The worst witch to the rescue (T.6), Jill Murphy.

Publié en 2007.



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/WORSTWITCHTOTHERESCUE6.jpgRésumé : Mildred Hubble has always been the worst witch at Miss Cackle's Academy, but she just knows this term will be different. She's done the best holiday project ever and she's sure that her form teacher, the fearsome Miss Hardbroom, will be impressed. Even her arch-enemy, Ethel Hallow, is being friendly to her! But is it all too good to be true – will disaster strike again for the Worst Witch?

Mon avis : Vous ne vous en souvenez certainement pas, mais j'ai commencé de lire ces petits livres il y a deux ans et demi, quand j'étais au pair en Angleterre. L'année passée j'avais lu la suite, et le mois dernier j'ai enfin trouvé le dernier volume à la librairie anglaise Atout lire de Metz (la libraire est juste parfaite et vous trouve tout ce que vous lui commandez). Les premiers volumes m'avait semblé un peu compliqué à lire, Jill Murphy utilise du vocabulaire et ne se contente pas de simplifier ses phrases parce que les bouquins sont pour les enfants. Mais j'ai été contente de remarquer que pour la lecture de dernier volume, si je n'ai pas compris certaines mots bien sûr, j'ai tout de même passé moins de moment à ne pas voir ce que voulait dire une phrase et c'est très chouette.
Ce que j'aime dans les aventures de Mildred Hubble (Amandine Malabul en français) c'est que l'auteure illustre chaque volume (je suis particulièrement amoureuse de la couverture de ce celui-ci) et qu'à pratiquement chaque page on a un dessin qui nous montre ce qu'il se passe. J'aime aussi que cela se déroule dans une école de sorcières particulière, et puis c'est tout simplement plaisant à lire. Mildred Hubble est une héroïne attachante, Tabby son chat peureux aussi. Cependant, il y a quelque chose que je n'apprécie pas dans les romans en général, c'est les quiproquo et les héroïnes qui lesquelles on s'acharne pour montrer à quel point le monde est dur et les gens vilains. Et dans ce volume-ci, je n'ai pas pu empêcher mon cœur de se serrer en voyant Mildred se faire rouler dans la farine par cette peste d'Ethel Hallow. Pour une fois que Mildred est fière d'un de ses projets de classe ou qu'elle excelle dans une matière, Ethel prend un malin plaisir à tout gâcher et c'est frustrant. On sait que ça bien se finir, mais je n'aime pas ce procédé. Il me rend nerveuse et m'agace. Les injustices si visibles ça me gonfle, surtout quand les amies sur Mildred – quelles amies, hein ! – se font aussi avoir par les mensonges d'Ethel et que Milrdred ne parvient même as à leur en vouloir. C'est cette fatalité, Ethel est forcément la meilleure de la classe donc elle a raison, qui me tape sur la noisette. Je vois très bien pourquoi l'auteure a mis ça en place, et la façon dont ça permet d'illustrer le caractère de Mildred, mais l'acharnement sur les héros n'est définitivement pas ma tasse de thé.
Cependant les volumes de la série ne sont pas construits sur le même modèle et j'en garde un bon souvenir ; celui-ci n'étant pas mon préféré. J'aimerais bien me procurer les premiers maintenant pour pouvoir les relire quand je le voudrais.

En deux mots : Une petite lecture rapide qui aurait pu me plaire plus. J'aimerais cependant qu'il y ait d'autres volumes à découvrir encore !


> The worst witch (T.1) The worst witch strikes again (T.2)  A bad spell for the worst witch (T.3)


http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/WORSTWITCHPAGES.jpgUn petit exemple de double-page et d'illustrations

Rangé dans Littérature britannique le 12 juillet 2012

84, Charing Cross Road, Helene Hanff.

Publié en 1970.




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/53468300.jpgRésumé : « Pourquoi irai-je courir jusqu'à la 17e Rue pour acheter des livres crasseux et mal fichus quand je peux en acheter chez vous des tout beaux tout propres sans même quitter ma machine à écrire ? »
Par un beau jour d’octobre 1949, Helene Hanff s’adresse depuis New-York à la librairie Marks & Co., sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, maniaque, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame à Frank Doel les livres introuvables qui assouviront son insatiable soif de découvertes. Vingt ans plus tard, ils s’écrivent toujours...

