« Les temps sont durs pour les sapins. » Sylvain Tesson

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/SHTAG3.jpgJe réponds enfin au tag Sherlock Holmes que nous avions mis en place pour fêter les un an de la Société Sherlock Holmes des Dilettantes. Eh oui, fieux motard queuh chamais (et non je n'imite pas du tout l'accent norvégien là). Je vous rappelle, que Marion, Erato, Max Morel et l'ont déjà fait. Et vous c'est pour quand ?


Comment avez-vous découvert Sherlock Holmes ? Eh bien voyez plutôt la photo ci-contre. J'ai redécouvert ce bouquin en rangeant la bibliothèque familiale et ce qui m'a le plus frappé outre son état, c'est la note écrite en page de garde : Lucile, 15/01/1991. J'avais donc à peine un peu plus de trois mois quand on m'a offert cet album. Et là je dis, si on me l'a lu quand j'étais à peine un poupon c'est qu'on voulait que plus tard je sois accro. C'est tout.
Ensuite, soyons plus sérieux, je sais que mon père me lisait le soir un petit recueil des aventures de Sherlock Holmes et que moi-même je le relisais très très souvent. Les aventures en faisant parties sont d'ailleurs toujours mes préférées. Mais je me suis rendue compte ensuite qu'on les avait tronqué pour les adapter à la jeunesse (n'importe quoi).
Puis, j'ai écouté, avec mon père toujours (ben oui, la SH attitude c'est génétique), les cassettes livres audio emprunté à la médiathèque et rassemblant elles aussi mes aventures favorites. Depuis je les ai racheté à la médiathèque et les écoute pour m'endormir ou faire le ménage...

Avez-vous lu tout le canon chère Dame Matilda ? Je ne crois pas. Non ne me huez pas. J'ai beaucoup relu certaines nouvelles, romans, mais d'autres (trois ou quatre nouvelles) me sont encore inconnues. Je n'ai pas envie de me dire que j'ai lu tout le canon si vite. Ça me déprimerait beaucoup.
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Quelle est votre aventure favorite ? Comme je vous l'ai dit plus haut, mes nouvelles et romans favoris encore aujourd'hui sont ceux que j'ai découverts en premier et que j'ai beaucoup relues : La ligue des hommes roux, Un scandale en Bohême, Le pouce de l'ingénieur, mais aussi La vallée de la peur, Le rituel des Musgrave, etc.

Lisez-vous des pastiches holmésiens ? Et c'est à moi que vous posez la questions mes petits serpolets ? Bien sûr que j'en lis ! J'ai peu de coup de cœur, mais j'aime beaucoup les aventures d'Irène Adler par Carole Nelson Douglas, les aventures de Wiggins par Béatrice Nicodème, Wilde et Doyle enquêteurs par Gyles Brandreth mais aussi Erwan de Fligué. J'aime également beaucoup certaines bandes-dessinées, Baker Street par Barral et Veys (les Français sont doués c'est tout), mais aussi Les quatre de Baker Street par Legrand, Djian et Etien.

Est-ce que vous avez aimez les adaptations qui sont faites du canon, les films qui en sont inspirés ? En avez-vous une favorite, une que vous aimez moins ? Si j'aime lire des pastiches, écouter des livres audio, j'ai un peu de mal avec les adaptations télévisuelles et cinématographiques. Je n'en ai pas beaucoup vu, et la première a vraiment été le Sherlock Holmes de 2010 avec Robert Downey Junior. Que j'ai aimé pour sa musique, ses acteurs (quel Watson, Jude Law quand même), et ses décors, l'intrigue étant plutôt négligeable. J'aime aussi le Sherlock de la BBC avec Benedict Cumberbatch, très canonique et encore une fois un très bon Watson. Les mystères du véritable Sherlock Holmes sont aussi très bons. Côté humoristique j'ai par contre beaucoup beaucoup aimé Le signe des quatre avec Ian Richardson (qui est aussi dans la précédente adaptation citée) et aussi Elémentaire mon cher...lock Holmes. Et côté dessin-animé, l'adaptation en série initiée par Miyazaki es plus qu'excellente  Les intrigues, les graphismes, les musiques, tout est à tomber par terre.
Par contre malgré tout le bien qu'on peut m'en dire j'ai du mal avec l'interprétation de Jeremy Brett et donc la série de la Granada ; côté physique ça va il le joue bien, mais je n'aime pas son attitude et les quelques épisodes que j'ai visionné ne m'ont pas convaincus.

