Divergent (T.1), Veronica Roth.

Publié en 2011.
Prêté par Meli.



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/couv64455057.jpgRésumé : Dans le monde dystopique de Béatrice, la société est divisée en cinq factions, chacune dédiée à la culture d'une vertu : les Sincères, les Altruistes, les Audacieux, les Fraternels, et les Érudits. Lorsqu'ils ont seize ans les adolescents doivent choisir la faction à laquelle ils consacreront le reste de leur vie. Pour Béatrice, la décision est entre rester avec sa famille et être qui elle est, les deux sont incompatibles. Alors, elle fait un choix qui surprend tout le monde. Comment va-t-elle se débrouiller dans sa nouvelle faction, et est-ce qu'elle a fait le bon choix ?

Mon avis : Ce bouquin et moi on a une histoire compliquée. A sa sortie tout le monde en faisait un foin comme à chaque fois qu'un bon plan marketing est décidé (et en lisant la quatrième de couverture des épreuves non-corrigées, c'est drôle on le lit ce plan média), du coup j'étais pas tentée. Ensuite j'ai appris que le bouquin sortait en France le jour de on anniversaire, j'ai pris ça comme un signe et je l'ai acheté en anglais. Mais au bout de quelques pages laissant présager un truc somme toute banal je l'ai échangé contre un autre à la librairie. Et ça aurait pu en rester là si Meli ne m'avait pas prêté son exemplaire ; merci beaucoup, grâce à toi j'ai passé un très bon moment de lecture ! Car vous l'aurez compris, si j'étais septique la base, je me suis retrouvé dévorer Divergent jusque quatre heures du matin sans m'arrêter.

Pourtant au départ, ce n'était pas gagné. Les factions, ne me convainquaient pas. Je me disais que si pour changer les dystopies étaient crédibles, ce serait bien. Puisque au début on découvre tout petit à petit, on ne connaît pas les distensions qui existent entre les différentes factions et ne découvrons pas que les personnages ont un vrai caractère derrière leur uniforme. Mais du fur et à mesure, quand Tris arrive chez les Audacieux, que son caractère se dévoile vraiment à nous, j'ai été accroché. J'ai été bluffé parce que Veronica Roth arrive à nous rendre son personnages crédible. Pas manichéen, pas petite fleur fragile ou au contraire, rebelle tête brulée. Tris est divergente, elle est complexe, elle découvre petit à petit ce que son éducation d'Altruiste a voulu gommer chez elle, et apprend à apprivoiser son côté Audacieuse qui lui plaît de plus en plus. J'ai adoré son personnages, c'est vraiment une bonne découverte. Ensuite, j'ai aimé Quatre... ok ok je vois déjà fleurir sur vos minois des sourires goguenards, mais je m'en fou. C'est typiquement le genre de perso que j'aime dans les bouquins et dans celui-ci il n'est pas tombé du côté obscur de la force du héros sexy ; pas trop parfait, pas trop hâbleur, pas trop poupée de chiffon. Il est comme Tris, complexe à sa façon. Oh, certains trucs sont vraiment bien type romance adolescente je dirais, mais en fait je n'arrive pas à m'attarder dessus parce que j'ai aimé le bouquin, parce que j'ai été emporté et que les détails me passent un peu au-dessus de la tête.
L'intrigue ensuite, heureusement que Tris débarque chez les Audacieux et commence sa formation, parce que c'est à partir de là que j'ai accroché. J'ai lu dans certaines billets qu'elle semblait classique, d'un certain côté peut-être, sauf que je l'ai trouvé vraiment pas mal fichue. Ça se complexifie, dans le bon sens du terme, au fur et à mesure, et la fin, l'explication sur le pourquoi de la guerre qui gronde, m'ont convaincu par rapport à l'univers et aux factions mises en places par Veronica Roth. Il n'y a pas de fausses notes, et même si j'ai cru un instant à ce que la fin soit gâchée,  j'ai hâte de lire la suite ! Le seul bémol, ou petit interrogation que j'aurais concernant la fin, c'est que leur solution est radicale, c'est sûr, pour arrêter le massacre, mais pas forcément hyper hyper crédible. On aurait pu penser que qui vous savez surveillait les opérations de chez elle avec le matériel et pouvait reprendre la main. Ainsi que ce qui arrive à Tris à la fin, qui est certes raccord avec ses peurs, http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/Sanstitre1.jpgmais pas forcément encore une fois très très logique ou crédible. Mais la vérité est que je m'en moque un peu, à part le premier point soulevé, et que j'ai aimé. Je n'ai pu m'arrêter de lire et ça fait du bien pour une fois.

