Raison-et-sentiments

"J'ai dans l'âme une fleur que nul ne peut cueillir." Victor Hugo

Jeudi 30 avril 2009 à 19:44

8.

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Install, Wataya Risa.

Résumé : « -Le job dont je te parle, ça consiste à utiliser un site de chat sur Internet pour avoir des échanges à caractère pornographique avec des hommes. Tu crois qu'on peut appeler ça un job de chat-girl ? Comme on dit call-girl ?
-Hein ? Tu me proposes un travail dans le porno ?
Il approuve de la tête d'un air un peu gêné.
-Dis donc … tu crois que c'est vraiment un truc à proposer à une jeune fille en danger de phobie scolaire ? Et d'abord, comment un gosse du primaire comme toi a entendu parler de ce genre de boulots louches, hein ?
-Par un de mes correspondants SMS. Mais bon, ça va, laisse tomber. Désolé de t'avoir parlé de ça.
Il se lève comme pour mettre à la conversation. Mais moi, derrière mon visage indigné, je me sens déjà très motivée. Je l'arrête.
-N'essaie pas de fuir. Je t'ai pas dit que ton boulot ne m'intéressait pas, il me semble ! Donne-moi des détails ! »

Asako quitte le lycée pour fuir la bataille des examens, et dans le même temps vide sa chambre de tous ses meubles, histoire de « voir ce qu'il restera après ». Quand elle met aux ordures son ordinateur et qu'un gamin ( Kazuyoshi ) de dix ans lui demande s'il peut le prendre, les choses commencent à changer. En effet Kazuyoshi est assez spécial dans son genre …

L'auteur : Wataya Risa ( née en 1984 ), écrit son premier roman Install à dix-sept ans pendant les vacances d'été, elle reçoit le prix Bugei en 2001 pour ce roman. Pendant sa deuxième année de fac, elle écrit Appel du pied qui lui vaut le prix Akutagawa ( le Goncourt japonais ) pour ce dernier, elle est la plus jeune romancière a l'avoir reçu.

Mon avis : J'avais aimé l'autre roman que j'avais lu d'elle, et je ne suis pas déçu de celui-ci. Elle écrit avec talent et son histoire est géniale ( non j'ai pas plus constructif en stock ). On y retrouve un mélange subtil de désespoir, de folie et de perversité inhérente à la société japonaise ( entendons-nous bien ce n'est pas péjoratif, ce n'est qu'un constat ).

En deux mots : Un très bon roman.

Extraits : « Vivre en sacrifiant la nuit précédente pour me préparer au lendemain, ou vivre sans faire de différence entre demain et aujourd'hui ? Laquelle de ces deux façons de vivre me procurera la vie la plus dense, la plus pleine ? Toute paresseuse que je suis, moi aussi j'ai envie de vivre avec profit, même si je dois perdre du temps dans cette recherche, même si au bout du compte cela ne doit me mener qu'à une forme de masturbation égotiste. »

« Au lieu d'aller en classe préparer mon avenir, vais-je perdre mon éphémère jeunesse avec un gamin plus que zarbi, à me faire passer pour une femme mariée et à me compromettre dans de la prostitution soft ? »

Ce livre est sur ma liste pour le Challenge ABC, et un de moins !

Mercredi 27 mai 2009 à 13:22

24.

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Chain Mail, Hiroshi Ishizaki

Publié en 2003.

L'auteur : Hiroshi Ishizaki est un écrivain japonais né en 1958 à Tokyo

Résumé :

Sawako, 12 ans, est élève dans un collège très huppé et sélect de Tokyo. Sa mère a quitté son père car il la battait, rejetant sur elle les mauvais résultats scolaires de sa fille. Un jour, elle reçoit un drôle de mail sur son téléphone. Une fille, Yukari, lui propose de participer à un Chain Mail. Le but du jeu est de participer à une histoire en ligne, il y aura quatre participants prenant chacun le rôle d'un personnage et le faisait évoluer. Chacun participe à l'histoire en publiant un « chapitre ». L'histoire est simple, une jeune fille se fait harceler par un homme étrange, dans le même temps elle est amoureuse de son prof à domicile … une combinaison étrange et fascinante pour ces quatre filles qui vont se prendre au jeu et pour qui le Chain Mail va devenir très important, jusqu'à se confondre avec la réalité, et quand Sawako disparaît, les filles ne goutent plus à la plaisanterie.

