L’Amie de Madame Maigret, Georges Simenon.

Publié en 1950.




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/AMIEMADAMEMAIGRET.jpgRésumé : « La poule était sur le feu, avec une belle carotte rouge, un gros oignon et un bouquet de persil dont les queues dépassaient. Mme Maigret se pencha pour s'assurer que le gaz, au plus bas, ne risquait pas de s'éteindre. Puis elle ferma les fenêtres, sauf celle de la chambre à coucher, se demanda si elle n'avait rien oublié, jeta un coup d’œil vers la glace et, satisfaite, sortit de l'appartement, ferma la porte à clef et mis la clef dans son sec. »

Mon avis : Je me souviens que mon prof de français en 5e nous parlait de Maigret ; de sa collection de pipes. Je n’étais pas tentée d’en découvrir plus, les quelques bouts d’épisodes de série adaptés des bouquins m’avaient semblé glauques, lents et ennuyeux. Puis l’année dernière Méloë m’a offert L’affaire Saint-Fiacre, que j’ai plutôt bien aimé sans que ce soit ma révolution mystique de l’année. Cependant j’étais tenté d’en lire plus et quand j’ai déniché ce titre chez Emmaüs il y a plusieurs mois, je n’ai pas hésité à le prendre. Et si encore une fois il ne s’agit pas d’un coup de cœur – qui n’est tout de même pas passé loin – j’ai vraiment apprécié ma lecture.
C’est surement la nostalgie qui joue, mais j’ai été contente de lire une histoire qui se passe dans des lieux de Paris que je connais, mais métamorphosé par les années. Rien de tel qu’un roman policier d’époque pour apprécier une culture, des gens, des manies. Parce que l’auteur connait ce dont il parle, on voit très bien les crèmeries, les cafés, les policiers au Quai des orfèvres qui courent la ville faire des recherches fastidieuses fumant comme des pompiers et commandant des demis au déjeuner. La reconstitution de l’époque est vraiment passionnante à observer, et les rappels des différences avec les premières enquêtes de Maigret donne envie d’en lire des plus anciennes afin de voir l’évolution des méthodes policières.

J'ai plus apprécié Maigret que dans L’affaire Saint-Fiacre, on apprend à mieux le connaître avec son épouse, avec ses manies et ce qu’il fait pour entretenir son personnage. J’ai notamment beaucoup aimé quand après avoir lu l’article de journaux parlant de Madame Maigret il se passe cette scène au Quai des orfèvres : « A leurs sourires, on voyait qu’ils avaient tous lus l’article du matin ; à nouveau, et, toujours pour leur faire plaisir, il se montra grognon. » Que Maigret joue ce rôle pour faire plaisir à ses collègues, pour coller à celui qu’ils voudraient lui voir jouer, me plaît particulièrement.
L’écriture de Simenon m’a aussi plu. Elle est fluide et amusante. Certaines scènes, remarques prêtes à sourire et c’est tout simplement agréable à lire. On ne s’ennuie pas tout simplement, même si l’intrigue n’est pas celle d’un thriller qui bougerait tout le temps, on lit avec plaisir. Cependant voilà mon point négatif, après avoir lu un peu plus d’une centaine de pages d’enquête lente, de passer à une résolution bouclée en quelques pages, et pas forcément hyper claire, m’a déçue. C’est très alambiqué, très compliqué pour être expliqué si rapidement. Et si l’aspect glauque de la résolution est chouette, et tranche par rapport à ce que je pensais (c’est à la hauteur d’un épisode des Experts dans les détails sanglants), elle n’est pas assez mise en avant trouvè-je.

En deux mots : Une lecture vraiment agréable ! J’ai beaucoup apprécié de retrouver Maigret et le Paris de 1950, et si la résolution trop rapide de l’enquête m’a déplu, je sais que je lirais d’autres enquêtes de Simenon.



•> L’affaire Saint-Fiacre

Rangé dans Littérature belge le 21 juillet 2012

L'affaire Saint-Fiacre, Georges Simenon.

Publié en 1931.




