Twilight, Lily S. Mist.

Publié en 2010.
Prêté par Lisa




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/Twilight1.jpgRésumé : Sur qui peut-on compter pour trouver un sens à sa vie ? Sa famille, Zach l’a perdue depuis qu’il s’est fait chasser de chez lui. Son meilleur ami, il a disparu au moment où il avait le plus besoin de lui. Seul dans un endroit étranger, à chercher la raison de son existence, il va découvrir que certains sont prêts à l’aider : des inconnus, disposés à lui offrir un nouveau départ, et une chance de guérir enfin les blessures de son passé.

Mon avis :
Un peu comme pour Des fleurs pour Algernon, j'ai envie de parler de ce livre, mais je n'y arrive pas. Le brouillard de fin de lecture dont je vais ai déjà parlé semble ne pas vouloir bouger ses fesses et je me retrouve à devoir le chasser à coup de tapette à mouche afin de pouvoir retrouver une cerveau en paix. Je vais tâcher de faire un billet correct.

Quand ce livre est sorti, je n'étais pas du tout tentée à cause du titre. Ben oui, je pensais qu'il s'agissait d'une fanfiction sur Fascination et je n'avais du coup lu ni résumé ni billets. Puis il y a un moment Méloë en a parlé sur son blog et Lisa m'en a touché deux mots, du coup comme elle l'avait chez elle, elle me l'a prêté et j'en suis ravie parce que j'ai vraiment passé une très bonne lecture. Le roman est long, prend son temps et je me rends compte que j'aime vraiment ça, les romans qui prennent leur temps. L'histoire est ainsi, Zach est viré de chez lui par son père violent et homophobe, il n'a pas de famille vers qui se tourner et pas d'amis proches si ce n'est Ben, son meilleur ami qui a déménagé dans une station de ski avec ses parents. Il décide de le rejoindre là-bas, mais une fois sur place il apprend que Ben a de nouveau déménager et il n'a pas un sou pour bouger de là il se trouve.

Je n'ai pas été accrochée dés les premières pages. Cette scène où le père de Zach découvre son fils avec un autre mec est bizarrement brouillon dans la façon dont elle est décrite en plus de l'attitude de Zach ne me convainquait pas. Mais comme j'avais lu une réflexion similaire sur le billet de Méloë j'ai persévéré et j'ai bien fait parce que rapidement j'étais réellement dans le bouquin, peut-être même trop parfois. L'histoire de Zach, ses sentiments, ses réflexions (surtout l'une d'entre elles) ont trouvé échos en moi et j'avais vraiment envie de savoir comment tout aller se terminer. Bon on peu se douter un peu de la chose, mais l'important c'est la façon dont ça se réalise.
Les personnages de l'histoire sont attachants, et on a envie de les connaître plus. Certaines choses ne m'ont pas semblé très crédibles. Beaucoup de câlins tout le temps déjà. Bon ok c'est dans le genre du livre et je ne suis pas une personne qui en fait souvent, du coup quand il y en a ça me fait très bizarre, surtout entre deux mecs qui ne sont que amis. J'ai plus l'habitude de les voir se tapoter la main ou le dos que de se lover dans les bras l'un de l'autre. Mais remarquez je me suis faites la réflexion que si ça avait été deux amies filles je n'aurais pas trouvé ça bizarre, du coup faut que je vire mes préjugés à la con. Tout de même, trop de câlins tue le câlin.
L'écriture de Lily S. Mist est vraiment agréable à lire, maitrisée, soignée. La narration est fluide et on suit Zach sans problème. Seules quelques réflexions et questionnement deviennent redondant au bout d'un moment. J'ai juste eut du mal avec le changement de narrateur, mettre le nom comme ça simplement entre tiret je n'aime pas. Ça fait trop... peut-être qu'avec une autre présentation, ou simplement sans le dire ça m'aurait moins gêné. J'ai par contre beaucoup aimé lire l'anglais de l'auteure, on sent vraiment qu'elle n'a pas foutu des mots comme ça pour faire joli, ça fait sens (c'est grammaticalement juste ; ça change tiens), et pis c'est naturel tout simplement.
Je suis en train de rager parce que je n'arrive pas à mettre des mots sur ce que je ressens, à mettre en avant le factuel et les émotions alors que je voudrais juste vous dire que ce livre ait été un très grand plaisir de lecture pour moi, que je veux l'avoir dans ma bibli. pour pouvoir le relire et que je vous le conseille même s'il n'est pas parfait.