Mon avis :
Écrire un avis sur ce livre va être très compliqué. En effet, je ne savais pas du tout de quoi il parlait avant de lire la quatrième de couverture hier et de me dire que ce serait chouette d'en livre quelques pages avant de dormir, sauf que ça n'a pas été chouette. La vérité est qu'à la fin de ce cours bouquin je suis hyper perplexe. Je ne sais vraiment pas quoi penser. Venons-en au point tout de suite, dés les premières pages de cet ouvrage – la correspondance réelle entre Helene Hanff (une écrivain américaine) et un libraire britannique – j'ai pensé à l'un de mes bouquins préférés de l'univers, tellement que je vous ai déjà rien que trois articles sur le sujet : Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates.

Les deux ouvrages sont des romans épistolaires, l'un est juste une vraie correspondance. Les deux ouvrages se passent juste après la deuxième Guerre mondiale. Les deux ouvrages voit s'ouvrir une correspondance entre une écrivain un peu loufoque (bien que Juliet m'ait été bien plus sympathique que Helene Hanff), et d'autres personnages non moins loufoques : les libraires de Charing Cross road, les habitants de Guernesey. Les deux ouvrages parlent de livres de façon enlevée, drôle. Le ton de Helene Hanff m'a beaucoup fait penser à celui de Juliet, le même amour pour les livres, le même humour, les mêmes gouts éclectiques. La détestation du roman en moins pour Juliet, car Helene Hanff ne semble pouvoir apprécier que des ouvrages de non-fiction comme on dit chez elle, bien que sa découverte de Jane Austen semble lui avoir fait changer d'avis à un moment donné. Le ton est voisin donc, sauf que si j'ai aimé suivre Helene, j'ai eu du mal avec certaines de ses expressions, trop "vulgaires" et déplacées dans un certain contexte. J'ai aussi eu beaucoup beaucoup de mal avec ce soucis de fidélité aux lettres originales. J'ai toujours trouvé que c'était une connerie monumentale que de choisir de ne pas corriger les fautes de graphies dans des documents originaux quand ils étaient retranscrits. Parce que franchement si on n'est ni Apollinaire, ni Eluard, l'oubli de majuscule c'est rébarbatif et insupportable. Et Helene Hanff en fait sa spécialité dans ses lettres, comme si elle écrivait à un poissonnier (les poissonniers ont tout mon respect par ailleurs) elle ne cherche même pas à écrire correctement.
Donc tout au long de ma lecture, à la fois je lisais, et à la fois je pensais à ces ressemblances et ça me perturbait. Au final j'appréciais 84, Charing Cross Road parce que ça parle de livres, de gens loufoques, que ça reflète une époque particulière, mais j'étais frustrée parce que ce bouquin est vraiment très court pour une correspondance courant sur 20 ans, et vraiment très opaque parfois. On n'a pas la facilité du roman épistolaire pour placer des lettres qui expliquerait certaines situations, on a parfois de gros blancs, des réponses qui manquent, d'autres dont on ne sait pas à quoi elle font vraiment allusion. Et puis la fin est abrupte, je ne vous la dévoile pas, mais peut-être une postafce par l'auteure n'aurait-elle pas été du luxe pour commenter le tout, expliquer ses choix, la fin, etc. Et puis je ne sais pas si c'est le fait de souvent penser au Cercle littéraire, mais je n'ai pas réussi à vraiment comprendre, percevoir, comment l'amitié entre les gens se développaient.
 
Cette ressemblance me perturbe vraiment, même si au final, les deux bouquins divergent beaucoup, et que Le cercle littéraire est beaucoup plus riche à tous les points de vue. J'ai terminé ce livre le 29 juin, et depuis ma chronique est restée en suspens. Je voulais voir si la ressemblance persistait dans ma tête, et je dois avouer que depuis la fin de la lecture, je n'ai pas repensé à 84, Charing cross road. D'habitude des images me restent, je ressens une certaine nostalgie des personnage, ici rien. Alors que Le cercle, lui, est toujours dans ma tête et continue de me plaire.

