http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/weirdthings04.jpg


CUSTOMER (holding us a copy of Harry Potter book): This doesn't have anything weird in it.... does it?
BOOKSELLER: You mean, like, werewolves?
CUSTOMER: No (whispers) - gays.
BOOKSELLER: ... right.

CUSTOMER: Do you have a book with a list of carrers? I want to give my daughter some inspiration.
BOOKSELLER: Ah, is she applying to university?
CUSTOMER: Oh non, not yet. She's just over there. Sweetheart?
(a four year old girl comes over)
BOOKSELLER: There your are. Now, you talk to the nice lady, and I'm going to find you a book on how to become a doctor or a scientist. What do you think about that?
(The girl says nothing)
CUSTOMER (to the bookseller): Won't be a sec.
(Customer wanders off into non-fiction)
BOOKSELLER: So, what's your name?
CHILD: Sarah.
BOOKSELLER: What do you want to be when you grow up?
CHILD: ... A bumblebee.
BOOKSELLER: Excellent.

CUSTOMER: You must get so much time to read, just sitting here surrondd by books.
BOOKSELLER: What is it you do?
CUSTOMER: Me? I work in a clothes shop.
BOOKSELLER: Well, you must get so much time to try clothes on, just standing there, surrounded by clothes.

CUSTOMER: Do you have Philip Pullman's The Book of Dust?
BOOKSELLER: No, I don't think a publication date has even been set for that book yet.
CUSTOMER: I know, it's just I thought you might already have a copy, considering you're an antiquarian bookshop.
BOOKSELLER: ... Antiquarian means old. We don't have books, you know, from the future.
CUSTOMER: Ah.
http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/WEIRD.jpg

Je me suis dit que je n'allais pas vous faire un billet de six pages pour vous dire que ce livre d'anecdotes de libraire était rigolo à lire et que si vous pouviez le découvrir je vous le conseillais. Et qu'en plus dedans on a de très rigolotes illustrations (comme en début d'article). Alors je vous ai recopié quelques morceaux choisis qui m'ont fait rire et vous donneront peut-être envie de lire.
Le seul bémol que j'apporte au bouquin c'est que j'aurais aimé avoir une petit introduction, oh même pas une page tiens, où l'auteure aurait expliqué dans quelles conditions elle avait rassemblé ces perles (elle est libraire et cet article explique le truc), et comment cela avait terminé en livre. Sinon c'est comme je l'ai dit rigolo et distrayant à lire. On peut picorer des anecdotes de temps en temps, comme passer une petite heure à toutes les lire en profitant des illustrations.


Weird things customers say in bookshops, Jen Campbell.
Illustrations de couverture et internes par The brothers MacLeod
2012, Constable.

Rangé dans Littérature britannique le 4 septembre 2012

Le journal de Bridget Jones, Helen Fielding.

Publié en 1996.
Challenge anniversaire : Pride & Prejudice





http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/9782290300398.jpgRésumé : Célibataire londonienne de 30 ans, Bridget Jones décide de tenir un journal intime et de prendre des bonnes résolutions : arrêter de fumer, perdre du poids et surtout trouver enfin un petit ami correct. Daniel Cleaver le coureur de jupons ? Ou Mark Darcy le psycho-rigide ?

