Le vicomte de Bragelonne (T. I, II et III), Alexandre Dumas.
Publié en feuilleton à partir de 1847.
Avril à Décembre 2010.

Publié en feuilleton à partir de 1847.
Avril à Décembre 2010.

Résumé : Dernière page de l'histoire des quatre amis, d'Artagnan, Athos, Porthos et Aramis... Le règne de Louis XIV commence, chacun a vieilli et évolué, mais conserve sa personnalité d'autrefois. Dans ce livre, le héros est le vicomte de Bragelonne, qui n'est autre que le fils d'Athos, mais les anciens mousquetaires ne sont jamais loin quand il s'agit d'intrigues et d'aventures...
L'auteur : Alexandre Dumas (1802-1870) célèbre écrivain français du 19 ème siècle, est notamment l'auteur des Trois Mousquetaires, du Comte de Monte-Cristo, etc.
L'auteur : Alexandre Dumas (1802-1870) célèbre écrivain français du 19 ème siècle, est notamment l'auteur des Trois Mousquetaires, du Comte de Monte-Cristo, etc.
Mon avis : J'ai commencé à lire Le vicomte de Bragelonne en avril dernier, et de ce fait à rédiger mon avis en même temps, tant la matière du livre est abondante. C'est dire ! Trois fois huit cent pages et parfois neuf cent ! 2400 pages d'intrigues, de rebondissements, de voyages et de voltes-faces. C'est plus que mon petit cerveau n'en pouvait supporter vous l'imaginez aisément (pardonnez alors chers amis mon phrasé défraichi, une telle plongée en plein 17ème siècle laisse des traces). Aussi à la fin du deuxième volume fis-je une assez longue pause … de six mois qui prit fin avec la lecture revigorante du Dragon des Arcanes et du Club Dumas. Sautant en selle je pris sur moi d'avaler le plus vite possible une centaine pages et d'ensuite pouvoir considérer qu'arrêter ma lecture là serait pure folie (le tout c'est de plonger après on a plus qu'à nager). Mais je n'eus pas besoin de faire appel à la raison pour continuer de lire Le vicomte de Bragelonne. Retrouver mes chers mousquetaires a été une expérience tout simplement phénoménal. Voir un d'Artagnan au détour des pages m'a ravie, un bout de ce géant de Porthos et même un Aramis m'a comblé. Et ne parlons pas de ce cher Athos qui de tout temps fut mon personnage favoris (si l'on excepte son ennuyeuse faiblesse et immobilité dans Vingt ans après) ou encore de Raoul de Bragelonne qui est parvenu à me plaire malgré sa trop grande noblesse de coeur et ses discours pontifiants. Mais trêve de bavardage et rentrons à présent dans le roman.
Selon la formule consacrée, nous retrouvons nos personnages quinze ans après l'épilogue de Vingt ans après (qui, comme son titre l'indique se déroule … vingt après Les trois mousquetaires. Élémentaire mon cher Dawson). D'Artagnan n'est pas plus content de son sort que dans le précédent volume et malgré ses hauts faits contre le fielleux Mazarin (quel tête à claque celui-là quand même) il n'est pas plus en faveur royale que précédemment et se morfond avec son cher Planchet qui de valet est devenu épicier prospère et avec qui il va œuvrer afin de gagner fortune et gloire. Il n'est pas le seul à se morfondre. Le jeune Louis XIV est sous la coupe de sa régente de mère et de Mazarin encore au pouvoir (il a la tête dure). Il brule d'amour pour une des nièces de l'homme d'église (ce qui celui-ci a parfaitement prévu vous vous en doutez), et ne peut faire un pas sans qu'on lui rappelle que ce n'est pas lui le roi. Tellement que ce n'est pas lui que l'on protège et que l'on entoure mais Mazarin et sa mère. D'artagnan va saisir là une chance de se faire remarquer et d'essayer de mettre au pouvoir un roi qu'il pourrait respecter (même si ce n'est pas gagné avec cette figure de Louis XIV que nous présente Dumas et qui comme on le sait n'est pas si exactement que cela attaché à la rigueur historique).
Aramis qu'on trouvait homme d'église dans Vingt ans après est passé évêque et règne en maître dans sa ville de Vanves. Il rêve de porter l'habit de pape (et on se demande pourquoi quand on voit la tenue des frusques de ce cher Benoît) et complote âprement afin d'y parvenir.
