Le trouble-vie, Jean van Aal.

Publié en 2011.
Livre voyageur



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/couv38309429.jpgRésumé : Après quelques années de petits boulots et de galère, Mathurin Gardisette ouvre à Saint-Raphaël un bureau d’écrivain public. Dans sa nouvelle activité, il découvrira une foule de personnages avec lesquels - ou entre lesquels - il créera des liens souvent inattendus, par le biais de lettres ou de rencontres. Étranger aux confidences qui lui sont faites et aux événements qui lui sont racontés, il se considère simplement comme une sorte d’intermédiaire transparent entre ses clients et les destinataires des travaux qui lui sont confiés. Rien d’autre. Il n’existe pas. Il se contente d’exécuter.
Surfant sur la vie des autres, sans chercher à s’y impliquer, il peut ainsi jouer au médiateur… ou au trouble-vie. Au choix.

Mon avis : Il y a quelques temps Meli avait eu un coup de cœur pour un petit bouquin dont je n'avais jamais entendu parler, et quand elle a proposé de le faire voyager j'ai tout de suite été tenté. Aussitôt dit aussitôt fait, le bouquin fait d'abord une première étape chez Paikanne, puis arrive chez moi assorti d'un très joli marque-page de la part de la demoiselle (merci !). Je ne me souvenais plus, en le recevant, du sujet du livre, mais un coup d’œil à la quatrième de couverture a suffi pour me donner envie de m'y plonger. Pensez donc, l'histoire d'un écrivain public ce n'est pas banal et ça m'enthousiasmait. Sauf qu'il y a un mais, je n'ai pas du tout accroché à ce court roman. Je vois très bien ce qui a pu plaire aux deux autres lectrices, mais chez moi cela a eu l'effet contraire. Je n'ai pas cru à l'histoire, au personnage, à l'écriture, aux confidences des gens, à la mise du place du boulot du narrateur. Non je n'ai pas pu m'attacher à lui, voir par ses yeux et m'émouvoir de ce qu'il entendait. Je l'ai même trouvé franchement antipathique ce Mathurin.

La première chose qui m'a freiné c'est que bien sûr l'ouvrage est court et on ne peux pas s’embarrasser de détails superflus ou bien prendre son temps, mais j'ai trouvé tout de même très rapide, sa présentation. Je n'ai pas eu le temps de m'attacher à Mathurin et je l'ai trouvé de plus en plus agaçant au fur et à mesure des pages. Pour moi il est couard (céder à ce gros bras et ensuite se chercher des excuses m'a proprement insupporté, je l'aurais envoyer se pendre par les pieds en Sibérie le mec) et moqueur envers ses clients à qui il juge rendre de grands services. Ensuite comme je l'ai dit je n'ai pas cru à ce que je lisais, je me disais « Ok il lui arrive ça, mais bien sûr ». Je n'ai pas cru non plus à ses réflexions et ses scrupules sur le métier d'écrivains publics. Cela m'a plus semblé des jérémiades qu'autre chose. Et puis les lettres qu'il écrit et qu'on découvre aussi ne m'ont fait aucun effet, je ne voyais pas comment elles pouvaient avoir l'effet demander et comment elle pouvaient bien passer pour des lettres écrites par un « professionnel », surtout quand tu trouves une faute de syntaxe dans une lettre officielle.
Le temps présent de la narration n'a pas aidé à atténuer cela. Je trouve que c'est plus coton de rendre un récit écrit au présent réel, facile et limpide à lire. Par exemple là où Erik L'homme, Pennac ou Régis de Sà Moreira y réussissent très bien et où parfois je ne remarque même pas qu'ils écrivent au présent, Jean van Aal me paraît maladroit. Le passage des souvenirs à la narration est brouillon, je n'ai pas été convaincue par l'utilisation des temps. Et puis totalement autre chose, je n'ai pas comprise la fin. S'agit-il d'un retour en arrière ou bien d'une façon de montrer que ce que le narrateur a vécu n'a pas eu lieu ? Je suis vraiment confuse là.

En deux mots : Je n'ai pas du tout accroché à ce petit livre. Réaction épidermique que j'ai essayé de vous expliquer mais qui bien sûr n'engage que moi, il ne vous reste qu'à vous faire votre propre opinion après tout mes petits mouflons.


