La mort n'est pas un jeu d'enfant, Alan Bradley.

Publié en 2010.




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/9782702436264.jpgRésumé : Flavia de Luce, détective en herbe impertinente, malicieuse et intrépide est de retour pour de nouvelles aventures. Rupert Porson un célèbre marionnettiste de la BBC est de passage dans le village et sa jeune assistante Nialla semble avoir des choses à cacher. De plus, d'étranges choses se déroulent, qui a volé les attaches-pantalons du révérend ? Pourquoi est-ce que le petit garçon des fermiers s'est-il pendu il y a cinq ans ? Et surtout qu'est-ce que cache le marionnettiste qui ne semble lui non plus pas très net...

Mon avis : J'ai découvert cette série l'année dernière, quand le premier volume : Les étranges talents de Flavia de Luce sont sortis et que Méloë me l'a offert. Je l'ai lu rapidement après mais je n'ai pas fait de billet dessus pour une raison plutôt simple. J'avais bien aimé, mais je n'étais pas assez rentrée dedans et n'avait pas accroché autant que je le voulais. A vrai dire je ne pensais pas non plus écrire sur ce volume, non pas qu'il ne m'ait pas plu, mais plutôt qu'encore une fois il ne m'ait pas autant plu que je l'aurais souhaité. Et voilà un vrai mystère ! Tout me plaît dans ces livres, les personnages, l'écriture, l'ambiance, les paysages, l'enquête et pourtant je n'arrive pas à accrocher à fond. Peut-être parce que j'en attends trop ? Je ne sais pas, mais en tout cas ça m'agace un peu. Cependant, j'ai vraiment passé un bon moment avec ce ouvrage et j'ai toujours dans la tête les paysages humides des alentours de Buckshaw, du laboratoire de Flavia, etc.

Faisons tout de même une rapide présentation de la série, garantie sans spoiler comme d'habitude. Nous sommes en 1950 dans un petit village anglais, Flavia a onze ans et vit dans le manoir de Buckshaw avec ses deux sœurs et son père. Mais Flavia n'est pas une enfant ordinaire, à onze ans elle a déjà dévoré toute la bibliothèque scientifique de son grand-oncle décédé et chimiste. Elle a même investi son laboratoire pour mener ses propres expériences. Ses préférées ? Synthétiser des poisons. Mais il se passe des choses curieuses à Bishop's Lacey, un marionnettiste ambulant est tombé en panne devant le cimetière, il court des rumeurs sur un enfant retrouvé pendu voilà quelques années...
L'écriture d'Alan Bradley est vraiment chouette. On la reconnaît, elle a quelque chose de travaillé, au contraire par exemple de celle de S.J. Watson dans mon précédent billet. J'ai noté des tas de passages drôles et ou intrigants. Par cette écriture on entre vraiment dans le personnage de Flavia, les formules chimiques, les descriptions de réactions chimiques sont imbriqués dans la narration et cela ne gène pas du tout, même si ça peut quand même être compliqué à comprendre pour de plus jeunes lecteurs. Avec cette écriture on entre aussi dans l'époque ; cela ne fait pas du tout reconstitution à la sauvette et les multiples références livresques, picturales, de politique aussi parfois permettent d'envisager la vie à l'époque. Flavia est aussi tout simplement très drôle et caustique. Je n'imagine pas autrement l'enfance de Sherlock Holmes (et de Méloë non plus à vrai dire, les meurtres en moins j'espère).
L'ambiance est donc géniale et le personnage de Flavia également ; j'apprécie également les autres, à savoir ses sœurs (même si ce sont des vraies pestes et que je ne comprends pas pourquoi Flavia croit encore à leurs mensonges ou s'en offusque), la cuisinière cancaneuses, le père philatéliste complètement dans les choux ou Dogger le majordome-jardinier (je l'aime vraiment beaucoup celui-ci).