Porthos se porte comme un charme et est le seigneur qu'il a toujours rêvé d'être. A Pierrefond il gouverne en maître et son ancien valet Mousqueton est passé sieur Mousston et lui aussi a pris quelques beaux kilos. Sa naïve gentillesse et amitié le fait être le parfait acolyte d'Aramis qui manœuvre pour porter la calotte papale, et il va bien malgré lui entrer dans les intrigue de ce dernier.
Athos quant à lui est toujours le maître dans son domaine de la Fère. Digne gentilhomme il est aimé de tous, son fils Raoul et son valet Grimaud qui parle toujours si peu. On remarque quand même avec amusement que dans Vingt ans après, Raoul n'était que le protégé d'Athos et que jamais, même si on s'en doute très très fortement, il n'est dit clairement qu'il est son fils. Hors ici dés sa première apparition il n'a que ce mot de père à la bouche et personne ne le dédiera ni s'offusquera de ce qu'on ne connaît pas la mère du garçon … mais baste comme dit d'Artagnan.
Le Vicomte de Bragelonne a de multiples rebondissements et intrigues avec ses 2400 pages. Un peu trop pourrait souffler certains et je serais du nombre. Dumas qui excelle à raconter les pensées de ses personnages, à nous faire part de plans de batailles grandiloquents, et à nous régaler de dialogues savoureux, manque de nous noyer sous la profusion de changement de lieux, de la longueur affolante des dialogues qui jouent trop longtemps sur la vague comique pour être encore drôle au bout de trois pages ou encore de pensées trop longuement présentées. Il faut dire que rassembler les mousquetaires encore une fois, après que c'eût été difficile dans Vingt ans après, est pari risqué. Déjà parce que la belle amitié de nos héros est en berne à commencer par Aramis qui se révèle calculateur et insupportable. Ce que j'aime dans les mousquetaires c'est leur grande et indéfectible amitié. Aussi de ne jamais les voir réuni tous les quatre m'a tué pendant un moment. Surtout que les moments où l'on voit l'un deux sont très courts et souvent peu satisfaisants à mon goût. Athos est redevenu agréable à suivre, d'Artagnan un peu moins avec ce besoin constant de faire fortune, Raoul un peu trop naïf pour qu'on ai pas enfin de lui mettre des claques, Porthos ne déçoit jamais égal à lui-même. Donc tableau en demi-teinte au début, mais cela ne veut pas dire que Le vicomte de Bragelonne n'est pas un roman passionnant ! Oh non ! Surtout pas ! Comme il se trouve un petit moment de mou dans Vingt ans après, il se trouve quelques moments qui auraient pu être raccourcis dans Le vicomte. Mais la joie de retrouver nos amis est sans égale devant ces défauts. On sent que Dumas aurait peut-être dû s'arrêter, mais on ne regrette pas qu'il ne nous ait fait le plaisir de nous représenter encore une fois nos héros. Même si pour cela il faut subir la désillusion d'une amitié mis à mal par les années et les intrigues.
Comme je le disais il y a pléthores d'intrigues dans ce volume. On voyage en Angleterre, en France, on rencontre des rois, Monck, des armées ennemis, des rebelles, des jésuites, des anciens frondeurs, des amis de Fouquet, des maîtresses de Fouquet, des anciennes connaissances … aussi avoir lu l'histoire en deux fois est assez bizarre. Il se trouve que je me suis arrêtée juste après que le roi eut déclaré sa flamme à La Vallière de si charmante façon (j'vous jure ça a fait battre mon p'tit coeur), et qu'après cela même si on continue à suivre les tortueux secrets d'un escalier secret utile aux amants, on découvre l'intrigue du Masque de Fer. Célèbre énigme historique que Dumas met à sa sauce et que ce dernier volume s'engage à nous révéler. Tellement que c'est la seule partie du roman qui ait jamais été traduite en anglais (dixit Pierre Pevel) ! J'ai donc eu l'impression de lire un autre volume des aventures des mousquetaires. On pourrait découper ce Vicomte en plusieurs fois qu'on aurait la matière de trois romans au moins. Cette histoire du masque de fer … il faut dire que sous la plume de Dumas elle ne m'a pas trop convaincue. Je ne développerais pas ce qui m'a semblé louche afin de garder la surprise pour les futurs lecteurs, mais j'ai trouvé ça un peu maladroit et tiré par les cheveux.
Je critique, je critique mais … vraiment quel bonheur (je dirais même quel kiff si j'étais une jeune demoiselle branchée). L'écriture de Dumas est un régal quand elle ne s'alourdit pas de trop, les intrigues passionnantes quand elles ne pêchent pas par excès d'ambition ou de complication, les personnages savoureux quand ils sont présents. C'est un volume, que quiconque ayant aimé Les trois mousquetaires, aimera. Aimera mais avec la nostalgie de la perfection du premier volume des aventures de nos quatre amis. Avec la vision d'un roman qui aurait pu être mieux taillé et moins alourdis. Mais qui l'aimera pour l'aventure, pour les dialogues, pour l'écriture, pour nos héros.