En deux mots : Une excellente découverte ! Dans Divergent j'ai adoré Tris, Quatre, l'évolution des caractères, l'écriture (oh je n'en ai pas parlé dans le bouquin, mais je l'ai aimé ; elle n'est pas spectaculaire certes, mais elle est maitrisée, fluide, très agréable à lire), et j'ai été emporté. Merci beaucoup Meli de m'avoir prêté ce bouquin !

Ce qu'en pensent Meli et Niënor.


Traduit de l'anglais par Anne Delcourt.
Divergent.

Rangé dans Littérature états-unienne le 31 décembre 2011

Nés à minuit (T.1) : Attirances, C.C. Hunter.

Publié en 2011.
Service Presse Michel Lafon.



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/couv45832045.jpgRésumé : L'été s'annonce mouvementé pour Kylie. Après un enchaînement de catastrophes, ses parents l'envoient dans une colo spécialisée pour adolescents marginaux. Ou plutôt hors du commun : ici cohabitent sorciers, vampires et autres créatures de la nuit. Et tous sont persuadés que Kylie n'est pas là par hasard...
Aidée de ses nouveaux amis, elle tente de découvrir sa vraie nature. Aurait-elle un lien avec le rôdeur fantomatique qui la poursuit sans répit ?

Mon avis : Je vais offrir un dictionnaire des synonymes et une séance de thérapie comportementale à C.C. Hunter pour son anniversaire. Parce que viril et torse répété tant de fois en si peu de pages ça frise le trouble obsessionnel compulsif. Mais avant de l'emballer je voudrais dire merci à Camille de chez Michel Lafon pour m'avoir gentiment envoyé ce volume et dans un temps record ! Aussitôt dit, aussitôt reçu le matin de la veille de noël, si c'est pas beau ça ! Merci !
Nés à minuit me tentait depuis sa sortie à cause de son titre, de sa couverture et quand j'ai lu les premières pages j'en ai encore eu plus envie. Et ça été agréable... pas transcendant, loin de là, mais ça se lit tranquillement c'est tout. Nés à minuit nous présente un monde où les surnaturels, fées, vampires, garous, vivent parmi nous et où même le gouvernement est au courant de leur existence et a créé une colonie de vacances particulières où ils peuvent se rendre et apprendre à apprivoiser leurs pouvoirs. Arrive Kylie qui n'a aucun pouvoir sinon celui de faire des terreurs nocturnes et qui se demande bien ce qu'elle fait à Shadows Falls.

Déjà quel besoin de ne pas traduire le titre original fidèlement et de nous coller le très clinquant et guimauvesque Attirances ? Franchement si c'était pour rendre le bouquin plus niais encore c'est réussi ! Ensuite en lisant le texte j'avais l'impression de lire un texte qui n'était pas passé par la préparation de copie (la première correction dans les maisons d'éditions où l'on corrige le sens, la syntaxe, etc.), ils n'en font pas aux États-Unis ? Parce qu'il y a des trucs qui n'ont aucun sens. Des dialogues (ok un seul) où l'on ne sait pas qui parle, des scènes où l'on ne comprend pas ce qui arrive, et des raisonnements qui accouchent d'une souris sur une montagne sans qu'on puisse y voir un début de logique. Et cette répétition lassante et répétée de torse et viril dont je vous ai déjà parlé. C'est lourd, c'est lourd. De plus C.C. Hunter se répète, fait son héroïne se poser les mêmes questions plusieurs fois et sans différences notables. On dirait que le texte présent dans le bouquin est une mouture qui aurait eu besoin d'être encore un peu élagué et travaillé avant de passer par l'impression.
La mythologie ensuite. On sait qu'il y a des vampires, et l'on évoque brièvement un virus qui transformerait les humains lambda, mais on n'en sait pas plus, comme si l'auteure avait oublié que son lecteur ne sait pas lire dans son esprit. En fait toutes les caractéristiques magiques de ce monde sont sous-exploités. On effleure mais pas dans le sens on veut laisser des trucs mystérieux, dans le sens on a oublié de terminer notre explication.
L'intrigue ensuite commence bien mais est aussi sous-exploités, en découvrant la raison de la présence des agents dans la colonie, j'ai bien cru à une blague. Franchement ils veulent la fermer, pour ça ? Mais c'est juste pas crédible. L'auteure aurait dû nous coller deux-trois meurtres sanguinolents au lieu de ce que l'on a (et je ne spoilerais pas !). J'avoue, j'ai été agréablement surprise de découvrir le nom de la complice des vilains, mais l'auteure aurait dû continuer sur sa lancée.
J'ai apprécié de suivre Kylie, c'est une adolescente pas trop bête, drôle, mais qui encore une fois est un peu pas trop crédible. Elle craque pour son ex qui l'a plaqué parce qu'elle ne voulait pas passé à la vitesse supérieure, aussitôt arrivée à la colo elle craque pour un beau blond, ensuite pour un garou et tout ça en même temps. Les triangles amoureux, qui vont dans un sens, parce qu'ici Kylie aime tout le monde et tout le monde aime Kylie, c'est vraiment lourd surtout quand il n'y aucune logique dans le truc.