L'enquête prend son temps pour s'installer et elle vraiment plaisante à découvrir, même si jusqu'à la venue d'un certain évènement on se demande bien quelle est l'enquête du jour. Cependant la résolution ne m'a pas convaincue, trop rapide par rapport au roman qui prend son temps pour développer son intrigue. Et surtout la façon dont s'est expliqué... je ne sais pas, j'ai du mal d'imaginer Flavia, une gamine de onze ans qui doit faire 1 mètre 12 parler à des policiers comme elle le fait ou faire ce qu'elle fait, bien qu'elle soit qui elle est à savoir un petit génie. Je lirais cependant le troisième volume avec plaisir (ça tombe bien, il sort en novembre prochain).

En deux mots : Une lecture très agréable. Flavia est un personnage attachant et curieux, l'enquête est passionnante et même si la fin ne m'a pas trop convaincue, j'attends la suite avec plaisir.


Traduit de l'anglais par Hélène Hiessler.
The weed that strings the hangman's bag
Illustration de couverture par Iacopo Bruno

Rangé dans Littérature canadienne le 30 juillet 2012

Les Chevaliers d’Émeraude (T.1) : Le feu dans le ciel, Anne Robillard.

Publié en 2002.
Service Presse Michel Lafon

 

http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/couv20296507.jpgRésumé : La paix régnait sur les terres d’Enkidiev, mais bientôt le magicien Elund se rend compte que le vilain et pas gentil Empereur Noir qui habite dans l’Empire Noir, veut venir tous les tuer et laisser ses dragons manger leurs cœurs pour le dessert. Il se charge donc avec le monarque du royaume d’Émeraude de faire revivre l’ancien ordre de chevalerie qui naguère sauva l’univers avant de se déliter à cause de l’orgueil de ses membres magiciens. Est-ce que les sept nouveaux jeunes chevaliers auront le cœur assez pur pour combattre le Mâl et sauver le monde à nouveau ?

Mon avis : J’étais curieuse de lire les aventures des Chevaliers d’Émeraude depuis quelques années, mais l’occasion ne s’était jamais présentée. C’est grâce aux éditions Michel Lafon et Camille, que j’ai pu recevoir le premier volume en format poche ! Merci à eux.
Autant le dire tout de suite, les Chevaliers et moi, ce ne sera jamais une grande histoire d’amour et je doute même de lire le deuxième volume. J’aime la fantasy, mais la fantasy de qualité à la Robin Hobb ou à la Robert Jordan, la fantasy d’Anne Robillard, c’est pour moi ce que le Journal d’un vampire est à la littérature vampirique. Alors bien sûr on va me répliquer que c’est pour les enfants, mais est-ce que parce que l’auteure ne sait pas éviter les lieux communs qu’on doit forcément l'étiqueter « littérature de marmot » ?

Commençons par le premier truc qui m’a le plus gêné, et ce tout au long de ma lecture. Les noms de personnages et de lieux. On est dans un univers de fantasy, on s‘attend donc à un minimum de dépaysement. Or si certains noms le promettent, Wellan, Enkidiev, etc. d’autres tombent complètement à plat et ne cadrent pas du tout avec l’univers, tel que Dempsey, Chloé ou tous ces royaumes avec des noms de joyaux.
Ensuite on découvre nos héros, et on nous les présente si rapidement, en égrenant leurs noms et quelques particularités, sans vraiment les décrire, que j’ai été perdue entre l’uns et l’autre un certain moment. Bien sûr Chloé qui est la seule femme chevalière réfléchit bien avant d’agir, parce que la tempérance féminine l’habite. Et si un autre chevalier fait preuve de douceur, c’est parce qu’il a un côté féminin développé. Mais bon sang de bois quand est-ce qu’on va être libéré de ces conneries sexistes à deux francs ? Si un homme fait preuve de calme et réfléchit c’est parce qu’un hypothétique côté féminin l’habiterait ? Cela m’énerve de plus en plus quand je découvre ce genre de lieux communs crétins dans des bouquins.