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/couv10573526.jpgRésumé : Un grattement timide à la porte ; le bruit d'un objet posé sur le plancher ; une voix furtive : « Il est cinq heures et demie ! Le premier coup de la messe vient de sonner… »
Maigret fit grincer le sommier du lit en se soulevant sur les coudes et tandis qu'il regardait avec étonnement la lucarne percée dans le toit en pente, la voix reprit : « Est-ce que vous communiez ? »
Maintenant, le commissaire Maigret était debout, les pieds nus sur le plancher glacial. Il marcha vers la porte qui fermait à l'aide d'une ficelle enroulée à deux clous. Il y eut des pas qui fuyaient, et, quand il fut dans le couloir, il eut juste le temps d'apercevoir une silhouette de femme en camisole et en jupon blanc. Alors il ramassa le broc d'eau chaude que Marie Tatin lui avait apporté, ferma sa porte, chercha un bout de miroir devant lequel se raser.

Mon avis : C'est Méloë qui m'a offert ce livre lors de notre rencontre jeudi dernier (parmi tout un tas d'autres d'ailleurs ; que je présenterais déjà que j'aurais retrouvé mon câble de téléphone) ; en effet elle s'est souvenue que nous avions parlé sur Caprices et que je voulais découvrir cet auteur. Aussitôt dit, aussitôt fait je me suis retrouvée avec L'affaire Saint-Fiacre et je dois avouer que je suis plutôt charmée par l'univers de Georges Simenon. La série télé de Maigret ne m'avais jamais beaucoup inspiré, aussi ne pensais-je pas excessivement aimer ses aventures sur le papier, hors j'ai passé un bon moment avec le commissaire.
Posons d'abord l'intrigue, Maigret reçoit à Paris un étrange billet signalant qu'une personne mourra dans un petit village lors de la première messe du Jour des Morts. Intrigué parce que l'action se situe là où il est né, le commissaire se rend sur place ne croyant pas vraiment au billet. Cependant quand à la fin de la messe la comtesse, que personne n'a approché est retrouvée morte, Maigret n'en croit pas ses yeux...

J'ai aimé ce roman pour plusieurs raisons. Déjà pour la façon dont Simenon parviens à esquisser l'ambiance des années 30. Dans les romans de Maurice Leblanc par exemple je n'avais pas l'impression de vivre la période décrite, alors qu'ici, de simples évocations, des souvenirs de Maigret nous permettent de nous dresser une joli tableau mental du paysage. Ensuite parce que le commissaire nous devient tout de suite sympathique en se souvenant de son enfance en tant que fils du régisseur du château de la comtesse. C'est ensuit un personnage de détective différent de mes habituels Maigret, Holmes et cie. Le commissaire est disons... doux, je n'ajouterais pas gentil, mais sa façon d'être me plaît (et est d'ailleurs très bien décrite dans Les grands détectives n'ont pas froids aux yeux de Kyôtarô Nishimura). Il est aussi du genre chevalier et noblesse d'âme et d'action. La manière dont il décrit le comte, comment il a un genre de tendresse pour lui, sa réaction à la fin, son humour (quoique sa blague à Marie Tatin en cours de romans m'a paru un peu trop "vulgaire"), tout va dans ce sens. Il reste d'ailleurs enquêter sur la mort de la comtesse même quand cela ne semble pas relever de la police.
J'ai aussi et surtout aimé la fin du roman, sa résolution. La mise en scène élaboré pour le personnage pour confondre le coupable, l'atmosphère qu'il instille, son jeu, sa noblesse a lui aussi font de tout cela un très joli tableau qui a remonter mon avis sur le roman. Non pas qu'avant je me sois ennuyée, surtout avec les points positifs que je vous ai détaillé plus haut, mais l'enquête n'était pas haletante non plus et il m'a semblé que l'écriture de Simenon ne se posait pas. Pratiquement pas de descriptions ou de narration "externe" très poussée. On suit l'histoire comme on pourrait suivre un film et toute les remarques sont très visuelles. Beaucoup de paragraphes ou phrases commencent par "et", on a pleins de points d'exclamations. Cela dit l'écriture de Simenon a des qualités ; ses remarques drôles, le récit des souvenirs de Maigret, des phrases très bien formulées comme par exemple : " Il n'avait pas l'air de lui en vouloir. Seulement de le mépriser profondément. "

En deux mots : Une agréable découverte de Maigret et Simenon. Je tenterais avec plaisir une autre de ses aventures. Encore merci Méloë pour la découverte.