En deux mots : Une très très agréable découverte, un bouquin dont je n'arrive pas à parler mais que je vous conseille très fortement. Et en plus, si vous êtes fauchés comme les blés vous pouvez le lire en ligne sur le site de l'auteure, avec des chapitres en extra non présents dans la version papier.
Par contre j'aurais juste une réflexion. Pourquoi signaler un roman comme gai ou lesbien  ? Est-ce qu'on signale les romans hétéro ? Non parce que c'est la norme, alors en signaler un dans l'autre sens ça me semble simplement renforcer la norme en montrant bien que le bouquin n'y rentre pas. Le procédé me semble légèrement bizarre.


Illustration de couverture par Ziro F.
L'acheter sur The book edition.

Rangé dans Littérature française le 23 août 2012

Rebecca Kean (T.1) : Traquée, Cassandra O'Donnell.

Publié en 2011.




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/9782290032060.jpgRésumé : Burlington, Nouvelle Angleterre. Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des États unis, bref un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement, parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu'il y avait plus de démons, de vampires, de loups-garous et autres prédateurs ici que partout ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n'est pas le genre de renseignements fournis par l'office de tourisme. Maudit soit-il...

Mon avis : Quand le premier volume de cette série est sorti, je n'étais pas tentée du tout. Encore un résumé bof, un héroïne, bref bof. Ensuite j'ai appris que l'auteure était française en fait (Cassandra O'Donnell est un pseudonyme) et lorsque je l'ai rencontré au salon du livre de poche de St Maur, j'ai été conquise parce qu'elle est juste adorable. Et j'aurais préféré à la limite qu'elle ne soit pas si sympa, parce qu'on va dire diplomatiquement que son bouquin ne m'a pas du tout plu.

En commençant de le lire je me dis que quand même, elle pourrait éviter de nous bombarder avec dix informations capitales sur l'univers au paragraphe, mais bon j'ai rongé mon frein en pensant qu'il s'agissait de l'introduction et que par la suite ça se ralentirait pour qu'on puisse tout découvrir à notre rythme, alors qu'en fait non. Pendant tout le bouquin j'ai eu ce sentiments de résumé, de trop de choses, d'un manque de transition. C'est très dommage, parce que dés les premières lignes on découvre une héroïne drôle, caustique, mais malheureusement le trop grand nombre d'incohérences et raccourcis utilisés par l'auteure gâche ce potentiel.
Rebecca est forte, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle censée aussi être impitoyable et torturer à l'envi tout ce qui bouge. Sauf que si parfois on a des scènes de violence d'une grande... violence (et oui), on aussi des scènes où elle fait sa chochotte sans raison. Elle est censée avoir été élevé avec cruauté, mais ne jamais avoir aimé faire souffrir autrui, et ça à la limite ça aurait pu me rapprocher d'elle si ce n'était pas si incohérent. D'une minute à l'autre elle peut passer en mode je suis une tueuse sanguinaire qui bute tout ce qui bouge, à oh mais je ne pouvais pas supporter de le voir le torturer oh mon dieu. Et quand elle est en mode torture, on se demande bien si elle a un cerveau, arracher un globe oculaire ou faire bouffer un gars vivant devant les yeux de sa victime, ok c'est super impressionnant, mais il me semblait qu'une guerrière ayant suivi un apprentissage des méthodes de tortures pourrait trouver quelque chose de bien pire, de plus efficace et de beaucoup plus discret ! Madame est censée passer sous le radar, mais que fait-elle ? Ordonne à sa meilleur copine, garou, de bouffer un gars encore en vie dans une zone pavillonnaire et décrit bien les hurlements qu'il pousse avant de servir de casse-dalle, histoire que les voisins en profitent et appelle la police (« Mais chérie qu'est-ce donc que ces hurlements d'agonie ? – Rien mon cœur, c'est le voisin qui se fait torturer, n'appelons surtout pas la police ») ; ou encore est censée ne pas spécialement utiliser la magie pour éviter qu'on la trouve, mais chaque instant de frustration est susceptible de conduire vers une petite boule de feu, ou explosion ou truc magique impressionnant et inutile. Et à côté de ça, parfois on a juste envie de la secouer quand elle sort ce genre de remarques : « Il-Elle n'allait rien me dire, alors même si j'avais envie de lui arracher la tête je m'en allais ». Elle torture des mecs au petit-dej et parfois alors que ce serait vraiment vitale, elle laisse tomber. Pourquoi ? Parce que l'auteure ne pouvait pas révéler tel ou tel élément à ce moment-ci du roman.