Mais je critique, je critique, malgré tout ça le bouquin se lit bien et on sent que mieux travailler il serait vraiment chouette. On passe donc un bon moment de lecture et la fin laisse penser que la suite pourra vraiment être agréable à découvrir. En tout cas moi je serais curieuse de la lire pour voir si C.C. Hunter réussi à améliorer la cohérence de son texte.

En deux mots : Il y a quand même pas mal de défauts et de trucs qui auraient mérité une relecture plus attentive, mais c'est un texte sans prise de tête qui se lit bien et qui fait passer le temps. J'espère que le volume suivant sera et mieux construit et mieux traduit, parce que certaines tournures n'ont pas été soignées et que c'est dommage.
Encore merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour l'envoi de ce livre !

J'ai découvert, que sur le site de l'éditeur américain, vous pouvez lire une nouvelle inédite se déroulant dans l'univers du bouquin.


Traduit de l'anglais par Marianne Roumy.
Shadow Falls, Born at Midnight.

Rangé dans Littérature états-unienne le 27 décembre 2011

Georgina Kincaid (T.1) : Succubus Blues, Richelle Mead.

Publié en 2007.


 

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/couv46289749.jpgRésumé : Georgina Kincaid est succube à Seattle. À priori un choix de carrière plutôt sympa : la jeunesse éternelle, l'apparence de son choix, une garde-robe top-niveau et des hommes prêts à tout pour un simple effleurement. Pourtant, sa vie n'est pas si glamour : pas moyen de décrocher un rancard potable sans mettre en péril l'âme de l'heureux élu. Heureusement, elle est libraire, et son travail la passionne ! Livres à l'œil, moka blanc à volonté et la possibilité d'approcher Seth Mortensen, son écrivain favoris depuis des siècles. Mais quelqu'un s'est mis en tête de jouer les justiciers dans la communauté des anges et démons. Bien malgré elle, Georgina est propulsée au cœur de la tourmente. Et pour une fois, sa langue bien pendue ne lui sera d'aucun secours.

Mon avis :
J’avais entendu parler des aventures de Georgina Kincaid (renommé juste Succubus pour la version poche, surement à cause du dos plus petit) depuis un moment, mais elles ne me tentaient pas spécialement. Cependant en allant à l’une de mes bouquineries préférées de Metz (CD Bulles pour ceux qui connaissent ; à côté de la cathédrale Saint-Étienne) j’ai trouvé ce volume en occasion et j’ai craqué. Et j’ai passé un bon moment, pas un coup de cœur, loin de là même, mais ça se laisse lire tranquillement et ça vide la tête.
Georgina Kincaid est un succube (et oui, un succube ; je pensais que le mot était féminin, désignant un démon femelle, mais en fait non, le petit Larousse est formel), et n'aime rien tant que bosser dans une librairie de Seattle, lire le soir un bouquin de son auteur de polar préféré et danser le twist. Mais son archidémon de patron voudrait qu'elle récolte plus d'âme pour son camp en couchant avec ses clients, ce en quoi elle est très douée...