Mon avis : J'ai du voir à peu près la totalité du film adapté du livre, ainsi qu'un bout du second. Et autant le dire franchement je n'ai pas du tout, du tout, du tout apprécié. Zelweger en Jones c'est un carnage, je n'ai pas supporté sa tronche, son jeu, l'histoire idiote de la culotte de grand-mère et ce sale crétin de Daniel. Donc je n'étais pas forcément enjouée à l'idée de lire les bouquins, en fait je n'y songeais même pas, mais j'ai vu ensuite l'article de Mlle Alice sur le livre, expliquant qu'il était différent du film sur plusieurs points, donc j'ai été chez Emmaüs récupérer les deux volumes (ils en avaient une dizaine de chaque, c'est pratique).
Je dois l'avouer, ce n'est pas aussi pire que ce à quoi je m'attendais, mais ce n'est pas non plus une révélation. La chick-lit ce n'est pas pour moi, vraiment. J'avais déjà lu deux bouquins du genre, de Plum Sykes, des trucs tellement absurdes et décalés (disons que je les ai vus comme tels, sinon je me tranchais la gorge avec un couteau à beurre) que c'était plutôt bien passé, mais ici j'en ai eu jusque-là (et oui si haut) des atermoiements sur le poids, les fringues, les cartes de St Valentin, les cadeaux de noël, la mère névrosée et idiote, les amis qui lancent des piques mais à qui on fait la tête si on n'est pas invité à leur fête. Une fois ok, deux bon, mais douze, voir quarante-sept et j'étais en train de m'ennuyer et d'avoir envie de la gifler cette dinde. Parce que pour moi Bridget est vraiment une dinde, trop gentille, jamais sûre d'elle, changeant d'avis comme de chaussettes et se plaignant constamment de choses et d'autres dont je me fous royalement. Son but dans la vie ? Faire 55 kilos. Elle en fait 57 voir 58 et elle nous prend la tête pendant tout le roman parce qu'elle veut atteindre 55 kilos ! 55 kilos nom de bleu de nouille ! C'est pas comme si elle était obèse, ou peu jolie, non c'est juste qu'elle s'invente un surpoids, un truc qui l'empêche d'être heureuse. Ajouté à cela qu'à 30 ans elle est toujours célibataire. Oh mon dieu. Elle est célibataire, sa vie est fichue. Qu'est-ce que ça a pu m'agacer ces constantes remarques de la part de son entourage et Bridget qui ne réagis pas et ne leur dit pas d'aller se faire voir ailleurs (j'en aurais déjà claqué ou un deux dans les premières pages). Ce qui m'a le plus agacé en dehors du poids, des fringues et de Daniel (quel fieffé salaud celui-ci ! On le voit venir dés le début que c'est un branquignolle, mais non Bridget croit qu'elle est amoureuse), c'est bien qu'elle ne se défende pas. Qu'elle ne les envoies pas tout se faire foutre et qu'elle soit pépère. Une telle mollesse me gonfle au plus haut point, même si ce sont des amis (des amis ne font pas ce genre de remarque idiote, alors réfléchis) ou de la famille (ce genre de famille là je m'en passe et ce n'est pas compliqué cocotte) dont il s'agit.

Enfin bref si je continue de hurler comme ça, vous allez croire que j'ai complètement passé un moment de torture, alors que même si j'ai été agacée, j'ai tout de même lu avec un certain plaisir. Alors ok en fin de lecture ce n'est pas ce que je retiens le plus, mais c'est tout de même vrai. J'ai lu avec plaisir, j'ai éclaté de rire (surtout quand elle fait des métaphores, celle avec Cathy des Hauts de Hurlevent m'a tué), et la forme de journal intime aide à ce que ce soit entrainant.
Les petites entêtes avant chaque entrée de journal sont drôles à lire la plupart du temps, mais deviennent quand même vite répétitives puisqu'elles disent toujours à peu près la même chose. Elles ajoutent aussi à la psychose de Bridget son énorme surpoids, et m'ont donc passablement porté sur le système lymphatique.

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/767714628.jpgEnsuite, je l'attendais cette réécriture d'Orgueil et Préjugés et j'ai vraiment dû l'attendre ! Pendant les trois-quarts du bouquin on est avec ce cancrelat de Daniel, et on se demande vraiment où notre Darcy. On l'a croisé une fois, et depuis pfiout. Nada Darcy. Puis d'un coup il arrive et hop l'auteure prend le cap d'une réécriture plutôt fidèle puisqu'elle reprend tous les éléments majeurs de la fin du roman. Un peu facile je trouve, elle a mouliné dans le vide pendant deux cent pages et d'un coup nous donne un truc facile, qui même s'il fonctionne ne fait pas sauter au plafond. J'avoue cependant que sa réécriture est agréable, que la transformation des éléments majeures et habilement faite et que j'ai trouvé ce Mark Darcy tout à fait charmant. Évidemment je l'imaginais comme Colin Firth.