L’écriture ensuite. Elle est correcte objectivement parlant, elle fait avancer le récit sans heurt, mais vraiment, il faudrait offrir à Anne Robillard un dictionnaire des synonymes parce que j’ai cru que j’allais faire une indigestion de ces « grand chevalier », « grand chef »,  « grand magicien », etc. Et quand je les retrouve ensemble sur une même page, j’ai juste envie de dire, cocotte, on a compris que ton Wellan c’était le plus beau, le plus fort, le plus meilleur magicien, le plus courageux chevalier de l’univers du monde entier, pas besoin de l’écrire six cent sept fois par chapitre ! Les adjectifs grandiloquents sont également au rendez-vous, on a du belliqueux par-ci, de l’empereur noir vilain par-là, du maléfique saupoudré sur tout cela, de l’admiration sans borne et j’en passe et des meilleurs. Il y a aussi clairement un problème de niveau de langage. On peut avoir un mot plutôt peu courant comme « complexion », puis ensuite se retrouver avec une tournure de phrase pas du tout adapté au contexte ni à l’écrit.
Même si ce bouquin est un volume d’exposition, le schéma narratif se répète trop souvent en si peu de pages. Les chevaliers vont faire leur première mission en passant par tous les royaumes et en rencontrant tous les rois, puis refont une mission en passant par tous les royaumes et en rencontrant tous les rois. Là j’ai été un peu plus prise dans l’histoire parce que les habitants de chaque royaume étaient dotés de particularités précises, et que l’auteur a taché de différencier chaque peuple. Cependant ma totale indifférence à la pseudo bluette entre Wellan et la super magicienne super immortelle, ne m’a pas permis de m’immerger dans le texte de façon à prendre du plaisir à lire. Non plus que le pseudo danger qui guette les royaumes, parce qu’il est évident qu’au bout des douze tomes, les héros sauveront le monde.

En deux mots : Une lecture rapide au moins. Je n’ai accroché ni aux noms incohérents des personnages et des lieux, ni à l’intrigue. Et encore moins à la bluette mystique. Ma PAL est ravie, elle n’accueillera jamais les onze autres tomes de cette série.


Ce qu'en pensent NiënorMeli et Méloë.

Rangé dans Littérature canadienne le 16 février 2012

YFL - 500 suivi du Mariage de la dryade, Robert Charles Wilson.

Publiées en 2000 et 2007.


 
http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/yfl500.jpg Résumé : YFL-500 : le nom de l'œuvre monumentale de l’artiste transreprésentationnaliste Gordo Fisk. Mais aussi le nom du dossier médical d’Iris Seawright, qui a vendu son rêve à un laboratoire à des fins de recherche.
Planète Isis, Villehumaine, 2111. Chaia Martine, dont le cerveau a été reconstruit à la suite d’un accident quasi-fatal, est une dryade. Elle va épouser Gray McInnes, à qui elle était déjà mariée, dans une autre vie.

L'auteur : Robert Charles Wilson (née en 1953 aux États-Unis) est un écrivain naturalisé canadien où il vit avec sa femme et ses deux enfants. Auteurs de plusieurs romans de science-fiction remarqués, il est le lauréat du prestigieux prix Hugo pour son roman Spin.