Encore un tout petit mot : le roman à l'origine se terminait sur une épilogue qui nous montrait ce que quatre plus tard étaient devenus nos personnages. Mais la fin sembla trop brusque au rédacteur du Siècle où était publié le roman en feuilleton qui demanda à Maquet, le collaborateur de Dumas, de couper les quinze lignes qui racontaient le sort de d'Artagnan et de lui réserver une fin digne de lui. On remarque tout de suite que cette partie quelques pages est plus lourde que l'ouvrage lui-même, que les dialogues et la narration orale de Dumas sont parties se faire pendre que Maquet a beau avoir le talent de peindre le tableau historique des mousquetaires il ne sait pas se servir des pinceaux du romancier et donner vie à l'histoire ...
En deux mots : Je ne vous ferais pas l'injure de vous commenter chaque partie du roman comme j'en ai envie. J'ai déjà bien assez parlé. Sachez juste que si je critique parfois certains aspects du Vicomte, j'ai beaucoup apprécié ma lecture et que je recommande ce volume. Je le recommande chaudement même s'il faut simplement savoir que ce n'est pas le meilleur de la série des Mousquetaires.
J'ai tellement de choses à dire que je ne sais pas comment faire et qu'il me semble que je ne parle pas assez de l'extrême bonheur que j'ai eu à retrouver nos mousquetaires. Ne doutez pas que ce soit un merveilleux romans chers lecteurs, je ne le sert pas bien mais il vaut la lecture, au moins pour vous en faire votre propre opinion.
Et qu'il faut mieux acheter la version Livre de Poche pour les notes pertinentes et intéressantes de Simone Bertière plutôt que les commentaires bateaux du commentateur de Folio. Et ce qu'elle dit justement à propos du Vicomte de Bragelonne est très juste et je me permets de vous le recopier ici : "Le règne de Louis XIV n'offre rien de comparable aux grands affrontements de la première moitié du siècle : Dumas, contraint d'inventer, tombe parfois dans le rocambolesque. des héros vieillis sont tristes ; comment s'en débarrasser ? L'auteure n'a pas le courage de les tuer assez vite. Sa verve tarit, laissant place, malgré de brillants morceaux, à un délayage un peu laborieux."
Ou alors Pierre Pevel dans L'Élixir d'Oubli : « Ce dimanche, en fin de matinée, Griffont lisait dans son salon. Il avait récemment achevé sa vingt-septième lecture des Trois Mousquetaires. Comme de juste, il avait enchaîné avec Vingt ans après, qu'il aimait moins cependant. Mais la compagnie des héros de Dumas père lui était trop agréable pour qu'il y renonce, malgré quelques longueurs. Il se réjouissait d'ouvrir bientôt l'énorme Vicomte de Bragelonne et savait qu'une mélancolie l'envahirait lorsqu'il devrait abandonner d'Artagnan et son bâton de maréchal au siège de Maastricht. »
Extrait : « Mais qu'importe la douleur des autres à celui qui souffre ? La plaie ouverte dans une autre poitrine adoucit-elle la plaie béante dans la nôtre ? Le sang qui coule à côté de nous tarit-il notre sang ? Cette angoisse universelle diminue-t-elle l'angoisse particulière ? Non, chacun souffre pour soi, chacun lutte avec sa douleur, chacun pleure ses propres larmes. »
Selon la formule consacrée, nous retrouvons nos personnages quinze ans après l'épilogue de Vingt ans après (qui, comme son titre l'indique se déroule … vingt après Les trois mousquetaires. Élémentaire mon cher Dawson). D'Artagnan n'est pas plus content de son sort que dans le précédent volume et malgré ses hauts faits contre le fielleux Mazarin (quel tête à claque celui-là quand même) il n'est pas plus en faveur royale que précédemment et se morfond avec son cher Planchet qui de valet est devenu épicier prospère et avec qui il va œuvrer afin de gagner fortune et gloire. Il n'est pas le seul à se morfondre. Le jeune Louis XIV est sous la coupe de sa régente de mère et de Mazarin encore au pouvoir (il a la tête dure). Il brule d'amour pour une des nièces de l'homme d'église (ce qui celui-ci a parfaitement prévu vous vous en doutez), et ne peut faire un pas sans qu'on lui rappelle que ce n'est pas lui le roi. Tellement que ce n'est pas lui que l'on protège et que l'on entoure mais Mazarin et sa mère. D'artagnan va saisir là une chance de se faire remarquer et d'essayer de mettre au pouvoir un roi qu'il pourrait respecter (même si ce n'est pas gagné avec cette figure de Louis XIV que nous présente Dumas et qui comme on le sait n'est pas si exactement que cela attaché à la rigueur historique).
