La bonne fortune de monsieur Ma, Qiu Xiaolong.

Publié en 2010.


 
http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/images.jpgRésumé : « Un soir de l’hiver 1962, des membres de la brigade des affaires spéciales firent irruption dans la cité de la Poussière Rouge pour perquisitionner la librairie de monsieur Ma. Deux ou trois heures plus tard, ils l’emmenaient, menottes au poignet, suivis jusqu’à la rue du Fujian par madame Ma qui pleurait et suppliait. »

Mon avis : J'ai découvert ce petit ouvrage sur le blog de Cécile ; elle a su trouver les mots pour que le jour-même, ou le lendemain je ne me souviens plus, je l'acquiert durant ma pause déjeuner (j'ai la fâcheuse habitude de passer toutes mes moment libres au boulot chez Gibert Jeune). La bonne fortune de monsieur est une courte nouvelle agréable et intéressante à lire.

Le style est non pas aride, mais va droit au but. Un peu comme si une vieille personne de cette cité de la Poussière Rouge nous racontait l'histoire du libraire en plaçant régulièrement des petits dictions qui lui sont habituels. C'est très chinois je dirais. Je n'ai bien sûr rien pour appuyer ma théorie, mais pour avoir parlé quelques chinois et me souvenir d'une réflexion de l'une d'elle comme quoi en français on faisait pleins de fioritures (comme là par exemple), alors qu'en chinois on allait droit au but, j'ai l'impression que la traduction reflète bien le ton et la saveur de l'écriture. C'est une façon particulière de parler des choses... bref c'est un style qui ne m'a pas forcément subjugué même s'il se lit très bien, et présente un certain exotisme (je ne m'exprime vraiment pas bien !). C'est vraiment une chronique qui sur de très courtes 60 pages (le rectangle d'empagement est vraiment riquiqui, un peu comme le format luxe des vieux in-folio) raconte l'histoire du libraire Ma. Parce qu'on a découvert un exemplaire en anglais du Docteur Jivago de Boris Pasternak, il est condamné à trente ans de prison pour activité révolutionnaire ou un truc du même genre. Déjà ça permet de se rendre compte de la bêtise et de la répression du système maoïste et de la révolution culturelle chinoise ; en fait en découvrant que les gens étaient classés en catégorie, qu'il y avait des bulletins d'information officiels, que les objets étaient tous "contrôlés" (genre quand monsieur Ma est envoyé en prison on veut que ses livres aille au centre de recyclage), j'avais l'impression de lire un ouvrage d'anticipation. On a l'impression de découvrir ce que pourrait devenir notre société dans ses romans, alors qu'en fait ça a déjà existé et que ça existe toujours et qu'on s'en rend pas forcément compte ...
C'est agréable à lire parce que ça parle d'une librairie, de la vie simple d'un libraire qui laisse ses clients lire sur place toute la journée sans payer et qui épouse la jeune fille qui s'évanouit chez lui après avoir passé la journée à lire debout un recueil de poésie. D'un client qui a lu tout Sherlock Holmes de cette façon et qui décide de faire comme son mentor pour découvrir pourquoi monsieur Ma a été arrêté. C'est agréable à lire parce que ça permet de découvrir un pays et une Histoire qu'on ne connaît pas forcément en détails (en tout cas pas moi).

En deux mots : Une agréable et rapide lecture. Je lirais bien maintenant la Cité de la Poussière Rouge qui rassemble des chroniques du même type.


Traduit de l'anglais par Fanchita Gonzales Battle.