Mon avis : N'étant pas très en fonds ces temps derniers je me rabattais sur les livres très en occasion (Emmaüs, Boulinier), et je me sentais légèrement frustrée. Surtout après un cours de multimédia qu'on aurait pu appeler ode au livre numérique et à la dématérialisation. Du coup hier soir à la gare j'ai craqué pour deux petits folio 2 €. Et j'en suis ravie ! J'adore les nouvelles et la science-fiction de qualité à petites doses. Et avec Robert Charles Wilson je suis très bien tombée. YFL - 500 la premières nouvelles m'a beaucoup plu. On découvre notre planète dans 100 ans, sur disons 50 pages, et suivons Gordo Fisk, transreprésentationaliste qui consulte une docteur car il ne rêve. Ce qui est ennuyeux vu son emploi d'artiste. Le médecin n'arrive pas le guérir mais lui montre la matérialisation d'une face de rêve d'une patiente, et Gordo a une révélation...
Ce petite texte est très agréable à lire. L'écriture de Robert Charles Wilson est bien huilée, elle glisse sans qu'on s'en rende compte et laisse parfois échapper de très jolies phrases (comme le titre de mon article par exemple). Par dessus tout Robert Charles Wilson sait écrire des nouvelles ! Il ne se contente pas de faire une histoire courte, mais sait créer en quelques pages un univers, caractériser des personnages, lancer une "intrigue", trouver une fin très nouvelle. C'est un plaisir que de suivre son personnage, de savoir que le dénouement sera rapide et inattendu ou poétique. Qu'un petit retournement de situation aura lieu, que Wilson aura compris les mécanismes de la nouvelles et saura en jouer. Ce n'est pas abrupte, c'est... disons habituel dans les nouvelles, c'est une autre façon de voir les choses et j'aime.
J'aime aussi sa vision du monde dans 100 ans ; pas d'épidémies, de noires misères ou d'état policier. Les robots gèrent l'économie et les taches ingrates. Les chômeurs ont une allocation et des soins garantis ; garantis cependant par les robots, il faut payer et cher pour les humains. La plus grande privation de ce siècle serait donc le manque de contact humain. J'aime cette réflexion.

Je suis un peu plus mitigée sur la deuxième nouvelle, qui est pourtant celle qui m'avait attiré dans le recueil. Le mariage de la dryade raconte la vie sur la planète Isis de Chaia Martine. À la suite d'un accident, son cerveau a été presque entièrement reconstruit et elle perdu tous ses souvenirs de sa vie "d'avant". Dans quelques jours elle va épouser Gay McInnes, a qui elle était déjà marié sur Terre dans une autre vie...
Tout commence très bien et surtout le premier paragraphe qui donne la couleur : " Chaia Martine avait dix-neuf ans. Sept jours plus tard, elle allait épouser l'homme avec qui elle avait déjà été mariée, dans une autre vie. Et elle ne pensait ne pas aller bien du tout. ", et l'écriture de Robert Charles Wilson ainsi que son histoire est agréable à suivre, mais il me semble qu'il a essayé de dire trop de choses dans ce petit texte. Les notions de génétique, immunité, innovation technologique sont expliquées à chaque pages un peu trop longuement. Ça ne fait pas très naturel et ça alourdit le tout à mon gout. Et c'est dommage parce que la vie sur cette planète est intéressante, l'histoire des premiers colons aussi, mais on n'est en quelque sorte noyée sous l'afflux d'informations pas forcément vitales pour la nouvelle. L'ambiance est agréable, la fin aussi (dans son... disons dans sa sorte d'humour noir), mais le texte boite à cause de cette volonté de trop expliquer tout, tout de suite.

En deux mots : Une très agréable découverte ! Robert Charles Wilson sait écrire de très bonnes nouvelles et YFL - 500 vaut vraiment le coup ; je serais plus réservée sur Le mariage de la dryade, mais je suis quand même ravie d'avoir choisi ce petit opuscule. En plus pour continuer ma découverte de son oeuvre j'ai un de ses romans dans ma bibli., Darwinia, qui me tente beaucoup.
La couverture est très bof par contre, y a un moment où ils devraient s'abstenir de rien mettre si c'est pour nous coller ça.


Nouvelles extraites de Mysterium, romans et nouvelles paru collection Lunes d'encre chez Denoël.
Traduit de l'anglais par Gilles Goullet.

Rangé dans Littérature canadienne le 29 octobre 2011

La jeunesse de Sherlock Holmes (T.1) : L'oeil du corbeau, Shane Peacock.