Mon avis :

J'ai aimé moyennement … l'ambiance dans la système scolaire japonais a des possibilités énormes et j'adore lire les tribulations des ces ados dans un système limite masochiste avec des profs complètement ferrés et croyant en la toute puissance scolaire. Certains passages sont très bien écrit, très bien narrés et très poussés dans la réflexion. Cependant d'autres pêchent par des répliques stéréotypés, des descriptions brouillons et floues. Enfin l'épilogue laisse à désirer, tout du moins la résolution de l'affaire. Car la fin à proprement parlé est très belle.

En deux mots :

Une lecture potable, parfois agréable mais sans plus ...

Extraits :

« 
Tous ceux qui croyaient qu'il n'existe qu'un seul et unique univers dans le monde, tous ces gens n'ont aucune imagination. Tous ces pauvres types qui se contentent de toujours tout supporter sous prétexte qu'il n'y a « qu'un seul monde réel », même s'ils le trouvent absurde et décevant, même s'ils savent que jamais il ne sentiront briller dans cette réalité. Tous ceux qui angoissent s'ils ne font pas comme tout le monde, même s'ils trouvent ça absurde. Et puis tous ceux qui veulent forcer les autres à faire comme tous le monde. »
Extrait du chapitre 3.

Jeudi 27 août 2009 à 21:15

88.

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/ikezawafemme.jpgLa femme qui dort, Ikezawa Natsuki.

Publié en 2007.

Les trois nouvelles :

- Les origines de N'kunre -
- Mieux encore que les fleurs -
- La Femme qui dort -

Résumé : Les histoires d'Ikezawa Natsuki nous entraînent, du Brésil à l'île d'Okinawa, dans des voyages amoureux, tour à tour réalistes et oniriques. Elles nous emportent dans des contrées, à mi-chemin du réel et du songe, où des forces anciennes sont encore à l'oeuvre et influent sur les vivants. Elles nous parlent de la mystérieuse sémantique des rêves, de la fraîcheur vivace des sentiments surgie intacte de l'épaisseur du temps.

L'auteur : Ikezawa Natsuki est un écrivain japonais né en 1945. Son choix pour des études scientifiques, son attirance pour la civilisation grecque, voilà quelques éléments de la formation de cet auteur qui peuvent expliquer la singularité de son oeuvre romanesque.

Mon avis : J'ai acheté ce livre il n'y a pas longtemps et comme je l'avais emporté avec moi en vacances je l'ai lu aujourd'hui. J'ai retrouvé avec plaisir l'ambiance et l'écriture caractéristique des japonais. Il y a toujours un je-ne-sais-quoi qui donne un ambiance un peu "spécial" au livre et qu'on ne rencontre nul part ailleurs. J'en ai d'ailleurs discuté avec la bibliothécaire et elle est de mon avis. Bref pour en revenir au livre en lui-même et aux nouvelles.
Je dois dire qu'elles sont très bien écrites et qu'elles se lisent avec plaisir et sans jamais s'ennuyer. Ce que j'ai le plus aimé dans ces textes c'est la façon si particulière qu'à Ikezawa de décrire les petites choses simples de la vie. La façon dont la "femme qui dort" fait les repas de son mari par exemple. Mais aussi les histoires racontées. La première est sympathique et m'a fait penser par son ambiance un peu à Garcia Marquez, mais je trouve que le sujet n'est pas assez poussé, m'enfin c'était dans le titre ; il ne s'agit que des "origines". J'ai par contre beaucoup aimé la deuxième et la troisième, la troisième d'ailleurs m'a un peu fait penser à La morte amoureuse de Gautier, non que ce soit exactement le même sujet mais parce que l'intrigue est similaire avec le "voyage" pendant le sommeil et ce que l'on y vit. Cependant j'aurais préféré qu'il s'arrête avant de faire sa parenthèse et nous laisse le soin d'imaginer la suite de l'histoire.

En deux mots : J'ai passé un agréable moment à lire ces trois nouvelles.
http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/nanastrangevipblogcom9598229782246694915.jpgSerpents et piercings, Hitomi Kanehara.

Publié en 2003.
Prix Subaru et Prix Akutagawa 2003.
(Challenge ABC - 15ème livre lu)

Résumé : A dix-neuf ans, la jeune Lui traîne son mal de vivre et son envie de transgresser les tabous dans les ruelles interlopes de Tokyo. Lorsqu'elle en a besoin, elle travaille, habillée de la manière la plus sage et traditionnelle ; le reste du temps, elle est attirée par un monde obscur où l'entraîne Ama, jeune punk qui la fascine avec sa langue fourchue et ses multiples tatouages et piercings. Lui veut elle aussi devenir une adepte de la transformation corporelle. Elle passe de longues heures entre les mains de Shiba-san, artiste tatoueur très porté sur le sado-masochisme ...