En deux mots :
Je n'ai pas passé un moment inoubliable, même si c'est beaucoup moins atroce que ce que je pensais, et je lirais la suite que j'ai acheté en même temps (pour 1 € les deux je n'allais pas faire la fine bouche). Je reverrais peut-être même le film pour enfin le regarder en intégralité et voir comment ça été adapté maintenant que je connais l'histoire à la base.


Traduit de l'anglais par Arlette Stroumza
Bridget Jones's diary
Illustration de couverture par Margaux Motin

Rangé dans Littérature britannique le 29 août 2012

Twilight, Lily S. Mist.

Publié en 2010.
Prêté par Lisa




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/Twilight1.jpgRésumé : Sur qui peut-on compter pour trouver un sens à sa vie ? Sa famille, Zach l’a perdue depuis qu’il s’est fait chasser de chez lui. Son meilleur ami, il a disparu au moment où il avait le plus besoin de lui. Seul dans un endroit étranger, à chercher la raison de son existence, il va découvrir que certains sont prêts à l’aider : des inconnus, disposés à lui offrir un nouveau départ, et une chance de guérir enfin les blessures de son passé.

Mon avis :
Un peu comme pour Des fleurs pour Algernon, j'ai envie de parler de ce livre, mais je n'y arrive pas. Le brouillard de fin de lecture dont je vais ai déjà parlé semble ne pas vouloir bouger ses fesses et je me retrouve à devoir le chasser à coup de tapette à mouche afin de pouvoir retrouver une cerveau en paix. Je vais tâcher de faire un billet correct.

Quand ce livre est sorti, je n'étais pas du tout tentée à cause du titre. Ben oui, je pensais qu'il s'agissait d'une fanfiction sur Fascination et je n'avais du coup lu ni résumé ni billets. Puis il y a un moment Méloë en a parlé sur son blog et Lisa m'en a touché deux mots, du coup comme elle l'avait chez elle, elle me l'a prêté et j'en suis ravie parce que j'ai vraiment passé une très bonne lecture. Le roman est long, prend son temps et je me rends compte que j'aime vraiment ça, les romans qui prennent leur temps. L'histoire est ainsi, Zach est viré de chez lui par son père violent et homophobe, il n'a pas de famille vers qui se tourner et pas d'amis proches si ce n'est Ben, son meilleur ami qui a déménagé dans une station de ski avec ses parents. Il décide de le rejoindre là-bas, mais une fois sur place il apprend que Ben a de nouveau déménager et il n'a pas un sou pour bouger de là il se trouve.