Publié en 2007.
Société Sherlock Holmes des Dilettantes - Emprunt bibliothèque



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/lajeunessedesherlockholmestome1loeilducorbeau8682290.jpgRésumé : Sherlock Holmes est le fils d’une union décriée entre une jeune aristocrate et un professeur juif sans le sou. Dans le Londres des années 1860, ce mariage rejette la famille en marge de la bonne société. Jeune homme solitaire, fasciné par sa mère à laquelle il est extrêmement attaché, Sherlock a un esprit rebelle et intuitif.
Une ravissante jeune femme est brutalement assassinée à Whitechapel. Arrêté par la police, un jeune Arabe clame son innocence. Sherlock se passionne aussitôt pour l’affaire et débute une enquête parallèle. Une enquête qui va bouleverser sa vie à jamais et fixer à tout jamais son destin.

L'auteur : Shane Peacok (né en 1957 dans l’Ontario) est un biographe, journaliste et auteur de romans policiers pour adultes et pour la jeunesse. La série The Boy Sherlock Holmes compte quatre volumes en langue anglaise, dont le dernier est paru en 2010 : The Secret Fiend.

Mon avis : Evidemment que ce livre me tentait, ai-je encore besoin de préciser que je suis dingue de Sherlock Holmes et que je veux lire toute ce qui a été écrit sur lui ? Bref, j'ai une préférence pour les pastiches jeunesses et j'en ai lu des très bons (les ouvrages de Béatrice Nicodème, Nancy Springer, etc ...), L'oeil du corbeau n'est fait pas partie. Mais genre pas du tout. Si je devais le résumer en deux mots ce serait abracadabrantesque et grandiloquent que je choisirais. Mais je vais essayer de vous faire un avis un minimum structuré pour vous expliquer pourquoi j'ai été légèrement atterré pendant toute ma lecture.
Shane Peacock choisit de nous présenter un Holmes âgé de 13 ans ; ses parents comme dit dans le résumé sont désargentés suite au mariage de sa mère avec un Juif sans le sou. Depuis quelques temps Holmes ne va plus dans l'école publique miteuse où ses parents l'envoie et préfère lire les journaux à sensations dans un parc. Quand il découvre qu'une belle jeune femme a été tué dans Whitechapel son attention est attirée et il voudra tout faire pour résoudre ce crime. Pourquoi ? Oui, c'est ce qu'on pourrait se demander ? Pourquoi ce crime-ci ? Il devait y en avait des dizaines et des dizaines des meurtres à Londres, encore plus à Whitechapel en ce temps là. Tout aussi sanglant et impliquant de belles jeunes femmes. Mais voilà Sherlock a la sensation qu'il doit résoudre ce crime et se fie à des corneilles qui semblent lui parler pour résoudre son enquête ... et oui vous avez bien entendu, des corneilles. On a donc des descriptions assommantes du comportement de ces oiseaux, de leurs moeurs, de leur "jeu" avec Sherlock, de la façon dont elles ont observé le crime et tenté de le montrer à Sherlock ... soupir soupir ...
Ensuite parce que Sherlock a été sur les lieux du crime et parce que le présumé coupable arrêté par la police lui adresse quelque mots, Lestrade senior le fait arrêter, ensuite il rencontre une certaine Irène Doyle (mais là part contre j'ai pas compris l'intérêt d'inventer un personnage rappelant Irène Adler et Conan Doyle en même temps), jeune fille de bonne famille qui l'aide à s'échapper, ensuite il se fait aider de gamins de la rue dont un certain Maléfactor (Moriarty plus jeune ?), puis les corneilles lui donnent des preuves, puis ... oh mais oh stop ! Ce que c'est assommant et pas crédible ! Et bien sûr que Sherlock découvre des preuves grosses comme une maison que les policiers ont loupé (mais là ils sont vraiment nuls s'ils loupé ce qu'il a découvert), bien sûr qu'il a de grandes prises de consciences parce qu'il met la belle Irène en danger, parce qu'il n'a pas de vêtements propres et parce qu'il ne sera jamais riche ...

