Ermites dans la taïga, Vassili Peskov.
Publié en 1992.
Prêté par Anne.
Publié en 1992.
Prêté par Anne.
Résumé : Une famille de vieux-croyants démunis à l'extrême, subsistant dans une cabane misérable, en pleine taïga, coupés de la civilisation depuis... 1938 : telle est l'incroyable réalité décrite par Vassili Peskov, qui raconte ici avec passion et minutie l'aventure des ermites de notre temps, puis les efforts de la plus jeune d'entre eux, Agafia, pour se réadapter au monde. Nouvelle version du mythe de Robinson, manuel de survie dans la taïga.Mon avis : Je sais pas si j'avais lu le résumé j'aurais été super attiré par le bouquin, mais c'est Anne qui m'en a vanté les mérites, et qui m'a donné envie de le lire. En plus elle l'a fait voyager jusqu'à moi, je n'avais donc plus aucune raison de ne pas le lire ! C'est à présent chose faite et je l'en remercie, car il est vrai que ce récit est fascinant. Par son fond, pas du tout sa forme par contre. Je vais tacher de bien séparer les deux dans mon billet.
Vassili Peskov est journaliste et dans les années 80 on lui rapport qu'un groupe de géologues en goguette dans la taïga sibérienne a rencontré une famille de cinq personnes (le père, les deux fils, les deux filles), vivant coupé du monde dans une petite isba dans la taïga depuis 1938 ! Les enfants n'ont jamais vu d' « hommes modernes » et leur vie ascétique et rythmée par la prière leur fait craindre le monde moderne nommé « le siècle ». Vassili Peskov est fasciné et décide de rendre visite à cette famille atypique pour tenter de comprendre leur retraite. Le chemin jusque chez les Lykov est long et dangereux, l'avion, puis l'hélicoptère et ensuite la marche dans la taïga pour atteindre la petite isba où aucune lumière n'est jamais allumée. Une amitié durable se noue entre Vassili Peskov, Erofeï (un géologue), et la famille Lykov. Quand Vassili Peskov arrive chez eux, la maladie a emporté les deux fils et une fille, ne reste que le vieux père et sa fille Agafia, âgés de quatre-vint et quarante printemps. Leur histoire raconté dans le journal où travaille Vassili Peskov va fasciner la Russie pendant des années.
Comment en effet, ne pas être fasciné par cette histoire, celles de gens, reclus dans un coin du monde complètement perdu, et où en plus sont nés des enfants qui n'ont jamais vécu avec personne d'autres que leurs parents et frères et soeurs. Comment vivent-ils ensemble, comment perçoivent-ils le monde extérieur, comment ont-ils grandi et avec quelle valeur ? On découvre que chaque enfin a un caractère bien défini, qu'un Dmitri, peut fabriquer des objets techniques sans en avoir vu plus tôt, que son frère apprend à chasser et a tanner les peaux sans aide, ses soeurs lisent, s'occupent de l'isba, chassent avec eux.
Vivre au côté de cette famille est fascinant et je ne regrette pas du tout d'avoir lu ce bouquin. Par contre la forme est pas top. Déjà Peskov est journaliste, pas écrivain, il a des envolés lyriques un peu superfétatoire, des précisions historiques très longues (le schisme religieux qui a conduit les ancêtres des Lykov à se retirer du monde est expliqué de façon très compliqué). Ensuite l'édition aurait pu préciser qui était l'auteur, que ces textes étaient à l'origine des articles, faire des liens entre les différentes parties, lier le tout quoi. La conclusion ne sert à rien, elle redit juste tout ce qu'on a lu dans le bouquin et dont on se souvient encore.
Il existe une suite, Des nouvelles d'Agafia, qui raconte la vie de la dernière de la famille pendant dix ans après ce premier livre et je suis très curieuse de le lire. Je me demande si elle est disponible à la bibliothèque.
En deux mots : Une histoire fascinante ! Laissez-vous emporter par la famille Lykov et découvrez la vie dans son isba sibérienne. Méloë et Cécile, je suis sûre que ça vous plairait. Je suis en train de lire Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson, et ça va très bien avec l'ambiance qui m'a bercé dans ce bouquin-ci.
Traduit du russe par Yves Gauthier.
Photo de couverture : Agafia.
Tayojny toupik