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Le meilleur interprète de Sherlock Holmes ? Benedict Cumberbatch d'abord. Vraiment il est excellent ; énergique, méchant, brillant, drôle. Ensuite j'ai bien aimé Richard Roxburgh et évidemment Ian Richardson. Il faudrait que je regarde d'autres adaptations pour en trouver plus, mais je suis pas super impatiente non plus.http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/SHTAG7.jpg

Avez-vous une collection Sherlock Holmes ? Livres, DVD, objets dérivés (photos de rigueur) Eh bien eh bien j'ai passée toute la matinée à prendre des photo, alors vous n'allez pas y échapper. J'ai déjà semé trois clichés dans cet article, le deuxième c'est ce que j'ai à mon appart' en cas de faim holmésienne, le troisième les prospectus, marque-page, DVD, jeux que je range sur mon étagère holmésienne.
A gauche de cette question, les bouquins du canon, de Doyle et de son fils. J'ai plusieurs éditions des mêmes choses je sais, mais c'est fait exprès figurez-vous. L'étude en rouge au Livre de poche n'a certes pas une traduction extraordinaire, mais c'est la premier vrai bouquin de Conan Doyle que ma mère m'a offert alors je le garde.

Ensuite y a des études, biographies, essais, et des pastiches que j'ai découpé en quatre photos. D'abord les essais et biographies. Avec le fameux bouquin de Pierre Bayard que Cécile m'a prêté l'année dernière et que je n'ai toujours pas lu. Honte à moi. Ensuite, les pastiches jeunesses et fantastiques. Les Enola Holmes que j'ai chez moi, les Nicodème bien sûr, mais aussi les livres dont vous êtes le héros que j'ai eu du mal à trouver.
Ensuite les pastiches pour grand avec les Carole Nelson Douglas que j'ai pu trouver (le tome deux n'est pas en poche et plus édité, il faut que le trouve o/), les Gyles Bradreth, des pastiches français, le fameux Mandala de Sherlock Holmes et quelques autres (dont une aventures de Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain ; c'est écrit sur la couverture). Puis les BD pastiches que j'ai(et aussi deux-trois volumes de Détective Conan, je ne vous ai pas mis tous ceux que j'ai, ça aurait pris trop de place) ainsi qu'un Sherlock Holmes paperdolls, qui permet de faire des personnages du canon en poupées de papier et de créer des décors. Je ne les ai bien sûr pas retirer du bouquin, il faudrait que j'ai un exemplaire en double. Je n'ai pas tout lu, mais quand même une grande partie.

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Rangé dans Société Sherlock Holmes le 18 décembre 2011

Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?, Pierre Bayard.

Publié en 2007.
Challenge Le nez dans les livres.

 

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/couv33447274.gifMon avis : Lire Comment parler des livres que l'on n’a pas lus ? n’a pas été facile. J’ai commencé par une dizaine de pages, et j’ai tellement trouvé ça pénible que j’ai arrêté pendant une semaine. Le propos, l’absence d’humour et le jargon d’essayiste m’ont tout de suite gonflé. Parce que moi je pensais que ce serait drôle. Un ton genre dandy à la Wilde, de l’humour, du cynisme, de l’absurde. Alors que non, c’est très sérieux, très… cultivé comme aime à l’écrire l’auteur. Le ton et le propos m’ont hérissé. Pourquoi diable parler de livres qu’on n’a pas lu ? Pourquoi ? Et à la fin de cet essai je n’ai toujours pas de réponse. Quand on me parle d’un bouquin que je n’ai pas lu, j’ai une attitude surement très bizarre, je dis que je ne connais pas. Et j’écoute ce qu’on a m’en dire. Point. Je peux discuter d’un thème abordé par l’auteur, demander des explications, donner mon avis sur le thème (pas le bouquin vu que ben oui je ne l’ai pas lu), mais ça, ce n’est pas parler du livre, c’est parler autour du livre.