Et l'écriture. L'écriture mes amis. Déjà tout est au présent. A la limite ça pourrait passer, dans les livres de Daniel Pennac s'est juste merveilleux, mais là quel calvaire. Ca rend tout "sensationnel" comme si on lisait un article de ces journaux à gros titres que lit ce Sherlock ; tout y est grandiloquent, risible, pas crédible. On a des grandes envolées lyriques très chevalier courtois, mais aussi des délires avec de l'argot de nos jours alors que Sherlock essaye de paraître irréprochable en tout. Des répétitions qui ne servent à rien, des phrases trop lourdes, de l'action trop prévisible et qu'on ne lit même plus parce qu'on sait comment elle va aboutir ...
Et je n'ai pas envie d'en dire plus. Car tout est dans la même veine ; la fin est du même acabit, si ce n'est encore plus théâtrale et pénible. Je ne lirais pas la suite ça c'est sûr, mais ça m'a donné envie de me procurer la suite des aventures du Young Sherlock Holmes d'Andrew Lane, qui même s'il n'est pas irréprochable est tout de même beaucoup plus crédible que celui de Shane Peacock.

En deux mots : Une lecture pas décevante parce que je n'en attendais pas la révélation de ma vie de lectrice, mais pénible et laborieuse. On aurait pu mieux servir Sherlock Holmes.


Traduit de l'anglais par Pierre Corbeil.


http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/MiniLogoDilettantessansfond.gif

Rangé dans Littérature canadienne le 8 mars 2011

Mr Doyle et Dr Bell, Howard Engel.

Publié en 1997.
Société Sherlock Holmes des Dilettantes - Challenge ABC 2010 13e livre lu


http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/11616993095404.jpgRésumé : En 1879 à Edimbourg se tient un procès retentissant qui a toutes les chances d'aboutir à une terrible erreur judiciaire. Un homme va être condamné à mort par pendaison pour le meurtre de sa maîtresse, une célèbre chanteuse d'opéra. Mais le frère du prévenu est convaincu de son innocence. Il contacte le Dr Bell, un professeur d'anatomie réputé qui est aussi connu pour ses talents d'enquêteur, dans l'espoir de faire éclater la vérité au grand jour. Le Dr Bell se fera aider par l'un de ses plus brillants étudiants, le... Lire la suite jeune Arthur Conan Doyle qui hésite alors entre la carrière médicale et la vie littéraire...

L'auteur : Howard Engel (né en 1931) est un écrivain de roman policier canadien. Il est très connu pour sa série policière mettant en scène Benny Cooperman qui est une vraie institution au Canada.

Mon avis : C'est après que mon cher papa m'eut demandé comme à son habitude de lui trouver une lecture holmesienne (et oui mon père est celui qui a eu la bonne idée de me lire des aventures de Sherlock Holmes pour m'endormir), que j'ai regardé parmi mes volumes ce qui pourrait lui convenir. C'est ainsi que je me suis dit que Mr Doyle et Dr Bell pourrait faire l'affaire. Mais par soucis professionnel je me suis sacrifiée et j'ai lu l'ouvrage en premier ! Et j'ai bien fait car ce ne sera pas celui-ci que je prêterais à mon cher paternel…
Mr Doyle et Dr Bell (est un titre ridicule mais passons) raconte l'histoire de la collaboration du jeune étudiant Conan Doyle avec le célèbre chirurgien et professeur de la faculté de médecine, Joseph Bell. Le jeune Lambert vient un soir trouver nos deux amis afin qu'ils innocentent son frère d'un meurtre qu'il n'a pas commis et pour lequel il sera bientôt pendu ! Ni une, ni deux Bell accepte l'affaire et Doyle le suit…

