L'homme qui expliquait l'impossible, David Verdier.
Publié en 2010.
Challenge des livres et des régions - Challege ABC 2010, 16e livre lu
Publié en 2010.
Challenge des livres et des régions - Challege ABC 2010, 16e livre lu
Résumé : Une nuit en Brenne... Dans une chambre d’un manoir isolé, le corps d’un homme, sans vie. Andrew Carter, le célèbre cinéaste britannique, a été assassiné ! Ils sont nombreux, ce week-end là, à s’être rassemblés dans cette propriété isolée du Pays des « Mille étangs », au cœur du Berry, à l’invitation de la propriétaire, Madame Straton. Pourtant, il n’existe aucun témoin. Mieux encore, toutes les issues sont fermées de l’intérieur. La chambre est parfaitement close !
Le mystère est entier pour les inspecteurs Tharel et Duchêne, dépêchés sur place. Une affaire en or pour Paul Kestevan, un privé cinéphile et célibataire, réputé pour son esprit retors et son talent à résoudre les « crimes impossibles ».
L'auteur : David Verdier est un jeune auteur de roman et nouvelle français. Son premier ouvrage paru aux éditions de La Bouinotte s'intitule L'homme qui expliquait l'impossible et nous expose un ingénieux problème de chambre close.
Mon avis : Il y a quelques mois sur le forum de la Société Sherlock Holmes de France (pas nous, la célèbre SSHD, l'autre :p), le Dr Twist venait nous parler de son premier roman policier et le faisait si bien que j'ai eu envie de le commander. Il a dormi presque six mois dans mes étagères avant que je décide de faire le grand ménage (comprenez faire baisser ma PAL avant le 31), et il n'a pas mis longtemps avant d'être lu. Et avec plaisir en plus :)
Paul Kestevan est détective privé à Chatauroux ; entre des filatures banales et des histoires de femmes trompées il a trouvé un équilibre mais ne rechigne pas à aider la police dans se enquêtes les plus ... étranges. Et c'est justement ce qui amène les inspecteurs Duchêne et Tharel. Andrew Carter a été assassiné dans la chambre qu'il occupait chez une amie, et manque de pot il semble bien qu'il s'agisse d'un meurtre en chambre close. Paul Kestevan accepte d'aider les deux policiers et se plonge bientôt dans un mystère qui semble s'épaissir un peu plus au fur et à mesure que les indices sont récoltés.
David Verdier avons eut les mêmes lectures, c'est une certitude. On retrouve bien ici l'ambiance assez années 50 des Agatha Christie et bien sûr les inévitables clin d'oeils à Sherlock Holmes. Andrew Carter était donc chez une amie quand il a été tué de deux balles dans le dos ; Mrs Straton, une actrice anglaise, possède une propriété de belle taille dans la Brenne et avait décidé d'inviter plusieurs connaissances autour d'Andrew Carter, scénariste qui allait bientôt tourner un nouveau film. Nous avons donc une vieille maison immense pleines de personnes qui ne se connaissent pas vraiment, où des contentieux couvent. Où une fois les repas terminé on peut se retirer pour fumer dans la bibliothèque ou pour lire dans sa chambre ... très Christien tout cela et très peu accordé, à mon avis, au XXIème siècle. Non pas que ça m'ait déplu, j'adore cette ambiance, mais je me demande si de nos jours ce genre de situations arrivent encore beaucoup. En tout cas, elle me semble plus à son aise dans des années plus antérieures. Que les techniques de la police scientifique ne soient pas présentes ne m'a pas dérangé. Je me doute que dans la réalité, les experts, ne soient pas au centre des choses et que le relevé d'indice ne soit pas non plus ce qui résout toutes les enquêtes. Et en plus dans les romans je trouve cela trop facile de les exploiter trop avant. Ce que je préfère c'est le whodonit ; c'est à dire de découvrir le coupable en étudiant les comportement et les indices (genre le grattement que machin a entendu en se réveillant).
Bref l'ambiance est top mais un peu en décalage avec l'époque à laquelle se déroule l'enquête ; venons en à l'enquête. Et juste les autres petits trucs qui me gênent. David Kestevan est détective privé, hors il me semble assez improbable que la police face appel à un civil aussi rapidement et sans réflexions particulières. Et aussi cette période de 48 heures que ce donne Paul ... OK il faut bien qu'il gagne des sous avec ses autres enquêtes, mais peut-être pourrait-il penser à se faire rémunérer en tant que consultant (ça existe en France ?) et à ne plus nous casser les pieds avec ce délais.
Et maintenant promis je vous parle de l'intrigue. J'ai aimé le déroulement du roman, on retrouve tous les éléments d'une bonne histoire policière, les divers interrogatoires, les divers détails qui nous interpellent et nous font cogiter, et caetera. La présentation du meurtre en chambre close est bien faite et la résolution aussi ! Peut-être aurait-on pu avoir une description plus précise du décors de la maison afin qu'on se représente mieux les lieux du crime ? Mais bon s'agissant du premier roman de l'auteur ce n'est pas une erreur horrible, surtout que peut-être n'est-il pas aussi fan des descriptions que moi.
Je disais donc que la résolution de l'intrigue est bien faite, et c'est vrai. J'ai bien aimé la petite "représentation" de la fin au parfum d'Hercule Poirot, mais peut-être aurait-il été plus sympa de le faire avec tous les autres suspects au manoir ? Je trouve un peu dangereux d'avoir laisser le/la coupable tout(e) seul(e) au manoir pendant que les inspecteurs et les témoins demandé venaient au bureau de Kestevan. De même que j'aurais bien aimé entendre les aveux du/ de la coupable de vive voix.
Mais si Kestevan se concentre uniquement sur le comment du meurtre, il passe complètement à côté du pourquoi, et cela m'a manqué. Certes on a l'explication à la fin, mais je trouve que trouver le pourquoi pendant l'enquête est tout aussi important et impressionnant que de trouver comment.
En deux mots : Un roman policer très sympa à lire au coin du feu ; un petit meurtre en chambre close et l'ambiance années 50 de la demeure et de l'enquête sont très agréables. Je suis curieuse de savoir si l'auteur nous servira la suite des aventures de son détective.
Ce qu'en pense Keisha.
Illustration de couverte par Yvan Bernaer.