Premier passage et première idée très longuement développée : «  Cette rencontre avec  l’infini des lectures possibles n’est pas sans rapport avec l’idée d’encourager à ne pas lire. Comment ne pas se dire, face au nombre incalculable de livres publiés, que toute emprise de lecture, même multiplié sur l’ensemble d’une vie, est parfaitement vaine au regard de tous les livres qui demeurent à jamais ignorés ? » En gros, y a beaucoup de bouquins, on réussira jamais à tous les lire, donc on n’en lit aucun ou alors ou feuillette juste. Logique dis donc.

Ensuite : « De ce fait, n’avoir pas lu tel ou tel livre n’a guère d’importance pour la personne cultivée, car si elle n’est pas informée avec précision de son contenu, elle est souvent capable d’en connaître la situation, c’est-à-dire la manière dont elle se dispose par rapport aux autres livres. Cette distinction entre le contenu d’un livre et sa situation est fondamentale, car c’est elle qui permet à ceux que la culture n’effraye pas de parler sans difficulté de n’importe quel sujet. » Donc pour lui la culture c’est de parler de livres qu’on n’a pas lu avec des gens qui ne les ont pas lu et tout ça pour brasser du vent. Génial. Et parler de ces livres semble la finalité du bonhomme. L’exégèse pure, et tellement pure qu’on fait abstraction du texte lui-même. Je n’y vois personnellement strictement aucune sorte d’infinitésimal petit intérêt.
Autre truc qui a rendu ma lecture sinon difficile du moins laborieuse, c’est la particulière obstination de l’auteur à se répéter sans cesse.  En long, en large et en travers. Il cite un auteur, ou plutôt il le paraphrase pendant cinq pages, résumé son paraphrasage, puis donne son « avis » et résume son « avis ».

« Dans le second cas, la personne qui ne lit pas s’en abstient pour saisir, comme le bibliothécaire de Musil, l’essentiel du livre, qui est sa situation par rapport aux autres. » L’essentiel d’un livre c’est sa situation par rapport aux autres ? Vraiment ? Je me demande si Pierre Bayard a jamais aimé, vraiment aimé, lire un livre. Vibré avec lui. Vécu une autre vie, un moment qu’il n’aurait jamais vécu sans avoir ouvert ce livre précis. Livre qu’il n’ouvrira pas pour ne pas supprimer la possibilité d’autres lectures qu’il ne fera pas non plus. Mais dont il connaitra la situation. Youpi, le pied dis donc. Qu’est-ce qu’on se marre chez les hommes cultivés.
Il y a des trucs intéressants, mais exploités d’une façon, orientés vers une visée qui ne me plaît pas, me semble plus que oiseuse. Exemple de truc intéressant : « Car nos propres paroles sur les livres nous séparent d’eux et nous protègent tout autant que les parles des autres. » J’ai déjà ressenti ça, surement dû à ma difficulté à exprimer ce que j’ai ressenti à la lecture d’un livre de façon élaboré et complexe, quand j’écris un billet, que je le relis et que je me dis dit que ça ne représente pas vraiment ce que j’ai ressenti. Mais la suite de la phrase détruit mon début de bonne opinion et illustre je pense ce que j’ai dit plus tôt : « Dès le temps de la lecture, et même sans l’attendre, nous commençons, en nous puis avec les autres, à nous parler des livres, et c’est à ces discours et opinions que nous aurons ensuite affaire, reléguant loin de nous les livres réels, devenus à jamais hypothétiques. » Cette idée de distance au texte et de perte de sens est certes intéressante, mais semble pour Pierre Bayard tourner à l’obsession et être la seule finalité possible d’un souvenir de lecture. J’utilise le mot souvenir et cela tendrait surement à appuyer sa thèse sur la mémoire de nos lectures, mais il ne me semble pas qu’on l’entende de la même façon. Pour moi un souvenir de lecture est la douce impression que nous laisse un livre apprécié et nous permet d’y retourner dans notre quand bon nous semble. C’est le prolongement direct et naturel d’une lecture puisqu’on ne peut que difficilement lire sans arrêt le même livre, n’est-ce pas ?

