The immortal empire (T.1) : God save the queen, Kate Locke.

Publié en 2012.
Défi steampunk


 
http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/Lockegodsavethequeen.pngRésumé : The Year is 2012 - and Queen Victoria still rules with an immortal fist. She's the undead matriarch of a Britain where the Aristocracy is made up of werewolves and vampires, where goblins live underground and mothers know better than to let their children out after dark. A world where technology lives side by side with magic, where being nobility means being infected with the Plague (side-effects include undeath) and Hysteria is the popular affliction of the day. Xandra Vardan is a member of the elite Royal Guard, and it's her duty to protect the Aristocracy. But things get complicated when her sister goes missing. Xandra will not only realise she's the prize in a dangerous power struggle - but she'll also uncover a conspiracy that threatens to topple the empire itself.

Mon avis : En vrai je me fou qu'une couverture soit jolie ou non, ce qui compte c'est l'intérieur au final, mais je ne peux pas ne pas être attirée quand j'en vois une comme ça alors que je flânais innocemment chez WHSMITH. God save the queen c'est le premier tome d'une série (enfin un tome deux est prévu) de steampunk / uchronie / bit-lit / fantastique.
Cela ne pouvait donc que m'attirer ; on découvre un monde où l'aristocratie britannique a été soumise à l'exposition au virus de la peste pendant des siècles et a entrainé des mutations. Soit on devient un vampire, soit un garou ; la reine Victoria règne depuis 175 ans à présent et a toujours l'air d'une Romy Schneider dans Les jeunes années d'une reine (on a les références culturelles qu'on peut les mouflons). Depuis que tous les artisto se sont transformés on s'est rendu compte que des femmes portant la virus de la Peste mais ne l'ayant pas contracté peuvent donner naissance à des demi-sang, certes pas aussi puissants que leurs parents vampire/garou, mais tout de même assez pour pouvoir les protéger et surveiller les humains qui tentent de renverser le pouvoir en place. Alexandra, Xandra pour les intimes, est une halvie (demi-sang) de la Garde Royale qui se charge de protéger les grands rassemblements d'aristo et autres trucs fun. Sauf qu'il y a un problème, sa sœur a disparue, et le seul moyen de savoir où elle se trouve c'est d'aller dans le nid des gobelins de Londres (les Gobelins sont en gros les erreurs de la nature chez les vampires et les garou ; ils naissent de parents vampires, mais on une mutation qui les fait ressembler plus à la chose, qu'à Robert Pattinson) qui s'est bien connu, savent tout ce qu'il se passe dans la ville.

J'ai été agréablement surprise par ce bouquin, même si pas forcément emballée ou scotchée. Déjà c'est l'un des rares bouquins que je termine en deux ou trois semaines vu que je fais une genre de pause qui consiste à commencer pleins de livres mais pas les terminer, et en plus quand je ne lisais pas, j'avais envie de lire. Ce qui est très chouette comme sensation. Ensuite je pensais que ce serait un volume de bit-lit classique, une intrigue bouche-trou pour faire évoluer l'héroïne, et point. Sauf que non, comme dans The parasol protectorate il y a quelque chose de plus gros, de plus construit et de plus attrayant qu'une simple enquête sur une mort ou un trafic quelconque. C'est l'univers entier de l'héroïne qui va être mis à mal, et j'aime assez qu'on l'a voit évoluer, qu'on voit son regard sur ce qu'on lui a toujours dit changer, c'est un peu plus réaliste que ce qu'il se passe dans Promise par exemple. L'univers est également intéressant – bien que ce ne soit pas du steampunk classique, on est à l'époque moderne et les ordinateurs perfectionnés côtoient les attelage tirés par des chevaux (ce que j'ai eu du mal à envisager, et qui ne me fait pas forcément rêver non plus) – et riche avec tout la mythologie que l'auteure a créé. Cependant, j'ai eu du mal avec certains trucs.
Premièrement je ne suis pas une grande fan des descriptions de vêtements, fondamentalement si je sais qu'un personnage porte un pantalon et un t-shirt ça me suffit, je n'ai pas besoin de savoir de quelle marque, couleur, coupe sont ces choses. Je ne vois pas en quoi ça fait avancer l'histoire et il n'y a rien de plus laborieux que de décrire la tenue de quelqu'un je trouve. Surtout quand l'auteure le fait pour chaque changement de son héroïne. On a compris qu'elle voulait appuyer sur l'esthétique steampunk, les chaussettes rayées, bottes, corsets, etc. mais au bout d'un moment c'est juste redondant, la couverture suffit à nous mettre dans le bain. On est dans un roman, pas dans un catalogue de la steam-Redoute.
En dehors de ça, dés les premières pages j'ai été gêné par la volonté de l'auteure de donner tout un tas d'informations sur son univers au moment pas forcément les plus opportuns. Son héroïne va dans un nid de gobelins, mais pense à sa petite vie, à la situation géopolitique et prend même le temps de nous faire un petit topo dessus. Certes il est difficile de présenter rapidement et fluidement un univers qui ne ressemble à aucune autre et dont on doit expliquer la genèse, mais ici Kate Locke ne s'en sort pas trop bien.
Je ne suis pas non plus fan des héro/ïnes qui répètent des tas de fois à quel point ils/elles étaient bon à l'école, qu'ils/elles étaient les premièr/es en tout et depuis la nuit des temps. Déjà à ce moment là on se doute que quelque chose de louche se passe avec le perso, et plus dit plusieurs fois sans que cela n'ai aucune intérêt pour ce qu'il  se passe, je trouve ça lourd.
 
