Contes cruels, Villiers de L'Isle-Adam.
Première nouvelle publiée en 1867.
Résumé : « Noir et cher scélérat, à toute heure, je lis les Contes, depuis bien des jours ; j'ai bu le philtre goutte à goutte... Tu as mis en cette oeuvre une somme de Beauté extraordinaire. La langue vraiment d'un dieu partout ! Plusieurs de tes nouvelles sont d'une poésie inouïe et que personne n'atteindra : toutes, étonnantes. » (Mallarmé). « J'ai connu un certain nombre d'hommes qui ne vivaient qu'aux cimes de la pensée, je n'en ai pas rencontré qui m'aient donné aussi nettement, aussi irrévocablement l'impression du génie. » (Maurice Maeterlinck).
L'auteur : Jean-Marie-Mathias-Philippe-Auguste de Villiers de L'Isle-Adam, dit le marquis de Villiers de L'Isle-Adam, est un écrivain français (1838-1889).
Mon avis : J'avais voulu lire ce livre quand j'étais en terminale et que sur le forum de L'encirer une jeune fille ne cessait de vanter les mérites de ce recueil. Je l'ai donc emprunté au CDI et commencé. Je me souviens que je le lisais entre midi dans une salle de permanence et que j'adorais. Mais pour une raison ou un autre j'ai arrêté ma lecture pour ne plus la reprendre. Ce n'est que quelques années plus tard après avoir acquis le volume d'occasion, que je l'ai repris pour le finir enfin.
Comme pour les Trois contes de Gustave Flaubert, j'ai adoré cette lecture. Pas avec la passion de ma première découverte, mais avec le plaisir tranquille et doux de se laisser bercer par une belle et singulière écriture. De voir devant mes yeux se découvrir la vie en cette mi-19ème siècle, les toilettes de ses dames, les parfums, le vocabulaire, les soirées au théâtres, les discours un peu ampoulés et vagues des convives d'un repas bourgeois. Et surtout l'humour noir et cruel de Villiers de l'Isle-Adam. De voir cela donc j'ai été ravie, charmée, conquise.
Chaque nouvelle était parfaite, enfin, chaque incursion dans une histoire étrange et belle racontée par Villiers était une merveille. Il a une façon de dire les choses que j'aime beaucoup même si dans ses élans descriptifs poétiques il est parfois assez lourd (surtout dans la nouvelle de clôture intitulée L'annonciateur). On découvre tantôt le récit d'un témoin de duel, des mémoires douloureuses d'un ancien soldat, des curieux incidents se déroulant dans une vaste demeure après la mort de l'épouse adorée (Véra, ah Véra) ou encore des récits d'inventions nouvelles et loufoques (L'affichage céleste qui parle de la publicité qui se développe et déplaît à Villiers, L'appareil pour l'analyse chimique du dernier soupir, Le traitement du docteur Tristant, et cætera...).
Il commence presque tous ses textes avec une sorte de « morale » ; un petit résumé de thèse, une citation expliquée et termine également presque toujours avec une phrase bien sentie qui remonte la nouvelle si d'aventure elle a eu le malheur de moins plaire. Ce ne sont pas comme les Trois contes des petites histoires décomposée en chapitres, mais bien de courts nouvelles de quelques pages ou même des sortes de poèmes en prose ou en vers. Fleurs des ténèbres en est un exemple et également un de mes texte favoris ! En même pas deux pages Villiers nous tisse une histoire tragicomique, nous raconte toute la légende des activités de ces petites marchandes de fleurs et nous offre une dernière phrase magistrale.
Ou alors complètement à l'opposé on a Le convive des dernières fêtes qui est aussi une de mes nouvelle favorites. L'histoire est angoissante, le récit passionnant, la « morale » … ah lisez-là ! (Rien que le titre est merveilleux je trouve).
En deux mots : Je n'ai en fait pas grand chose à extrapoler de ma lecture. C'est un texte, encore une fois comme les Trois contes que je relirais à coup sûr ; c'est un auteur que je continuerais de découvrir, c'est une ambiance que j'aime, mais ce n'est pas ce qu'on pourrait appeler vulgairement un coup de coeur. C'est une écriture, une ambiance, des nouvelles … c'est Villiers et c'est à découvrir :)