En deux mots : Une lecture particulière et perplexante. Peut-être relirais-je ce court bouquin pour mieux appréhender ce qui m'a perturbé, et si des lecteurs qui ont eu la même expérience que moi venait commenter pour en discuter ce serait chouette.


Traduit de l'anglais par Marie-Anne de Kisch.

Rangé dans Littérature états-unienne le 11 juillet 2012

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/logo3.jpgJe commence tous mes billets d'inscription de challenge de la même manière, mais vraiment cette fois-ci je ne pensais vraiment pas m'inscrire à un nouveau défi de lecture. Mais celui concocté par Eliza du blog Passion lecture était tout simplement impossible à résister ! Pensez, un challenge portant sur le Grand Siècle, le règne de Louis XIV et tout ce que cela peut englober c'était du pain béni pour la fan de mousquetaires que je suis (même si les mousquetaires de Dumas sont sous Louis XIII au départ, il obéissent au jeune Louis XIV dans Le vicomte de Bragelonne).
Je vous laisserais aller sur le blog de la dame/demoiselle (?) pour les précisions quant à l'époque, je me contenterais quant à moi de recopier les règles :

« Ce challenge durera deux ans, jusqu’au 1er juillet 2014. L’idée principale est de choisir le plus de thématiques différentes afin d’assembler progressivement les morceaux de la fresque gigantesque que représentent ces 70 ans de règne pour la France. Voici les objectifs que je vous propose pour ce challenge :

• lire une œuvre littéraire : roman, pièce de théâtre, correspondance, poésie, maximes et sentences, mémoires…
• lire un roman historique (en un ou plusieurs volumes !)
• lire une biographie ou un essai : sur le roi, ses ministres, ses maîtresses… sur la Cour, la guerre, la diplomatie, l’économie…
• visiter un château, des jardins, un hôtel particulier ou voir une exposition
• voir une pièce de théâtre ou un concert, écouter des pièces instrumentales ou un opéra
• voir un film historique

Pas de niveau, chacun participe selon sa disponibilité et ses goûts ! »

Eliza a préparé une bibliographie indicative et créé une page facebook pour l'occasion. Et il y a déjà un article publié de Sharon sur un opéra de Lully dont la musique tourne en boucle chez moi depuis ce matin. Lully ça balance grave vous savez.
Concernant mes lectures et mes visionnages je ne vais rien répertorier de particulier ici, mais j'ai quelques romans historiques jeunesse, un livre historique sur l'affaire des poisons, une œuvre d'époque satyrique et des pièces de théâtres. Je répertorierais mes billets ici une fois qu'ils seront publiés.
Alors qu'attendez-vous donc pour succomber à la fièvre du Grand Siècle ?

Rangé dans Challenge livresques le 10 juillet 2012

La vie cachée de Katarina Bishop (T.2) : Criminels d'exception, Ally Carter.

Publié en 2011.
Service Presse Michel Lafon
 

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/HESITSOCIETY.jpg

Résumé : Katarina parcoure le monde pour retrouver toujours plus d’œuvres d'art dérobés à leurs légitimes propriétaires pendant la Second Guerre Mondiale. Et quand une vieille femme à bout de force lui demande de récupérer l’émeraude volée à ses parents des années auparavant, elle ne peut pas refuser, surtout qu'il s'agit de la légendaire émeraude maudite de Cléopâtre et qu'aucun voleur jusque là n'a pu le faire. C'est qu'ils se s'appelaient pas Katarina Bishop...
 