God save the queen m'a fait passer un bon moment de détente, on ne s'ennuie pas et on a même une romance pour pimenter le tout (sans scène de sexe en plus, c'est fou), romance que j'ai bien aimé et que j'avais envie de découvrir, mais j'aurais quand même préféré qu'elle soit plus compliquée et tragique, vous savez comme je suis. J'ai aimé le déroulement, les rebondissements et les révélations, ce n'est certes pas un coup de cœur (à cause déjà de ce que j'ai relevé dans l'article), mais l'écriture de Kate Locke est fluide, son univers riche et donne envie de lire la suite des aventures de Xandra.

En deux mots : Une petite lecture détente. Un univers riche et intéressant, un postulat pour une uchronie qui ouvre des possibilités chouettes et le tout baigne dans l'univers steampunk, que demander de plus ?
Y a des points négatifs ok, mais je ne cherchais pas un truc parfait dans cette lecture, juste un biais pour me vider la tête, et God save the queen a parfaitement rempli son office de ce point de vue là.


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Rangé dans Littérature britannique le 29 juin 2012

Ysée (T.1) : Le reliquaire d'argent, Évelyne Brisou-Pellen.

Publié en 2011.




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/9782747039352175.jpgRésumé : Châtillon, duché de Bourgogne, 1453. Abandonnée à sa naissance, Ysée vit depuis toujours chez sa nourrice Perrenote et ses cinq fils, qui sont comme ses frères. Elle n'a que douze ans quand le maire de la ville, un homme beaucoup plus âgé qu'elle, demande sa main., Elle refuse, mais son avis ne compte pas, et celui de Perrenote non plus. Car, contrairement à ce qu'elle croit, elle n'est pas orpheline. Et l'ombre de son père, dont personne ne veut lui parler, fait planer une menace sur sa liberté et sa vie.

Mon avis : Je visitais le musée de Cluny mercredi dernier, et à la librairie je suis tombée sur ce roman jeunesse se passant au Moyen-âge qui m'a semblé très chouette. Et pour cause, je n'y connais rien à cette époque puisqu'il y a peu je pensais qu'elle ne m’intéressait pas du tout. J'avais lu quelques textes d'époque que j'avais aimé, Le lai de Lanval, La châtelaine de Vergy, Le roman de Renart, La farce de maître Pathelin, mais les romans historiques, racontant la période ne m'avaient jamais emballé. Je suis aujourd'hui ravie et avide de lire d'autres textes du même genre parce que j'ai passé un très bon moment avec Ysée.
J'avais peur de trouver que le côté jeunesse du bouquin predrait trop le dessus comme je peux le ressentir parfois en lisant Anne-Marie Desplat-Duc, mais en fait même s'il est présent dans la simplification de certaines trucs, le ton, j'ai trouvé que ça se mariait très bien avec l'action, la description de l'époque, que ça ne laissait pas sur sa faim.