Les avis de Meli et Paikanne pour en entendre un autre son de cloche que le mien.

Rangé dans Littérature française le 13 juin 2012

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Il y a quelques mois Meli décidait de nous faire la liste de ses sagas en cours, et j'avais fait de même au brouillon pour découvrir que vraiment j'en avais des tas et des tas en cours et que c'est impossible de résister. Et depuis j'avais actualisé la page quand je lisais un ou plusieurs volumes. Aujourd'hui j'ai eu envie de vous publier la liste afin de bien voir où j'en suis parce que j'ai comme règle informel de ne pas avoir plusieurs séries d'un(e) même auteur(e) en cours, ou d'avoir plusieurs volumes d'avances pour éviter l'invasion PALesque. Sauf que bien sûr il y a pleins d'entorses au règlement, sinon c'est pas drôle.
Je vous ai classé les livres par catégories et vous découvrirez lesquels grâce aux titres. Et vous, vous avez combien de séries en cours ?


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Séries dont j’ai le(s) premier(s) tome(s) mais que je n’ai pas encore commencées

❧  La cité des anciens (T.1 à 3), Robin Hobb ❧  Le printemps d’Heliconia (T.1), Brian Aldiss
❧  L’épée de Shannara (T.1), Terry Brooks ❧  Le guide du voyageur intergalactique (T.1), Douglas Adams
❧  Dune (T.1), Thomas Herbert ❧  Rose (T.1) : La maison du magicien, Holly Webb
❧  Les sorcières (T.1 à 3), Anne Rice ❧  L’heure de l’ange (T.1), Anne Rice
❧  Le seigneur des anneaux (T.1 à 3), Tolkien ❧  Le cueilleur de fraises (T .1), Monika Feth
❧  Vampire academy (T.1), Richelle Mead ❧  Le faucon malté (T.1 à 3), Anthony Horowitz
❧  Espionne du roi soleil (T.1 & 2), Annie Pietri ❧  L’œil d’Horus (T.1 à 3), Alain Surget
❧  Les Penderwick (T.1), Jane Brisdall ❧  Les secrets d’Aramanth (T.1), William Nicholson
❧  The adventure of the new cut gang (T.1 à 3),
Philip Pullman
17 séries


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Séries dont j’ai déjà lu un / plusieurs volumes et dont la / les suites se trouvent dans ma PAL

Les volumes de fin de séries :
 
❧  Sianim (T.2), Patricia Briggs ❧  Les sœurs Grimm (T. 7 & 8), Michael Buckley
❧  La déclaration (T.2 & 3), Gemma Malley ❧  Les chroniques des vampires (T.9 & 10), Anne Rice
❧  Bartiméus et l’anneau de Salomon, Jonathan Stroud ❧  Mort d’encre (T.3), Cornelia Funke
❧  The Pellinor saga (T.4) : The singing, Alison Croggon ❧  Le clan des Otori (T.4 & 5), Lian Hearn
❧  Pirate rouge (T.2), Anne-Marie Desplat-Duc ❧  Millenium (T.3), Stieg Larsson
❧  Anastasia (T.5 à 7), Loïs Lowry ❧  The parasol protectorate (T.5) : Timeless, Gail Carriger
Les volumes suivants :
 
❧  Danny Valentine (T.3 & 4), Lilith Saintcrow ❧  Anita Blake (T.8) : Lune bleue, Laurell K. Hamilton
❧  House of night serie (T.6 & 7), P.C. & Kristin Cast ❧  Les chroniques de Narnia (T.3 & 4), C.S. Lewis
❧  La roue du temps (T.3 & 4), Robert Jordan ❧  La Malerune (T.2 & 3), Michel Robert & Pierre Grimbert
  Fondation (T.2 & 3), Isaac Asimov ❧  Le roi corbeau (T.2) : Will, Stephen Lawhead
❧  Les dossiers Artémis Fowl, Eoin Colfer ❧  Tara Duncan (T.9), Sophie Audouin-Mamikonian
❧  Rivages Mortels (T.2), Carrie Ryan ❧  Chrestomanci : The pinhoe egg (T.7), Diana Wynne Jones
La disparue du Père Lachaise (T.2 et 4), Claude Izner. Chroniques de San Francisco (T.2 à 5), Armistead Maupin
❧  Ysée (T.2), Evelyne Brisou-Pellen ❧  Shakespeare Christmas (T.3), Charlaine Harris
❧  The shadow of night (T.2), Deborah Harkness ❧  Trail of the Spellman (T.5), Lisa Lutz
  ✒  30 séries