Je ne suis pas contre le duo Doyle/ Bell, je l'ai d'ailleurs adoré dans la mini-série de la BBC intitulée Les mystères du véritable Sherlock Holmes (avec ce cher Iain Richardson) ; mais je le suis plus quand le duo est rendue sans style ni vraisemblance.
Apparemment Howard Engel n'a jamais de sa vie ouvert ne serait-ce qu'un biographie de Joseph Bell ou encore et soyons plus vulgaire une de Conan Doyle. Bell nous est décrit comme un célibataire de quarante ans vivant avec sa logeuse, désordonnée, peu à l'aise pour les discours, pas sportif et gros buveur. Alors que Bell est en réalité marié et père depuis de nombreuses années, organisé, à l'aise à l'oral, très sportif et modéré dans tous et donc l'alcool. Paf ça ne passe pas. Il n'a pas fallu dix pages pour le Bell de Engel me tape sur le système. Moi qui ai adoré découvrir sa vie (la vraie) dans l'ouvrage d'Eli M. Liebow je suis tombée de haut face à une si mauvaise lecture du personnage. Quitte à mettre en scène un duo d'enquêteurs autant créer les siens propres au lien de mal utiliser des figures historiques sur qui on peut se documenter… Et Doyle ! Pire que Watson dans ses mauvais jours ! Naïf comme pas deux, toujours à vingt kilomètres derrière son mentor, et si peu crédible quand on a lu son autobiographie. Certes il ne pouvait pas déjà être aussi intelligent que lorsqu'il a innocenté Oscar Slater ou Georges Edalji (voir l'ouvrage de Peter Costello), mais que dans sa jeunesse il ait pu être aussi idiot me semble peu crédible.

Ce qui en outre m'a royalement tapé sur le système sont les incessantes forfanteries de Bell. Il s'adonne évidemment au jeu des déduction qu'il maîtrise si bien, mais avec la morgue d'un Holmes dans ses jours d'ennuis et de façon si peu crédible qu'on a envie de lui mettre trois baffes quand il ouvre la bouche. Un inconnu arrive devant ses yeux et en trois secondes top chrono voilà ce que ça donne : « Ahaha vous venez d'Italie à ce que je vois et vous avez mangez des œufs mayonnaises au petit déjeuner. Votre bonne est préoccupée et votre chat malade. Vous me demanderez comme j'ai pu deviner ces élémentaires informations ? Ahahahah ! Mais je vous dirais que j'ai observé moi môssieur !! Ahaha !! Ahahaha je suis trop fort ! » Tout simplement imbuvable et on y a droit à tous les chapitres ou presque…
Et avant de parler de l'écriture de Howard Engel, parlons de l'histoire… elle traine en longueur. Est saupoudrée de réflexions fracassantes qu'on a vu venir depuis la page 3, et fait des effets de suspens là où il n'y en a pas. On voit venir l'identité du coupable dés sa première apparition (même si elle est à la fin), et on attend que Bell termine son interminable et pénible explication dont on connaît déjà tous les points grâce à ses conversations avec Doyle.

Et l'écriture …oh nom de bleu, l'écriture… un mélange de kitsch et de réflexions qui tombent à plat. On se demande comment tant de platitudes et de détails surnuméraire on va devoir supporter tout au long du roman. Et si l'on avait avancé un chiffre, on sera bien vite dépassé par la réalité de l'ouvrage. Des descriptions grandiloquentes qui ma foi pourraient bien correspondre au caractère de Doyle, mais en si grande quantité et étalé sur des distances si longues qu'on a envie d'étrangler notre narrateur. Des pensées de Doyle si frustes, si lentes, si stupides qu'on se demande s'il ne prend pas lui aussi de cette solution à 7% qui réussi tant à Holmes.

En deux mots : Si l'auteur n'avait eu ne serait-ce que la correction ou la conscience de lire un ouvrage biographique sur Bell, il aurait pu faire du bon travail. Mais ma foi si vous vous moquez de ma réaction offusquée et que vous ne connaissez rien à la vraie vie de Bell et de Doyle, peut-être passerez vous un bon moment. Peut-être.



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Rangé dans Littérature canadienne le 29 novembre 2010

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