Apostille : Ce qui m'a aussi beaucoup plu (et que j'ai oublié d'écrire en faisant mon article hier à une heure du matin...) c'est que Simenon parle de l'imprimerie ; en effet pour une raison que je ne vous dévoilerais pas pour ne pas gâcher votre surprise de lecture, il est question d'une feuille imprimée et l'auteur utiliser le vocabulaire ad hoc avec naturel et sans faire de bourde. On parle de linotype, rotative et caractères au plomb ; bref j'étais au paradis.


•> L'Amie de Madame Maigret

Rangé dans Littérature belge le 29 août 2011

Sherlock Holmes revient, André-Paul Duchâteau.

Publié en 1996.
Emprunt Bibliothèque


 
http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/Sanstitre-copie-1.jpgRésumé : La belle Janet Fields, comédienne de son état, a reçu un message lui annonçant qu'elle sera assassinée en cours de représentation. Mais Sherlock Holmes aime trop l'art pour permettre ce sacrilège ...

L'auteur : Andre-Paul Duchâteau (né en 1925) est un écrivain, scénariste de BD belge.

Mon avis : J'avais plus qu'envie de me replonger dans l'ambiance de Sherlock Holmes après le film (qui je le redis est magistral, et ce sera encore mieux quand j'aurais les OST), et il se trouve que j'avais emprunté ce petit pastiche de nouvelles à la bibli. aussi n'a-t-il pas fait long feu.
Commençons pas les points négatifs : début de la première nouvelle (les quatre du livre étant plus ou moins liées entres elles) avec un développement à la Dupin (cf. Poe et Double assassinat dans la rue Morgue) qui est assez déplacée si l'on considère la remarque de Holmes au début d'Une étude en rouge : "Vous pensez sans doute me faire un compliment en me comparant à Dupin ? dit-il. Eh bien, à mon avis, Dupin était un type tout à fait inférieur ! Sa façon d'interrompre les réflexions de ses amis par une remarque au bout d'un quart d'heure de silence, relève du théâtre, de l'artifice.", et l'auteur s'amuse à répéter cela rien que deux fois dans le livre. Mais passons, il y a également moult coquilles dans le texte, traits de dialogues oubliés, points d'exclamations placés un peu n'importe où.
Les mystères à élucider ne sont pas extrêmement compliqués - toutefois plaisants à lire - et les interventions de Raffles (l'Arsène Lupin britannique, dont les aventures ont été écrites avant son homologue français et par le beau-frère de Conan Doyle) sont plaisantes et nouvelles pour moi. Même si parfois tout était un peu trop rapide dans cet affrontement Holmes/Rafles et pas trop trop crédible.. Ce qui me fait penser qu'il faut que je lise les aventures de Raffles avant qu'il ne soit trop tard.
Puisque nous sommes dans un pastiche, tout est permit. Certes, certes. Les caractères du duo n'est donc pas entièrement canonique, et leurs réactions sont exagérés. Ce qui est drôle est la façon dont Holmes se moque du penchant pour les jolies jeunes ladies, mais ce qui l'est moins c'est la manie qu'on les auteurs de pastiches de rendre Watson plus bête qu'il ne l'est (déjà un peu...). Encore un bon point pour aller voir le film, où Watson n'a rien d'un épouvantail demeuré.

En deux mots : Une lecture agréable, si l'on passe outre les coquilles et des fautes de gouts dans la personnalité de Watson et le texte.


Rangé dans Littérature belge le 8 février 2010

Ni d'Eve ni d'Adam, Amélie Nothomb.

