso. Le Club Dumas est un roman passionnant pour diverses raisons. D'abord pour les nombreuses et délicieuses allusions littéraires qu'on y fait. Les titres de chapitres empruntés au Trois Mousquetaires, les citations, les comparaisons de situations avec roman déjà cité, les personnages « réels » qui semblent se confondre avec leurs homologues de papiers, et caetera … Les discussions des divers personnages sur les romans de Dumas sont passionnants, quoiqu'un peu redondants parfois et surtout si l'on a déjà lu les romans dont il est question (alors pas d'inquiétude pour celui qui n'aura jamais lu Dumas de sa vie, on peut tout comprendre et en plus avoir envie de découvrir ce que l'on aura manqué).

Ensuite l'écriture d'Arturo Pérez-Reverte. Oh bien sûr elle n'échappe pas aux écueils « masculins » qu'on peut trouver dans toute bonne production de cinéma américain. Un héros pas sexy pour deux sous, pas aimable non plus qui arrive à se taper toutes les jeunettes flamboyantes qui traversent le récits. Limite si elles ne se jettent pas dans se bras. Et les blagues et allusions salaces idoines. Ce n'est pas non plus dégoulinant de sexe, mais saupoudré de façon très convenue et qui blasera sans doute celui qui a déjà vu deux films du genre. Mais revenons aux bons côtés de cette écriture que diable ! C'est une écriture ample, drôle, passionnante. Luca Corso est un personnage singulier chez qui le gin semble avoir remplacé le sang et la fumée de cigarette l'oxygène. Et son histoire est racontée de telle manière qu'on peut que s'amuser. Pas de sacrifice du romanesque pour aller à l'utile. Des digressions que diable ! Des duos comiques et dialogues menée au fil de l'épée tel que ne l'aurait pas renié Dumas père. Mais aussi des répétitions, surtout dans les énumération de références bibliographiques, des caractéristiques des exemplaires des Neuf portes, des process informatiques utilisés par Corso, et caetera … et également la figure à baffer de notre narrateur premier. Balkan l'écrivain à succès et admirateur de Dumas qui nous coupe l'élan de la narration pour nous parler de lui et de son succès si foudroyant. A baffer je vous dis.

Puis l'histoire embrumé de mystères et de questions. J'ai été séduite par la quête à l'aveuglette de Luca Corso qui essaye de combler les blancs comme il peut quitte à se tromper et à nous tromper. Les troublantes découvertes autour de ce curieux livre des Neuf portes et qu'on dit être capable de convoquer le diable. L'on ne ne peut qu'avoir envie de connaître la suite des aventures et c'est plus que fébrile qu'on parvient aux dernières pages en quête d'une explication lumineuse et salvatrice. Qui viendra peut-être …

En deux mots : Je ne sais si j'en ai trop dit ou pas assez. Le Club Dumas est un tel imbroglio qu'il faut savoir s'y retrouver quand on l'a terminé et ne pas céder à la tentation de le raconter à qui ne l'a pas lu. J'ai été à ma grande surprise passionnée par ce roman, bercée par des odeurs de Trois Mousquetaires et de cette tradition romanesque du feuilleton d'aventure et de mystère. La fin … est étrange et je ne sais pas encore quoi en dire. De toute manière il serait injuste de vous en parler et de vous dévoiler le poteau rose. Je me contenterais donc de vous dire que j'ai passé un très agréable moment de lecture, et que j'ai très envie de lire les aventures du Capitaine Alatriste maintenant …

Traduit de l'espagnol par Jean-Pierre Quijano.

Rangé dans Littérature hispanique le 1er décembre 2010

Chroniques de la Tour : L'elfe Fenris, Laura Gallego Garcia.