Je n'ai pas été accrochée dés les premières pages. Cette scène où le père de Zach découvre son fils avec un autre mec est bizarrement brouillon dans la façon dont elle est décrite en plus de l'attitude de Zach ne me convainquait pas. Mais comme j'avais lu une réflexion similaire sur le billet de Méloë j'ai persévéré et j'ai bien fait parce que rapidement j'étais réellement dans le bouquin, peut-être même trop parfois. L'histoire de Zach, ses sentiments, ses réflexions (surtout l'une d'entre elles) ont trouvé échos en moi et j'avais vraiment envie de savoir comment tout aller se terminer. Bon on peu se douter un peu de la chose, mais l'important c'est la façon dont ça se réalise.
Les personnages de l'histoire sont attachants, et on a envie de les connaître plus. Certaines choses ne m'ont pas semblé très crédibles. Beaucoup de câlins tout le temps déjà. Bon ok c'est dans le genre du livre et je ne suis pas une personne qui en fait souvent, du coup quand il y en a ça me fait très bizarre, surtout entre deux mecs qui ne sont que amis. J'ai plus l'habitude de les voir se tapoter la main ou le dos que de se lover dans les bras l'un de l'autre. Mais remarquez je me suis faites la réflexion que si ça avait été deux amies filles je n'aurais pas trouvé ça bizarre, du coup faut que je vire mes préjugés à la con. Tout de même, trop de câlins tue le câlin.
L'écriture de Lily S. Mist est vraiment agréable à lire, maitrisée, soignée. La narration est fluide et on suit Zach sans problème. Seules quelques réflexions et questionnement deviennent redondant au bout d'un moment. J'ai juste eut du mal avec le changement de narrateur, mettre le nom comme ça simplement entre tiret je n'aime pas. Ça fait trop... peut-être qu'avec une autre présentation, ou simplement sans le dire ça m'aurait moins gêné. J'ai par contre beaucoup aimé lire l'anglais de l'auteure, on sent vraiment qu'elle n'a pas foutu des mots comme ça pour faire joli, ça fait sens (c'est grammaticalement juste ; ça change tiens), et pis c'est naturel tout simplement.
Je suis en train de rager parce que je n'arrive pas à mettre des mots sur ce que je ressens, à mettre en avant le factuel et les émotions alors que je voudrais juste vous dire que ce livre ait été un très grand plaisir de lecture pour moi, que je veux l'avoir dans ma bibli. pour pouvoir le relire et que je vous le conseille même s'il n'est pas parfait.

En deux mots : Une très très agréable découverte, un bouquin dont je n'arrive pas à parler mais que je vous conseille très fortement. Et en plus, si vous êtes fauchés comme les blés vous pouvez le lire en ligne sur le site de l'auteure, avec des chapitres en extra non présents dans la version papier.
Par contre j'aurais juste une réflexion. Pourquoi signaler un roman comme gai ou lesbien  ? Est-ce qu'on signale les romans hétéro ? Non parce que c'est la norme, alors en signaler un dans l'autre sens ça me semble simplement renforcer la norme en montrant bien que le bouquin n'y rentre pas. Le procédé me semble légèrement bizarre.


Illustration de couverture par Ziro F.
L'acheter sur The book edition.

Rangé dans Littérature française le 23 août 2012

Mon dernier mois sur Paris j'ai fait toutes les visites (ou presque) que j'aurais voulu faire tout au long de l'année mais que manque de temps je n'avais pas pu me permettre. J'ai donc vu des trucs géniaux et pris des tas de photos. Maintenant que mon boulot d'été est terminé et que j'ai pris le temps de faire du ménage dans lesdits photo j'ai décidé de vous publier quelques article sur les lieux qui m'ont le plus plu. On va commencer par le musée Gustave Moreau qui est une tuerie. J'espère que ça vous plaira !


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Gustave Moreau je ne connaissais pas spécialement avant de voir deux toiles au musée d'Orsay et que me rende compte que c'est tout simplement magnifique ! Je ne sais pas parler de peinture, je n'ai pas le vocabulaire adéquat, mais Moreau utilise des effets de fou. En plus de ses couleurs magnifiques on a des ton rehaussés d'or, ou de lignes noires qui dessinant d'autres contours ou motifs. Bref j'en parle mal mais ça vaut son pesant de coquillettes.
Un lundi, le dernier jour de l'expo consacrée à Hélène de Troie, Émilie, Lisa et moi nous sommes rendus à l'atelier transformé en musée de Gustave Moreau et on a passé un moment magnifique ! Il y a vraiment des dizaines et des dizaines de tableaux, esquisses, meubles ayant appartenu à l'artiste et c'est très impressionnant.