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Série dont j’ai lu tous les volumes de ma PAL, mais qui ont une suite publiée qu’il faut que je lise

Les fins de séries
 
❧  18 Lunes (T.3), Kami Garcia & Margaret Stohl ❧  Azilis : Le sortilège du vent (T.3), Valérie Guinot
❧   Les loups de Mercy Falls (T.3), Maggie Stiefvater ❧  Le duel de sorciers (T.2), Jean Molla
❧  Le serment de Domenico (T.2), Annie Pietri ❧  Les chroniques des temps obscurs (T.6), Michelle Paver
❧  The princess and Curdie (T.2), George MacDonald
Les volumes suivants :
 
❧  Jill Kismet (T.2), Lilith Saintcrow ❧  The southern vampires chronicles (T.12), Charlaine Harris.
❧  Promise (T.2), Ally Condie ❧  Insurgent (T.2), Veronica Roth
❧  L’erreur de l'épouvanteur (T.5), Joseph Delaney ❧  Hex Hall (T.2) : Le maléfice, Rachel Hawkins
❧  Beautiful dead (T.2) : Arizona,  Eden Maguire ❧  Fablehaven (T.3) : Le fléau de l'ombre, Brandon Mull
❧  La lumière de Pierre (T.2), Kai Meyer ❧  Campus (T.2) : Sur invitation, Kate Brian
❧  Le donjon de Naheulbeuk (T.3), John Lang ❧  Golem (T.2) : Joke, Marie-Aude, Elvire et Lorris Murail
❧  Marie-Anne, fille du roi (T.4), Anne-Marie Desplat-Duc ❧  Percy Jackson (T.4) : La bataille du labyrinthe, Rick Riordan
❧  Le château des nuages (T.2), Diana Wynne Jones 22 séries


Volumes de séries dont j’attends la publication ou la traduction d’un volume supplémentaire

Les fins de séries
 
❧  A comme association (T.8), Erik L’homme  ❧  Mercy Thompson (T.7), Patricia Briggs
❧  La quête des livres mondes (T.3), Carina Rozenfeld ❧  Artemis Fowl (T.8), Eoin Colfer
❧  Alpha & Oméga (T.3), Patricia Briggs  
Les volumes suivants :
 
Katarina Bishop (T.3), Ally Carter ❧  Abarat (T.3), Clive Barker
❧  Petite Rose (T.3), Anne Denier ❧  Indiana Teller (T.3), Sophie Audouin-Mamikonian
❧  La dérivante (T.3), Dale Peck ❧  Légendes (T.2), Angélique Ferreira
❧  Maeve Regan (T.2), Marika Gallman ✒  12 séries

Ce qui nous fait en tout 81 séries en cours ou à être en cours dans le futur proche voisin.

Rangé dans Challenge livresques le 10 juin 2012

Le dernier jardin (T.1) : Éphémère, Lauren DeStefano.
 
Publié en 2011.
Prêté par Grazyel



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/Ephemeretome1.jpgRésumé : Les scientifiques ont créé des enfants génétiquement parfaits, immunisés contre toutes les maladies. L'humanité a cru voir son avenir assuré jusqu'au jour où le verdict accablant est tombé. Ces jeunes gens ont une espérance de vie incroyablement courte : 25 ans pour les hommes, 20 ans pour les femmes, sans exception. Dans ce monde désolé, des jeunes filles sont kidnappées et contraintes à des mariages polygames pour la survie de l'espèce.
Rhine, âgée de seize ans, a été enlevée de force à son frère. Elle se réveille enfermée dans une prison dorée, un manoir où des serviteurs veillent à ses moindres désirs. Malgré l'amour sincère de son mari et la confiance qui s'instaure petit à petit avec ses sœurs épouses, Rhine n'a qu'une idée en tête : s'enfuir de cet endroit.