En plus de ces incohérences on en a d'autres qui viennent s'ajouter à la balance. Quand parfois je lis dans un billet livresque que les transitions sont absentes, je me dis, non ce n'est pas possible, un-e auteur-e ne pourrait pas oublier d'écrire quelque chose de vitale à la compréhension de son texte. Eh bien si. Rebecca torture un mec à l'autre bout d'une pièce ? Peu importe la phrase d'après elle est côté des escaliers, sa lame sur la gorge d'un autre sans qu'on sache comment elle est arrivée là. Rebecca sort pour s'isoler avec un type et ils marchent cinq kilomètres en une phrase. On a textuellement : Nous marchâmes cinq kilomètres. Le temps, ce qu'ils sont fait pendant cette marche, le paysage, le lieux ou ils arrivent, pas besoin de le préciser voyons ! Et quand au retour on a : Nous avions une heure de marche devant nous, on se dit ok, ils ont fait le chemin pendant ce temps là côté à côté à l'aller et ça s'est résumé comme ça ?
C'est agaçant, ça fait penser qu'on lit un premier jet qui n'a pas été corrigé (en plus des phrases qui se répètent à l'identique à deux pages d'écart, genre mon titre d'article), et qu'aucun bêta-lecteur n'est passé par là pour voir si la cohérence du truc existait.

Je ne vais détailler tout ce qui m'a déplu, semblé illogique, peu fouillé ou pas crédible parce qu'on en a encore jusqu'à noël sinon. Ce qui est certain c'est que je ne lirais pas la suite et que je suis bien désolée que l'auteure soit si chouette parce que son bouquin ne lui rend pas justice.

En deux mots : Une déception que ce livre. Incohérences, absence de transitions parfois, un personnage et un histoire trop rapide font que je ne lirais pas la suite, et ce, sans regret.
 

Rangé dans Littérature française le 18 août 2012

Holden, mon frère, Fanny Chiarello.

Publié en 2012.




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/9782211208703.jpgRésumé : « Un bon moyen pour moi d'aller ouvertement à la bibliothèque sans risquer ma vie serait de me mettre à parler comme Marine.

Scène 1
KEVIN - Y a quoi à manger ?
LA MÈRE - Des frites.
KEVIN - Cool.

Scène 2
KEVIN - Y a quoi à manger ?
LA MÈRE - Des betteraves.
KEVIN - Trop naze.

Et sous la table, j'écrirais des poèmes. »

Mon avis : Mon regard a été attiré par ce livre à cause, eh bien du livre en couverture ! Visez un peu la mise en abîme les enfants, et ensuite j'ai lu le résumé et hop je l'ai pris sans plus de réflexion (comme dirait l'autre, enfin l'autre c'est moi, enfin vous voyez). J'aime bien ce genre d'histoire où un mec (mec étant mon nouveau mot préféré et signifiant tout un tas de trucs : demoiselle, homme, jeune homme, enfant, madame, hamster, etc.) découvre la vie grâce à des livres et nous parle de l'émerveillement qu'il a de lire. Il y a le très joli Momo, petit prince des bleuets de Yaël Hassan ou encore La tête en friche de Marie-Sabine Roger sur le même sujet et j'étais curieuse de voir ce que ça pouvait donner ici, sauf que même si j'ai été émue par sa découverte des livres je n'ai pas été convaincue convaincue. Peut-être parce justement j'ai déjà lus un certain nombre de livres sur le sujet (ou regardé douze mille fois Le cercle des poètes disparus) je n'ai pas été autant emporté par le livre que j'aurais pu le souhaiter. L'évolution de Kévin est vraiment rapide. En une semaine il passe du statut de cancre à mec hyper intelligent qui parle comme un immortel (ceux de l'académie française, pas ceux qui sirote du O négatif ; enfin ils le font peut-être pour ce que j'en sais), et sur les dernières pages c'est vraiment lourd, pas du tout réaliste. sa façon de parler est par trop compassé et pas logique quand on sait qu'il a quatorze ans.
En plus de l'évolution un peu rapide du gamin on a la narration qui ne semble pas du tout faite par un type qui n'avais jamais lu de livres avant L'attrape-cœurs ; il y a des phrases vraiment très fortiches, très belles, mais trop compliquées et élaborées pour avoir réellement étaient faire par Kévin. L'auteure aurait tout décrit à la troisième personne ça serait très bien passé, mais là ça me semble juste totalement farfelu. On aurait pu avoir un truc beau mais en rapport avec l'âge du personnage comme avec L'attrape-cœurs justement ou encore voir l'évolution de sa façon de penser comme dans Des fleurs pour Algernon.
Et pis je suis un peu agacée que à chaque fois qu'on fait découvrir la littérature à des gens qui n'ont jamais lu dans des livres; on leur présente des classiques et montre quand ça les rend hyper malin itou. Comme s'ils ne pouvaient pas lire de polar, de science-fiction ou simplement de littérature jeunesse (et vu l'âge du narrateur ça aurait été très probable que de lui faire lire ça, mais bon nom on lit Salinger et Carson MacCullers ; je n'ai rien contre eux, on contraire, mais un peu de variété que diable !) et que ça les rend tout aussi malins et poètes.

