Below Stairs, Margaret Powell.
Publié en 1968.
Résumé : Arriving at the great houses of 1920s London, fifteen-year-old Margaret’s life in service was about to begin… As a kitchen maid – the lowest of the low – she entered an entirely new world; one of stoves to be blacked, vegetables to be scrubbed, mistresses to be appeased, and even bootlaces to be ironed. Work started at 5.30 am and went on until after dark. It was a far cry from her childhood on the beaches of Hove, where money and food were scarce, but warmth and laughter never were. Yet from the gentleman with a penchant for stroking the housemaids’ curlers, to raucous tea-dances with errand boys, to the story of Agnes the pregnant under-parlourmaid, fired for being seduced by her mistress’s nephew, Margaret’s tales of her time in service are told with wit, warmth, and a sharp eye for the prejudices of her situation.
Mon avis : Je crois que j'ai repéré ce livre en faisant des recherches sur la période victorienne, même si ce n'est pas la même époque, et quand je l'ai vu chez Gibert Joseph je me suis fait un petit plaisir en l'achetant. Je m'excuse d'avance pour la rédaction de ce billet, mais après trois semaines de lectures, et regardage de films en anglais je ne sais même plus penser en français et je cherche mes mots sans fin, donc si la tournure de certaines vous semblent curieuses ou l'utilisation de mots anglais un peu trop important, c'est normal mais pour le moment je ne peux rien y changer.
Below stairs raconte la vie d'une femme des années 1920 à après la seconde Guerre Mondiale. Margaret Langtry (plus tard mariée Powell) entre comme kitchen maid dés ses seize ans. Kitchen maid c'est le stade le plus bas dans la domesticité britannique à l'époque, mais le seul moyen de devenir cuisinière si on n'a pas les moyens de se payer une école appropriée. En gros Margaret est un peu l'esclave de toute la maison, elle doit préparer le repas des domestiques, nettoyer la cuisines, les cuivres, les ustensiles, nettoyer aussi les marches devant la maison chaque matin, cirer toutes les chaussures de Them (les maîtres, qui sont toujours appelés them) et parfois même repasser les lacets ! Mais Margaret est débrouillarde et à dix-huit ans en se vieillissant un peu elle prend sa première place de cuisinière et fait son chemin dans la vie comme on dit. Puisque être in the service tout sa vie ne la tente pas, elle va tout faire pour changer de condition.
J'étais très intéressée par ce témoignage, parce que c'est par ce genre de texte qu'on voit vraiment l'envers d'une époque et d'une classe sociale, et puis aussi parce que je commence à apprécier cette période (on peut la qualifier d'Edwardienne jusque 1914 ; même si le roi Edward VII meurt en 1909 et est remplacé par George V, merci la
timeline de la BBC et aussi le tumblr
edwardian era qui permet de se représenter les vêtements et les villes) au travers des bouquins d'Edith Wharton, etc. Et je ressors de cette lecture avec un avis plutôt positif, même si au début du bouquin je pensais que j'allais m'ennuyer un peu. Je m'explique, quand on lit Margaret Powell on voit qu'elle écrit comme elle parlerait, non pas que le tout soit rendu en langage parlé, mais il n'y a pas ce petit truc qui fait que les phrases sont toutes liées ensemble et que le chapitre coule et que le bouquin est fluide. C'est un témoignage brut dirais-je, et j'aurais bien aimé qu'il fut un peu plus poli aux angles (même si les crédits du livres donnent à penser que quelqu'un a aidé Margaret Poweel à rédiger).
La première chose qui m'a agacé en fait c'est que l'auteure a vécu deux époques bien différentes, avant les deux Guerres Mondiales, et après. Et elle ne cesse de comparer la qualité de la nourriture, les méthodes d'éducation en insistant bien sur le fait qu'avant c'était différent et surtout mieux (elle ne concède qu'à l'hygiène qui s'est améliorée). Certes c'est sans doute justifié dans une très grand part, mais il y a différentes manières de le dire, et la façon dont elle insiste est un peu agaçante et redondante. A chaque fois qu'elle parle d'un plat, ou d'une habitude de société on peut être certain/e qu'elle va enfoncer le clou en comparant avec maintenant (maintenant étant 1968). Cependant, au bout d'un moment cette continuelle comparaison et on peut dire de ralâge étoffe son
personnage. Je me l'imaginais très bien en vieille dame aux cheveux blanchis parlant de l'époque où elle était jeune fille, et expliquant combien c'était différent.
Ce qui m'agaçait c'est donc au fur et à mesure transformé en plaisante routine – elle ne peut pas s'empêcher de comparer pépète, comment lui en vouloir ? – et j'ai vraiment apprécié de découvrir les conditions de vies du personnel de l'époque. La façon dont les
maîtres interagissaient avec eux, le décorum observé, les relations entre domestiques, la hiérarchie entre domestiques justement et comment les choses ont évolué. Il est aussi plaisant de découvrir les mémoires d'une femme qui s'est bougée le popotin pour ne pas rester toujours au même niveau. Elle est censée, aime lire, réfléchit sur la condition des domestiques, et n'hésite pas à changer de place, de répondre à des annonces pour être cuisinière alors qu'elle n'est pas encore totalement formée. Elle est aussi très lucide sur la condition de la femme, n'est as bigote, et est très claire avec elle-même : si elle se cherche un époux c'est pour quitter le service et pouvoir ne plus travailler pour un maître. Et quand elle l'aura trouver elle ne tombera pas non plus dans le cliché de la femme soumise qui obéit à son époux comme un caniche. Ce qui m'a aussi beaucoup plus c'est que Margaret est très
witty, elle fait de l'esprit, se moque avec talent de ces maîtres ou des autres domestiques.
Les deux seules autres défauts que je pourrais relever son que le début est un peu long. Certes il est intéressant de savoir où elle vient, comment la vie avec sa famille et ce qui l'a fait devenir domestique, mais c'est vraiment trop long et elle ne donne pas de
clue sur pourquoi elle en parle. En rapport aussi avec le fait que c'est un témoignage et que donc elle ne sait pas
écrire comme le ferait un/e écrivain, les retours dans le passé, les souvenirs, les digressions sont placées au fil au fil du texte sans précaution particulières et parfois alourdissent et/ou ralentissent le récit.
En deux mots : Une plaisante et intéressante lecture finalement. Il y a quelques points négatifs inhérents au fait que ce soit un témoignage, mais la découverte de l'époque, des conditions de vie et du statut de ces domestiques est passionnant et me donne envie de me plonger plus avant sur cette époque. En regardant Downton Abbey pourquoi pas ? Il me semble que ça se passe dans les mêmes années.
Extrait : « Pubs in those days had life. A pub now is only one degree removed from a morgue, isn't it? Nobody speaks to anyone, there's no life or gaiety. Especially now that they're all made into coktail-loung type of places. The other day we went into a pub and there was a man humming to himself. He'd had a few drinks, but was doing no harm, just being happy. Twice the manager came round and told him to stop, and the third time they ejected him. »