Mon avis : Quand ce livre est sorti, j'ai été tentée tout de suite par l'histoire et la couverture, mais je me suis méfiée. Parce que ça va bien cinq minutes de toujours craquer pour les nouveautés de ce genre dont on nous rabats les oreilles pendant cent sept ans, mais qui au final ne tiennent pas plus au cerveau après lecture, qu'un cupcakes insipide à l'estomac (j'ai le génie des métaphores, ne me le dites pas je le sais déjà). Hors donc quand Grazyel m'a prêté le bouquin j'étais contente même si toujours septique. Et je dois dire que cette ambivalence a duré tout le temps de ma lecture. D'un côté je suis réellement surprise par certains éléments très bien mis en route, d'un autre les maladresses, les répétitions et le peu de logique de certaines situations m'ont agacé.

L'histoire de base est intéressante. Au XXIe siècle on a voulu éradiquer le cancer en mettant au monde des enfants génétiquement modifié. Et cela fonctionne très bien pour la première génération qui pète la forme, sauf qu'ensuite, les rejetons de ces supers-bébé éprouvettes tombent comme des mouches aux âges de 25 ans pour les hommes et de 20 pour les femmes. Et depuis toutes les générations sont condamnées à mourir alors que les premières générations sont toujours là pour voir le spectacle. Le monde est en ruine aussi, on ne sait pas trop pourquoi mais apparemment seule l'Amérique du Nord a survécu en un seul morceau (parce que ce sont les plus avancés technologiquement c'est bien connu), les autres continents ont été explosés et l'Europe ne serait plus qu'un conglomérat de petites îles.
Le point de départ est donc intéressant, mais vraiment trop flou. On ne sait pas vraiment quel est le contexte de l'Amérique qui a survécu, y a-t-il un président ? Comment sont gérés les régions puis qu’apparemment les orphelins et les pillards peuplent les rues de Manhattan ?
Arrive ensuite ce concept de sœurs-épouses ; les femmes vivant moins longtemps et étant nécessaire pour la bagatelle et la procréation (charmant destin), on n'hésite pas à les enlever et les marier de force à plusieurs au même mec. Ok pourquoi pas. Mais on n'a pas vraiment de retour sur ce que les gens de la première génération pense de cela. Après tout ils sont été élevé et ont grandi dans une société très différente de celle-ci, mais niet aucun mot là dessus même si Rhine, l'héroïne a la chance d'avoir eu des parents de cette génération.
Cependant Lauren DeStefano a remarquablement bien exposé la vie de ces sœurs-épouses entre elles. L’interaction avec le mari, l'amitié qui naît, l’ambivalence des sentiments pour la cage dorée où elles vont mourir dans quelques années. L'évolution de Rhine, qui passe de la haine pour le type qui l'a choisi comme un steak au supermarché est intéressante mais tout comme le contexte aurait mérité d'être étoffé.
Mais le truc c'est que le côté bancal du récit pourrait presque disparaître à cause du sujet de l'auteur et de l'angoisse qu'il fait éprouver au lecteur, enfin à moi donc. Parce que je sais pas vous, mais suivre le destin de trois filles qu'on rafle comme du bétail, qu'on mari de force, qu'on prépare à simplement devenir des pondeuses productives avant leur mort précoce, je trouve ça plutôt très glauque. Rajoutez à cela un beau-père style scientifique fou qui dissèque des cadavres dans sa cave et ça vous donne le topo. Et l'écriture de Lauren DeStefano qui a vraiment de très beaux passages et tiens la route la plupart du temps permet de lire sans problème (l'humour noir de Rhine est vraiment saisissant parfois et j'ai trouvé certaines des formules utilisées vraiment très réussies), même s'il y a des répétitions maladroites. Sauf que ça dure peut-être sur le moment, mais quand je m'arrêtais de lire, ou même à la fin de la lecture quand j'avais une plutôt bonne opinion du truc, même si matinée de réserves, les incohérences, les maladresses sautent aux yeux.

