Le contraire de la mort, Scènes de la vie napolitaine, Roberto Saviano.
Publié en 2009.
Résumé : « Tu pleures seulement si personne ne te voit
et tu cries si personne ne t'entend,
car le sang qui coule dans tes veines
n'est pas de l'eau,
Carmela, Carmè,
et l'amour est le contraire de la mort. » Sergio Bruni.
Deux nouvelles qui mettent en scène des scènes de la vie napolitaine. Dans la première, du nom du livre, on découvre Maria, jeune fille de dix-sept qui voit son fiancée forcée de s'engager dans l'armée pour pouvoir obtenir un prêt. Cependant un jour, on lui téléphone pour lui apprendre que Gaetano a été blessé. Dans la seconde, on écoute l'histoire de Giuseppe et Vincenzo, abattu pour n'avoir pas voulu jouer le jeu de la Camorra…
L'auteur : Roberto Saviano (né en 1979 à Naples), après des études de philosophie il devient journaliste. Collaborateur de L'Espresso et La Republica. Depuis l'immense succès de Gomorra, son premier livre, il est condamné à mort par la Camorra, il vit donc sous constante protection policière.
Mon avis : J'avais entendu parler de ce petit recueil soit dans La grande librairie soit dans On n'est pas couché, je ne me souviens plus. Je connaissais l'auteur de nom bien sûr, à cause de Gomorra, mais je n'avais jamais été tenté plus que ça. Je suis cependant contente d'avoir découvert sa plume, parce que j'ai passé un moment à le lire.
Le style de Robert Saviano diffère de tout ce que j'ai pu lire jusque là. On pourrait dire que c'est vivant, ce n'est pas dérangeant, pas du tout, c'est différent. J'ai beaucoup aimé ces deux nouvelles, elles sont écrites avec talent, et on se prend au jeu en la lisant. Il y a de ces phrases magnifiques, digne d'un très beau poème.
Un tout petit bémol, j'ai trouvé la première nouvelle un peu confuse dans la façon dont sont distillés les informations, mais rien de catastrophique ni de blasphématoire. Je m'attendais à un journaliste qui ne sache pas écrire, ce qui est bien souvent le cas, mais là je suis bluffé. Il sait écrire et très bien même.
En deux mots : J'ai beaucoup aimé.
Extraits : « Si je souris alors je souris trop, je l'ai déjà oublié ; si j'ai les yeux gonflés de larmes, on murmure que je dois cesser, pleurer ne le fera pas revenir ; et si je demeure impassible, ils émettent leur verdict : elle est folle de douleur. »
« Maria s'interrompit plusieurs fois en évoquant le sujet. Elle doit faire attention à ne pas s'égarer. C'est risqué, trop souvent elle se perd dans ses souvenirs, elle ne trouve plus assez de souffle pour parler, elle se sent étouffer sous le poids de tout ce qui n'a pas eu lieu. Asphyxiée par l'oxygène. »
Traduit de l'italien par Vincent Raynaud.
Il contrario della morte - L'anello
• > La Beauté et l'Enfer






Tu fais bien d'en parler, sinon j'aurais peut être oublié. Merci.