Publié en 2010.
Résumé : Flavia de Luce, détective en herbe impertinente, malicieuse et intrépide est de retour pour de nouvelles aventures. Rupert Porson un célèbre marionnettiste de la BBC est de passage dans le village et sa jeune assistante Nialla semble avoir des choses à cacher. De plus, d'étranges choses se déroulent, qui a volé les attaches-pantalons du révérend ? Pourquoi est-ce que le petit garçon des fermiers s'est-il pendu il y a cinq ans ? Et surtout qu'est-ce que cache le marionnettiste qui ne semble lui non plus pas très net...Mon avis : J'ai découvert cette série l'année dernière, quand le premier volume : Les étranges talents de Flavia de Luce sont sortis et que Méloë me l'a offert. Je l'ai lu rapidement après mais je n'ai pas fait de billet dessus pour une raison plutôt simple. J'avais bien aimé, mais je n'étais pas assez rentrée dedans et n'avait pas accroché autant que je le voulais. A vrai dire je ne pensais pas non plus écrire sur ce volume, non pas qu'il ne m'ait pas plu, mais plutôt qu'encore une fois il ne m'ait pas autant plu que je l'aurais souhaité. Et voilà un vrai mystère ! Tout me plaît dans ces livres, les personnages, l'écriture, l'ambiance, les paysages, l'enquête et pourtant je n'arrive pas à accrocher à fond. Peut-être parce que j'en attends trop ? Je ne sais pas, mais en tout cas ça m'agace un peu. Cependant, j'ai vraiment passé un bon moment avec ce ouvrage et j'ai toujours dans la tête les paysages humides des alentours de Buckshaw, du laboratoire de Flavia, etc.
Faisons tout de même une rapide présentation de la série, garantie sans spoiler comme d'habitude. Nous sommes en 1950 dans un petit village anglais, Flavia a onze ans et vit dans le manoir de Buckshaw avec ses deux sœurs et son père. Mais Flavia n'est pas une enfant ordinaire, à onze ans elle a déjà dévoré toute la bibliothèque scientifique de son grand-oncle décédé et chimiste. Elle a même investi son laboratoire pour mener ses propres expériences. Ses préférées ? Synthétiser des poisons. Mais il se passe des choses curieuses à Bishop's Lacey, un marionnettiste ambulant est tombé en panne devant le cimetière, il court des rumeurs sur un enfant retrouvé pendu voilà quelques années...
L'écriture d'Alan Bradley est vraiment chouette. On la reconnaît, elle a quelque chose de travaillé, au contraire par exemple de celle de S.J. Watson dans mon précédent billet. J'ai noté des tas de passages drôles et ou intrigants. Par cette écriture on entre vraiment dans le personnage de Flavia, les formules chimiques, les descriptions de réactions chimiques sont imbriqués dans la narration et cela ne gène pas du tout, même si ça peut quand même être compliqué à comprendre pour de plus jeunes lecteurs. Avec cette écriture on entre aussi dans l'époque ; cela ne fait pas du tout reconstitution à la sauvette et les multiples références livresques, picturales, de politique aussi parfois permettent d'envisager la vie à l'époque. Flavia est aussi tout simplement très drôle et caustique. Je n'imagine pas autrement l'enfance de Sherlock Holmes (et de Méloë non plus à vrai dire, les meurtres en moins j'espère).
L'ambiance est donc géniale et le personnage de Flavia également ; j'apprécie également les autres, à savoir ses sœurs (même si ce sont des vraies pestes et que je ne comprends pas pourquoi Flavia croit encore à leurs mensonges ou s'en offusque), la cuisinière cancaneuses, le père philatéliste complètement dans les choux ou Dogger le majordome-jardinier (je l'aime vraiment beaucoup celui-ci).
L'enquête prend son temps pour s'installer et elle vraiment plaisante à découvrir, même si jusqu'à la venue d'un certain évènement on se demande bien quelle est l'enquête du jour. Cependant la résolution ne m'a pas convaincue, trop rapide par rapport au roman qui prend son temps pour développer son intrigue. Et surtout la façon dont s'est expliqué... je ne sais pas, j'ai du mal d'imaginer Flavia, une gamine de onze ans qui doit faire 1 mètre 12 parler à des policiers comme elle le fait ou faire ce qu'elle fait, bien qu'elle soit qui elle est à savoir un petit génie. Je lirais cependant le troisième volume avec plaisir (ça tombe bien, il sort en novembre prochain).
En deux mots : Une lecture très agréable. Flavia est un personnage attachant et curieux, l'enquête est passionnante et même si la fin ne m'a pas trop convaincue, j'attends la suite avec plaisir.
Traduit de l'anglais par Hélène Hiessler.
The weed that strings the hangman's bag
Illustration de couverture par Iacopo Bruno