Je vous ai déjà parlé du problème de flou du fond de l'histoire, l'autre truc qui ne permet pas forcément d'envisager la globalité de ce premier volume c'est que quand même on est censé suivre nos personnages sur la période d'un an. Et que question temporalité on n'est pas vraiment servi. On nous dit vaguement que les mois passent, mais sans précision, sans que vraiment le temps semble passer. L'autre point peu crédible c'est Gabriel, le beau gosse et amour-de-la-vie de Rhine quand elle débarque au manoir. Il est plat, sans intérêt. Je n'ai pas réussi une seule seconde à m'attacher à lui, à l'envisager réellement comme un véritable personnage existant. Je me demande pourquoi DeStefano a ressenti le besoin de le coller dans les pattes de Rhine. Elle s'en sort très bien toute seule, et l'intrigue n'a pas du tout besoin de lui pour avancer, c'est plus un poids mort. Et ça aurait été rafraichissant dans ce genre de livre que la romance ne soit pas un élément de l'intrigue. La trouble relation que Rhine a avec son époux suffit amplement en plus de l'amitié des sœurs-épouses et de son frère jumeau.
A cela s'ajoute la fin. Et là je vais spoiler, alors pour ceux qui n'ont pas lu, oust et rendez-vous au en deux mots. La fille, décide de s'enfuir un soir de tempête de neige, sans manteau, sans vivre particuliers, sans sac, sans argent, sans plan. Sans rien du tout. Juste les beaux yeux de son Gabriel et un espoir de rentrer chez elle. Mais franchement si le mec du manoir est si puissant qu'il peut commander un camion de jeunes filles enlevées comme une pizza, qu'est-ce qui l'empêche d'avoir et un service de sécurité, et des caméras et un œil sur les épouses à chaque instant ? Si elles sont si surveillées et précieuses que cela, pourquoi est-ce que Rhine peut s'échapper pendant un faux incendie pour préparer son plan sans que personne ne remarque son absence ?
Et vous, si vous veniez d'échapper à une prison où vous étiez depuis un an, vous vous arrêteriez une nuit entière dans la ville d'à côté pour aller au cinéma ? Vous ne penseriez pas à vous enfuir le plus vite possible et à couvrir vos traces ? Parce que voler un bateau, sans jamais en avoir piloter un, mais avoir lu des livres sur le sujet semble suffire, et prendre la mer ça n'aide pas trop à trouver son chemin. Il suffit peut-être de s'arrêter quand on rencontre un goéland et lui demander la route ? Il est vraiment dommage qu'une idée de base intéressante, un personnage principal chouette et une écriture pas mal soit noyés dans cet océan d'incohérences.
 
En deux mots : J'ai été vraiment agréablement surprise par l'écriture qui a de très belles envolées, ainsi que le caractère sombre et anxiogène de l'idée de base de l'histoire. Mais cela ne tient pas face au tas de trucs illogiques qui peuplent le récit, à commencer par cette romance avec le personnage le plus plat de l'histoire de la littérature depuis le pancake de Faust.

Traduit de l'anglais par Tristan Lathière.
The Chemical Garden, book 1 : Wither



L'avis de Grazyel.

Rangé dans Littérature états-unienne le 9 juin 2012

La quête onirique de Kadath l’inconnue, Howard Phillips Lovecraft.

Écrit en 1927, publié posthumément en 1939.




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/livreslaqueteoniriquedekadathlinconnue190.jpgRésumé : « Par trois fois Randolph Carter rêva de la cité merveilleuse. Par trois fois il en fut arraché au moment où il s’arrêtait sur la haute terrasse qui la dominait. Dorée, magnifique, elle flamboyait dans le couchant, avec ses murs, ses temples, ses colonnades et ses ponts voûtés tout en marbre veiné ; avec, aussi, ses fontaines aux vasques d’argent disposées sur de vastes places et dans ses jardins baignés de parfums, et ses larges avenues bordées d’arbres délicats, d’urnes emplies de fleurs et de luisantes rangées de statues en ivoire. Sur les pentes escarpées du septentrion s’étageaient des toits rouges et d’antiques pignons entre lesquels serpentaient des ruelles au pavé piqueté d’herbe. Fièvre des dieux, fanfare de trompettes célestes, fracas de cymbales immortelles, la cité baignait dans le mystère comme une fabuleuse montagne inviolée dans les nuages. Carter, le souffle court, debout contre la balustrade, sentait monter en lui l’émotion et le suspens d’un souvenir presque disparu. La douleur des choses perdues et l’irrépressible besoin de reconnaitre un lieu autrefois puissant et redoutable. »