Au Moyen-Âge les jeunes filles étaient majeures à 12 ans et les garçons à 14. Ysée vient d'avoir douze ans est jolie et enjouée, le maire de son village (de simplement trente ans son aîné après tout) décide de l'épouser pour avoir une tripotée de marmots et une esclave à demeure. Sauf que Ysée n'en a aucune envie, et que sa nourrice non plus. Le maire va donc se rendre chez les religieuses qui ont la tutelle de la jeune fille et déclencher une série d'évènements qui mèneront Ysée à découvrir la vérité sur ses origines.
Tout d'abord, Ysée est une héroïne drôle, débrouillarde et avec la petite dose de fragilité qu'il faut pour qu'elle ne soit pas un insupportable (bon elle a parfois un petit côté agaçant, mais elle n'a que douze ans après tout et il lui arrive des tuiles pas possible). La narration est très fluide et l'écriture maitrisée (au bout de plus de trente romans, Évelyne Brisou-Pellen a pris le coup de main), ce qui fait que j'ai lu ce petit livre en un rien de temps. La découverte des mœurs, du paysage, des vêtements du moyen-âge y a également été pour beaucoup, puisque n'y connaissant strictement rien j'ai appris des tas de trucs et je ne me suis pas ennuyée.
J'ai été étonnée d'apprendre l'existence d'école où des fillettes pouvaient apprendre à lire, panser des blessures, écouter des histoires. Mais il me semble que c'est déjà ce que racontait la quatrième de couverture d'un livre que j'ai acheté au Château de Vincennes sur les femmes au temps des cathédrales (à peu près à la même époque que ce roman-ci, si je ne m'abuse). J'ai été également passionnée et totalement choquée par l'attitude et le fonctionnement des couvents et des religieuses. De la pingrerie, de la méchanceté et le tout caché sous le vernis salvateur de la religion et de la respectabilité. Je pense aussi aux pauvres gosses qui étaient mise au couvent par leurs parents genre à leur trois ans et qui ne voyaient jamais rien d'autre de leur vie. Et cela juste pour que la famille s'assure une place au paradis.
La naissance de la bluette de la jeune fille ne m'a pas agacée comme ça peut être le cas parfois dans des romans pour plus jeunes lecteurs, c'est amené justement et pas de façon niaise. Et j'ai aimé le revirement de sentiments de l'amie d'Ysée, Nicole, même si je n'approuve pas, Évelyne Brisou-Pellen présente quelque chose de crédible et qui fonctionne.

En deux mots : Une très jolie surprise. Ce roman est très fluide, passionnant sur les mœurs du moyen-âge, et donne envie de lire la suite. Ça tombe ben puisque trois volumes sont publiés à présent (je me demande d'ailleurs s'il y en aura d'autres).


Illustration de couverture par Philippe Munch.

Rangé dans Littérature française le 24 juin 2012

La maison de Claudine, Colette.

Commencé de publier dans la presse en 1922
et arrangé en volume dans cette édition en 1940.




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/9782253004288.jpgRésumé : « Le jeudi matin, vers dix heures, il n'était donc pas rare que je trouvasse, encore couchée et lisant, ma sœur aux longs cheveux. Toujours pâle, absorbée, elle lisait avec un air dur, à côté d'une tasse de chocolat refroidi. A mon entrée, elle ne détournait guère plus la tête qu'aux appels : " Juliette, lève-toi ! " montant du rez-de-chaussée. Elle lisait, enroulant machinalement à son poignet l'un de ses serpents de cheveux, et laissait parfois errer vers moi, sans me voir, le regard des monomanes, ce regard qui n'a ni âge ni sexe, chargé d'une défiance obscure et d'une ironie que nous ne pénétrons pas. »

L'auteure : Sidonie Gabrielle Colette (1873-1954) fut une écrivain, mime, actrice française. Première femme membre de l'académie Goncourt.

Mon avis : D'ordinaire les livres qui parlent de mère, et qui leur rendent hommage, ce n'est pas trop ma tasse de thé. C'est peut-être parce que j'ai un cœur de pierre, mais Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi ou encore Le livre de ma mère ne m'avaient pas ému. J'avais apprécié, mais sans être touchée. Par contre dans La maison de Claudine, j'ai été attendrie par le portrait que Colette dresse de Sido, sa mère, et l'expression naturelle de son affection et de son dévouement.