Publié en 2004.
Emprunt Bibliothèque.


http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/9782290007600.jpgRésumé : Rares sont les elfes atteints de lycanthropie, cette malédiction qui, les nuits de pleine lune, les font se métamorphoser en loups violents et sanguinaires. Le jeune Fenris en fait partie, ce qui ne l'empêche pas de passer malgré tout une enfance heureuse. Merveilleuse même, lorsqu'il s'éprend de la belle Shi-Mae et partage avec elle de grandes projets... jusqu'au jour où sa condition est dévoilée à la communauté. Alors trahi, banni, traqué et détesté de tous, sa rencontre avec un étrange mage va bouleverser son existence...

L'auteure : Laura Gallego García (née en 1979) est une auteure de fantastique espagnole.

Mon avis : Après avoir apprécié La vallée des loups, je me suis rendue à la bibliothèque où manque de chance le volume suivant n'était pas disponible. Seulement L'elfe Fenris était là et je n'ai pas hésité à l'emprunter. Il s'agit en fait d'une sorte de prologue aux Chroniques de la tour. Fenris que nous rencontrons dans La vallée des loups nous raconte son histoire et sa rencontre avec le Maître. Et je dois que je ne me suis pas ennuyée une seconde !
J'ai toujours eu un faible pour les elfes et là j'ai été ravie, bien que ce soit toujours un bref à mon goût, l'histoire de Laura Gallego Garcia est passionnante ! Le style se lit bien, vite et on ne s'ennuie pas un instant ! On découvre la société des elfes, on côtoie aussi des mages, et avoir lu le premier volume des Chroniques de la Tour permet de savoir de quoi ils parlent lorsqu'ils évoquent l'épreuve du Feu, les sortilèges et caetera … les évènements du premier volume des Chroniques se voient également éclairé sous un nouveau jour et je serais curieuse de relire ce premier volume plus tard pour voir comment les choses s'emboitent. En lisant le premier volume on ne s'imagine pas non plus que Fenirs puisse être un être aussi intéressant et attachant. A présent je comprends les commentaires des lecteurs qui disaient que Fenris était un personnage important et que ce volume était passionnant !

Je ne sais pas s'il faut vraiment le lire en premier, je pense que chaque ordre à son avantage, et que de toute façon cela ne va tué personne de commencer par l'un ou l'autre des ouvrages. En tout cas je suis impatiente de lire le volume deux à présent et j'espère qu'il sera disponible à la bibliothèque samedi prochain ! Croisons les doigts ! Le seul micro bémol que j'aurais à formuler serait sur la couverture. Autant celle du premier volume m'a ravie, autant celle-là me semble bien pâle en comparaison. Mais enfin ça ne compte pas :)

En deux mots : Une lecture agréable qui m'a permis de renouer avec un plaisir de lecture inégalable ! Ne pas se poser de questions et se laisser emporter par l'histoire n'a pas de prix.


Traduit de l'espagnol par Faustina Fiore.
Illustration de couverture par Jean-Sébastien Rossbach.

Rangé dans Littérature hispanique le 4 octobre 2010

Chroniques de la Tour (T.1) : La vallée des loups, Laura Gallego Garcia.

Publié en 2001.
Emprunt Bibliothèque.

 
http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/chroniquesdelatour1.jpgRésumé : Il existe de par le monde quelques Hautes Écoles de Magie, secrètes et élitistes. Dana a l'incroyable chance d'être choisie comme élève par le Maître de la Tour de la Vallée des Loups. Mais pourquoi elle ? Y aurait-il un rapport avec l'existence de Kai, ce jeune garçon qu'elle seule peut voir et entendre ?

L'auteure : Laura Gallego García (née en 1979) est une auteure de fantastique espagnole.

Mon avis : Dire que j'avais été déçue par le premier volume d'Idhun serait un doux euphémisme. Et je ne comptais pas continuer ma lecture de Laura Gallego Garcia de si tôt quand j'ai vu ce volume à la médiathèque ... et je dois l'avouer c'est juste la couverture et le titre qui m'ont conquis ! Franchement Jean-Sébastian Rossbach fait des illustrations à tomber par terre. Mais enfin revenons au livre ... je ne comptais pas non plus le lire (vu le nombre de livres que j'emprunte à chaque fois et que je ne lis pas, ce n'est pas étonnant), mais vu que demain je vais à la bibli. je me suis mise à en tourner quelques pages et au final je l'ai lu et je suis contente.