Mon avis : J'ai lu le mois dernier, ou celui d'avant (?) le premier volume des aventures de Katarina Bishop : Vols en haute société que j'avais bien aimé. Je n'avais pas été stupéfiée et n'était pas non plus d'humeur hyper engageante pour ce type de lecture, cependant quand la suite a été proposé en service presse j'ai été intéressée (merci évidemment pour la proposition et l'envoi Ombeline !), et je suis contente de l'avoir reçu parce que j'ai vraiment bien, beaucoup, aimé et plus que le premier ! Déjà j'étais dans l'état d'esprit idoine pour la lecture. C'est un bouquin jeunesse pour les adolescents à la base (ou les gens qui apprécient ce genre d'hésitation adolescente), tu as la bluette de l'héroïne, les rapports à la famille, itou. Chose que je n'avais pas forcément adoré dans le premier, mais qui ici m'ont semblé très judicieuses. Après tout, même si Katarina est une excellent voleuse entrainée depuis son enfance à faire les coups les plus improbables et dangereux possibles, elle n'a que quinze ans, et comme toutes les filles de quinze ans ne sait pas quoi faire face qui est son meilleur ami et avec qui ça pourrait devenir plus sérieux. Et puis, je l'avoue j'ai aussi un peu craquer pour Hale ; sa relation avec Katarina n'a pas été jusqu'à me faire rêver, mais j'avoue, j'ai ressenti de temps en temps quelques petits papillons dans mon estomac (c'est un peu curieux comme image, on est bien d'accord).
Ensuite, j'ai enfin trouvé le bouquin sur les voleurs de grands chemins que je cherchais ! Une enfance à regarder Cats Eyes et plus tard Ocean eleven laisse des traces, et je cherchais un bouquin où les voleurs sont des mecs/nanas très forts qui cambriolent des trucs hyper incambriolables (ce mot existe réellement, je vous assure), et vu que je ne suis pas fan de Arsène Lupin il ne me restait pas beaucoup de choix. Ce que j'ai vraiment aimé, c'est que Ally Carter a créé une famille de voleurs crédibles (je veux dire, à chaque fois que je la lis expliquer la façon de faire un coup, je me dis mais comment elle a pu penser à ça au juste ? Ok un écrivain par définition ça invente, mais je sais pas, là ça me semble vraiment curieux d'envisager l'esprit d'une jeune fille qui sait comment en quelques seconds voler un truc), et qu'elle les rends drôles aussi avec les noms de stratagèmes complètement improbables (Hansel et Gretel, Cendrillon ou encore Florence Nightingale). L'autre truc très chouette, c'est qu'elle prend le partie de ne pas faire un bouquin tragique, ok il y a des choix à faire, des sentiments et des enjeux, mais ça ne tombe pas dans le roman sombre où l'héroïne est déchirée, et ça fait du bien parfois. En plus Katarina aurait pu être une simple voleuse qui dérobe ce qui lui plaît sans se poser de question, hors ici elle est un peu comme Artemis Fowl quand il se découvre une conscience. Elle cherche à faire des trucs biens et cette volonté permet de développer des thèmes très intéressant dans un roman pour adolescent.
Dans le premier volume on découvrait une intrigue basée sur le vol de tableaux eux-mêmes dérobés pendant la Second Guerre Mondiale par les nazis, et l'auteure expliquait tous ce qui avait disparu pendant cette période. J'en avais déjà entendu vaguement parler, mais là ça a pris une forme tangible et j'ai eu envie de me renseigner. Ce qui est chouette c'est que ça continue dans ce volume et que l'auteure parle d'art (bien sûr puisque ce sont des voleurs d’œuvres d'art) et que ça peut inciter les lecteurs qui n'en ont pas forcément l'habitude à se renseigner sur Cézanne ou les peintre qu'elle évoque. Et justement elle les évoque au lieux de mettre en place un cours magistral pour assommer le lecteur.
En plus de ces deux aspects que je trouve très appréciables, l'intrigue est vraiment intéressante, à tiroir, permet de se plonger dans le passé de la famille à Kat de se poser des questions et on tourne les pages sans problème. Les intitulés de chapitre qui ne m'avaient pas forcément emballé dans le premier m'ont ici beaucoup plu. Ils marquent le récit et puis créent une routine agréable.
 
Il y a des trucs un peu plus faibles dans le volume, des trucs un peu évident et des raccourcis qu'on aurait pu éviter, mais franchement rien de réellement handicapant (sauf peut-être la narration vers la fin, quand l'auteure nous fait marche en bateau il ne me semble pas qu'elle prend assez de précautions écritoires, je pense au modèle de ce genre de précautions, Le meurtre de Roger Ackroyd et à ce que Christie a dû avoir recours pour nous rouler dans la farine, et je me dis que cela aurait été chouette si Ally Carter avait été un peu plus... précise). La seule chose qui a vraiment freiné ma lecture parfois c'est les fautes dans le texte. Oh pas des fautes d'orthographe, mais des problèmes de hiérarchisation des dialogues, des cadratins qui sont répétés sans qu'on sache pourquoi, des espaces dans le texte qui aurait dû être fait quand on passe d'une scène à l'autre et d'un coup parfois d'un lieu à l'autre et on ne comprend pas ce qui se passe quand on lit que deux secondes après avoir été debout dehors, les gens se retrouvent dans une chambre à papoter auprès d'un lit.