La visite commence au premier étage par la reconstitution de ses appartements. On a trois ou quatre pièces, un salon, un bureau, un chambre à coucher et autre chose. Déjà là des esquisses, des tableaux et des bibelots sont visibles, mais le meilleurs est à venir ! En passant au deuxième étage, c'est la stupéfaction, on débarque dans le Grand Atelier du peintre et on ne peut qu'écarquiller les yeux et passer des heures à regarder ses magnifiques toiles. Il y a en des dizaines accrochés du sol au plafond et le cadre est superbe. Beaux plancher vernis, l'escalier à vis menant à l'étage supérieur et les hautes fenêtres laissant filtrer une lumière très agréable. J'ai découvert là-bas des tableaux que j'aime beaucoup dont Léda ou Les filles de Thespius.
L'exposition Hélène de Troie présente plusieurs tableaux réalisés par l'auteur en plus d'une photographie présentant Julia Bartet dans un costume dessinée par le peintre et portant des bijoux qu'on peut admirer. Bon elle n'était pas super étendue et ce n'est pas forcément ce que j'ai le plus retenu. Mais vous pouvez aller lire cet article si vous voulez en savoir plus sur le sujet.


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On quitte le Grand Atelier pour passer à l'étage et c'est une nouvelle fois une explosion de tableaux. Du sol au plafond que je vous dis et en plus il y avait peu de personnes alors on a pu visiter et admirer tranquillement. Certaines petites toiles sont « cachées » dans des meubles dont on peut faire coulisser les tiroirs verticaux, et si vous y aller n'hésiter par à regarder parce qu'il y a vraiment de petites merveilles.
Le troisième étage est plus réduit que le premier, mais on a trouve quelques toiles extraordinaires, un autoportrait de Moreau par exemple, mais aussi Jupiter et Sélémé ou bien La licorne qui m'ont vraiment tapé dans l’œil. Bref je ne sais pas si j'ai réussi à mettre les mots sur ce que j'ai ressenti en visitant ce magnifique musée, mais en tout cas l'ensemble est tellement riche, tellement super magnifique que vous devez vous y rendre les loulous si vous le pouvez.


Musée Gustave Moreau
14 Rue de la Rochefoucauld
Métro Saint-Georges, Trinité-d'Estienne-d'Orves ou Notre-Dame-de-Lorette.


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Rangé dans Musées, expositions & châteaux le 18 août 2012

Rebecca Kean (T.1) : Traquée, Cassandra O'Donnell.

Publié en 2011.




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/9782290032060.jpgRésumé : Burlington, Nouvelle Angleterre. Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des États unis, bref un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement, parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu'il y avait plus de démons, de vampires, de loups-garous et autres prédateurs ici que partout ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n'est pas le genre de renseignements fournis par l'office de tourisme. Maudit soit-il...

Mon avis : Quand le premier volume de cette série est sorti, je n'étais pas tentée du tout. Encore un résumé bof, un héroïne, bref bof. Ensuite j'ai appris que l'auteure était française en fait (Cassandra O'Donnell est un pseudonyme) et lorsque je l'ai rencontré au salon du livre de poche de St Maur, j'ai été conquise parce qu'elle est juste adorable. Et j'aurais préféré à la limite qu'elle ne soit pas si sympa, parce qu'on va dire diplomatiquement que son bouquin ne m'a pas du tout plu.