Mon avis : Avant de lire Lovecraft, j’avais découvert une très mauvaise fanfiction de son univers. L’auteur avait essayé de singer le style bien connu en parsemant sa prose stérile des épithètes préférés de Lovecraft. Mais ce n’est pas parce qu’un type met de la « folie hurlante » du « chaos innommable » et de la « monstruosité absurde » qu’il approchera l’univers et la saveur particulière de l’auteur. Et ce n’est pas non plus parce que Lovecraft le fait qu’il est lui-même. Le talent de l’auteur, la singularité de son univers et de son imagination vont bien au-delà de ses adjectifs dont il use et abuse. Si quand on le lit on se dit qu’on est en train de découvrir un truc qu’on a jamais lu, ce n’est pas parce qu’on a au moins quatre adjectifs par phrase. Ce qui fait la singularité et la beauté de ce texte en particulier c’est toute la mythologie du rêveur, les univers décrits, et la beauté de la langue « descriptive ». Il y a très peu de dialogues dans cette novella, et quand il y en a même, Lovecraft ne les utilise pas comme dynamiseurs du récit, ils viennent simplement en continuité de la narration.
Je pensais qu’à un moment les adjectifs ronflants que l’auteur colle partout aller vite me gonfler, mais comme je l’ai dit, puisque son écriture et son imagination sont bien plus que tout cela, ce n’est pas arrivé. On ne peut pas lire Lovecraft si l’on n’est pas concentré, si l’on n’est pas dans un état d’esprit particulier. Ce n’est pas comme de lire un récit d’horreur lambda, c’est bien plus complexe, étrange, statique. Statique parce que l’histoire est racontée au travers de descriptions, de réflexions, et non pas au travers des actions qui bien que présentes ne sont pas le sel du truc je pense. J’aime tellement le passage que je vous ai mis en résumé.

Pour autant, et à cause de cette particularité des récits de Lovecraft, j’ai du mal à les lire d’une traite. La quête onirique a été en pause pendant plusieurs mois avant que je ne la reprenne, et ce même si le texte est plutôt court. Et j’ai connu des périodes d’intense « concentration » où j’appréciais énormément son univers et son écriture, d’autres où je ne savais pas si j’arriverais à aller au paragraphe suivant. Que ceci ne vienne pas désavouer ce que j’ai écrit plus tôt. En lisant ce texte j’ai été souvent subjuguée par la nature de l’univers onirique créé par l’auteur, par la fin de la nouvelle/novella qui est vraiment parfaite, par son écriture tout simplement. Les seuls trucs agaçants à la longue sont les adjectifs qu’il a voulu coller partout en pensant que c’était ça qui faisait le ton de son univers, alors que c’est tout à fait autre chose. Il aurait dû avoir plus confiance en lui et un bon relecteur qui aurait zigouillé les adjectifs en trop.

En deux mots :
J’ai eu une espèce de révélation en lisant ce texte. Je crois que j’ai entrevu ce qui fait vraiment la singularité de l’univers de Lovecraft, et ce ne sont pas ses adjectifs à outrance, ce sont son imagination, sa créativité, sa pensée à contre-courant, la création d’univers qu’on avait jamais lu avant. Et maintenant je veux vraiment lire les autres textes de l’auteur et en particulier ceux où Randolph Carter apparaît.

Traduit de l’anglais par Arnaud Mousnier-Lompré.
Dream-Quest of Unknown Kadath extraite de At the montains of Madness and other novels


• > L'affaire Charles Dexter Ward

Rangé dans Littérature états-unienne le 8 juin 2012

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/9782754802475.jpgJe suis la plus dilettante des dilettantes de notre illustre société. Ou procrastinatrice. Au choix. Je n'ai en effet aucune excuse pour justifier le retard alarmant de cet article. Mais parlons peu parlons bien comme disait mamie Philo. Je dois vous présenter les billets publiés par nos illustres membres, les sorties livresques, mais avant tout sortez les cotillons et les flutes de champomy, puisque Undershaw a été sauvé ! Et une baffe à qui me demande ce qu'est Undershaw (faut pas pousser mémé dans les champignons quand même).
Je vous renvois à cet article pour plus de précisions.


