Les enquêtes d'Enola Holmes (T.6) : Métro Baker Street, Nancy Springer.
Publié en 2010.
S.T.A.R - 3e livre - Société Sherlock Holmes des Dilettantes
Publié en 2010.
S.T.A.R - 3e livre - Société Sherlock Holmes des Dilettantes
Résumé : 1889, Londres. Alors qu’Enola est lancée dans une nouvelle enquête sur la disparition de lady Blanchefleur del Campo, elle découvre que son frère Sherlock la recherche désespérément. Il vient en effet de recevoir un énigmatique paquet en provenance de leur mère, adressé tout spécifiquement à Enola, et qu’elle seule saurait décrypter. Sherlock, accompagné de son frère Mycroft, se voit donc contraint de suivre les traces d’Enola dans ses pérégrinations au cœur des sombres tunnels de Londres. Ensemble, les trois Holmes devront répondre à une triple question : Qu’est-il arrivé à leur mère ? Où est donc lady Blanchefleur ? Et que décidera l’aîné Mycroft de l’avenir d’Enola lorsque ses frères l’auront rattrapés ?L'auteure : Nancy Connor Springer (née en 1948 dans le New Jersey) est une écrivain de langue anglaise vivant aux États-Unis qui a déjà écrit plusieurs livres, notamment sur Rowan Hood (la fille de Robin des bois) ou même la fée Morgane.
Mon avis : Depuis que j'officie en ces lieux chers amis (je m'y crois !) je vous ai déjà commenté deux des aventures d'Enola Holmes ; et c'est avec plaisir qu'aujourd'hui je vous parlerais d'une troisième (ou plutôt d'une sixième si l'on suit l'ordre de la série) qui m'a plu, moins que la précédente je l'avoue, mais qui reste un divertissement très sympathique et que j'attends ponctuellement chaque année avec impatience.
Depuis sa dernière entrevue avec son frère Sherlock, Enola, a dû changer de lieu de résidence, de nom, même si elle reste toujours l'assistante du prétendu docteur Ragostin, et qu'elle a dans l'idée de continuer à mener ses enquêtes et à échapper à ses frères bien intentionnés qui l'a verrait bien en pension comme une parfaite petite lady ...
J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir la narration vivante et drôle d'Enola ; c'est en fait ce qui m'accroche à chaque fois au récit. Elle a une manière tout à fait plaisante et vivante de nous raconter ses aventures, en se moquant d'elle, en décrivant Londres, ses frères ... et en plus on apprend à chacune de ses aventures des choses sur l'époque victorienne et Londres dont j'ignorais totalement l'existence. Nancy Springer a fait un vrai travail de recherche intelligent et sait injecter ce qu'elle a apprit au fur et à mesure du récit sans l'alourdir. Dans ce volume-ci on découvre l'existence du Club des femmes de carrière qui logeait les femmes indépendantes à Londres, les "bas bleus", qui étudiaient et n'entendaient pas se marier ; mais aussi des fripiers qui n'hésitaient pas à enlever pour quelques heures des enfants richement vêtu pour leurs atours, mais aussi du danger des corsets. Je savais déjà que c'était extrêmement inconfortable et incapacitant (comment respirer ?), mais ici j'ai découvert que cela pouvait tout simplement mutiler les pauvres femmes qui devaient les porter. Lady Blanchefleur qui porte depuis ses huit ans un corset en cuillère, a la taille enserrée de dessous les bras jusqu'au bas-ventre ... certes on obtient une taille très fine (celle d'une enfant de huit ans pour la taille d'une adulte ...), mais la musculature ne se développe pas, les organes se déplacent et la jeune femme en plus de ne pouvoir porter d'enfant, ne parvient pas à se tenir droite sans le soutient de son précieux harnachement. Moi qui avait une stupide nostalgie du 18ème siècle je suis très contente d'être née à l'ère des T-shirt et des tongs ...
Et si tous ces éléments concourent à créer un volume encore une fois agréable, l'intrigue ne tient pas trop le coup à mon avis. Après un cinquième volume où l'on avait quelque chose de relativement complexe et différent des tomes précédents, ici on retombe dans la disparition réglementaire d'une jeune lady et son sauvetage in extremis ... on se dit alors, tout ça pour ça ? Parce que l'enquête ne prend pas beaucoup de temps, surtout que le volume est plus fin que les précédents. Les habituels moment de réflexion d'Enola sont réduits à un seul et même si lire ses notes, et les charades qu'on lui imposent habituellement ne m'intéresse pas, ici elle auraient peut-être un peu étoffé l'intrigue. Cependant le personnage du duque, époux de lady Blanchefleur, colore le récit, avec son parlé fleuri à la Don Quichotte et ses manières démonstratives par rapport à la gente aristocratique londonienne dont on a l'habitude (:"- Et ma Duquesa, me coupa-t-il, plus pressant que jamais, est la très estimée lady Blanchefleur, universellement admirée pour sa fragile beauté. Immaculée corolle de délicate féminité.").
Le rapport entre Enola et ses frères évolue lui aussi enfin et permet d'espérer que le schéma habituel des romans jusque là va pouvoir être bouleversé. Bon tout en lisant je me disais que ce Sherlock Holmes n'est pas très futé ... enfin moins que l'original et que Doyle lui aurait fait retrouver sa mère, sa sœur et tout le tintouin en deux temps trois mouvements, mais bon c'est le parti-pris de l'auteure, et il faut bien qu'Enola puisse épater ses frères avec ses talent d'enquêtrice, même s'il me semble qu'elle ne prend pas énormément de temps pour réfléchir à ses actions dans ce volume. Tout le contraire de ce qui fait un Holmes en fait ; )
En deux mots : Malgré le fait que l'intrigue de ce volume n'est pas forcément très bonne, j'ai passé un bon moment en compagnie d'Enola et je suis très très curieuse (pour ne pas dire impatiente) de lire la suite de ses aventures qui s'annoncent différentes des précédents (du mois l'espère-je). Et je tiens juste à signaler que j'adore la couverture de ce volume, même si Sherlock a une tête à coucher dehors, Enola est vraiment très jolie et le pinceau de l'illustrateur est vraiment très agréable depuis les premiers volumes. Sans parler du maquettiste qui a réalisé une maquette de couverture très jolie, très élégante et qui a su nous offrir à l'intérieur un beau rectangle d'empagement, des mages agréables et une typographie du même acabit.
Traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo.
Illustration de couverture par Raphaël Gauthey.






