L'enfant de la haute mer, Jules Supervielle.
Publié en 1931.
Challenge La tête en friche, 1er livre lu - Challenge ABC 2010, 15ème livre lu
Résumé : " Comment s'était formée cette rue flottante ? Quels marins, avec l'aide de quels architectes, l'avaient construite dans le haut Atlantique à la surface de la mer, au-dessus d'un gouffre de six mille mètres ? Cette longue rue aux maisons de briques rouges si décolorées qu'elles prenaient une teinte gris-de-France, ces toits d'ardoise, de tuile, ces humbles boutiques immuables ? Et ce clocher très ajouré ? Et ceci qui ne contenait que de l'eau marine et voulait sans doute être un jardin clos de murs, garnis de tessons de bouteilles, par-dessus lesquels sautait parfois un poisson ? "L'auteur : Jules Supervielle (1884-1960) est une écrivain et poète français né en Uruguay. Peu après sa naissance ses parents retournent, pour une visite, à Paris où ils meurent tragiquement. Ce seront son oncle et sa tante qui le ramèneront en Uruguay et l'élèveront comme leur propre fils. Ce n'est que par hasard à ses neuf ans qu'il apprend que ce ne sont pas ses parents biologiques. Il fait toutes ses études à Paris, découvre de nombreux écrivains, écrit des poésies et après moult rebondissement et exil, et revient enfin attaché culturel honoraire de l'Uruguay à Paris.
Mon avis : Je crois que La tête en friche sera un challenge à huit-clos. Quatre participantes dont trois "amies". C'est tant mieux. Nos lectures discrètes seront partagées avec autant de douceur et de passion que possible et nous pourrons le clore ensemble :)
L'enfant de la haute mer et le premier livre du challenge que je lis, et j'en retire un bilan mitigé. Je ne crois pas avoir été sensible au plus haut point à la poésie et aux histoires de Jules Supervielle. Le billet plein d'admiration pour le texte que Cécile a rédigé m'a donné envie de m'y plonger, et surtout de regarder ce qui avait pu la séduire, de bien faire attention à chaque mot. Et je dois reconnaître que L'enfant de la haute mer, la nouvelle éponyme du recueil est jolie et triste aussi. J'ai adoré la façon dont Jules Supervielle décrit le paysage de cette villa aquatique-fantôme. Mais le dernier petit paragraphe expliquant d'où vient l'enfant m'a un peu déçu. Il nous sort, je trouve, en quelque sorte de la fantaisie du texte et à la limite je ne l'aurais pas rédigé de cette façon. Peut-être moins journalistiquement.
Le boeuf et l'âne de la crèche ainsi que Rani, sont les nouvelles que j'ai le moins apprécié. Le sujet d'abord de la première ainsi que le focal sur les animaux m'ont cassé les pieds. Surtout qu'elle plutôt longue. Enfin, Rani je n'ai pas ressenti d'émotions en la lisant.
L'inconnue de la Seine ainsi que Les suites d'une course m'ont par contre beaucoup plus plu. La sorte de morale et d'humour noire qui baigne la première m'a plu, même si cette vision d'un monde sous-marin où vivent les noyés m'a un peu "choqué" au sens ou c'est très peu ragoutant. Les suites d'une course a ce petit truc de fantaisie et de folie qui m'a charmé. Je l'avoue, au départ je n'étais pas très emballée, je me demandais ce que c'était que cet olibrius qui se changeait en cheval, mais en fait, l'attitude de la petite fiancée, et la fin m'ont convaincue que c'était une nouvelle très bien faite et qu'il faudrait que je relise ce recueil un autre jour avec un autre état d'esprit. J'ai pris le mauvais bout, lu en voulant comprendre alors qu'il fallait se laisser bercer par la folie douce et la poésie du texte de Supervielle.
En ce qui concerne les deux nouvelles restantes, Les boiteux du ciel et La fille à la voix de violon, ne m'ont pas déplu franchement mais je n'ai pas bien compris ou abordé leur poésie. La fille à la voix de violon contenait quelque réflexions qui m'ont plu, cependant la fin ne m'a pas trop convaincu. Je pense qu'il y a la une symbolique de la perte de la virginité de la jeune fille (enfin ou pas), mais je n'ai pas trouvé ça très ... je ne sais pas, très adapté, ou parlant ?
En deux mots : La découverte d'un auteur et d'une poésie que je ne connaissais pas. Pas un coup de coeur, mais une nouvelle, Les suites d'une course, qui m'a charmé et qui m'a donné envie de relire plus tard, et mieux, ces quelques nouvelles.
Le petit mot que je ne connaissais pas : Filanzane : sorte de chaise à porteur de Madagascar.
Ce qu'en pensent MeL et Cécile.







Joli mot, filanzane, je l'avais oublié...
J'ai vu à la médiathèque un roman de Supervielle, le titre c'est Le Voleur d'enfants je crois... je pense que j'essaierai de le lire à l'occasion.