Le premier truc qui m'a ennuyé dans ce bouquin c'est la redondance des allusions sexuelles et des scènes de sexe (mais bon, elles sont plutôt bien écrites, donc ça va). En fait, ce sont plutôt les allusions dans la conversation qui m'ont gêné. C'est tout le temps, c'est vulgaire, et c'est pas nécessaire. Il y en a des drôles, mais le vocabulaire utilisé est tellement cru que ça m'a agacé. Georgina parle d'elle comme d'une pute un peu tout le temps, du genre : dans cette tenue, je n'avais qu'à m'allonger par terre et écarter les cuisses. Hum. Pour un peu de poésie on pourra repasser. Autre chose, Georgina a beau être un succube, et se nourrir de ses partenaires pendant une partie de jambes en l'air, elle semble plutôt intelligente et lucide. Ce qui ne l'empêche pas d'être une vraie girouette. D'une page à l'autre elle est terriblement amoureuse de deux personnages différents (enfin elle est amoureuse... c'est un bien grand mot, elle a terriblement envie de coucher avec eux, je sais pas si ça va plus loin dans son cerveau au début), tout en ne poussant pas la réflexion plus loin.
J'ai aimé cependant que Georgina soit librairie, on parle de livres, et on découvre la passion qu'elle voue à son auteur préféré (sauf que si on fait tout un foin autour de ses talents d'écriture, autant que ce qu'on peut lire de lui soit béton, et les quelques e-mail qu'il envoie à Georgina sont loin d'être de la grande littérature, alors ça casse le mythe). Et les pensées sur l'écriture. J'ai aimé aussi le caractère de Georgina (vraiment, c'est quoi ce prénom ?), le fait qu'elle ait des amis de toutes races, vampires, démons, etc. Qu'elle donne des cours de danse, qu'elle ait un caractère plutôt mélancolique. Même si parfois cette tristesse est amenée avec de gros gros sabots, exemple : qu'est-ce que je suis malheureuse et triste ; oh que je me sens seule quand même après des siècles d'abstinence sexuelle amoureuse. Ben oui, parce que Georgina même si elle est un succube, refuse de coucher avec des types bien (elle leur vole des années de leur vie à chaque contact), et elle en est très très malheureuse. Par contre la mythologie succubéenne est pas forcément amenée avec finesse, de même que les relations de Georgina avec ses amis sont pont évidentes (on arrive dans le plat si je puis dire, sans avoir vraiment d'introduction en règle).

L'intrigue est plutôt très banale. Et se résout vite malgré l'épaisseur du bouquin ; mais ça c'est parce que les marges sont hyper grandes, juste pour faire genre y a de la matière (et ça m'énerve). Georgina va sur la bonne piste très vite, et on n'est pas bluffé par les rebondissements, même si le nom de vilain est quand même une surprise.
Georgina est donc une vieille succube, pensez elle était jeune fille au temps des romains-grecs de l'antiquité (?), et nous raconte sa vie et ce qui l'a poussé à vendre son âme itou. Et c'est intéressant, sauf que les souvenirs de quelques centaines d'années sont insérés dans le texte comme s'il s'agissait de simples descriptions modernes. Une mise en forme particulière, un temps, un ton différent aurait surement fait mieux l'affaire et permit de singulariser le truc.

En deux mots : Malgré les défauts soulevés dans ce billet, j'ai passé un agréable moment en lisant ce volume. C'est assez rythmé, drôle, on passe du temps dans une librairie et Georgina est personnage quand même sympathique. Je ne suis cependant pas hyper impatiente de lire la suite. Je pense que je vais attendre de voir si elle se trouve à ma médiathèque ou chez des amis.

Traduit de l’anglais par Benoit Domis.
Illustration de couverture de Jean-Sébastien Rossbach.


• > Georgina Kincaid : Succubus nights (T.2)Succubus shadows & Succubus Revealed (T.5 et 6)  

Rangé dans Littérature états-unienne le 22 décembre 2011

Chroniques de San Francisco, Armistead Maupin.

Publié en 1978.