« On l’a vu, parler d’un livre a peu de choses à voir avec la lecture. » Ça on est d’accord. « Les deux activités sont tout à fait séparables, et je m’exprime pour ma part d’autant plus longuement et d’autant mieux sur les livres que j’ai pratiquement cessé d’en lire, cette abstention me donnant toute la distance nécessaire […] pour m’exprimer à leur propos avec justesse. » On pourrait donc parler avec justesse de livres qu’on n’a pas lu, par un sacro-saint principe de distance et de vue d’ensemble des livres dans leurs situations. Et là je repose ma question, quel est l’intérêt de parler de livres si on ne les lit pas ? Quel est l’intérêt d’avoir une vue d’ensemble, à quoi sert de connaître les situations et les liens entre les bouquins si on ne les lit pas ? A faire bien en soirée assurément.
Il y a aussi cette réflexion sur le « bon lecteur » récurrent qui m’a gonflé. Mais pourquoi faut-il que les essayistes de tout poil aient besoin de qualifier les lecteurs de bons ou mauvais ? Mauvais selon quel critère, bon selon quel critère ? Chaque lecteur est différent, chaque lecteur ressent un livre différemment. Ce n’est ni mauvais ou bon, c’est juste différent. http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/challengelenezdansleslivres1.jpgC’est inclassable selon des critères qu’on déciderait de figer dans le marbre pense-je. C’est inclassable et c’est bien que ce le soit. La vie est infiniment complexe et indescriptible, il en va de même de la lecture.

En deux mots :
J’ai volontairement tût certains aspects du livre par soucis pour vous mes petites belettes. Il est plus intéressant, ou pas, de lire le bouquin, que ma logorrhée.
Comment parler des livres que l'on n’a pas lus ? est un essai incroyablement long et qui tourne autour du pot. Il y a des réflexions intéressantes, mais noyé dans un marasme d’idées fixes et peu constructives. On s’éloigne de ma conception de la lecture, le pied intégral, le voyage, la réflexion, et on rejoint une espèce de posture de causeur de salon qui se fout bien de ce dont il parle pourvu qu’il en parle et que ça fasse plaisir à ses auditeurs tout aussi fat que lui.


Apostille : Cécile me dit que je me serais trompée sur toute la ligne et j'ai plus foi en son avis qu'en celui de l'auteur pour le coup, ou de ce que j'ai cru comprendre. Il est apparemment apparent quand on écoute ses interview de l'époque de la sortie que le bouquin est du second degrés. Et j'en avais bien trouvé quelques petites traces, sauf que ça ne m'avait pas frappé comme étant voulu. Bref je vais me renseigner plus avant et de toute façon le bouquin est dans ma bibli. et peut être relu à tout moment.

Rangé dans Littérature française le 17 décembre 2011

Christmas Pudding et autres surprises du chef, Agatha Christie.

Publié en 1960.
Le défi de noël

 

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/couv9202077.jpgRésumé : Christmas Pudding, Le Souffre-douleur, Le policeman vous dit l'heure : trois nouvelles parmi d'autres, trois facettes de l'ingéniosité et du talent d'Agatha Christie. Où dissimuler, un soir de Noël, un rubis - gros comme un bouchon de carafe - dérobé à un prince oriental ? Quelle foi ajouter à l'intuition de cette lady qui prétend savoir, contre toute vraisemblance, qui est l'assassin de son mari ? Comment commettre un crime dans un jardin, alors qu'on vous a enfermé à double tour dans votre chambre ? Hercule Poirot et Miss Marple ont réponse à tout...

L'auteure : Agatha Christie (1891-1976) est celle que l'on surnomma la « reine du crime ». Elle est l'auteur de 80 livres, dont une bonne part de romans et de nouvelles. Elle est révélée au public par son premier roman Une mystérieuses affaire de Styles (1920), dans lequel elle introduit pour la première fois son célèbre Hercule Poirot.