Concernant les billets publiés le mois dernier, il y en a un nombre tout à fait raisonnable si l'on prend en compte la période chargée de l'année dont il s'agit. Pour commencer, Cécile nous a parlé des deux volumes de la BD Sherlock de Convard et Le Hir (et m'a donné envie de lire la suite maintenant) mais aussi d'un comics où nos chers héros sont des petites marionnettes symapthiques. Catherine a déclenché notre ravissement en nous parlant du nouveau numéro de Je Bouquine avec une histoire inédite d'Hervé Jubert sur Sherlock dedans.
Mrs Pepys nous parle d'un livre très particulier qu'elle n'a pas apprécié (et moi non plus d'ailleurs, je confesse avoir même abandonné au bout de la première nouvelle). Avalon nous parle de La maison de soie, tout comme Pauline d'ailleurs ; mais aussi du très joli marque-page qu'elle a ramené du musée Sherlock de Londres et Marion nous parle sur son LJ d'un jeu sur Sherlock qui semble très rigolo.

Je l'avais oublié et je mérité d'être privé de thé pendant au moins un mois, mais Shelbylee, tout nouvelle inscrite, a publié un billet sur le premier volume des aventures d'Enola Holmes qui était en lecture commune avec Syl. dont voici le billet.

Le gros évènement du côté sortie livresque c'est le troisième volume de la BD Holmes de Cecil et Brunshwig (je ne suis pas certaine de la date de sortie qui change, mais bon puisque c'est la dernière info que j'ai eu en regardant sur les sites de librairies en ligne). Je vous rappelle que Cécile a parlé des deux premiers volumes sur son blog et que je pense qu'elle trépigne d'impatiente à l'idée de le lire.
Sinon ce mois-ci, peu ou tout simplement pas d'autres sorties françaises. Sauf peut-être le DVD du Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres (dont personnellement je me moque comme de ma première lorgnette vu que je trouve que c'est un navet sans nom), mais heureusement que les anglophones sont là pour sauver le navire car nous avons tout de même quelques bouquins à venir pour ne pas couler à pic.
Tout d'abord on a sorti le 7 juin ce petit livre de puzzle et quizz pour les amateurs ; ensuite un nouveau volume des aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes : Pirate King de Laurie R. King (et en plus ça rime), le 25 juin.
Est paru le 4 juin, ce bouquin à la couverture très étrange : Shelock Holmes and the murder at Lodore Falls de Charlotte Smith. Apparemment ça regroupe trois nouvelles. Le 1er est paru The return of Moriarty de John Gardner. Et la phrase de couverture : Sherlock Holmes' nemesis lives again me fait me demander la chose suivante, Moriarty est-il un zombie venu grignotter le cerveau de Sherlock dans cet ouvrage ?

La sortie que j'attends le plus c'est celle au format .2 (mais de la maison d'édition anglais qui a la licence pour le format dans cette langue) ((et format qui se nomme flip-back là-bas)) des aventures de Sherlock ! Je vais me l'acheter illico presto je vous le dis. Sortie prévue le 21 juin.
Holmes and Watson end peace de David Ruffle est le dernier roman du mois (enfin paru le 7 juin, mais ne pinaillons pas), puisque la sortie suivante est celle d'un livre audio des Aventures de Sherlock Holmes complètes et lues par Derek Jacobi (paru le 7 juin).


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C'est donc tout pour ce mois-ci, je vous rappelle que si j'ai oublié un de vos articles vous pouvez me prévenir en commentaire, que la page facebook de la société n'attend que vous, et que je vais préparer de ce pas la newsletter. L'adresse mail à laquelle vous pouvez nous écrire étant toujours la suivante : signe.des.trois@gmail.com


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Rangé dans Société Sherlock Holmes le 7 juin 2012

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