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/couv7413823.jpgRésumé : Les seventies sont sur le déclin, mais San Francisco, la fureur au cœur et au corps, vibre encore d'une énergie contestataire et s'affiche dans les rues aux couleurs d'enseignes et de néons tapageurs. Tout droit venue de Cleveland, Mary Ann Singleton, vingt-cinq ans, emprunte pour la première fois les pentes du « beau volcan ». Elle plante son camp au 28 Barbary Lane, un refuge pour « chats errants ». Logeuse compréhensive et libérale, Mme Madrigal règne en matriarche sur le vieux bâtiment qui abrite une poignée de célibataires : Mona, rédactrice publicitaire, son colocataire Michael, chômeur et disciple de « l'amour interdit » et le beau Brian Hawkins, coureur de jupons insatiable.

L’auteur : Armistead Maupin (né en 1944) est un écrivain américain. C’est dans les colonnes du San Francisco Chronicle en 1976 qu’il commence la publication des Chroniques de San Francisco. Elles connaissent un succès immédiat et sont édités en livres, bientôt suivit par cinq autres volumes au succès planétaire. Le septième est enfin paru l’année dernière et traduit en français : Mary Ann en automne.

Mon avis : En fait je ne pensais pas aimer ce bouquin, je pensais le lire à titre purement informatif, et puis après me dire, « voilà je sais de quoi ça parle, hop on passe à autre chose ». Mais en fait la lecture qui a commencé doucement s’est terminé avec un grand plaisir et je vais commencer à chercher la suite lors de ma prochaine virée chez Emmaüs (oui, j’ai une vie follement excitante).

Au début de ma lecture, j’appréciais moyennement ; le bouquin est en fait découpé en courts « chapitres » de rarement plus de deux ou trois pages. Et à chaque fois on peut suivre un personnage différent, ou le même. Il faut dire que cela a d’abord été publié en feuilleton dans un journal. Puis j’ai commencer à gouter l’humour, la moquerie, l’absurde du texte et à m’attacher aux personnages. C’était à chaque fois un plaisir de retrouver Beauchamp, DeDe, Mary Anne, Mme Madrigal, etc. Malgré le caractère franchement antipathique de certains personnages, Armistead Maupin sait les humaniser, les rendre drôles, et on pense en lisant leurs aventures qu’ils sont « touchants » dans leur médiocrité, leur maladresse, ou leur bêtise. Et surtout, au fur et mesure du texte les histoires commencent à se nouer ; une pierre d’achoppement vient à chaque fois relier la vie des personnages sans que cela semble trop fabriqué et c‘est un plaisir de comprendre les choses. C’est tellement bien orchestré, ça monte tellement en « suspens » que j’ai eu l’impression de lire la trame d’un thriller, mais d’un thriller que j’apprécierais et dont la tension me plairais.
J’ai aimé aussi que ce bouquin soit une vraie peinture de la période et du lieu. En lisant on se sent vraiment téléporté à San Francisco en 1978. Le vocabulaire, les références, tout est parfait, et sans que cela semblehttp://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/Sanstitre1.jpg lourd ou dépassé comme j’avais pu le ressentir en lisant L’attrape cœur (faudrait peut-être que je le relise maintenant tiens). C’est ce genre de bouquins qu’on devrait lire en cours d’histoire au lieu des logorrhées insipides des bouquins de cours. C’est parlant, c’est drôle, c’est vivant.
J’ai aimé aussi cette diversité des personnages. Le secret de Mme Madrigal, la quête de Michael pour trouver le mec parfait et son besoin de toujours raconter des histoires, Mary Ann et sa maladresse, Mona et son amie pas si afro que cela. Armistead Maupin est tendre avec ses personnages, se moquent d’eux gentiment, comme il faut.

En deux mots : Les Chroniques de San Francisco ne se commentent pas vraiment ; il faut juste les lire, passer un très bon moment de lecture et aller chercher la suite.


Traduit de l’américain par Olivier Weber et Tristan Duverne.
Illustration de couverture par Marc Taraskoff.
Tales of the City
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Rangé dans Littérature états-unienne le 9 décembre 2011

River Marked (T.6), Patricia Briggs.

Publié en 2011.

 

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/rivermarkedcopie1.jpgRésumé : Mercy et Adam passent leur lune de miel au bord de la Columbia. Tout devrait être parfait, mais une présence maléfique hante les eaux, emportant des vies innocentes. Mercy est une marcheuse : elle peut voir les fantômes. Et voilà que l'esprit de son père, décide de lui rendre visite. Il est temps pour elle de renouer avec son héritage pour affronter ce qui hante la rivière.