Ce bouquin, même s'il reprend le prénom de Claudine (les premiers bouquins de l'auteure signée avec son mari (même s'il n'avait rien fichu du tout) raconte les aventures de Claudine) raconte uniquement les souvenirs de l'auteure. Ça commence par son enfance à la campagne, par la description de ses jeux, ses amitiés, des gens du village, ses frères et sœur, sa mère bien sûr, son beau-père, puis ses animaux, la vie à Paris, sa propre fille Belle-Gazou. Je ne pensais pas tant apprécier que cela cet ouvrage, mais vraiment j'en suis toute retournée ! L'écriture de Colette est tout simplement magnifique. Elle se déroule comme un ruban dont on ne voit pas le bout ; s'entortille, forme des phrases belles à pleurer, attache le lecteur et ne lui laisse pas le choix que de lire ce qu'elle nous raconte. Je ne me rappelle pas si j'ai ressenti avec autant de force que cela la beauté de son écriture en lisant Chéri et La fin de Chéri, mais il est certain que maintenant c'est gravé dans mon esprit, je suis amoureux de Colette (et ça tombe bien vu que je dois encore avoir cinq ou six livres d'elles dans ma PAL). La cadence de ses mots, la façon dont elle les arrange ma beaucoup fait penser à Virginia Woolf et c'est très exactement ce dont j'avais besoin en ce moment. J'avais aussi besoin de lire l'évocation d'une enfance heureuse comme dans La gloire de mon père, les aventures de Tom Sawyer ou Les malheurs de Sophie (enfin dans ce cas précis, simplement l'évocation des aventures de l'enfance). Les chroniques d'été où les enfants dont des tas d'aventures m'ont toujours plu sans que je sache pourquoi et je sens que cette été je vais me faire plaisir en lisant la suite des aventures de Marcel Pagnol et en me dénichant Sido où Colette parle plus longuement de sa mère.
J'ai été sensible à la tendresse, à l'humour, la douce ironie que Colette fait montre envers les autres et elle-même. J'ai aimé les description de la nature, des gens et même des animaux ! Moi qui ait peur des chats et chiens, j'ai presque été tenté de ne pas détaler la prochaine fois que j'en croise un. Cependant vers la fin du volume on a trois ou quatre petites nouvelles sur les animaux qui s'enchainent (les chapitres racontent tous un épisode différent de la vie de l'auteure et font rarement plus de quatre pages ce qui donne un rythme très chouette et agréable à la lecture, la longueur idéale, ni trop court, ni trop long) alors que j'aurais voulu en savoir plus sur l'auteure, sur son enfance ou sa fille.

En deux mots : Une très belle lecture qui m'a accompagné plusieurs jours pour faire durer le plaisir. L'écriture de Colette est magnifique, intelligente, sensible, évocatrice. Je vais lire ses autres bouquins sous peu maintenant que je sais à quel point j'aime son univers. Moi qui pensait qu'elle n'était qu'une écrivain de la vie « mondaine » du Paris de la Belle Époque (un peu comme Sagan en son temps) je suis très agréablement surprise et étonnée.


•> Chéri La fin de Chéri

Rangé dans Littérature française le 22 juin 2012

Des fleurs pour Algernon, Daniel Keyes.

Publié en 1966.
Baby challenge science-fiction



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/9782081247604.jpgRésumé : Algernon est une souris de laboratoire dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l'intelligence. Enhardis par cette réussite, les deux savants tentent alors d'appliquer leur découverte à Charly Gordon, un simple d'esprit employé dans une boulangerie. C'est bientôt l'extraordinaire éveil de l'intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l'amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser. Mais un jours les facultés d'Algernon déclinent et l'on craint qu'il en soit de même pour Charly.

Mon avis : Depuis que je l'ai terminé, Des fleurs pour Algernon me nargue sur une pile de livres au pied de mon lit. Il me fait miroiter sa couverture, et me dit, hé ho faut que tu parles de moi là, allez ! Sauf que je n'arrive pas à en parler. Quand je fini certains bouquins, ma cervelle semble se vider de toute la substance dont le livre l'a emplit le temps de la lecture, et pendant quelques heures, quelques jours je ne parviens même pas à penser au bouquin, seul le vide me répond. Et le vide pour Algernon ne semble pas se dissiper. Alors je vais essayer d'en parler quand même pour effacer cette sensation de frustration de ne pas pouvoir en parler.

