La métamorphose, Franz Kafka.

Publié en 1915.
Challenge ABC 2010 - 21e livre lu.



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/324924982small.jpgRésumé : "Lorsque Gregor Samsa s'éveilla un matin au sortir de rêves agités, il se retrouva dans son lit changé en un énorme cancrelat. Il était couché sur le dos, dur comme une carapace et, lorsqu'il levait un peu la tête, il découvrait un ventre brun, bombé, partagé par des indurations en forme d'arc, sur lequel la couverture avait de la peine à tenir et semblait à tout moment près de glisser. Ses nombreuses pattes pitoyablement minces quand on les comparait à l'ensemble de sa taille, papillotaient maladroitement devant ses yeux."

Mon avis : Je n'avais jamais étudié La métamorphose à l'école, sauf peut-être un court passage dont je ne garde aucun souvenir, aussi était-ce une totale découverte. Je ne m'attendais à rien de particulier en commençant cette lecture, mais seulement à enfin connaître l'histoire de cet homme qui à son réveil est changé en cancrelat. Et j'ai été totalement bluffée. Non seulement j'ai adoré La métamorphose, mais maintenant envie de découvrir tout un tas d'autres textes de Kafka (comme Le terrier, que j'ai repéré en passant à la librairie avant de rentrer ou encore Le procès). 

Ce qui m'a tout d'abord séduite c'est l'écriture de Kafka et la façon dont il a de raconter la transformation de Gregor Samsa. Ce dernier se réveille effectivement changé en insecte, mais nous n'avons pas droit à de stériles supplications sur la raison de son état. Tout semble normal ... Gregor est conscient du changement, mais on a l'impression qu'il le prend plus comme une maladie, une fatalité connue et envisagée, que comme une transformation extraordinaire. Tout ce qu'il veut d'ailleurs faire en se réveillant, et après avoir observé sa transformation, c'est se lever pour prendre le train et aller au travail. Son corps d'insecte ne sera pas source d'étonnement et de peur, mais il joue plutôt à l'apprivoiser afin de se lever et de se préparer. Il aurait été parfaitement assommant de nous raconter la panique du bonhomme transformé en insecte ; Kafka est beaucoup plus malin que cela est nous fait découvrir une histoire formidable et très intelligente. Il pose sa métaphore-métamorphose comme acquise et déroule ensuite le fil de son histoire avec talent.
Ensuite vient la façon dont il décrit les évènements, dont il orchestre les choses. Tout m'a semblé très théâtrale, mais pas dans le sens factice et peu crédible, plutôt dans le sens d'une histoire absurde, avec des réactions grandiloquentes et amplifiées (encore une fois ce n'est pas une critique). La première scène du genre arrive le matin après son réveil ; sa chambre a trois portes, et derrière chacune de ces portes, un membre de sa famille qui l'appelle pour le réveiller (sa soeur, son père et sa mère). On les imagine chacune derrière sa porte, faisant sa harangue et Gregor en insecte à l'intérieur tentant de parler et de se mettre debout en agitant ses petites papattes. C'est une ambiance particulière, différente, passionnante, que j'ai adoré retrouver tout le temps dans le récit (je ne sais pas si c'est trop clair ce que je veux dire ?).
On n'a pas non plus de mal à imaginer le gros insecte ; et même à en éprouver des frissons. Je n'aime pas trop ces petits habitants, du coup j'étais un peu écoeurée en lisant, mais je pense que c'était voulu par Kafka ; que décrire les plaies, le corps et tout le reste, était présent afin de nous plonger dans une ambiance particulière, angoissante. Un peu comme Lovecraft en fait (je sais, vous allez vous dire que j'ai trop bu si j'en viens à comparer Kafka et Lovecraft, mais je vous assure que je vois une ressemblance entre les deux).