Mon avis :
Après avoir aimé Les trois souris, j’ai eu envie de lire un autre Agatha Christie et j’ai choisi Christmas pudding parce que j’avais envie de nouvelle et aussi d’ouvrir ma participation au Défi de noël de Evy. Et j’ai passé un très bon moment de lecture ! D’autant plus que les nouvelles de ce recueil sont évoquées dans le bouquin de John Curran, Les carnets secrets d’Agatha Christie (qu’il faut que je finisse).
La nouvelle qui donne son nom au recueil se déroule à noël comme de juste et met en scène Hercule Poirot comme tous les autres textes du recueil sauf le dernier avec miss Marple. Poirot doit résoudre un problème pour un prince étranger qui s’est fait voler un gros rubis et pour se faire aller dans une maison de la campagne anglaise, assister à un vrai noël d’antan. Heureusement que le chauffage central est performant pour notre délicat détective Belge. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle, elle est construite, drôle, ingénieuse, et baigne exactement dans l’ambiance des lectures que j’aime avoir à noël. Hercule Poirot est inimitable, imbu de lui-même, mais drôle, malin. Et Christie sait écrire, sait se moquer de ses personnages, sait construire des intrigues. Ça été avec Le souffre-douleur ma nouvelle favorite du recueil. Cette dernière baigne aussi dans l’ambiance inimitable des vieilles bâtisses, des crimes déguisés,  et si je n’ai pas été convaincue par le recours à l’hypnose, j’ai quand même passé un très bon moment.
Le mystère du bahut espagnol ensuite ; j’en avais beaucoup entendu parler en lisant des trucs sur Christie et je n’ai pas été déçue. Le crime et sa solution sont ingénieux, et si la référence à Othello m’avait indiqué la bonne piste à suivre, j’ai eu l’agréable surprise d’être étonnée par des éléments de la résolution.
Par contre, Le rêve et Le mort avait les dents blanches ne m’ont pas convaincu. Trop brefs pour permettre de bien entrer dans le série et aux solutions un peu trop alambiquées pour être compréhensible de suite (c’est rigolo, Le rêve a la même résolution qu’une aventure de Détective Conan). Et puis l’astuce du criminel est un peu la même et du coup quand on lit les textes à la suite on comprend un peu tout de suite. Un peu comme pour Le policeman vous dit l’heure, la dernière nouvelle du recueil avec miss Marple, l’astuce est la même, mais l’ambiance, et la nouveauté du personnage de miss Marple par rapport à Poirot sauve le texte.

En deux mots : Un très agréable moment de lecture malgré deux nouvelles un peu moins bien que les autres. Christie fait définitivement partie de mes auteurs favorites et j’ai bien envie d’entamer un autre de ses bouquins maintenant…

Traduit de l’anglais par Jean-Michel Alamagny.
The adventure of the Christmas pudding and a selection of entrées.
Précédemment publié au Masque sous le titre Le retour d’Hercule Poirot.

• >
L'affaire Protheroe Hercule Poirot quitte la scèneCinq petits cochonsUne poignée de seigle
> Le crime est notre affaire Le train de 16 H 50Témoin muet Meurtre en Mésopotamie 
• > Une mémoire d'éléphant • Marple, Poirot, Pyne et les autres...  Trois souris
 

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Rangé dans Littérature britannique le 16 décembre 2011

Trois souris, Agatha Christie.

Publié en 1948.
 

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Résumé : Maureen Lyons n'était pas celle qu'elle disait être ; et c'est bien sa faute si elle a été assassinée. Et sur son corps épinglée ce mot « la première » et les paroles de la comptine Trois souris aveugles. Qui sera la prochaine victime ?

L'auteure :
Agatha Christie (1891-1976) est celle que l'on surnomma la « reine du crime ». Elle est l'auteur de 80 livres, dont une bonne part de romans et de nouvelles. Elle est révélée au public par son premier roman Une mystérieuses affaire de Styles (1920), dans lequel elle introduit pour la première fois son célèbre Hercule Poirot.

Mon avis : Cela faisait un bon moment que je n'avais pas plongé le nez dans un Agatha Christie, et c'est de lire Les carnets secrets d'Agatha Christie de John Curran (que je n'ai toujours pas terminé d'ailleurs, c'est un peu laborieux parfois) qui m'a donné envie d'en piocher un dans ma bibli. C'est sur Trois souris que c'est tombé puisque j'avais, oh raison futile, envie de lire un Christie dans la nouvelle mise en page du Livre de poche ; j'aime mes vieux Masques, mais là ce n'était pas le moment les loulous.