Je fais une petite allergie à la fantasy en ce moment ; les noms imprononçables avec de voyelles à n'en plus finir et d'apostrophes ont eu raison de mes nerfs ; en plus des récits de batailles, de guerres, de héros et tout ce qui va avec m'agace et me fatigue. Il faut donc que je tombe sur un certain type d'ouvrage pour pouvoir baisser ma garde et La vallée des loups est de ceux-ci. C'est bien de la fantasy, mais dans la fantasy comme je l'aime en ce moment. De la magie, des créatures fantastiques (mais des trucs normaux : loups-garous, elfes, fantômes, mages), et un monde étrange dont on ne connaît pas le nom mais où l'on n'est pas barbé toutes les trente secondes par des récit de guerres, de trahisons, et caetera ... C'est aussi de la fantasy très ... jeunesse. Un ouvrage très court, des personnages peu nombreux et dont on n'explore pas forcément le caractère à fond et des ellipses dans le temps assez nombreuses.
Nous découvrons Dana le jour de sa naissance, puis nous faisons quelques sauts dans le temps jusqu'à ce qu'elle ait six ans et rencontre un étrange amie, Kai. Elle qui n'est pas démonstrative commence à jouer avec lui, à explorer la forêt autour de la ferme de ses parents, et grandit à ses côtés. Puis elle a dix ans, et rencontre un étrange homme en robe grise qui convainc ses parents de la confier à ses bons soins pour parfaire son éducation. Et quelle éducation ! Dana va arriver à la Tour dans la Vallée des loups et découvrir qu'elle possède des pouvoirs magiques ...

Contrairement à Idhun, je n'ai aucun mal à rentrer dans La vallée des loups et si je n'ai pas été happé comme pour un autre roman, j'ai suivi avec plaisir et intérêt les aventures de Dana. J'avoue que j'étais plus intriguée par la nature de Kai que seule Dana peut voir, et la façon dont leur relation évolue, mais tout le chambardement autour m'a plu. L'ambiance de la Tour, la magie, la forêt, tout cela est très sympa. Mais comme je le disais c'est "jeunesse" donc très court et les évènements ne sont pas franchement exploités à fond. En gros je trouve que tout se règle trop vite ; ce qui ne m'aurait pas gêné si je l'avais lu quelques années auparavant.

En deux mots : Une lecture agréable malgré la brièveté de l'histoire et des développements. Un bon ouvrage de fantasy pour un public plus jeune cependant (pensez je suis vieille je vais avoir vingt ans ...). Je suis intriguée de lire le volume suivant et je ne priverais pas de l'emprunter demain !


Traduit de l'espagnol par Faustina Fiore.
Illustration de couverture par Jean-Sébastien Rossbach.

Rangé dans Littérature hispanique le 2 octobre 2010

Idhun (T.1) : La Résistance, Laura Gallego García.

Publié en 2004.
Partenariat Bayard Jeunesse - Livraddict

 
http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/DSC00309.jpgRésumé : Le jour où survient la conjonction astrale des trois soleils et des trois lunes, Ashran prend le pouvoir sur Idhun. Un guerrier et un magicien, exilés de cette planète, organisent la Résistance. Leur objectif : renverser Ashran et ses alliés, de redoutables serpents ailés. Or, Ashran a envoyé sur Terre Kirtash, en lui donnant pour mission de tuer, entre autre, deux adolescents, Jack et Victoria. Sauvés par la Résistance, ils découvriront qu'un lien mystérieux les unit au monde d'Idhun ...

L'auteure : Laura Gallego García (née en 1979) est une auteure de fantastique espagnole.
 

