Publié en 1978.
Résumé : Les seventies sont sur le déclin, mais San Francisco, la fureur au cœur et au corps, vibre encore d'une énergie contestataire et s'affiche dans les rues aux couleurs d'enseignes et de néons tapageurs. Tout droit venue de Cleveland, Mary Ann Singleton, vingt-cinq ans, emprunte pour la première fois les pentes du « beau volcan ». Elle plante son camp au 28 Barbary Lane, un refuge pour « chats errants ». Logeuse compréhensive et libérale, Mme Madrigal règne en matriarche sur le vieux bâtiment qui abrite une poignée de célibataires : Mona, rédactrice publicitaire, son colocataire Michael, chômeur et disciple de « l'amour interdit » et le beau Brian Hawkins, coureur de jupons insatiable.L’auteur : Armistead Maupin (né en 1944) est un écrivain américain. C’est dans les colonnes du San Francisco Chronicle en 1976 qu’il commence la publication des Chroniques de San Francisco. Elles connaissent un succès immédiat et sont édités en livres, bientôt suivit par cinq autres volumes au succès planétaire. Le septième est enfin paru l’année dernière et traduit en français : Mary Ann en automne.
Mon avis : En fait je ne pensais pas aimer ce bouquin, je pensais le lire à titre purement informatif, et puis après me dire, « voilà je sais de quoi ça parle, hop on passe à autre chose ». Mais en fait la lecture qui a commencé doucement s’est terminé avec un grand plaisir et je vais commencer à chercher la suite lors de ma prochaine virée chez Emmaüs (oui, j’ai une vie follement excitante).
Au début de ma lecture, j’appréciais moyennement ; le bouquin est en fait découpé en courts « chapitres » de rarement plus de deux ou trois pages. Et à chaque fois on peut suivre un personnage différent, ou le même. Il faut dire que cela a d’abord été publié en feuilleton dans un journal. Puis j’ai commencer à gouter l’humour, la moquerie, l’absurde du texte et à m’attacher aux personnages. C’était à chaque fois un plaisir de retrouver Beauchamp, DeDe, Mary Anne, Mme Madrigal, etc. Malgré le caractère franchement antipathique de certains personnages, Armistead Maupin sait les humaniser, les rendre drôles, et on pense en lisant leurs aventures qu’ils sont « touchants » dans leur médiocrité, leur maladresse, ou leur bêtise. Et surtout, au fur et mesure du texte les histoires commencent à se nouer ; une pierre d’achoppement vient à chaque fois relier la vie des personnages sans que cela semble trop fabriqué et c‘est un plaisir de comprendre les choses. C’est tellement bien orchestré, ça monte tellement en « suspens » que j’ai eu l’impression de lire la trame d’un thriller, mais d’un thriller que j’apprécierais et dont la tension me plairais.
J’ai aimé aussi que ce bouquin soit une vraie peinture de la période et du lieu. En lisant on se sent vraiment téléporté à San Francisco en 1978. Le vocabulaire, les références, tout est parfait, et sans que cela semble
lourd ou dépassé comme j’avais pu le ressentir en lisant L’attrape cœur (faudrait peut-être que je le relise maintenant tiens). C’est ce genre de bouquins qu’on devrait lire en cours d’histoire au lieu des logorrhées insipides des bouquins de cours. C’est parlant, c’est drôle, c’est vivant.J’ai aimé aussi cette diversité des personnages. Le secret de Mme Madrigal, la quête de Michael pour trouver le mec parfait et son besoin de toujours raconter des histoires, Mary Ann et sa maladresse, Mona et son amie pas si afro que cela. Armistead Maupin est tendre avec ses personnages, se moquent d’eux gentiment, comme il faut.
En deux mots : Les Chroniques de San Francisco ne se commentent pas vraiment ; il faut juste les lire, passer un très bon moment de lecture et aller chercher la suite.
Traduit de l’américain par Olivier Weber et Tristan Duverne.
Illustration de couverture par Marc Taraskoff.
Tales of the City.







Parce que nous aimons tendrement tous nos membres à la SSHD, voici venu le temps du bilan de novembre (en décembre). Et ce mois-ci ce sont pleins de breaking news dont nous allons vous parler, mais d'abord, présentons la production SSHDienne du mois passé.