En commençant de le lire je me dis que quand même, elle pourrait éviter de nous bombarder avec dix informations capitales sur l'univers au paragraphe, mais bon j'ai rongé mon frein en pensant qu'il s'agissait de l'introduction et que par la suite ça se ralentirait pour qu'on puisse tout découvrir à notre rythme, alors qu'en fait non. Pendant tout le bouquin j'ai eu ce sentiments de résumé, de trop de choses, d'un manque de transition. C'est très dommage, parce que dés les premières lignes on découvre une héroïne drôle, caustique, mais malheureusement le trop grand nombre d'incohérences et raccourcis utilisés par l'auteure gâche ce potentiel.
Rebecca est forte, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle censée aussi être impitoyable et torturer à l'envi tout ce qui bouge. Sauf que si parfois on a des scènes de violence d'une grande... violence (et oui), on aussi des scènes où elle fait sa chochotte sans raison. Elle est censée avoir été élevé avec cruauté, mais ne jamais avoir aimé faire souffrir autrui, et ça à la limite ça aurait pu me rapprocher d'elle si ce n'était pas si incohérent. D'une minute à l'autre elle peut passer en mode je suis une tueuse sanguinaire qui bute tout ce qui bouge, à oh mais je ne pouvais pas supporter de le voir le torturer oh mon dieu. Et quand elle est en mode torture, on se demande bien si elle a un cerveau, arracher un globe oculaire ou faire bouffer un gars vivant devant les yeux de sa victime, ok c'est super impressionnant, mais il me semblait qu'une guerrière ayant suivi un apprentissage des méthodes de tortures pourrait trouver quelque chose de bien pire, de plus efficace et de beaucoup plus discret ! Madame est censée passer sous le radar, mais que fait-elle ? Ordonne à sa meilleur copine, garou, de bouffer un gars encore en vie dans une zone pavillonnaire et décrit bien les hurlements qu'il pousse avant de servir de casse-dalle, histoire que les voisins en profitent et appelle la police (« Mais chérie qu'est-ce donc que ces hurlements d'agonie ? – Rien mon cœur, c'est le voisin qui se fait torturer, n'appelons surtout pas la police ») ; ou encore est censée ne pas spécialement utiliser la magie pour éviter qu'on la trouve, mais chaque instant de frustration est susceptible de conduire vers une petite boule de feu, ou explosion ou truc magique impressionnant et inutile. Et à côté de ça, parfois on a juste envie de la secouer quand elle sort ce genre de remarques : « Il-Elle n'allait rien me dire, alors même si j'avais envie de lui arracher la tête je m'en allais ». Elle torture des mecs au petit-dej et parfois alors que ce serait vraiment vitale, elle laisse tomber. Pourquoi ? Parce que l'auteure ne pouvait pas révéler tel ou tel élément à ce moment-ci du roman.

En plus de ces incohérences on en a d'autres qui viennent s'ajouter à la balance. Quand parfois je lis dans un billet livresque que les transitions sont absentes, je me dis, non ce n'est pas possible, un-e auteur-e ne pourrait pas oublier d'écrire quelque chose de vitale à la compréhension de son texte. Eh bien si. Rebecca torture un mec à l'autre bout d'une pièce ? Peu importe la phrase d'après elle est côté des escaliers, sa lame sur la gorge d'un autre sans qu'on sache comment elle est arrivée là. Rebecca sort pour s'isoler avec un type et ils marchent cinq kilomètres en une phrase. On a textuellement : Nous marchâmes cinq kilomètres. Le temps, ce qu'ils sont fait pendant cette marche, le paysage, le lieux ou ils arrivent, pas besoin de le préciser voyons ! Et quand au retour on a : Nous avions une heure de marche devant nous, on se dit ok, ils ont fait le chemin pendant ce temps là côté à côté à l'aller et ça s'est résumé comme ça ?
C'est agaçant, ça fait penser qu'on lit un premier jet qui n'a pas été corrigé (en plus des phrases qui se répètent à l'identique à deux pages d'écart, genre mon titre d'article), et qu'aucun bêta-lecteur n'est passé par là pour voir si la cohérence du truc existait.

Je ne vais détailler tout ce qui m'a déplu, semblé illogique, peu fouillé ou pas crédible parce qu'on en a encore jusqu'à noël sinon. Ce qui est certain c'est que je ne lirais pas la suite et que je suis bien désolée que l'auteure soit si chouette parce que son bouquin ne lui rend pas justice.

En deux mots : Une déception que ce livre. Incohérences, absence de transitions parfois, un personnage et un histoire trop rapide font que je ne lirais pas la suite, et ce, sans regret.
 

Rangé dans Littérature française le 18 août 2012

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