Dernier inventaire avant liquidation, Frédéric Beigbeder.
Publié en 2001.
Emprunt bibliothèque.
Publié en 2001.
Emprunt bibliothèque.
Résumé : « Parce que Proust nous apprend que le temps n'existe pas. Que nous avons tous les âges de notre vie, jusqu'à notre mort. Et qu'il ne tient qu'à nous de choisir la minute que nous préférons. »Mon avis : Vous avez bien sûr appris par cœur mon dernier billet de bouquins. Vous ne serez donc pas étonné que j'ai emprunté Dernier inventaire avant liquidation et que je l'ai lu. Pour ceux qui ne suivraient pas, je préciserais donc que j'avais beaucoup aimé le dernier ouvrage de Frédéric Beigbeder, Premier bilan après l'apocalypse, et qui si je n'étais pas spécialement curieuse de lire ces romans, ce petit opuscule me tentait pas mal. Révérons la sainte médiathèque de l'avoir eu en rayon !
Dernier inventaire avant liquidation commente les 50 bouquins « du siècle » élu par des français parmi un panel choisi par des libraires, etc. et date de 2001 ce qui se ressent. Beigbeder parle d'auteur aujourd'hui décédés (Lévi-Strauss, Sagan, etc.), et son bouquin s'inscrit dans l'actualité, parle de cette liste et joue sur le sujet. Du coup dix ans après, si l'on a pas suivi l'actualité en son temps, ce peut être moins intéressant à lire. En fait globalement j'ai trouvé Dernier inventaire avant liquidation moins intéressant que Premier bilan après l'apocalypse. Déjà parce que les bouquins dont parle Beigbeder, il ne les aime pas forcément autant que ceux de sa liste à lui, et du coup ne parvient pas je trouve à insuffler le même souffle et le même enthousiasme à son commentaire. Les dits commentaires sont d'ailleurs beaucoup plus courts que dans l'ouvrage paru cette année, ce qui est dommage, car le temps de présenter l'œuvre, il ne reste plus qu'une page maximum pour dire ce que l'on peut en penser et j'ai parfois trouvé délicat de vraiment voir si Beigbeder aimait le livre en question ou pas. Parce que c'est ça qui est sympa dans ce type d'ouvrage, c'est pas de lire la présentation des livres, mais ce qu'en pense l'auteur, sinon je vais sur amazon et je lis les résumés.
Je trouve également que la verve de Beigbeder est moins présente, plus infantile, moins drôle, enlevée, moins... trop lourdingue parfois. On retrouve ce qui fera l'enchantement du Premier bilan, on voit les prémices du dandysme, mais je n'ai pas autant rit (quoique je n'ai tout de même pas boudé mon plaisir et ricané plusieurs fois), ni autant noté de passages.
J'ai par contre apprécié que Beigbeder n'encense pas tous les titres de la liste et donne des pistes sur le pourquoi de la présence de tels livres dans le classement (adaptation cinématographie très célèbre, etc.). Il a réussi à mettre les mots sur le ressenti que j'ai pu avoir à la lecture du Journal d'Anne Frank par exemple. Je crois que j'ai un peu moins apprécié son commentaire sur Les raisins de la colère de Steinbeck. Bon il a raison, les romans engagés, vraiment ancrés dans une époque et rattachés à des évènements dont ils tirent leur substance, sont moins intéressants à lire dans le temps pour un lecteur lambda. Mais je trouve dommage qu'il n'ait pas relevé l'écriture phénoménale de Steinbeck ; son sens de la description magnifique, mais bon c'est pas forcément ce qui l'attire dans un bouquin si j'ai bien cerné ses gouts.
En deux mots : Une lecture agréable, mais pas aussi plaisante et distrayante que celle du Premier bilan. MeL, toi qui voulais le tester, je te conseille plutôt donc de lire Le premier bilan (en plus tu as de la chance tu connais quelqu'un qui a le bouquin...).
Extrait : « Car tout le monde n'est pas Faulkner. Comme toujours avec les génies qui ont inventé leur langue au xxe siècle, le problème vient des crétins suiveurs qu'ils ont inspirés. Par la faute de Proust, un paquet d'auteurs français se croient obligés de faire de longues phrases sur leur maman pour sembler intelligents. »





