La Cité des jarres, Arnaldur Indridason.

Publié en 2000.


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Résumé : Un cadavre est retrouvé à Reykjavik. L'inspecteur Erlendur est de mauvaise humeur : encore un de ces meurtres typiquement islandais, un " truc bête et méchant " qui fait perdre son temps à la police ... seulement un curieux message est découvert sur le corps de le victime et n'a ni queue ni tête. Erlendur est cependant bien décidé à découvrir le fin mot de l'histoire.

Mon avis : Avant les Nouvelles d'Islande je n'avais jamais lu de littérature islandaise (enfin ce n'est pas tout à fait vrai, j'ai lu la Saga de Gisli Sursson avant, mais ça ne m'avait pas plu), et j'ai donc voulu en découvrir plus. La sortie de La cité des Jarres en format ultra-poche m'a permit de le faire. Mais laissez-moi d'abord vous louer ce format ! Depuis La route mon avis n'a pas changé, cet ultra-poche est giga-pratique. Je peux le lire tranquille dans le métro quand je suis debout, une main accroché quelque part et l'autre tenant délicatement le petit bouquin. Je peux le ranger dans la poche de mon jeen lors d'un changement, et je peux le porter longtemps sans avoir une crampe dans les doigts … le papiers n'est pas trop fin, pas trop peu opacifié, et le rectangle d'empagement pas trop large. C'est top quoi ! Je vais donc allègrement continuer à acheter des bouquins dans ce format, et pourquoi pas Mort à la Fenice la prochaine fois ?

La cité des Jarres est si je l'ai bien compris, le premier roman dans lequel Arnaldur Indridason introduit Erlendur, son héros policier. On découvre alors un homme d'une quarantaine d'année (peut-être un peu plus ?) qui vit dans un petit appartement de Reykjavik et qui n'aime pas se faire la cuisine, ni changer de costume trop souvent … un meurtre a eu lieu dans un quartier de la ville, et sur le cadavre est découvert un étrange message gribouillé. Erlendur peste, il a assez de ces stupides meurtres islandais sans queue ni tête. Mais en filigrane du meurtre de ce vieil homme, un motif bien curieux semble se former. Pourquoi la photo d'une tombe d'enfant est retrouvée chez lui, quelle est cette odeur que dégage son appartement, et pourquoi ce satané message a-t-il été laissé par le meurtrier ?
Parlons des points positifs en premier pour changer. Erlendur est un personnage vraiment attachant. Un peu bourru, mais franchement intègre et sympathique. Il a divorcé de sa femme il y a de nombreuses années et n'a que peu de contact avec ses deux enfants. Sa fille est une junkie qui ne vient le voir que pour lui demander de l'argent et son fils n'est plus en contact avec lui. C'est aussi un policier curieux, qui suit ses intuitions, et déconcerte ses collègues dans la façon dont il mène ses enquêtes. Un point de l'intrigue nous explique qu'une société islandaise a entreprit de cataloguer le matériel génétique de ses habitants afin de pouvoir étudier les maladie génétique ; cela serait plus facile en Islande étant donné le relativement restraint brassage culturel du fait de l'isolement de l'île. Franchement, ça ça m'a beaucoup intéressé ! Tant du point de vue scientifique que humain, seulement, l'écriture d'Arnaldur Indridason m'a laissé de marbre … son traitement des dialogues est pour le moins curieux, ainsi que la présentation longuettes de ses personnages à la suite d'une réplique (est-ce que le metteur en page de chez .2 aurait accolé ces phrases pour gagner de la place ? Ce serait vraiment débile dans le cas). Les souvenirs sont vraiment présentés de manière maladroite à mon goût, trop artificiellement je dirais.

L'enquête ne m'a pas happé. Il n'y avait pas ces petits détails et ce qui me plaît tant dans les polars d'Agatha Christie et Ellery Queen ; je suis vieux jeu, j'aime les chausse-trappe et les indices bien matériel et terre à terre. Les bon vieux whodonit dans les cottage anglais, et les demoiselles en fichus noirs qui résolvent des crimes en buvant du thé. J'aime les séries policières, et les films du même acabit, seulement quand c'est transposé sur papier je ne parviens pas à être intéressée. J'ai déjà dû le dire plusieurs fois dans un cas semblable, mais si j'avais vu le même scénario à la télé, ça m'aurait plu. Sur le papier nada. Ce qui me plaît beaucoup, c'est que j'ai vu que le bouquin avait été adapté en film en 2006 sous le titre de Jar City est qu'il se trouve à ma médiathèque ! Je suis très curieuse de voir ce que ça donne sur écran.
L'intrigue se tient n'ayez crainte et j'ai vu que d'autres lecteurs l'avaient apprécié, mais elle ne m'a procuré la sensation de joie et de triomphe que j'ai en lisant un Christie à la découverte du meurtrier. Pour autant, et comme je l'ai dit plus haut, ça ne m'empêche pas d'avoir envie de lire une autre aventure de policier Islandais, mais peut-être pas tout de suite, peut-être à la bibli. Dans un nouveau .2 ?