Mais, un peu de mise en contexte avant de parler du texte ; Trois souris aveugles (le vrai titre en fait, mais allez savoir pourquoi en France on traduit comme des pieds bots) c'est d'abord une pièce radiophonique écrite par Christie en 1947 pour la BBC et la reine Mary (veuve du roi George V), puis une nouvelle publiée au Etats-Unis en 1948 et pour la première fois en 1987 en France. C'est n'est pas seulement une pièce radiophonique, adaptée en nouvelle, c'est aussi une pièce de théâtre jouée sans interruption depuis plus de soixante ans en Angleterre. Mais Trois souris aveugles c'est avant tout une nursery rhyme, une comptine enfantine populaire au début du 19e siècle en Angleterre ; et une comptine plutôt glauque, jugez plutôt avec les paroles : « Trois souris Trois souris Trois souris aux yeux crevés Trottinaient-menu Trottinaient-menu Trottinaient-menu après la fermière Quand aiguisant son couteau la mégère Une à une leur a coupé la queue A-t-on jamais rien vu de plus affreux Que trois souris Sans yeux Ni Queue ? ».
C'est donc la version novella (elle est quand même longue pour une nouvelle je dirais) que j'ai lu ; et j'ai aimé, Christie arrive en peu de pages et de mots à nous plonger dans l'ambiance confinée et anxiogène de Monkswell Manor, à nous présenter des personnes tous hauts en couleurs et à faire monter le suspens. Par contre ça se voit que c'est adapté d'un texte radiophonique, tout ça est très théâtrale, peu décrit, un peu rapide. Et c'est dommage, en fait ça gagne à se voir jouer ou à être écouter en livre audio. J'aimerais beaucoup beaucoup la voir à Londres *_* Et de ce fait comprendre un peu mieux l'anglais si je veux aimer, ahem.
J'ai retrouvé avec plaisir l'intrigue de Christie et la suspicion qu'elle fait peser sur tous les personnages, si bien qu'on les suspecte tous les uns après les autres. J'ai aimé l'ambiance de la pension de famille coupée de tout par la neige et des pensionnaires pénibles ou tournicotant. Christopher Wren et Perniscotti (enfin quelque soit son nom, je n'ai jamais réussi à m'en souvenir) en sont de bons exemples avec leur phrasé virevoltant. Le suspens monte jusqu'à la fin et se termine en apothéose, sauf que j'avais déjà le coupable en vue depuis un moment. Sans savoir pourquoi, l'intrigue m'a fait penser à celle du Noël d'Hercule Poirot, et du coup paf. Ou alors est-ce que j'avais lu son identité quelque part ? Bref le plaisir a été un peu boudé de ce côté là, mais j'ai quand même passé un très bon moment.

En deux mots : Le plaisir de retrouver Christie pour un huit-clos sous la neige qui plonge dans l'ambiance des lectures de noël. Le plaisir de suspecter tout le monde (et surtout la plante en pot), et de profiter de l'humour de la dame.


Traduit de l'anglais par Robert Nobret.
Three blind mice


Et parce qu'il faut bien écouter la comptine pour en savoir le tempo, voici une petit vidéo. Les images sont plutôt nazes, mais je trouve la musique entrainante (ça en dit surement long sur l'effet de mes lectures sur mon cerveau). Par contre l'histoire est tronquée, et si vous la voulez en entier c'est ici.

Rangé dans Littérature britannique le 11 décembre 2011

Maeve Regan (T.1) : Rage de dents, Marika Gallman.

Publié en 2011.
Prêté par Meli.



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/couv21497418.jpgRésumé : Avant, ma vie était simple : l’université si j’en avais envie, les hommes quand j’en avais envie. Et je n’avais aucun problème qu’un barman ne puisse m’aider à résoudre. Ça, c’était avant qu’on essaie de me kidnapper. Aujourd’hui, tout semble être fait pour me foutre en rogne.
Petit 1 : j’apprends que ma famille n’est pas ce qu’elle semble être.
Petit 2 : l’homme qui m’a élevée me ment sans vergogne.
Petit 3 : des types douteux me poursuivent.
Et petit 4 : il semblerait que je ne sois pas tout à fait humaine…
Ah, j’oubliais ! Mon seul allié dans ce merdier est un vampire charismatique dont le passe-temps favori est de me martyriser en me rappelant à quel point je ne suis pas si différente de lui.
Quand je vous dis qu’il y a de quoi s’énerver…