Je n'étais pas tentée par sa lecture, même si Meli en parlait souvent en bien, que je l'avais croisé de nombreuses fois en librairies, il ne me disait tout simplement rien. Et puis la semaine passée je le trouve dans cette jolie édition grand format à un prix très bas (dont j'ai découvert la raison en lisant, le papier est d'encore plus mauvaise qualité que mes mouchoirs ; un peu d'humidité et je me retrouve avec un morceau de papier sur le pouce, et le bloc intérieur qui gondole) et je me suis lancée.
J'étais dubitative au début à cause de l'écriture que l'auteur prend pour faire parler Charly ; il ne sait pas bien maîtriser l'orthographe ou la ponctuation du coup c'est un peu pénible, et j'ai espéré que ça ne dure pas longtemps avant que ça ne me court sur le haricot. Et en fait c'est justement l'écriture l'un des trucs les plus stupéfiants de cet ouvrage. Vous connaissez tous l'histoire, on teste sur Charly une opération pour le rendre "un telligent" et au fur et à mesure du temps qui passe il devient un vrai génie avant que, Algernon la souris sur laquelle on a testé le traitement auparavant montre des signes de régression alarmants, et qu'on craigne que cela n'arrive à Charly. L'auteur doit donc faire évoluer l'écriture avec son personnage, améliorer l'orthographe, la syntaxe, les ponctuation, changer subtilement le ton et les préoccupations de son personnage. Le seul bémol à ce tour de force c'est que seulement quelques jours après l'opération et quand Charly reprend la plume pour la première fois, son écriture s'est sensiblement améliorée. Alors que l'orthographe ce n'est pas un truc inné, ça s'apprend, alors comment un type qu n'a pas pu enlever les compresses sur ses yeux pendant des jours, peut une fois les yeux ouverts, savoir comment orthographier correctement beaucoup plus de mots qu'auparavant ?
Mais mis à part à ça, j'ai été soufflée par ce bouquin, l'auteur montre qu'il a réellement réfléchit à son ouvrage, à la façon dont il doit faire évolue les choses, Charly. Son évolution n'est pas convenue, elle est réaliste, étonnante, prenante, triste. Triste parce que plus Charly gagne en conscience ou en intelligence comme vous préférez, il se rend compte que les gens n'ont jamais cessé de se moquer de lui, de le maltraiter, et en particulier ceux qu'il prenait pour ses plus proches amis. Ce sont ces passages qui m'ont le plus émus – j'ai versé ma petite larme dans le TGV (j'aurais éclaté en sanglots chez moi) – plus encore que ce qu'il se passe à la fin de l'ouvrage, puisque la façon dont en parle Charly, dont il s'y prépare, même s'il lutte, n'est pas déchirante d'une manière à me faire user des mouchoirs.
L'autre scène que j'ai trouvé la plus frappante est celle de la conférence, où Charly fait échapper Algernon, qu'il lui parle et la retrouve devant le miroir à se regarder et la suite de leur cohabitation. Quand je pense au bouquin c'est la première chose qui me vient à l'esprit, cette petite souris blanche qui se regarde dans le miroir et Charly qui la retrouve.

Le parti de l'auteur concernant l'augmentation de l'intelligence de Charly et ses souvenirs est intéressant. Apriori je n'aurais pas pensé comme lui que Charly à cause de son faible QI pouvait enregistrer des souvenirs et s'en souvenir une fois que l'opération a été effectuée. Mais en y réfléchissant ça se tient, Charly enregistre ce qu'il voit mais ne peux pas traiter les informations suffisamment pour rêver, y penser, se rappeler de son enfance, etc.
J'ai aussi « aimé » les troubles psychologiques qui apparaissent en même temps que son intelligence ; c'est très intéressant et très frappant. Frappant aussi de voir qu'à un moment donné Charly devient juste odieux quand il est au sommet de son « intelligence », et heureusement que ça ne dure que quelques pages parce que j'avais envie de le frapper un peu.
Et je suis contente que l'auteur ait tenu bon sous les assauts des éditeurs qui ne voulaient pas le publier s'il ne changeait pas sa fin. C'est bien connu les éditions sont un peu bas de plafond parfois.

En deux mots : Une lecture frappante qui m'a marqué (vu qu'elle est frappante...), et je sais que je relirais le bouquin.