Je ne sais vraiment pas expliquer ce qui m'a plu dans ce livre ; quand je le lisais je me disais, en voilà un chef-d'oeuvre. Il ressort comme impression de ce texte que tout y est maîtrisé, que l'auteur nous offre une fable, une histoire absurde, une métaphore de la maladie peut-être aussi, mais surtout un texte excellemment bien écrit, intelligent, drôle, effrayant aussi. Un texte qui m'a captivé, qui m'a fait tomber amoureuse d'un écrivain et qui m'a tenu en haleine tout du long (je n'aurais qu'une mini critique à faire, c'est que la fin, enfin pas l'épilogue, mais la fin d'un certain personnage aurait pu être plus spectaculaire peut-être - ou pas en fait, cela va avec le reste du texte à vrai dire ...). J'ai aussi été triste pour Gregor : il était le centre de sa famille, celui qui rapportait l'argent pour vivre (et les autres ne faisait donc rien, les pauvres), et parle avec simplicité du bonheur de rester à table après diner pour discuter. On sait que ce n'est pas de sa faute, qu'il souffre autant que ses parents, qu'il perd peu à peu son identité, sa mémoire. Qu'il retombe presque en enfance plus il apprend à se servir de son nouveau corps (il s'amuse à grimper aux murs, etc). J'ai aimé Gregor quand il se sentait seul, triste, qu'il voulait parler à sa soeur, qu'il parlait des espérances d'avenir qu'il avait pour elle. J'ai eu mal pour lui quand le père lui lance des pommes et que l'une d'elle vient se ficher dans carapace et que personne ne pense à l'enlever, alors elle pourrit là sur place.
Le seul truc qui m'a agacé pendant ma lecture a été la débilité caractéristique des notes du préfacier (je précise que mon édition n'est pas celle en photo, mais celle avec la couverture orange hideuse). Quand on me parle de désir sexuel refoulé parce que Gregor a accroché une gravure de femme dans sa chambre je suis tout de suite un poil septique ; et encore plus quand une réflexion anodine entraîne de grandes envolées sur la portée freudienne du truc. J'ai eu l'impression d'être prise pour une idiote avec ces notes ; les évidences sont relevés, des remarques idiotes et bas de http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/FOUDRE.jpggammes sont faites, des explications qui n'en sont pas vraiment nous polluent la page. Ok on sait lire, on n'a pas besoin de sous-titres !

En deux mots : La métamorphose est un texte étrange ; angoissant, triste, mais très intelligent, très bien mené par Kafka. C'est une écriture aussi, qui peut paraître simple, mais qui n'en sert mieux que le récit et que j'ai trouvé admirablement maîtrisée. Kafka est donc un auteur que je viens de découvrir avec un texte qui m'a chamboulé et abasourdie tellement c'est bien fait, et que j'ai très envie de continuer à connaître au travers de ses autres livres.


Ce qu'en pensent Grazyel et MeL.


Traduit de l'allemand par Claude David.

Rangé dans Littérature allemande le 9 février 2011

La contrebasse, Patrick Süskind.

Publié en 1981.
Genre : Théâtre.


http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/couv20331759.jpgRésumé : La contrebasse est l'instrument le plus gros, le plus puissant et le plus indispensable de l'orchestre, le plus beau aussi, dit d'abord le contrebassiste. Mais bientôt l'éloge pompeux laisse affleurer les frustrations et les rancoeurs du musicien et de l'homme. Et peu à peu la haine d'abord refoulée de cette encombrante compagne s'exprime, se déchaîne et explose jusqu'à la folie...

L'auteur : Patrick Süskind (né en 1949 en Bavière) est un écrivain et scénariste allemand. Après des études d'histoire et de littérature, il travaille comme scénariste pour la télévision. Il écrit en 1981 La Contrebasse, monologue de théâtre fameux, puis en 1985 publie Le parfum qui le révèle au monde entier.