Publié en 2007.
Relecture


 
http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/amnoth.jpgRésumé : « - Sais-tu que sur la croix du supplice, les Romains avaient inscrit, au-dessus de Jésus, INRI ? A une lettre près, c'est ton nom.
Et je lui expliquai l'acronyme. Je parvins à l'intéresser.
- Pourquoi ai-je une lettre de plus ? demanda-t-il.
- Peut-être parce que tu n'es pas le Christ, suggérai-je.
- Ou alors le Christ avait une initiale de plus. Le R du début pourrait être celui de rônin.
- Connais-tu beaucoup d'expressions qui mêlent le japonais au latin ? demandai-je avec ironie.
- Si le Christ revenait aujourd'hui, il ne se contenterait pas de parler une seule langue.
- Oui, mais il ne parlerait pas latin.
- Pourquoi pas. Il mélangerait les époques.
- Et tu trouves que ce serait rônin ?
- A fond. Surtout quand il est crucifié et qu'il dit "Pourquoi m'as-tu abandonné ?" Phrase digne d'un samouraï sans maître.
- Tu t'y connais. Tu as lu la Bible ?
- Non. C'était dans le livre
Comment devenir Templier.
Ce titre me donna à penser que j'étais arrivée à temps.
- Il y a un livre nippon qui s'intitule comme ça ?
- Oui. Tu m'as ouvert les yeux. Je suis le samouraï Jésus.
- En quoi ressembles-tu au Christ?
- Nous verrons bien. Je n'ai que vingt et un ans.
Cette conclusion qui lui laissait le champ libre m'amusa. »

L'auteure : Fabienne Nothomb (née en 1967 en Belgique) de son vrai prénom est une écrivain belge de langue française, à publié de nombreux romans depuis 1992, date de publication de son très célèbre Hygiène de l'assassin, et depuis c'est au rythme d'un livre par an qu'elle nous régale.


Mon avis : Je n'avais jamais relu ce livre, et allez savoir pourquoi, hier j'ai pensé à la couverture et j'ai eu envie de le faire (peut-être à cause de mes nouvelles lunettes vertes !). Et je ne sais pas si cela va devenir une constante mais j'ai trouvé ce livre très drôle. Les réflexions d'Amélie, les frasques de Rinri, les remarques sur les Japonais, tout ! J'ai toujours préféré les fictions d'Amélie Nothomb à ses "autobiographies", mais puisque j'aime l'auteure lire ce qu'a été sa vie comble ma curiosité naturelle, un peu comme pour Pennac par exemple. J'ai adoré découvrir des petits détails, qui s'ils ne m'avaient pas échappé à ma première lecture ne m'avaient laissé aucun souvenir. Ce que j'aime en plus c'est qu'on voit que l'auteur commence à écrire, et qu'elle nous parle de comment est né Hygiène de l'assassin. Ce que j'ai trouvé très fort également c'est la fin de l'ouvrage, elle rentre en Belgique et là le registre change. C'est plus "dramatique" et cela parvient à son apothéose quand elle revoit Rinri au Japon. Je ne m'amuserais pas à jouer les psychologues de bazar, mais j'ai trouvé cela très instructif quant à la personnalité de l'auteure. Certains passage m'ont fait penser à Park Life de Suichi Yoshida ; et ce que j'ai surtout aimé c'est un roman japonais écrit par une francophone. L'ambiance du Japon aimé et la voix d'une "européenne" (bien que ce soit assez réducteur comme remarque).
Ce que j'ai trouvé très fort c'est que quand on a lu Stupeur et Tremblements, rien de cette vie "parallèle" n'a filtré et la surprise est complète quand on découvre les "aventures" d'Amélie Nothomb. J'aime qu'elle ait su se focaliser sur un thème en particulier dans chacun de ses livres et de ne pas déborder sur les autres éléments de sa vie à ce moment là.

En deux mots : Une agréable relecture.

Rangé dans Littérature belge le 22 décembre 2009

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/931609gf.jpgJournal d'Hirondelle, Amélie Nothomb.