En deux mots : Une lecture vraiment agréable et distrayante. C'était idéal pour bien commencer les vacances et me donne envie de lire d'autres choses. Je voudrais lire la suite sans hésiter et la seule chose que je regrette vraiment sur ce bouquin c'est l'absence de paillettes sur la couverture comme pour le premier, parce que je sais pas, mais ajouter des paillettes moi je trouve que tout de suite ça fait beaucoup plus sérieux. Pas vous ?


Traduit de l'anglais par Françoise Hayward
Illustration de couverture par Isabelle Dupont
Uncommon criminals

Rangé dans Littérature états-unienne le 7 juillet 2012

Below Stairs, Margaret Powell.

Publié en 1968.



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/BELOWSTAIRS.jpgRésumé : Arriving at the great houses of 1920s London, fifteen-year-old Margaret’s life in service was about to begin… As a kitchen maid – the lowest of the low – she entered an entirely new world; one of stoves to be blacked, vegetables to be scrubbed, mistresses to be appeased, and even bootlaces to be ironed. Work started at 5.30 am and went on until after dark. It was a far cry from her childhood on the beaches of Hove, where money and food were scarce, but warmth and laughter never were. Yet from the gentleman with a penchant for stroking the housemaids’ curlers, to raucous tea-dances with errand boys, to the  story of Agnes the pregnant under-parlourmaid, fired for being seduced by her mistress’s nephew, Margaret’s tales of her time in service are told with wit, warmth, and a sharp eye for the prejudices of her situation.

Mon avis : Je crois que j'ai repéré ce livre en faisant des recherches sur la période victorienne, même si ce n'est pas la même époque, et quand je l'ai vu chez Gibert Joseph je me suis fait un petit plaisir en l'achetant. Je m'excuse d'avance pour la rédaction de ce billet, mais après trois semaines de lectures, et regardage de films en anglais je ne sais même plus penser en français et je cherche mes mots sans fin, donc si la tournure de certaines vous semblent curieuses ou l'utilisation de mots anglais un peu trop important, c'est normal mais pour le moment je ne peux rien y changer.
 
Below stairs raconte la vie d'une femme des années 1920 à après la seconde Guerre Mondiale. Margaret Langtry (plus tard mariée Powell) entre comme kitchen maid dés ses seize ans. Kitchen maid c'est le stade le plus bas dans la domesticité britannique à l'époque, mais le seul moyen de devenir cuisinière si on n'a pas les moyens de se payer une école appropriée. En gros Margaret est un peu l'esclave de toute la maison, elle doit préparer le repas des domestiques, nettoyer la cuisines, les cuivres, les ustensiles, nettoyer aussi les marches devant la maison chaque matin, cirer toutes les chaussures de Them (les maîtres, qui sont toujours appelés them) et parfois même repasser les lacets ! Mais Margaret est débrouillarde et à dix-huit ans en se vieillissant un peu elle prend sa première place de cuisinière et fait son chemin dans la vie comme on dit. Puisque être in the service tout sa vie ne la tente pas, elle va tout faire pour changer de condition.
J'étais très intéressée par ce témoignage, parce que c'est par ce genre de texte qu'on voit vraiment l'envers d'une époque et d'une classe sociale, et puis aussi parce que je commence à apprécier cette période (on peut la qualifier d'Edwardienne jusque 1914 ; même si le roi Edward VII meurt en 1909 et est remplacé par George V, merci la timeline de la BBC et aussi le tumblr edwardian era qui permet de se représenter les vêtements et les villes) au travers des bouquins d'Edith Wharton, etc. Et je ressors de cette lecture avec un avis plutôt positif, même si au début du bouquin je pensais que j'allais m'ennuyer un peu. Je m'explique, quand on lit Margaret Powell on voit qu'elle écrit comme elle parlerait, non pas que le tout soit rendu en langage parlé, mais il n'y a pas ce petit truc qui fait que les phrases sont toutes liées ensemble et que le chapitre coule et que le bouquin est fluide. C'est un témoignage brut dirais-je, et j'aurais bien aimé qu'il fut un peu plus poli aux angles (même si les crédits du livres donnent à penser que quelqu'un a aidé Margaret Poweel à rédiger).