Mon avis : J'avais envie de faire un peu le ménage de ma bibliothèque et de lire enfin les petits livres que j'achète sur un coup de tête et qui pullulent chez moi et prennent beaucoup trop de place. J'vous le dis, mon coffre à livres est plein et ne ferme plus, les étagères débordent et si ça continue je vais devoir investir les tiroirs de mon armoire (elle a la classe mon armoire ; transpercée de part en part de balles de soldats allemand pendant la seconde guerre mondiale, histoire de voir si un petit résistant lorrain se cacherait pas dedans des fois ... bon OK c'est pas la classe c'est glauque) ou alors séquestrer mon père pour qu'il me fabrique enfin de nouvelles étagères. Mais bref toujours est-il que j'ai pris La contrebasse sans conviction après avoir moyennement aimé Le pigeon mais adoré Le parfum. Et je dois dire que c'est une très agréable surprise !
La contrebasse est en fait le monologue d'un contrebassiste (non, sans rire ?). Au départ il nous vante le merveilleux instrument que c'est, que sans lui aucun orchestre ne peut tenir la route et que de musique il n'y a point sans basse. Il digresse fréquemment en nous parlant de compositeurs que je ne connais pas, passe des morceaux de musiques (je suis d'ailleurs en train en d'écouter quelques uns) puis imperceptiblement change de registre ... il nous parle de la belle soprane Sarah qui n'a pas un regard pour lui mais qui a une voix merveilleuse. Des rivalités qu'il y a dans l'orchestre, de la place si minime dans l'orchestre, de la déconsidération dans lequel il baigne. Et j'ai aimé quand il parlait de Sarah, de son désespoir de ne pouvoir l'approcher, de ne pouvoir l'aimer. Et j'étais d'autant plus touchée que je savais qu'à l'image de la bibliothécaire zinzin de La côte 400, on n'aurait pas le fin mot de l'histoire au bout du texte. C'est d'ailleurs bizarre les ressemblances qu'il y a entre ce texte et celui de Sophie Divry. C'est aussi un monologue, d'une femme seule et qui se sent déconsidérée, qui nous fait une histoire du classement Dewey et qui nous parle ensuite de ce bel usager à qui elle n'ose jamais parler ... C'est même si semblable que je trouve ça gênant ...

Mais bref La contrebasse est un texte vraiment passionnant à lire. Tant pour l'écriture de Patrick Süskind que pour son personnage. On suit avec passion ses digressions, ses élans égotistes, ses cris de coeur pour Sarah et sa solitude. L'auteur maîtrise parfaitement la forme et le fond, tout est magnifiquement orchestré et je suis sûr qu'à voir joué ce serait génial. Surtout qu'apparemment Jacques Villeret l'a incarné (enfin je vois pas trop son physique coller au personnage quand même) ... je me demande si on peut en trouver un DVD quelque part tiens.

En deux mots : Une lecture passionnante que les fan de musique aimeront surement mais que les néophyte comme moi pourront aussi apprécier :)

Traduit de l'allemand par Bernard Lortharly.
Illustration de couverture par Sempé.

Rangé dans Littérature allemande le 1er janvier 2011

Corpus delicti, Un procès, Juli Zeh.

Publié en 2009.
Challenge ABC 2010 - 9ème livre lu.
 

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Corpusdelicti.jpgRésumé : Nous sommes en 2057 et tout est propre. Pour le bien et la santé de tous. l'Etat a instauré la Méthode, qui exige de la population qu'elle se conforme à une série de contrôles et de règles préventives. Mia, une jeune biologiste, ne fait soudain plus de sport et omet d'informer les autorités sur ce qu'elle consomme. On la convoque au tribunal afin qu'elle se justifie. Bientôt soupçonnée de sympathiser avec le groupe Droit à la maladie, auquel appartenait son frère avant de mourir dans des circonstances mystérieuses, Mia glisse peu à peu dans les procédures de la Méthode. Le journaliste de télévision qui s'intéresse à elle et lui donne la possibilité de s'expliquer saura-t-il l'aider ?

