
Publié en 1981.
L'auteur : Gabriel García Márquez est un écrivain colombien né le 6 mars 1927. Romancier, novelliste mais aussi journaliste engagé, il reçoit le prix Nobel de littérature en 1982.
Dans lequel on sait qui a tué qui
Et pourquoi.
Mon avis : Comme j'étais en veine de poésie et de jolies blagues je me suis dit qu'un résumé par ordinaire ne serait pas de trop.
Bon, trêve de plaisanteries. L'histoire est simple, dans un village colombien au lendemain d'un mariage, Santiago Nasar se fait tuer, et tout le monde était au courant. Il ne s'est cependant trouvé personne pour le prévenir ou le protéger. C'est donc la chronique d'une mort annoncée que nous livre le narrateur, quelques années après le drame en rassemblant les témoignages et ses propres souvenirs. Il ne s'agit pas comme il pourrait sembler, d'un livre qui dénonce l'immobilisme des habitants ou la cruauté etc etc ... Non, le narrateur se contente de dire ce qu'il s'est passé, sans chercher à faire honte aux habitants ni les moraliser. C'est en fait d'un livre assez étrange.
On a l'habitude de découvrir à la fin ce qu'il se passe, alors que là dés la première phrase on sait que le personnage va mourir, on sait qui va l'assassiner et on apprend au fur et à mesure pourquoi. Ce qui est passionnant dans ce livre, c'est la façon dont l'auteur raconte l'enchainement des événements, donne le différents avis et montre combien cette mort a été annoncée. Du maire au policier en passant pas le curé, tout le monde était au courant, mais personne n'a rien dit à Santiago Nasar ni rien fait pour l'empêcher, les meurtriers mêmes ne seront pas inquiétés par une quelconque vengeance, bien que la victime soit très appréciée.
Ecrit avec un style vivant, drôle et tout simplement impeccable, l'auteur nous fait découvrir une histoire passionnante.
En deux mots : Un livre superbe que je conseille à tous !
Extrait :"L'avocat plaida la thèse de l'homicide en état de légitime défense de l'honneur, point de vue qui fut accepté par les jurés, et les jumeaux déclarèrent à la fin du procès qu'ils recommenceraient mille fois s'il fallait le refaire, et pour les mêmes raisons. Ils entrevirent eux-mêmes l'argument de leur défense quand, quelques minutes après le crime, ils vinrent au presbytère se constituer prisonnier. Ils firent irruption dans la maison du curé, talonnés par un groupe d'Arabes surexcités, et posèrent les couteaux aux lames propres sur la table du Père Amador. Les deux se sentaient épuisés après le travail barbare de mort auquel ils s'étaient livrés. Ils avaient les bras trempés et le visage barbouillé de sueur et de sang encore frais. Pourtant le curé évoquait leur reddition comme un acte d'une grande dignité.
-Nous l'avons tué sciemment, dit Pedro Vicario. Mais nous sommes innocents.
-Peut-être devant Dieu, dit le Père Amador.
-Devant Dieu et devant les hommes, précisa Pablo Vicario. Il s'agissait d'une affaire d'honneur."