Publié en 2006.
Re-relecture

Résumé : « On se réveille dans l'obscurité sans plus rien savoir. Où est-on, que se passe-t-il ? L'espace d'un instant, on a tout oublié. On ignore si l'on est enfant ou adulte, homme ou femme, coupable ou innocent. Ces ténèbres sont-elles celles de la nuit ou d'un cachot ?
On sait seulement ceci, avec d'autant plus d'acuité que c'est le seul bagage : on est vivant. On ne l'a jamais tant été : on n'est que vivant. En quoi consiste la vie en cette fraction de seconde où l'on a le rare privilège de ne pas avoir d'identité ?
En ceci : on a peur.

Or, il n'est pas de liberté plus grande que cette courte amnésie de l'éveil. On est un bébé qui connaît le langage. On peut mettre un mot sur la découverte innommée de notre naissance : on est propulsée dans la terreur du vivant. [...]
Et puis les souvenirs réintègrent le corps en un éclair et lui rendent ce qui lui tient lieu d'âme. On est rassuré et déçu : on est donc cela, on n'est donc que cela. [...]
Sous-jacente, l'angoisse poursuit son travail de sape. On ne peut complètement bâillonner son discours. Tu crois que tu t'appelles machin, que ton métier consiste à faire ce et ça mais, au réveil, rien de cela n'existait. C'est peut-être que cela n'existe pas. »

L'auteur : Fabienne Nothomb (née en 1967 en Belgique) de son vrai prénom est une écrivain belge de langue française, à publié de nombreux romans depuis 1992, date de publication de son très célèbre Hygiène de l'assassin, et depuis c'est au rythme d'un livre par an qu'elle nous régale.

- Le fait du prince •
Le Voyage d'hiverNi d'Eve ni d'Adam -

Mon avis : Je ne sais pas pourquoi j'ai tiré cet exemplaire de ma bibliothèque. Mais j'ai relu la première page (si admirable est qui en fait le résumé que j'ai posé ici) et j'ai tout de suite pensé à mes cauchemars ; tout cela dit si parfaitement, si magnifiquement m'a donné envie de relire ce livre. J'ai recherché sur mes registres pour voir combien de fois je l'avais lu et il apparaît que ce n'est que la troisième fois aujourd'hui. Contrairement au Voyage d'hiver, avec le même nombre de pages, tout est dit. Mais je ne sais pas pourquoi, cette fois, j'ai trouvé le texte d'une drôlerie et d'un humour exceptionnel. Les dialogues entre Youri et Urbain m'ont tous fait sourire, et les réflexions d'Urbain même m'ont ravi. Mais le sommet a été atteint quand je suis tombée sur ce passage : "Aucune caméra. Cette curieuse prison ne manquait pas d'intimité. Combien d'homme étaient morts ici ? Le ciment du sol me paru frais. Sa surélévation par rapport au couloir laissait rêveur quant aux motifs de ces récents terrassements. J'imaginai un genre de clafoutis aux cadavres.Le début de passage est banal certes, mais la fin, ce clafoutis m'a tout simplement fait rire. Imaginer ce clafoutis, bref ...
A la lumière de cette relecture j'ai découvert une autre image de ce livre ; de l'humour, de la coquetterie chez Urbain qui se fabrique des manières de tueurs sophistiqué pour la beauté du geste.

En deux mots : Une agréable re-relecture.

Extrait : « - Je suis ton père. Tu ne vas pas tuer ton père.
- Ça s'appelle un parricide. Si ça porte un nom, c'est que ça existe.
- Tuer son père pour un journal intime !
- Il n'y a pas de mot pour la violation d'un journal. Ça prouve que c'est plus grave? C'est innommable.
- En plus, ce que tu as écrit n'a rien de compromettant.
- Comment ! Tu l'as lu ?
- Forcément. Sinon, pourquoi l'aurais-je emporté ?
C'en fut trop pour elle. Elle vida le chargeur. Le ministre, stupéfait, glissa dans l'eau, mort. »

Rangé dans Littérature belge le 20 décembre 2009

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