Traduit de l'anglais par Georges Hilaire Gallet

Rangé dans Littérature états-unienne le 21 juin 2012

Avant de vous parler du swap Sherlock Holmes, je vais faire une petite annonce. Je n'ai plus envie de publier le Butin tous les dimanche comme je le fais depuis janvier (ça remonte quand même). Je ne vais pas tout réexpliquer ici, pour plus d'informations il y a cet article sur mon journal de lectrice et cet article sur lequel je montre quelques uns des achats de cette semaine. Mais passons aux choses sérieuses à présent :


Je me suis inscrite il y a quelques mois au swap Sherlock Holmes d'Avalon. C'est en fait Mrs Pepys qui m'avait demandé si ça m'intéressait de le faire en binôme avec elle et d'échanger nos colis en vrai, et évidemment que ça me tentait ! J'adore discuter avec Mrs Pepys autour d'un café/jus d'orange hors de prix/dans les courants d'air d'un pub, et la préparation du swap a été vraiment chouette parce que je pense savoir à peu près ce Mrs Pepys apprécie et parce qu'en plus je savais que n'allais pas me faire entuber comme pour le précédent que j'ai pu faire.
Anybref, mercredi dernier nous nous sommes rencontrés au Galway (ambiance très chouette), et avons passé trois heures à discuter autour de notre déballage de swap. C'était super bien sûr et Mrs Pepys m'a trop gâté ! De l'emballage jusqu'aux ficelles pour fermer le tout, tout était parfait, mais je vous laisse découvrir tout ça en image.


http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/SWAP1.jpg
 
Et ça faisait encore plus énorme avec tous les petits paquets emballés comme Mrs Hudson aurait pu le faire. Je donc dû me munir d'une dague effilée (un cutter venant de ma trousse secrète de secours) pour parvenir à bout des liens serrés (de la ficelle de cuisine) emprisonnant mes si jolis présents.

  Nous avons tout d'abord un magnifique livre de cuisine holmésien : Alimentaire, mon cher Watson ! Il est magnifiquement british avec ses photographies de thé gourmands, de triffle, de tartes, de scones, de plats que l'on rencontre dans le canon ou qu'on aurait pu manger à l'époque victorienne. Ça va devenir mon nouveau livre de chevet de cuisine.
❧  Puis un paquet de mini McVities au chocolat déjà vide au moment de la photo, pensez-vous la rencontre avait eu lieu la veille et le trajet en RER était très long... Qui dit swap Sherlock Holmes dit mystères, et qui dit mystères dit Boite à énigmes littéraires. Ça m'a l'air très rigolo et j'ai hâte de la tester avec des amis. On continue dans la nourriture avec un pot de miel de la cuvée de Sherlock Holmes en personne (c'est écrit sur le couvercle je vous jure) et pour tremper dans le miel, un paquet de délicieux shortbread. Et pour rester du côté culinaire, ou tout du moins nourriturale, Mrs Pepys a trouvé cette très jolie tasse en porcelaine (bristish de chez chez british) avec son motif de rose. Me reste plus qu'à aimer le thé pour en boire dedans (même si le jus d’ananas convient aussi parfaitement).

❧  Mais parce qu'on ne fait pas que manger en Holmésie j'ai eu le droit à deux romans : Arsène Lupin contre Herlock Scholmes de Maurine Leblanc et Élémentaire, ma chère Sara ! de Jô Soares. De belles heures de lectures en perspective (même si j'ai déjà lu le Leblanc je ne l'avais pas dans ma bibli.) Qui dit livres, dit marque-page et c'est un très joli marque-page dans les tons victoriens et ornés de fleurs que j'ai reçu et que je chéri à présent.
Mrs Pepys m'avait prévu, le bricolage et elle ce n'était pas le grand amour, alors elle m'a montré jusqu'où elle pouvait aller avec un ruban autocollant décoratif et des carnets et je dois dire que c'est très réussi. Je vais pouvoir noter des tas de trucs dedans avec le crayon de papier Sherlock Holmes que j'ai eu avec, mais que j'ai oublié de placer sur le photographie. Un très joli moment et de bons fou-rires, merci encore. A refaire d'urgence.
 

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Rangé dans Cadeaux & swap le 16 juin 2012

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