L'auteure : Juli Zeh (née en 1974) est une écrivain allemande. Après des études de droit et des voyages, elle écrit son premier roman en 2001, qui a été traduit en 28 langues : L'Aigle et l'ange.

Mon avis : J'étais déjà tenté par ce livre, mais quand j'ai vu l'avis de Fashion, j'ai craqué. Et c'est une très découverte surprise ! Juli Zeh a une magnifique écriture. Travaillée, belle, poétique à sa manière. Une écriture qui veut dire quelque chose, qui ne contente pas de l'utilité mais qui insuffle de la beauté et du sens à ce qu'elle raconte.

Nous sommes en 2057, Mia Holl est une jeune biologiste qui vient de perdre son frère. Celui a été condamné pour un crime qu'il n'a pas commis, Mia en est certaine. Quand celui-ci se suicide en prison, Mia cesse d'effectuer ses devoirs de citoyennes : contrôles médicaux réguliers, exercices journaliers, nourriture saine et variée. En effet la société est gouverné par la Méthode ! La Méthode met la santé de l'être humain au coeur de tout, afin que l'humain justement soit le plus heureux possible. Car sans maladie, comment ne pas être délivré de tout soucis et reconnaissant à un régime qui prend si bien soin de soi ? Les ennuis vont donc commencer à pleuvoir sur Mia qui voudrait simplement pleurer son frère en paix ...

Outre le fait que j'ai trouvé l'écriture de Juli Zeh vraiment magnifique, j'ai adoré l'humour et l'ironie qui jalonne le texte et qui est tout simplement savoureuse. C'est avec l'écriture une dimension supplémentaire au plaisir qu'on prend à lire Corpus delicti (en plus du titre magnifique), et qui est vraiment un élément à part entière. Ce n'est pas simplement le moyen de raconter l'histoire, c'est à elle toute seule, un morceau de beauté et de talent. Si on ajoute à cela un récit intelligent et qui fait réfléchir on obtient une belle réussite qui me donne envie de découvrir plus avant l'oeuvre de l'auteure (surtout Une fille sans qualité). Le récit justement est celui que j'ai déjà présenté, et qui va nous permettre de découvrir avec Mia comment une société qui se dit si évoluée, et si soucieuse de son citoyen, va faire pour préserver son unité, quitte à devenir elle aussi cruelle ... On va ressentir avec Mia, et de très belle et juste manière, la douleur d'avoir perdu son frère, sa souffrance, ses digressions et la façon dont elle ressent à présent la réalité (les passages où elle parle de son absence sont tout simplement magnifiques). Elle qui a toujours adoré la Méthode et prôné qu'elle était ce que la raison pouvait le mieux offrir, va commencer doucement à s'en éloigner et va finir par faire ce que son frère aurait adorer faire, c'est-à-dire aller contre le régime et essayer de changer les choses ... Les chapitres sont courts, quatre ou cinq pages et nous permettent d'avancer dans le texte sans s'en rendre compte :)

Si je me suis délecté de l'écriture de Juli Zeh et que j'ai aimé l'histoire de Mia, puisque je suis friande de récits d'anticipation, je n'ai pas non plus été touchée par la grâce. Certains passages sont un peu longuets à mon gout et la fin, même si elle démontre l'habilité de la Méthode à se protéger elle-même, ne m'a pas plu outre mesure non plus qu'elle n'a dérangé. J'aurais peut-être préféré quelque chose de plus long et de plus développé sur la société régie par la Méthode. Je ne suis pas déçue, ah ça non, mais je ne sais pas ... je pense qu'il faut un peu de recul pour bien appréhender tout ce qu'il nous ai raconté dans Corpus Delicti. Paradoxalement, les jours où je n'ai pas lu Corpus Delicti ont été les jours les plus doux de mon passage dans le monde de la Méthode. J'adorais penser à Mia et à imaginer son monde. Bref je suis ravie :)

En deux mots : Une lecture très agréable grâce à l'écriture parfaite et ironique de Juli Zeh, et son histoire particulière et attachante à sa manière.


