La contrebasse, Patrick Süskind.

Publié en 1981.
Genre : Théâtre.


http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/couv20331759.jpgRésumé : La contrebasse est l'instrument le plus gros, le plus puissant et le plus indispensable de l'orchestre, le plus beau aussi, dit d'abord le contrebassiste. Mais bientôt l'éloge pompeux laisse affleurer les frustrations et les rancoeurs du musicien et de l'homme. Et peu à peu la haine d'abord refoulée de cette encombrante compagne s'exprime, se déchaîne et explose jusqu'à la folie...

L'auteur : Patrick Süskind (né en 1949 en Bavière) est un écrivain et scénariste allemand. Après des études d'histoire et de littérature, il travaille comme scénariste pour la télévision. Il écrit en 1981 La Contrebasse, monologue de théâtre fameux, puis en 1985 publie Le parfum qui le révèle au monde entier.


Mon avis : J'avais envie de faire un peu le ménage de ma bibliothèque et de lire enfin les petits livres que j'achète sur un coup de tête et qui pullulent chez moi et prennent beaucoup trop de place. J'vous le dis, mon coffre à livres est plein et ne ferme plus, les étagères débordent et si ça continue je vais devoir investir les tiroirs de mon armoire (elle a la classe mon armoire ; transpercée de part en part de balles de soldats allemand pendant la seconde guerre mondiale, histoire de voir si un petit résistant lorrain se cacherait pas dedans des fois ... bon OK c'est pas la classe c'est glauque) ou alors séquestrer mon père pour qu'il me fabrique enfin de nouvelles étagères. Mais bref toujours est-il que j'ai pris La contrebasse sans conviction après avoir moyennement aimé Le pigeon mais adoré Le parfum. Et je dois dire que c'est une très agréable surprise !
La contrebasse est en fait le monologue d'un contrebassiste (non, sans rire ?). Au départ il nous vante le merveilleux instrument que c'est, que sans lui aucun orchestre ne peut tenir la route et que de musique il n'y a point sans basse. Il digresse fréquemment en nous parlant de compositeurs que je ne connais pas, passe des morceaux de musiques (je suis d'ailleurs en train en d'écouter quelques uns) puis imperceptiblement change de registre ... il nous parle de la belle soprane Sarah qui n'a pas un regard pour lui mais qui a une voix merveilleuse. Des rivalités qu'il y a dans l'orchestre, de la place si minime dans l'orchestre, de la déconsidération dans lequel il baigne. Et j'ai aimé quand il parlait de Sarah, de son désespoir de ne pouvoir l'approcher, de ne pouvoir l'aimer. Et j'étais d'autant plus touchée que je savais qu'à l'image de la bibliothécaire zinzin de La côte 400, on n'aurait pas le fin mot de l'histoire au bout du texte. C'est d'ailleurs bizarre les ressemblances qu'il y a entre ce texte et celui de Sophie Divry. C'est aussi un monologue, d'une femme seule et qui se sent déconsidérée, qui nous fait une histoire du classement Dewey et qui nous parle ensuite de ce bel usager à qui elle n'ose jamais parler ... C'est même si semblable que je trouve ça gênant ...

Mais bref La contrebasse est un texte vraiment passionnant à lire. Tant pour l'écriture de Patrick Süskind que pour son personnage. On suit avec passion ses digressions, ses élans égotistes, ses cris de coeur pour Sarah et sa solitude. L'auteur maîtrise parfaitement la forme et le fond, tout est magnifiquement orchestré et je suis sûr qu'à voir joué ce serait génial. Surtout qu'apparemment Jacques Villeret l'a incarné (enfin je vois pas trop son physique coller au personnage quand même) ... je me demande si on peut en trouver un DVD quelque part tiens.

En deux mots : Une lecture passionnante que les fan de musique aimeront surement mais que les néophyte comme moi pourront aussi apprécier :)

Traduit de l'allemand par Bernard Lortharly.
Illustration de couverture par Sempé.

Rangé dans Littérature allemande le 1er janvier 2011

Par 100choses le 2 janvier 2011
J'avais également adoré le parfum, mais là j'avoue que le thème de la musique ne m'attire pas trop :/ Cela dit j'avais bien envie de relire du Patrick Suskind, alors sais-t-on jamais...
Bref, merci de me faire découvrir-une fois de plus- un titre dont j'ignorais même l'existence.
Par bredouille le 2 janvier 2011
Moi c'était Le pigeon que j'avais préféré. Mais c'est sûr que le texte de La contrebasse doit être très fort sur scène, j'aimerais bien voir ça.
Par 100choses le 3 janvier 2011
Au fait, pour ton armoire, c'est franchement glauque, mais c'est "classe" aussi, je trouve, 'fin, c'est fascinant quelque part, c'est un vrai morceau d'histoire.
Par Raison-et-sentiments le 3 janvier 2011
Ben la musique ne m'attire pas non plus beaucoup même si j'aime ça, mais c'est avant out la façon dont il le raconte et dont il parle de Anna que j'ai aimé :)

PS / Bon oui c'est vrai mais c'est aussi glauque de penser qu'ils tiraient dans les armoires et autres dans l'espoir de zigouiller quelqu'un ...
Par CecileSBlog le 7 janvier 2011
Je l'ai la contrebasse dans ma PAL, comme le pigeon d'ailleurs. Pour ce qui est du monologue du contrebassiste, cela aurait pu être le monologue de l'instrument et pas de l'instrumentiste, cela aurait été d'autant plus atypique.
Par Raison-et-sentiments le 7 janvier 2011
Mais que n'as-tu pas dans ta PAL ? :p
Bonne idée, un monologue de contrebasse ... remarque j'ai bien lu deux livres où les narrateur était une balle en caoutchouc et un blockhaus ...
Par Dame-Meli le 13 janvier 2011
Qui aurait cru, avec un titre pareil, que ce livre serait passionnant ! ^^
Je ne sais plus si c'est celui-ci ou Le Pigeon qui entre dans la liste des 1001 livres qu'il faut avoir lus dans sa vie, mais je tenterai, un jour... :)
 

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