Mon avis : Sur Livraddict on parle beaucoup de romans ... et souvent de très bons romans. Le nom de Laura Gallego García avait très souvent été évoqué pour L'impératrice des éthérés ou Deux cierges pour le diable, et quand j'ai vu le premier volume d'Idhun en librairie, j'ai eu du mal à résister. Quelle ne fut donc pas ma joie que de voir que l'on proposait un partenariat pour Idhun ! J'ai tout de suite sauté sur l'occasion et ait pu recevoir un très joli exemplaire collector de La résistance (voir photos ci-dessous ; je préfère largement cette édition que celle du commerce ^^). Je tiens donc à remercier les éditions Bayard Jeunesse et Livraddict.

La résistance est le premier volume d'une trilogie fantastique pour la jeunesse. Jack et Victoria sont deux adolescents de douze et treize ans qui un beau jour découvrir qu'ils possèdent d'étranges pouvoirs et qu'un mystérieux assassin : Kirtash, veut leur mort. Ils sont secourus par les membres de la résistance : le prince Aslan et le sorcier Shaïl et débarquent sur Limbhad, une sorte de havre de paix entre les deux mondes que sont la Terre et Idhun. Les deux adolescents vont devoir grandir et apprendre très vite à survivre afin de retrouver la dernière licorne et le dernier dragon exilé sur Terre afin de sauver le monde d'Idhun.
En ouvrant La résistance, on plonge dans un roman fantastique comme il en existe cent. Deux héros hors du commun, un monde bizarroïde, des pouvoirs étranges et des vilains. Mais aussi les pensums auxquels on ne peut échapper : le héros qui veut devenir fort pour se venger, le maître gentil mais dur qu'incarne Aslan ; la gentille et magnifique héroïne dont tout le monde tombe amoureux, et le vilain très vilain mais qui en fait pourrait être gentil : Kirtash.
Le ton est donné chez amis ... je n'ai pas aimé. Mais pas du tout. Au bout de cinq pages je savais déjà que j'allais m'ennuyer tout le long du roman. Et quelles pages ! Un jeune héros qui un pressentiment affreux ! Qui découvre que les choses ne sont pas telles qu'elles semblent l'être et les vilains qui débarquent. Une intrigue de celle que j'ai déjà pu lire dans des dizaines d'autres romans ; des personnages que j'ai déjà rencontré, des réactions, des scènes, des pensées, des réflexions déjà lues et relues des centaines de fois. J'ai pensé à tout pendant cette lecture, à Eragon (même si j'ai aimé Eragon, j'avais 14 ans à l'époque), au Maléfice (premier partenariat dont la lecture m'avait autant déplu), et à tout ce que la littérature "jeunesse" a pu m'offrir. Ce n'est plus le genre de littérature que je recherche aujourd'hui. Si je l'avais lu plus tôt, plus jeune, je suis sûre que j'aurais aimé, mais là, trop c'est trop.
J'ai eu du mal à avaler les quelques cinq cent pages de ce pavé ; mais puisque c'était un partenariat ce n'aurait pas été correct de ne pas l'achever ; j'ai donc mit à profit mes heures de trains et d'attente pour le lire, quitte à sauter des paragraphes. Et même avec la meilleure volonté du monde je n'ai pas pu faire autrement que de m'ennuyer ; de ne pas accrocher, de me regarder en lire et en comptant le nombre de pages restantes.

Cependant, parce que je suis de bonne foi, quelque chose m'a intéressée et un peu plu. La relation entre Victoria et Kirtash, que j'espérais être ainsi  ne m'a pas déçu. J'ai aimé suivre son évolution, et c'est même cela qui m'a fait lire le livre en entier. Mais c'est bien là, avec ce qui arrive à Aslan à cause d'Elrion, les seules choses qui m'ont intéressé.

En deux mots : Je n'ai pas du tout, du tout, du tout accroché à ce roman et ait bien eu du mal à voir ce qui avait pu autant plaire à ses admirateurs. Certaines petites choses m'ont plu, mais elles furent trop rares pour que j'envisage de lire la suite.

Ce qu'en pense Lyra Sullivan.