~

Traduit de l'allemand par Brigitte Hébert et Jean-Claude Colbus.
Illustration de couverture par Bebdeum.

Rangé dans Littérature allemande le 18 septembre 2010

Lettre à un jeune artiste, Hermann Hesse.

Ecrite en 1949.
 
 
http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/3737100112780medium.jpg


L'auteur : Hermann Hesse (1877-1962) est un écrivain, poète, peintre et essayiste allemand et suisse. Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1946. Après des déboires scolaires, il fuit le collège de Jésuites où l'on veut le faire entrer, de multiples essais de travail (apprentissage dans une horlogerie, la maison d'édition de son père, et enfin une librairie), il publie son premier ouvrage qui intéresse la maison qui lui propose de le publier et  paraît. Ses ouvrages sont interdits d'impression pendant la Seconde Guerre Mondiale et surtout le célèbre Jeu des perles de verre qui lui valu en grande partie de recevoir le Prix Nobel.

Mon avis : J'ai toujours eu un peu peur d'Hermann Hesse ; sans vraiment savoir pourquoi d'ailleurs, seulement le poids du "classique" et du prix Nobel reçu m'intimidait (ce qui est idiot à la base, mais encore plus sachant que j'aime Steinbeck et qu'il l'a reçu aussi ...). Bref bref, une jeune personne de ma classe m'en a parlé avec beaucoup beaucoup de passion, puisqu'il s'agit de son auteur favoris et du coup lorsque j'ai été chez Gibert, j'ai trouvé ce tout petit ouvrage, qui est en fait une lettre et qui m'a permit de m'initier à l'auteur (et ensuite ladite jeune personne va me prêter Siddhartha). Je pense que le parallèle est évident, Lettre à un jeune artiste fait référence et se veut miroir de Lettres à un jeune poète (de Rainer Maria Rilke, que j'ai aussi acheté d'ailleurs), même si Hermann Hesse ne l'a pas voulu ainsi puisque le texte de ce volume en extrait d'un autre qui doit être sa correspondance, mais non traduite en français puisque le titre est donné en allemand ...
Mais je pense qu'on y retrouve sensiblement les mêmes thèmes, puisque un certain J.K., jeune homme, demande après la Seconde Guerre Mondiale à Herman Hesse comment "vivre sa vie". Et Hermann Hesse en quelques pages (le texte doit en fait moins d'une dizaine) lui expose ce qu'il en pense, et qui est si j'en crois la postface ce qu'il développera dans toute son oeuvre. A savoir que l'homme doit se construire lui-même et utiliser au mieux ce qu'on lui a donné à la naissance. Mais sans non plus ne pas à chercher à évoluer ni apprendre.

La langue est très accessible et beaucoup plus "vivante" que ce que j'avais pu imaginer et j'avoue avoir passer un très agréable moment lors de cette lecture et que j'ai abondamment souligné des passages. Ce que dit Hermann Hesse est très intéressant, et correspond, sans que je l'ai jamais formulé ainsi ou avoir été au bout de ce que je pensais, à la façon dont je pense qu'il faille "vivre sa vie" (bon j'utilise cette expression à défaut d'une autre). Je regrette cependant la brièveté de la chose, peut-être aurait-on pu ajouter la lettre originale de J.K. ou bien d'autres lettres du même types d'Hermann Hesse ?

En deux mots : Une agréable découverte et lecture ! Je suis curieuse de lire Siddhartha à présent.