Mon avis : J'avais tapé un « beau » billet hier ; y avait de l'humour, de l'action, mais mon éditeur de texte a planté, et le billet s'est perdu dans les limbes. Du coup il faut que je réécrive tout, parce que j'ai envie de parler de bouquin, par contre ce sera peut-être pas aussi détaillé que le texte original.
Bon la genèse du truc, ce devait être un truc du genre : j'aime les éditions du Petit Caveau même si je n'ai lu qu'un de leur titre jusque maintenant, et du coup quand Meli m'a prêté ce bouquin j'ai été super contente (merci encore !), d'autant plus maintenant, que j'ai passé un vraiment bon moment avec Maeve Regan. En fait, moi et mes foutus idées préconçues, on pensait apprécier, mais pas non plus passer adorer. Alors qu'en fait, même si le bouquin commence comme je le craignais, vulgarité un peu redondante de Maeve, vampire ultra-méga-hyper-sexy-de-la-mort-qui-tue, et prophétie très kitsch, Marika Gallman arrive a rendre son histoire intéressante, prenante et à la singulariser vraiment par rapport aux autres bouquins de bit-lit que j'ai pu lire.

Maeve est une jeune femme de vingt et un ans, étudiante en lettres, elle aime aller dans les bars et draguer. Cependant, depuis quelques temps elle fait des rêves étranges et son grand-père semble lui cacher des trucs. Alors quand on commence à la suivre, elle se dit qu'il y a peut-être un problème.
En fait mon résumé, résume vraiment beaucoup, parce que Marika Gallman prend vraiment le temps de mettre son histoire en place et ce n'est qu'à la moitié du bouquin que les éléments dont je parle prennent vraiment du sens. C'est aussi pourquoi le résumé du plat quatre est un peu maladroit parce que ce que ça évoque ça arrive encore plus après.
Donc, au début je n'étais pas hyper enthousiaste ; la vulgarité de Maeve et sa colère ne me dérangeait pas forcément, j'étais moi-même en pétard et utilisais le même vocabulaire, mais la rencontre avec le vampire sexy, le côté prévisible que je pensais venir voir ne me plaisait pas. Sauf que Marika Gallman est maligne est réussi à prendre la tangente par rapport à ce qu'on pourrait attendre. Elle réussi à rendre son héroïne crédible et intéressante ; quand elle se dit qu'elle va résister à Lukas, elle le fait, ça ne tourne pas à la Anita Blake, où elle se récrie, mais fait quand même ce qu'elle dit qu'elle ne fera pas. L'auteure réussi aussi a atténuer l'effet de déjà-vu que donne la révélation de la prophétie, parce que pour moi ça donnait un truc du genre « J'ai fait un rêve, je vois, je vois... que demain tu mettras une cravata à pois et passeras du côté du Mâaaal ! ».
J'ai aussi beaucoup aimé l'humour et le cynisme de Maeve ; ses répliques touchent toujours leurs cibles (enfin celles qu'elle se fait à elle-même, parce que les « connard tu vas crever » ce n'est pas très novateur, n'est-ce pas) et donnent une autre dimension au bouquin. Par contre son histoire avec Lukas ne m'a pas trop convaincu ; j'ai aimé l'évolution, mais cela est allé un peu trop vite à mon gout. C'est aussi surtout la façon dont Maeve le voit qui est étrange ; elle succombe pour lui parce qu'elle a envie de lui arracher ses fringues avec les dents et de jouer au scrabble. Est-ce cela être amoureux ? Je suis curieuse de voir ce que ça pourra donner dans la suite.

La deuxième partie est très rythmée et accroche vraiment (même si les coups de gueule de Maeve ne sont pas vraiment compréhensibles parfois). Son entraînement et sa relation avec Lukas sont vraiment intéressantes à lire et la fin me plaît. Elle est certes classique, mais avec moi ça fonctionne et ça me donne envie de lire la suite.
Côté éditorial, j'aime l'évolution de la typo du logo du Petit Caveau, j'aime la couverture et la mise en page du plat quatre (sauf que bon on aurait pu baisser le corps et gérer un peu plus finement la justification), et j'aime le bouquin quoi. Le gros défaut de la mise en page intérieure ce sont les veuves et les orphelines récurrentes (ok c'est super pénible à gérer, mais ce doit être corrigé quand même les petits lapins).

En deux mots : Une agréable découverte ; il y a quelques maladresses de premier roman, et quelques trucs « déjà vus », mais le récit fonctionne bien et on se laisse entraîner avec Maeve très facilement. Vivement la suite.


Illustration de couverture par Fleurine Rétoré.

Rangé dans Littérature française le 9 décembre 2011

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