L'auteure : Patricia Briggs (née en 1965) est une auteure de fantasy américaine. Après la série du Corbeau, elle s'attaque aux aventures d'une mécanicienne pas comme les autres, Mercy Thompson...

- Mercy Thompson : L'appel de la lune (T.1)Les liens du sang (T.2)
Le baiser du fer (T.3) La croix d'ossements (T.4)Le grimoire d'argent (T.5)
Alpha & Oméga : L'origine Le cri du loup (T.1)Terrain de chasse (T.2)
Sianim (T.1) : Masques -

Mon avis : J'avais envie depuis un petit moment de lire un volume des aventures de Mercy en langue originale ; certaines tournures et vocabulaires de la traduction me semblaient en effet étranges. Je ne les ai pas retrouvé ici, alors on peut en déduire je pense que la traduction n'est parfois pas des plus fidèle.
J'ai aussi décidé de sauter le pas pour ce volume quand j'ai appris que Bragelonne allait sortir la traduction en grand format (un conseil, ne dites pas broché pour les grands formats ; broché c'est de du vocabulaire de reliure, et les poches sont aussi brochés ; seul le format change mes petites citrouilles), alors que les cinq précédents volumes étaient en poche ! Si c'est pas non pendre pour des abrutis ça, je sais pas ce que c'est. Du coup je me suis dit « screw them » (pour être polie je ne traduirais pas et puis depuis deux semaines de lecture en anglais j'en perd mon latin, alors na) et j'ai foncé chez Gibert Joseph.

Je m'attendais à passer un super moment, mais dés le premier chapitre j'ai trouvé matière à agacement. Déjà dans Alpha & Oméga le mariage expéditif entre Charles et Anna m'avait semblé idiot (franchement qui se marie à l'église au bout de trois jours de rencontre ?), mais que ce soit Mercy la dure à cuire et Adam ce n'est pas passé. Ce n'est surtout pas passé parce que Mercy est censée être forte, et pas une petite chose qui se pâme devant une robe de mariée et pleure devant des invités. Un peu de nerf que diable ! Ensuite la façon dont elle avait de parler de Adam comme son « mari super sexy avec des tablettes de chocolats encore plus impressionnantes qu'un entrepôt Milka » m'a vite fatigué. On n'a pas besoin de savoir toutes les deux pages que Adam est beau à se damner pour lire le bouquin et fantasmer sur le garou.
Dans les autres volumes Patricia Briggs avait déjà tendance à faire des paragraphes de descriptions inutiles et des introspections Mercyesque longuettes ; bon ça m'avait déjà vaguement agacé, mais puisque l'intrigue me plaisait je n'avais pas focalisé dessus. Mais ici puisque l'intrigue n'a pas su m'entrainer j'ai plus souvent buté sur ces passages superfétatoires.
L'intrigue ensuite, se présentait comme toutes les précédentes ; morts, vilaine bête, magie, Mercy doit tuer la vilaine bête, etc. Et alors que dans les autres volumes cela m'avait plu, je me suis un peu ennuyée, voyant tout arriver à trois kilomètres (même pas besoin de jumelles ; ni de jumeaux, ahahah). Il y a cependant eut des trucs qui m'ont passionné dans ce volume ; les histoires de fae, et surtout, surtout les légendes indiennes et la touche particulière qu'elles apportent (même si le « Je suis ton père keuf keuf » n'a plus d'effet dramatique depuis mon premier visionage de Star Wars). On en apprend plus sur Mercy, on découvre de nouveaux personnages, apprend à connaître cette histoire de changeur de peau (je ne suis plus comment s'est dit en français), et c'est super.

Je n'ai retrouvé que vers la fin la Mercy que j'aime. Grumpy, elle est beaucoup plus intéressant qu'amoureuse forcenée, et j'aimerais beaucoup que pour le dernier volume de ses aventures (je crois avoir lu quelque part que Patricia Briggs écrirait sept volumes à la série), je retrouverai ce qui m'avait plu dans les autres.

En deux mots : Un peu déçue par cette lecture ; et déçue d'être déçue après avoir aimé les cinq précédents. Les quelques dernières pages m'ont fait retrouver la Mercy que j'aime et j'espère la retrouver telle quelle dans le dernier volume de ses aventures.

Rangé dans Littérature états-unienne le 2 décembre 2011

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