« Les temps sont durs pour les sapins. » Sylvain Tesson

Les pâturages du ciel de John Steinbeck.

Publié en 1932.


http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/7504002878435.jpgRésumé : Il existe entre Salinas et Monterey une vallée perdue dans les montagnes. Aux Pâturages du Ciel prospèrent des familles. Elles cultivent la terre, produisent les plus beaux fruits et légumes de la Californie ... John Steinbeck nous propose ici de suivre ces familles, de lire leurs aventures, petites ou grandes, de se noyer dans sa magnifique écriture ...

L'auteur : John Steinbeck (1902-1968) est un écrivain américain, prix Nobel de littérature, très connu pour ses livres retraçant la crise sociale sévissant à cette époque. Mais également pour de magnifiques romans.
 

- Les naufragés de l'autocar -


Mon avis : John Steinbeck est un magicien. Dés les premières phrases il nous plonge dans l'histoire de la vallée, nous transporte aux côtés de ces gens. Les remarques les plus anodines écrites avec sa plume et son style deviennent de superbes morceaux de poésie et de vérité. Ce n'est pas tant l'histoire qui captive ici mais la manière dont il raconte, la manière dont sa plume virtuose nous trace le quotidien de ces familles, la manière dont il passe de l'une à l'autre en nous traçant la carte de toutes ces aventures. Ne nous apitoyant pas sur les familles, nous laissant le soin de cependant prendre part à leur tristesse, de vibrer avec eux.
Comme vous pouvez le deviner en me lisant j'ai aimé ce roman ! Plus je lis Steinbeck et plus je me rends compte que c'est un véritable génie. On l'a souvent réduit à un très bon chroniqueur de la crise de 40, mais il est bien plus ! C'est un écrivain absolu qui rend tout captivant. Avec lui la plus mince des actions, des scènes prend un relief sublime et emporte le lecteur.

En deux mots : Un roman sublime.

Extrait : "Quand Alice naquit, les femmes des Pâturages du Ciel vinrent comme un troupeau chez le Requin, prêtes à s'exclamer que c'était un joli bébé. Quand elles virent que c'était un magnifique bébé, elles ne surent quoi dire. Ces joyeuses exclamations féminines, faites pour assurer aux jeunes mères que l'horrible créature reptilienne qu'elles ont dans leurs bras est humaine et ne deviendra pas un monstre, perdaient leur sens. En outre, Katherine regardait son bébé d'un regard pur de soi-disant enthousiasme avec lequel la plupart des femmes dissimulent leur désappointement. Quand Katherine s'aperçut que le bébé était magnifique, elle fut remplie d'étonnement, de crainte et d'angoisse. La beauté d'Alice était trop merveilleuse, il faudrait en payer le prix. Les jolis bébés, se disait Katherine à elle-même, deviennent habituellement des femmes ou des hommes laids. Elle se disait cela pour chasser un peu son angoisse, comme si elle avait redouté les mauvais tours du destin, et lui avait ôté sa puissance en le prévoyant.
Lors de ce premier jour de visite, le Requin entendit une des femmes dire à une autre sur un ton de doute :
- Mais c'est vraiment un magnifique bébé. Comment pouvez-vous comprendre qu'il puisse être si beau ?"

Rangé dans Littérature états-unienne le 3 août 2009

Par Well-read-kid le 20 mai 2010
Ce livre me tente beaucoup !
Par Raison-et-sentiments le 20 mai 2010
Et tu as raison ! Rien ne vaut un bon Steinbeck :D
 

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