Curiosité d'Anne Terral.Publié en 2009.
Livre voyageur
Résumé : Il est une demeure froide au coeur d'un pays de neige où vit un comte et son intendante, le comte est celui qui une fois par an organise une gigantesque soirée où tous sont conviés, le comte est celui qui immuablement à la fin de chaque soirée choisit parmi les jeunes filles présentes une épouse.
Le comte est celui qui immuablement se voit "quitté" par ses épouses et qui doit l'année suivante en choisir une autre. Le comte c'est un Barbe-Bleue des temps modernes.
L'auteure : Anne Terral, est née en 1970 en France. Elle est l'auteure de deux autres romans et éditrice de "beaux livres" à Paris.
Mon avis : J'ai reçu ce livre. Que je vous explique, Laetitia la liseuse a lu ce livre et a décidé de le libérer pour voir si d'autres lecteurs sauraient l'apprécier différemment d'elle. Je suis la quatrième. Je l'ai eu ce matin par la poste "Lucile t'as une grosse lettre !" (dixit mon petit frère) et je l'ai lu cet après-midi dans mon hamac sous le cerisier.
Ce livre est étrange. Les phrases sont construites de telle manière qu'on ne parvient pas réellement à savoir ce que l'on lit, ou plutôt à ne pas savoir exactement ce qui compose la phrase mais qui la rend si belle. Cela m'a fait penser à l'écriture d'Albert Cohen. Des phrases tout en longueur dont le sujet se perd au hasard des mots mais qui n'en deviennent pas inintelligibles ou lourdes. On pourrait se dire qu'on lit de la poésie en prose mais ce ne serait pas tout à fait ça.
On lit une étrange histoire, une histoire qui fascine, qui cloue sur place et qui ne permet pas qu'on arrête sa lecture même un bref moment. On est transporté aux côtés d'Ariane dans ce manoir, on est transporté aux côtés du comte.
Je ne saurais pas décrire ce que j'ai ressentit en lisant ce livre. La narration est tellement différente de ce que j'ai l'habitude de lire que je ne sais pas comment m'exprimer, cependant une phrase du livre dit ça très bien :
"Comment dire avec des mots connus ce qui, jusque-là, n'était pas connu de nous ?".
La narration m'a également fait penser à mes lectures des poèmes de Paul Eluard. On lit presque sans respirer, aspiré par une prose étrange et envoutante, par un genre de musique nouvelle et sublime. Ce n'est pas tellement de chercher à lire tous les mots et à en comprendre le sens séparément, c'est avaler toute la phrase et "sentir" son parfum.
Le seul microsocominique bémol que je ferais est le suivant : j'aurais préféré que le comte ne la choisisse pas elle et qu'elle continue à assister au spectacle. Mais à part cela j'ai été littéralement envoutée par l'histoire.
En deux mot : Un étrange beau livre. Une magnifique découverte !
Extrait : "Et de mon côté je ne cherche pas à connaître l'exacte vérité. Je sais maintenant qu'il n'y en a pas, ou plutôt qu'il n'y a de vérité que celle que je me suis choisie."






(Oui j'ai vu ça je ne vais même pi lire à présent)