Traduit de l'espagnol par Marie-José Lamorlette.

 http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/couverture.jpg
(L'édition collector que je trouve jolie)

Rangé dans Littérature hispanique le 4 juin 2010

L'Ombre du vent, Carlos Ruiz Zafón.

Publié en 2004.

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/OmbreDuvent.jpgRésumé : Barcelone, années -50. Daniel Sempere est emmené dans le Cimetière des Livres Oubliés par son père, là il doit souscrire à la tradition qui est de choisir un livre parmi les centaine de milliers qui s'y trouvent et de "l'adopter". Il trouvera le livre qui va changer le cours de sa vie : L'Ombre du vent d'un certain Julián Carax ...

L'auteur : Carlos Ruiz Zafón (né en 1964 à Barcelone) est un écrivain et scénariste espagnol vivant depuis 1994 aux Etats-Unis. C'est avec son quatrième roman, L'Ombre du vent, qu'il sera révélé au public et recevra quantité de prix littéraire.

- Début du roman -


Mon avis : J'avais dans l'idée d'emmener ce volume avec moi en Angleterre mais au dernier moment j'ai décidé de le lire avant, ça fera toujours un livre de moins à emporter et à regretter.
C'est étrange comme les 200 premières pages d'un livre qui en compte 600, passent vite et comme les 50 premières d'un livre de 200 pages sont longues. Considérations poétiques mise à part, je dois dire que j'ai assez aimé ce roman. J'ai trouvé le début un peu lent, en fait je ne suis rentrée totalement dans le récit qu'à la moitié du livre et plus particulièrement pendant le manuscrit de Nuria Monfort. Ce qu'elle racontait, dévoilant ainsi toutes les zones d'ombres du livre ma ravi ainsi que sa narration, j'ai ensuite aimé la fin parce qu'elle suivait le prolongement de ces révélations. J'avais pu anticiper, comme tout le monde je pense, quelques révélations de cette partie, sauf deux. J'ai donc été agréablement surprise et mon opinion sur le livre s'en ai vu amélioré.
Sans cette fin qui à mon avis remonte le roman, j'aurais dit que nous avions là un Ensemble c'est tout catalan avec plus de sexe et de violence mais en moins bien. On a le clochard sorti de la rue et redevenant quelqu'un de respectable, la vieille femme qu'on aide et dont on a pitié, les histoires d'amour tarabiscotées, les confidences sur l'oreiller terriblement douloureuses. Mais c'est assez drôle parfois et certains dialogues sont presque superbes. J'ai aimé découvrir l'ambiance de Barcelone ainsi qu'en savoir plus sur ce que fut le régime de Franco et comment il arriva. Ce qui me fait nuancer à ce point mon propos est que le livre est long. Non pas que ce soit un problème ou autre chose, mais pendant 600 pages on a bien le temps d'entrer dans une atmosphère, de s'attacher aux personnages et de regarder avec une certaine tendresse les péripéties qui arrivent si l'on a aimé ledit livre.
J'ai assez aimé pour avoir envie de lire le nouveau livre de l'auteur à savoir Le jeu de l'ange. Je l'achèterais surement à l'aéroport et il me tiendra compagnie durant le vol jusque Manchester.

En deux mots : J'ai passé un moment agréable à lire ce livre, la fin m'ayant plus plu que le reste.

Extrait : "Est-ce à cause de cette pensée ou bien du hasard ou de son proche parent qui se pavane sous le nom de destin, toujours est-il que, tout d'un coup, je sus que j'avais déjà choisi le livre que je devais adopter. Ou peut-être devrais-je dire le lire qui m'avait adopté. Il se tenait timidement à l'extrémité d'un rayon, relié en cuir lie-de-vin, chuchotant son titre en caractère dorés qui luisaient à la lumière distillée du haut de la coupole. Je m'approchai de lui et caressai les mots du bout des doigts, en lisant en silence :
L'Ombre du vent
Juli
án Carax"


Traduit de l'espagnol par François Maspero.

Rangé dans Littérature hispanique le 31 août 2009

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