En deux mots : Un poil déçue par cette lecture et l'invraisemblance de l'élaboration de la narration. Mais bon je le conseille tout de même au gens qui aime les histoires de livre dans les livres et qu'on parle de lecture. Je suis tentée par d'autres romans de Fanny Chiarello, publié aux éditions de L'olivier je crois.


Illustration de couverture par Séverin Millet.

Rangé dans Littérature française le 13 août 2012

Les étoiles de Noss Head (T.1) : Vertige, Sophie Jomain.

Publié une première fois en 2010,
éditions revue et augmentée en 2012.


 
 
http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/leset10.jpgRésumé : Hannah, bientôt dix-huit ans, était loin d’imaginer que sa vie prendrait un tel tournant. Ses vacances tant redoutées à Wick vont finalement se transformer en véritable conte de fée puis en cauchemar. Sa petite vie tranquille, ses idées bien arrêtées, ses projets… tout va changer, brutalement. Elle devra affronter l’inimaginable, car les légendes n’en sont pas toujours.

Mon avis : À vrai dire, je n'étais pas très tentée par ce bouquin quand on en parlait beaucoup sur la blogosphère. Le résumé ne me parlait pas, et puis ne trouvant pas le livre en librairie, je ne l'avais jamais feuilleté pour voir ce que cela pouvait donner. Cependant la semaine passée j'ai repéré les trois premiers volumes (y en aura-t-il d'autres ?) de cette série chez mon libraire de lives neuf Hisler Even, et j'ai eu envie de tester. Bon ce n'est pas un coup de coeur, ç'en est quand même loin, mais tout de même j'ai passé une lecture agréable et je veux lire la suite.

On va commencer tout de suite par ce qui m'a chiffoné pour terminer par ce qui m'a plu. Bon (sors son petit carnet de notes), au début de ma lecture j'ai vraiment eu beaucoup de mal avec le champ lexical de la narratrice (depuis que j'ai appris ce mot au collège j'adore l'utiliser). C'est une jeune fille de dix-huit ans, censé parler comme des jeunes filles de dix-huit ans, mais parfois elle a des expressions et du vocabulaire complètement hors de propos. Genre pépète elle est en bateau et voit une baleine au loin, que dit-elle : « Ciel, un cétacé ! » Un cétacé, franchement vous diriez un cétacé vous ? Ou alors un ami à elle veut décrire le mec louche et sexy que Hannah a repéré et il lui dit quoi ? « Il a des possiblités psychiques anormales » Un mec de dix-huit ans qui sort un truc pareil ? Ce problème de de décalage dans le vocabulaire se poursuit dans tout l'ouvrage, bien qu'il ne m'ait plus autant géné une fois prise dans le texte.
Deuxième incohérence, Hannah, notre héroïne est censée avoir dix-huit ans, mais ses réactions font vraiment beaucoup penser qu'elle en a quinze. Elle ne connaît absolument rien à l'acool, aux garçons... elle est affligeante de naïveté et de puérilité. Le mythe de l'héroïne innocente en somme que son prince charmant va éduquer. Elle écrit des mails à sa copine, mais sur un téléphone et qu'arrive-t-elle à écrire ? Des pages et des pages correctement orthographiées, ponctuées, et même signées. Bon dieu vous signez un e-mail envoyé sur votre téléphone vous ? Et surtout envoyé à votre meilleure amie ? La mise en forme fait plutôt penser à celle de lettres papier et c'est une incoéhrence qui m'a fait tiquer pendant tout l'ouvrage. Incohérence doublé du ton très jeunesse de ses lettres, elle semble réellement avoir quinze ans avec les propos qu'elle tient. Et ça se ressent très bien quand en fin d'ouvrage on lit une réelle lettre écrite à la main, qui est très bien dans son genre, mais qui du coup fait passer les prétendus e-mail pour des trucs louches.

