Publié en 2010.
Résumé : Une fois n'est pas coutume, Artemis Fowl réunit les représentants du peuple des fées : il a un plan pour sauver la planète du réchauffement climatique. Trop gentil pour être vrai, se disent ces derniers. Mais ce qui les inquiète davantage, c’est Artemis. Superstitieux et paranoïaque, leur ami serait-il atteint du complexe d’Atlantis ? Et voilà qu’une vraie catastrophe éclate au moment de faire sa démonstration, des robots surgissent de nulle part et les attaquent. Qu'est-ce que cela peut-il bien signifier ? Bientôt rejoints par Butler, Juliet et Mulch, Artemis et ses amis partent affronter les eaux glaciales de l’Océan Atlantique, des criminels en fuite et une pieuvre géante … Mais comment vaincre ses ennemis quand il faut déjà se battre contre soi-même ?L'auteur : Eoin Colfer (à prononcer Owen) est né en 1965 à Wexford (Irlande). Il est devenu enseignant comme ses parents, et vit avec sa famille dans sa ville natale. Avant la publication d'Artémis Fowl, Eoin Colfer avait déjà publié des romans pour enfants, ce qui l'avait fait connaître en Irlande.
De plus, alors que c'était Jean-François Ménard qui avait traduit jusque là, Jean Esch reprenait le flambeau et je n'aimais pas ce qu'il avait fait du texte. Bref jusqu'à la semaine dernière je pensais l'acheter à sa sortie en français, mais après avoir rédigé cet article, je me suis dit que je ferais tout aussi bien d'appliquer mes propres principes et de lire en anglais ce qui pouvait l'être facilement. Et si Artemis Fowl est écrit dans une anglais relativement accessible, j'ai eu du mal à comprendre les descriptions des machines bizarroïdes de Foaly ou Artemis, et cette frustration de ne pas tout comprendre a entaché mon plaisir de lecture, même si je suis contente d'avoir enfin découvert la "voix" d'Eoin Colfer sans le filtre de la traduction. Je pense maintenant lire le plus possibles de livres en anglais, mais pas quand il s'agit d'une série que j'ai commencé à découvrir avec la traduction française, histoire de ne pas avoir l'impression de découvrir un autre style. Je ne dirais d'ailleurs pas non à reprendre la traduction française de ce volume en relecture afin devoir si j'avais tout bien compris.
Sans que Jean Esch ait mal traduit Eoin Colfer, la version anglaise est différente. On peut toujours traduire le sens des phrases, mais pas cette musique particulière propre à la langue et sa construction. Une traduction n'est jamais exacte, les mêmes mots peuvent dirent la même choses dans les deux langues, mais dans une phrases construites, signifier autre chose, apporter une nuance, permettre de découvrir un ton différent de ce que l'on pensait. J'ai trouvé le texte anglais, plus "drôle", plus vivant. Eoin Colfer fait des jeux de mots, mets quelques expressions française comme nous pourrions mettre des anglicismes, et parle de ses personnages avec "légèreté" et modernité. Je trouve la traduction française, pour les quelques phrases que j'ai comparé presque mot à mot, plus laborieuse, moins entraînante.
J'étais contente de retrouver Artemis, Butler, Holly et les autres, mais les petits trucs qui m'embêtaient dans les deux derniers volumes étaient présents. Déjà le fait que la série dure plus longtemps que prévu (au départ il n'y avait que trois volumes de prévu si je ne me trompe pas) et que le schéma narratif soit un peu toujours le même. Une invention de Fowl, un meeting, une attaque, la presque-fin du monde et le sauvetage de tous les personnages à la dernière minute. Artemis ne grandit pas aussi vite que ses lecteurs (ou enfin pas aussi vite que moi) et n'a que quinze ans ; ce n'est pas ennuyeux du point de vue du personnage strictement parlant, puisqu'il est très adulte et mature, mais ça l'est plutôt du niveau de l'intrigue que je situe le problème. Contrairement aux aventures de Harry Potter par exemple, le texte ne semble pas se complexifier avec les années. Enfin pas assez pour moi, ou bie il l'était déjà au départ (parce que bon la résolution des énigmes est plutôt très subtile et machiavélique quand même).
Cependant, et c'est un des gros points forts de ce livre, Artemis devient plus "humain". Atteint du complexe d'Atlantis, dû à une surcharge de magie dans son organisme et à la culpabilité de ses mauvaises entreprises, il développe des TOC (compter jusque cinq, la peur du quatre), une paranoïa et une légère schizophrénie. Le fait qu'il exprime effectivement la peur de perdre le contrôle, son intelligence, qu'il voit des quatre partout et qu'il se sente diminué m'a fait le voir plus humain, plus proche et être triste pour lui. Sa faiblesse le rend sympa, et ses amis s'inquiètent pour lui (ben oui j'aime bien les personnages tortures, ils sont cool), donc ça, ça change un peu. Et en plus pour une fois, ce ne sera pas un petit coup de magie qui arrangera tout. La bonne vieille méthode humaine, à savoir blablater devant un psy est en effet fortement conseillée.
Sa deuxième personnalité, Orion, qui prend le dessus parfois est hilarant avec son vieux phrasé héroïque et ses réactions de vieux personnages bien typés livres d'aventures bas de gamme. Et sans parler d'Orion, tout le texte est parsemé de répliques drôles, d'échanges décalés et de situations rigolotes.
Le personnage d'Artemis évolue donc et c'est chouette ; ses rapports avec les autres personnages aussi, même s'il était déjà plus ami avec Holly dans les deux derniers volumes qu'au début de la série. L'intrigue, même si j'ai eu du mal à y accrocher, est bien ficelée, et la fin ne peut que tenir en haleine (j'étais très frustrée quand je devais changer de métro ou arrêter de lire pour aller travailler). La fin justement annonce un autre volume, au moins, le dernier j'espère (enfin je n'ai pas envie de quitter les perso, mais quand ça traîne, ça me crispe). Je serais curieuse de le lire, et en anglais maintenant que j'ai commencé. Dans le même temps je relirais bien les premiers volumes :)
Y a presque une sorte de morale je trouve ; Artemis est atteint du complexe d'Atlantis parce qu'il se sent coupable ; que ses mensonges et ses forfaits lui porte sur la conscience et que rien ne reste impuni. C'est bien vu, et peut-être intéressant pour des jeunes lecteurs afin de bien se rendre compte que tout a un prix et que jouer avec les choses et les gens comme le fait Artemis n'est pas sain à long terme. Enfin je pense ...
En deux mots : J'ai bien ri en lisant cette nouvelle aventure d'Artemis et j'ai aimé découvrir le style d'Eoin Colfer en "vrai". Malgré quelques points négatifs, je suis curieuse de lire le prochain volume des aventures de ce jeune cerveau plus si criminel que cela.