L'auteure : Hitomi Kanehara (née en 1983) est une romancière japonaise. Après avoir abandonné l'école à 11 ans (ben oui elle était précoce dans le genre) elle se consacre à l'écriture. Son premier roman a remporté la plus haute distinction littéraire du pays : le prix Akutagawa.

Mon avis : Ce petit livre s'est parfaitement enchainé avec la la lecture du deuxième volume de Millénium. Lui (oui c'est un prénom japonais) ressemble beaucoup à  Lisbeth par certains côtés, et le ton de l'auteure rappelait celui de Stieg Larsson. Alors moi dans mon lit à 2 heures du matin, sortant de Millénium qui me plonge dans ce roman et que ne le lâche qu'à sa fin c'est assez spécial ... J'ai adoré retrouver l'ambiance du Japon (ce qui fait que vous allez crouler sous les livres japonais à présent), le ton décalée et étrange des auteurs de ce pays et une histoire bizarre, dans laquelle les limites ne semblent pas exister et où la morale est bien différente de celle qu'on utilise tous les jours.
Pour tout dire je suis assez perplexe ; je m'étais attachée à Ama, à son histoire avec Lui (même si leur partie de jambes en l'air me passaient un peu au dessus de la tête) et donc la fin m'a un peu refroidie. Pourtant je garde une bonne impression de cette histoire, et j'aurais bien envie de découvrir les deux autres romans de l'auteur.

En deux mots : Une lecture étrange mais en même temps agréable qui me donne envie de lire les autres romans de l'auteur.

Extrait : "Peu important qu'Ama s'appelle Amadeus en réalité. Peu importait que Shiba-san soit vraiment le fils de Dieu. Peu importait que je sois la seule personne normale de notre petit groupe. Je désirais seulement faire partie d'un monde souterrain où le soleil ne brillerait jamais, où l'on n'entendrait jamais de sérénade et jamais au grand jamais le moindre rire d'enfant."

Mardi 10 novembre 2009 à 1:48

Domaines étrangers ...

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/murakami.jpgLe passage de la nuit, Haruki Murakami.

Publié en 2004.

~ Coup de coeur ~

Résumé : Dans un bar, Mari est plongée dans un livre. Elle boit du thé, fume cigarette sur cigarette. Surgit alors un musicien qui la reconnaît. Au même moment, dans une chambre, Eri, la soeur de Mari, dort à poings fermés, sans savoir que quelqu'un (ou quelque chose) l'observe. Autour des deux soeurs vont défiler des personnages insolites : une prostituée blessée, une gérante de love hotel, un informaticien désabusé, une femme de chambre en fuite ...

L'auteur : Haruki Murakami (né en 1949) est un écrivain japonais. Après des études à l'université de Waseda il tient un bar puis publie son premier roman Ecoute le chant du vent ; ensuite il voyage, en Europe, aux Etats-Unis. Egalement traducteur (de Fitzgerald par exemple) il retourne au Japon après le tremblement de terre de Kobe.

Mon avis : Ce qui m'avait attiré en premier lieu dans ce roman c'est la couverture (elle est belle quand même). Je n'étais pas dans le bon état d'esprit pour le lire pendant un moment, mais après la lecture de Serpents et piercings je me suis de nouveau retrouvée bercer par l'écriture des japonais et j'ai replongé.
La forme de la narration est assez étrange, notre point de vue c'est celui de la caméra qui filme les scènes. Comme si on regardait un film. C'est étrange mais pas désagréable. D'abord focalisé sur Mari et Eri on navigue ensuite vers les autres personnages qu'elles rencontrent et on les suit.
L'histoire se déroule en une nuit et ... je ne sais pas, sans avoir été vraiment soulevé par cette lecture je me trouve a apprécier ce livre, à aimer le ton de l'auteur et son écriture particulière. Les choses étranges qu'ils arrivent à Eri m'ont un peu laissé de marbre, mais les parties sur Mari et les autres m'ont tellement plu que cela rattrape le reste.
A chaque pages tournées je me disais, allez ça va retomber maintenant et je vais m'ennuyer (ne me demandez surtout pas pourquoi je pensais ça, je serais bien incapable de vous répondre) et non. Jamais à un instant je n'ai eu envie de reposer le livre. Mais je m'exprime mal. Je n'ai pas été transporté comme pour Seigneurs de guerre, mais ... mais tout aussi subtilement je suis entrée dans l'histoire et me suis drapée de cette ambiance étrange et plaisante.

En deux mots : Une lecture très agréable ; heureusement j'ai un autre roman de Murakami dans ma bibliothèque. Je viens de trouver ce que j'ai ressenti : un plaisir particulier (!).

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