Extraits : "La seule chose qui compte, c'est le fait que chacun de nous est dépositaire d'un héritage et le porteur d'une mission ; chacun de nous a hérité de son père et de sa mère, de ses nombreux ancêtres, de son peuple, de sa langue certaines particularités bonnes ou mauvaises, agréables ou fâcheuses, certains talents et certains défauts, et tout cela mis ensemble fait de nous ce que nous sommes, cette réalité unique dénommée J.K. en ce qui te concerne. Or, cette réalité unique, chacun de nous doit la faire valoir, la vivre jusqu'au bout, la faire parvenir à maturité et finalement la restituer dans un état de perfection plus ou moins avancé."


~

Traduit de l'allemand par Edmond Beaujon.
Illustrations de couverture, et intérieures par Laurent Parienty.

Rangé dans Littérature allemande le 10 septembre 2010

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/9782253136507.jpgL'Etrange Histoire de Peter Schlemihl, Adelbert de Chamisso.

Publié en 1813.


Résumé : Pour avoir vendu son ombre au Diable contre la bourse inépuisable de Fortunatus, Peter Schlemilh va connaître une existence de proscrit. Chacun se détourne avec effroi de ce voyageur fastueux et munificent mais qui n'est plus un homme comme les autres.
Condamné à vivre loin de la lumière pour masquer sa singularité, il tentera sans succès de reprendre son bien à l'Homme Gris ...

L'auteur : Adelbert de Chamisso (1781-1838) est un écrivain, poète et botaniste allemand d'origine française. Il vécu en Allemagne après que sa famille ait fuit la France et les troubles de la Révolution, et plus tard lorsqu'il eut le loisir d'y retourner, préféra rester en Allemagne. Il servit dans l'armée, fut professeur, gardien de jardin botanique et fini par se marier en 1820.

- La lire en ligne -

Mon avis : Je n'avais jamais entendu parler de L'étrange histoire de Peter Schlemihl avant de la trouver en librairie en fouinant un peu du côté des littératures de « l'est ». Il s'agit d'un conte fantastique (enfin je suppose puisque je suis entièrement dénuée de connaissances littéraire) où le héros, Peter Schlemihl vend son ombre au diable contre la bourse de Fortunatus qui confère richesse à qui la possède. Mais il est bien connu qu'un homme sans ombre doit être malheureux à jamais car c'est le signe qu'il a pactisé avec le diable … et le diable reviendra un an plus tard pour que Peter lui vende son âme en échange de son ombre revenue, que choisira-t-il  ?
Il était écrit dans les notes de début de livre qu'il s'agissait d'un conte humoristique qui n'avait écrit que dans cette visée, un peu comme Le château d'Otrante d'Horace Walpole, bien que j'ai pris bien plus de plaisir à lire Walpole que Chamisso.

Je n'ai pas réussi à m'attacher à Peter et ait trouvé que tout arrivait très rapidement ; tout le monde est horrifié par la perte de son ombre et je n'arrivais pas à l'être avec eux, question d'époque et de mœurs je suppose. C'était une lecture rapide qui m'a souvent fait penser aux Souffrances du jeune Werther ou encore au Faust de Goethe (bien que Faust soit quarante fois mieux), pour le premier à cause de la contemplation de la nature qu'aime les héros et l'amour impossible. Faust pour le pacte avec le diable, bien que Peter n'aille pas jusqu'au bout.
J'ai aussi pensé à Frankenstein de Mary Shelley, à cause encore une fois du caractère du narrateur et de sa contemplation de la nature et du réconfort qu'il en retire. Mais comme cela avait été le cas pour Frankenstein, le héros m'a semblé plus plat qu'autre chose.

En deux mots : Une lecture rapide et pas spécialement passionnante, la contemplation béate de la nature ne m'attire pas plus que ça et les turpitudes du héros ne m'ont pas attendries. Une intéressante découverte tout de même, rien que pour comprendre les références qui sont faites au texte dans d'autres oeuvres littéraires.

Ce qu'en pense MeL (qui a aimé !).

Rangé dans Littérature allemande le 29 mai 2010

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