La première chose qui m'a agacé en fait c'est que l'auteure a vécu deux époques bien différentes, avant les deux Guerres Mondiales, et après. Et elle ne cesse de comparer la qualité de la nourriture, les méthodes d'éducation en insistant bien sur le fait qu'avant c'était différent et surtout mieux (elle ne concède qu'à l'hygiène qui s'est améliorée). Certes c'est sans doute justifié dans une très grand part, mais il y a différentes manières de le dire, et la façon dont elle insiste est un peu agaçante et redondante. A chaque fois qu'elle parle d'un plat, ou d'une habitude de société on peut être certain/e qu'elle va enfoncer le clou en comparant avec maintenant (maintenant étant 1968). Cependant, au bout d'un moment cette continuelle comparaison et on peut dire de ralâge étoffe son personnage. Je me l'imaginais très bien en vieille dame aux cheveux blanchis parlant de l'époque où elle était jeune fille, et expliquant combien c'était différent.
Ce qui m'agaçait c'est donc au fur et à mesure transformé en plaisante routine – elle ne peut pas s'empêcher de comparer pépète, comment lui en vouloir ? – et j'ai vraiment apprécié de découvrir les conditions de vies du personnel de l'époque. La façon dont les maîtres interagissaient avec eux, le décorum observé, les relations entre domestiques, la hiérarchie entre domestiques justement et comment les choses ont évolué. Il est aussi plaisant de découvrir les mémoires d'une femme qui s'est bougée le popotin pour ne pas rester toujours au même niveau. Elle est censée, aime lire, réfléchit sur la condition des domestiques, et n'hésite pas à changer de place, de répondre à des annonces pour être cuisinière alors qu'elle n'est pas encore totalement formée. Elle est aussi très lucide sur la condition de la femme, n'est as bigote, et est très claire avec elle-même : si elle se cherche un époux c'est pour quitter le service et pouvoir ne plus travailler pour un maître. Et quand elle l'aura trouver elle ne tombera pas non plus dans le cliché de la femme soumise qui obéit à son époux comme un caniche. Ce qui m'a aussi beaucoup plus c'est que Margaret est très witty, elle fait de l'esprit, se moque avec talent de ces maîtres ou des autres domestiques.
Les deux seules autres défauts que je pourrais relever son que le début est un peu long. Certes il est intéressant de savoir où elle vient, comment la vie avec sa famille et ce qui l'a fait devenir domestique, mais c'est vraiment trop long et elle ne donne pas de clue sur pourquoi elle en parle. En rapport aussi avec le fait que c'est un témoignage et que donc elle ne sait pas écrire comme le ferait un/e écrivain, les retours dans le passé, les souvenirs, les digressions sont placées au fil au fil du texte sans précaution particulières et parfois alourdissent et/ou ralentissent le récit.

En deux mots :
Une plaisante et intéressante lecture finalement. Il y a quelques points négatifs inhérents au fait que ce soit un témoignage, mais la découverte de l'époque, des conditions de vie et du statut de ces domestiques est passionnant et me donne envie de me plonger plus avant sur cette époque. En regardant Downton Abbey pourquoi pas ? Il me semble que ça se passe dans les mêmes années.
 
Extrait : « Pubs in those days had life. A pub now is only one degree removed from a morgue, isn't it? Nobody speaks to anyone, there's no life or gaiety. Especially now that they're all made into coktail-loung type of places. The other day we went into a pub and there was a man humming to himself. He'd had a few drinks, but was doing no harm, just being happy. Twice the manager came round and told him to stop, and the third time they ejected him. »

Rangé dans Littérature britannique le 4 juillet 2012

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