Ensuite, je dirais que la structure du roman, dans une certaine mesure, est très clasique des romans de youg-adult d'il y a quelques années. Une héroïne godiche déménage, rencontre un type sexy, et mystérieusement tombe sur un livre/site internet/savant qui lui explique toutes les particularités des différentes races surnaturelles. Ce côté très didactique avec la lecture de l'ouvrage de vulgarisation m'a agacé et paru peu crédible. Comme si l'héroïne n'avait jamais ouvert un livre de conte de sa vie. Je ne suis pas fan des grandes descriptions de races et de particularités particulières, j'aime découvrir tout petit à petit, que ce soit suggéré, pas assené en forme de commentaire composé en trois parties avec introduction et conclusion.
L'histoire des âmes soeurs ensuite... je ne trouve pas ça crédible, ou plutôt, ça ne me fait pas rêver. Des âmes soeurs à la Cathy et à la Heathcliff ok, mais de grandes déclarations sur les tourments de l'amour après trois jours de rencontre et des remarques du style « Mais ne nous voilions pas laface, je savais que j'étais incapable de le quitter, je l'aimais tellement ! », ça ne me fait ni chaud ni froid, ça me donne juste envie de ricaner.
Ce qui ne m'a pas fait rêver non plus la plupart du temps, c'est l'attitude de Leath. Ce n'est pas le genre de héros qui me fait vibrer (les longues descriptions pour expliquer à quel point il est sexy non plus), il est trop moqueur, trop... je ne sais pas, je n'ai pas aimé sa relation avec Hannah. Et ses remarques du style « c'est bien un truc de fille ça » m'ont vite tappé sur le système. Oui, sa relation avec Hanah est par trop normée. Hannah est frèle, rougit souvent, est béate devant ce mec sexy et sûr de lui, riche, intelligent, entreprenant, mais aussi gentleman et vaguement macho. Hannah est l'archétype de l'héroïne qui attend que ça se passe, que le mec l'embrasse (elle, prendre les devants ?), elle se fait ouvrir la porte, ne pose pas de questions quand on lui fait une rebuffade (pas tout le temps, mais la pluaprt du temps j'avais envie de lui secouer les orteils. Ce qui est très normée aussi c'est la famille de l'héroïne, le père boude quand il se rend compte qu'elle a un copain, la mère et la grand-mère sont compréhensives.

Mais bon, je vous l'ai annoncé en début de billet, j'ai quand même passé une petite lecture plutot agréable et j'ai aimé certaines choses. Premièrement le cadre ! L'Écosse, la pluie, les bocages et les moutons ça change de New York et de la Floride, en plus l'auteure s'en sort très bien pour décrire la vie dans le pays, et je n'ai pas relevé de maladresse particulière, on y croit et c'est chouette. J'ai aimé qu'il y ait un phare dans l'histoire, il m'en faut peu je sais (et j'ai aimé ce phare sur la couverture ; j'ai aimé la couverture tout court en fait, en sobriété et en bon gout).
Même si l'histoire d'amour entre Hannah et Leith ne m'a pas fait chavirer, j'ai quand même senti mon petit coeur s'emballer parfois et ça fait du bien. Certaines situations peu communes ou dénouement intéressants ont fait remonter ce que je pensais du bouquin. J'ai également aimé l'écriture de Sophie Jomain, malgré les maladresses et incohérences relevées plus tôt. Hannah est drôle, ses parenthèses et ses remarques personnelles rythment bien la lecture et on ne s'ennuie pas en lisant (même si les grands élans du coeur je les ai sauté au bout d'un moment, parce que le coup du spasme abyssale d'amour ou de douleur, je ne sais pas plus, ça me passe au dessus de la tête).
Je suis curieuse de lire la suite à cause du cadre qu'elle aura, une vieille université, la promesse de rencontre d'autres créatures surnaturelles (ça me fait penser en bien à A discovery of witches - Le livre des sortilèges perdus), et puis la lecture a été plaisante et délassante même si j'ai quand même grincé des dents.

