Publié en 2011.

Priti a 20 ans, elle aime vivre au grand air, croquer des animaux et se questionner à propos du monde qui l'entoure. Elle fait partie de la communauté Jain et voudrait pouvoir n'être vêtue que par le ciel, comme ces moines Digambara, bien que cela ne soit pas autorisé aux femmes. Nadim, l'eunuque de la reine Nur Jaha ayant remarqué ses talents au sein de l'école des arts de Mughal en a informé sa maîtresse. Car la reine Nur a depuis quelque temps le projet de faire mettre en images la vie des femmes du palais sur un Muraqqa'. Qui d'autre de mieux que Priti pourrait l'exécuter ? Cette jeune femme pure se retrouve ainsi à la cour d'un souverain musulman, spectatrice de la vie du sérail et de son époque…
Mon avis : Même si le fait de bosser dans une maison d’édition indienne qui me porte sur les nerfs m’a fait bouder le seul et unique ouvrage de littérature indienne de ma PAL , j’aimais et j’aime quand même toujours certains trucs en rapport avec cette culture. Et quand j’ai vu la couverture de Muraqa’, où Priti est habillée comme les hindoues traditionnelles, et en plus dessinée de très belle façon, j’ai craqué.
Muraqqa’ se déroule en 1616 en Inde. Priti est une jeune peintre hindoue ; l’empereur mohgol Jahangir l’a fait venir à sa cour sur la demande sa vingtième épouse (il savait vivre celui-là) pour qu’elle puisse entre dans le zenama (le quartier des femmes dans le palais en gros) et peindre la vie des femmes (ce qu’un homme ne pourrait faire, puisqu’il se rait soumis à la tentation constamment ; hé oui, la chair est faible).
Il est rare que je trouve des BD avec des dessins qui me plaisent, mais ceux d’Ana Miralles ont été à mon gout. Elle représente très bien les femmes, leurs tenues traditionnelles, les décors et les bâtiments. Il y a certains visages qui sont un peu hideux, comme faire dans l’urgence, mais ce n’est pas fréquent. Les couleurs sont également très belles, ni trop vives, ni trop claires. Et pas appliquées à la truelle.
L’ouvrage ne m’a pour une fois pas semblé trop court ; parce que les BD ne sont pas longues en générales et on est tout de suite coupé dans son élan. Ici il me semble qu’on a le temps de découvrir l’univers - peut-être aussi parce qu’il y avait pleins de trucs que je ne connaissais pas et que j’ai dû apprendre -, les personnages et d’installer, pas une intrigue, mais une histoire qu’on aura envie de suivre. La narration est claire sauf pour une scène vers la fin qui se comprend avec un flash-back. La lecture de ce premier volume m’a beaucoup plu, tant par l’histoire que par les dessins.
Comme je l’ai dit, on n’a pas vraiment d’intrigue dans ce volume-ci, mais on se doute que cela arrivera dans la suite, et je suis très curieuse de lire ça. En tout cas Muraqqa’ est venu enrichir ma minuscule collection de BD et je ne le regrette pas.
En deux mots : Muraqqa’ est une excellent découverte ! Les dessins et l’histoire m’ont beaucoup plu. Cette plongée dans l’Inde du 17e siècle et dans les conforts du palais de Jaipur sont fascinants. Vivement la suite pour suivre de nouveau Priti.
Traduit de l’espagnol par Stéphane Meslin.