En deux mots : J'ai lu ce livre plutôt rapidement et sans ennuie même si je n'ai pas beaucoup accroché à l'enquête. Erlendur est un personnage qu'il me sera agréable de retrouver et je ne rechignerais pas à lire une nouvelle de ses enquêtes.


Traduit de l'islandais par Éric Boury.

Rangé dans Littérature islandaise le 31 mai 2011

Nouvelles d'Islande, Collectif.

Nouvelles publiées à partir de 1984.



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/nouvellesdislandebig.jpgRésumé : Tout là-haut en direction du Groenland, aux confins de l’océan Arctique : l’Islande. Une île de toundra, de vent, de glace, de cent trente volcans et... de sagas. Preuve s’il en est que la nature la plus sauvage et la littérature peuvent faire bon ménage. Longtemps, l’Islande fut un pays parmi les plus pauvres d’Europe. Le développement urbain y étai presque inexistant et la vie culturelle limitée, à l’exception notable de la littérature. À cette singularité s’en es ajoutée une autre : la continuité linguistique de la langue islandaise qui, ayant subi peu de changements et conservé une certaine pureté du fait de l’isolement de l’île, signifie que même aujourd’hui les Islandais peuvent lire sans difficulté leur littérature médiévale. Narrative, étrange, ironique, loufoque, absurde et poétique, cette littérature surprend. Aucune de ces caractéristiques ne manque aux six nouvelles islandaises de ce nouveau recueil de la collection « Miniatures ». Sveinbjörn I. Baldvinsson, Gudrún Eva Mínervudóttir, Magnús Sigurdsson, Gyrdir Elíasson, Thórarinn Eldjárn et Einar Már Gudmundsson témoignent d’un imaginaire propre à ces hommes et femmes qui côtoient les volcans et les grands espaces glacés.

Mon avis : J'aime lire des nouvelles en général, et surtout pour découvrir un auteur, un pays ou une littérature. L'année dernière j'avais eu plaisir à lire Quatre crimes (presque) parfaits de quatre auteurs Suédois, et cette année, ce sont des Islandais qui ouvrent le bal. Je n'avais jamais lu de littérature islandaise, aussi suis-je très contente :D En fait, à chaque fois que je lis de la littérature, suédoise, danoise ou des pays qui viennent du froid comme je les appelle, je vois des paysages magnifiquement blanc (bon j'imagine avec ce que j'ai vu en Norvège et au Danemark, mais ne jaspinons pas là-dessus), et c'est une odeur particulière, un parfum mêlé de noms de lieux et de personnes qui sonnent exotiques à mon oreille de française.

Et j'ai retrouvé cela dans Nouvelles d'Islande. J'ai découvert des lieux aux mythiques noms de Reykjavík, Vatnajökull ou encore Eyjafjöll ; j'ai suivit des personnages curieux et j'ai découvert six auteurs dont je n'avais jamais entendu parler. En premier, j'ai été très attiré par les deux nouvelles suivantes : Les pieds de la libraire et Vous écrivez encore non ? pour des raisons évidentes ce me semble ... et j'ai aimé Les pieds de la libraire, c'est curieux comme je l'aime, ça m'a fait penser à une nouvelle de Supervielle ou encore à Kafka un peu. Mais même si j'ai aimé des éléments, que je l'ai lu sans problème, il a manqué le petit truc qui m'aurait fait afficher un sourire ravie à la fin de ma lecture. Un petit truc ... je ne sais pas. Un truc. Et c'est ce qui est arrivé pour toutes les nouvelles de ce recueil ; je les ai lu sans problème, avec plaisir et intérêt, mais je n'ai pas eu de véritable coup de coeur ou de lecture passionnante. Il y avait toujours des petits éléments çà et là qui m'attiraient, des phrases très belles, des situations drôles, des dialogues décalés et intéressant mais rien de plus :/
Comme si les auteurs restaient toujours en surface sans nous laisser plonger avec eux ; la nouvelle qui m'a le plus fait penser ça était ... (je ne me souviens plus du tire, mais je vous le recopierais ce soir quand j'aurais le bouquin en main) et m'a fait penser aux Origines de N’kunre dans le recueil La femme qui dort d'Ikezawa Natsuki ; une société curieuse qui va subir une révolution, et une société qu'on aimé découvrir, qui est très agréablement décrite, mais... mais il m'a manqué quelque chose (je me répète ? Ah oui bon d'accord j'arrête).

En deux mots : Même si je n'ai pas eu de coup de coeur pendant ma lecture, Nouvelles d'Islande est un ouvrage très plaisant et intéressant à lire. Rien que pour découvrir enfin un échantillon de littérature islandaise ; et puis les ambiances des nouvelles me plaisent, et ces petits histoires vont me trotter dans la tête encore un moment.

Apostille : En fait la post-face ils disent un truc super intéressant : comme l'Islande est un peu isolé comme pays (sisi j'vous assure), la langue n'a pas subit beaucoup de brassage et n'a pas non plus beaucoup évolué depuis le début, ce qui fait que les Islandais peuvent encore lire facilement leurs textes du  Moyen-Âge, ce que je trouve très cool.

Rangé dans Littérature islandaise le 22 avril 2011

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