En deux mots : Une découverte plutôt sympathique, bon c'est pas non plus ma révélation de l'univers, et certains trucs m'ont franchement agaçé comme la relation beaucoup trop normée entre Hannah et Leath ou la lenteur de la comprenette de celle-ci, mais j'irais me procurer la suite à ma librairie avec plaisir (je viens d'ailleurs de commander deux autres titres sur la librairie en ligne des éditions, j'ai hâte de recevoir tout ça !).


Illustration de couverture par Sylvie Saint-Lager.
Publié chez
Rebelle éditions, collection Lune de Sang.

Rangé dans Littérature française le 8 août 2012

Les déferlantes, Claudie Gallay.

Publié en 2008.



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/9782290024874.jpgRésumé : La Hague... Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu'il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout du monde en pointe de Cotentin vit une poignée d'hommes. C'est sur cette terre âpre que la narratrice est venue se réfugier depuis l'automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu'elle voit Lambert, c'est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d'un certain Michel. D'autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l'ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L'histoire de Lambert intrigue la narratrice et l'homme l'attire. En veut-il à la mer ou bien aux hommes ? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.

Mon avis : Quand ce bouquin est sorti, ça a été un gros succès. Un succès inattendu apparemment puisque les éditions de la Rouergue ne sont pas forcément hyper connues du grand public même s'ils publient pas mal de bons auteurs (et du coup c'est Actes Sud qui a récupéré Claudie Gallay après, on se demande pourquoi), et que le volume est épais et qu'il n'avait de grosse couverture médiatique (comme quoi parfois des gens lisent encore, n'en déplaisent aux extinctionistes de tout bord). Le sujet ne m'intéressait pas plus que ça, et qu'on en parle trop, non plus. Je l'avais oublié quand je suis tombée sur un volume neuf chez Emmaüs pour un prix ridicule, je me suis laissée tenter et j'ai bien fait, parce que même si je ne suis pas en admiration béate devant ce roman je l'ai dévoré et c'était chouette.

La première chose que j'ai apprécié, c'est de me plonger dans un roman ample, long, mais qui n'est pas rempli de péripéties à tout va. Ou tout du moins pas celles qu'on attendre en général. J'ai aimé retrouver une plume contemporaine maîtrisée. Qui nous offre des phrases juste parce qu'elles sont belles et qu'elles vont avec la mer, le vent, la narratrice. J'ai aimé ne pas connaître le prénom de la narratrice. Après tout, elle parle à quelqu'un qui l'a connait pour raconter ce qu'il lui arrive, pourquoi se présenterait-elle ? Et avant de lire quelques chroniques sur le sujet qui en parlaient, je n'avais même pas remarqué qu'on ne le connaissait pas.
Le roman est plutôt épais, mais les chapitres sont courts et nombreux. Ils rythment le récit et font qu'on ne voit pas les pages défiler. Il m'a fait penser à L'étranger un peu, dans cet effleurement de la narratrice et de ses sentiments. Peut-être un peu trop d'effleurement en fait, mais au final c'est ce qui est beau dans ce roman et qui a fait frémir mon p'tit cœur.
Cependant, quitte à effleurer seulement, à raconter en creux l'histoire de cette femme, j'aurais aimé que l'auteure n'insiste pas tant parfois sur l'intrigue du bouquin, le petit mystère qui suit la narratrice jusqu'à la fin. Et au demeurant ce mystère est intéressant à découvrir, j'ai même été contente d’échafauder des théories, mais le fait qu'elle expose autant la chose à un moment, m'a gâché mon plaisir, m'a fait trouver la chose trop convenue.
Quelques jours après ma lecture, en y pensant, je suis encore sous le charme (encore heureux tiens !) et même si ça n'a pas été un coup de cœur, je suis contente d'avoir découvert ce roman singulier et beau.

En deux mots : Une très agréable découverte. Ce long roman est rythmé, l'écriture est très belle, et les paysages à couper le souffle.

Rangé dans Littérature française le 17 juillet 2012

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