Aramis qu'on trouvait homme d'église dans Vingt ans après est passé évêque et règne en maître dans sa ville de Vanves. Il rêve de porter l'habit de pape (et on se demande pourquoi quand on voit la tenue des frusques de ce cher Benoît) et complote âprement afin d'y parvenir.
Porthos se porte comme un charme et est le seigneur qu'il a toujours rêvé d'être. A Pierrefond il gouverne en maître et son ancien valet Mousqueton est passé sieur Mousston et lui aussi a pris quelques beaux kilos. Sa naïve gentillesse et amitié le fait être le parfait acolyte d'Aramis qui manœuvre pour porter la calotte papale, et il va bien malgré lui entrer dans les intrigue de ce dernier.
Athos quant à lui est toujours le maître dans son domaine de la Fère. Digne gentilhomme il est aimé de tous, son fils Raoul et son valet Grimaud qui parle toujours si peu. On remarque quand même avec amusement que dans Vingt ans après, Raoul n'était que le protégé d'Athos et que jamais, même si on s'en doute très très fortement, il n'est dit clairement qu'il est son fils. Hors ici dés sa première apparition il n'a que ce mot de père à la bouche et personne ne le dédiera ni s'offusquera de ce qu'on ne connaît pas la mère du garçon … mais baste comme dit d'Artagnan.
Le Vicomte de Bragelonne a de multiples rebondissements et intrigues avec ses 2400 pages. Un peu trop pourrait souffler certains et je serais du nombre. Dumas qui excelle à raconter les pensées de ses personnages, à nous faire part de plans de batailles grandiloquents, et à nous régaler de dialogues savoureux, manque de nous noyer sous la profusion de changement de lieux, de la longueur affolante des dialogues qui jouent trop longtemps sur la vague comique pour être encore drôle au bout de trois pages ou encore de pensées trop longuement présentées. Il faut dire que rassembler les mousquetaires encore une fois, après que c'eût été difficile dans Vingt ans après, est pari risqué. Déjà parce que la belle amitié de nos héros est en berne à commencer par Aramis qui se révèle calculateur et insupportable. Ce que j'aime dans les mousquetaires c'est leur grande et indéfectible amitié. Aussi de ne jamais les voir réuni tous les quatre m'a tué pendant un moment. Surtout que les moments où l'on voit l'un deux sont très courts et souvent peu satisfaisants à mon goût. Athos est redevenu agréable à suivre, d'Artagnan un peu moins avec ce besoin constant de faire fortune, Raoul un peu trop naïf pour qu'on ai pas enfin de lui mettre des claques, Porthos ne déçoit jamais égal à lui-même. Donc tableau en demi-teinte au début, mais cela ne veut pas dire que Le vicomte de Bragelonne n'est pas un roman passionnant ! Oh non ! Surtout pas ! Comme il se trouve un petit moment de mou dans Vingt ans après, il se trouve quelques moments qui auraient pu être raccourcis dans Le vicomte. Mais la joie de retrouver nos amis est sans égale devant ces défauts. On sent que Dumas aurait peut-être dû s'arrêter, mais on ne regrette pas qu'il ne nous ait fait le plaisir de nous représenter encore une fois nos héros. Même si pour cela il faut subir la désillusion d'une amitié mis à mal par les années et les intrigues.
Comme je le disais il y a pléthores d'intrigues dans ce volume. On voyage en Angleterre, en France, on rencontre des rois, Monck, des armées ennemis, des rebelles, des jésuites, des anciens frondeurs, des amis de Fouquet, des maîtresses de Fouquet, des anciennes connaissances … aussi avoir lu l'histoire en deux fois est assez bizarre. Il se trouve que je me suis arrêtée juste après que le roi eut déclaré sa flamme à La Vallière de si charmante façon (j'vous jure ça a fait battre mon p'tit coeur), et qu'après cela même si on continue à suivre les tortueux secrets d'un escalier secret utile aux amants, on découvre l'intrigue du Masque de Fer. Célèbre énigme historique que Dumas met à sa sauce et que ce dernier volume s'engage à nous révéler. Tellement que c'est la seule partie du roman qui ait jamais été traduite en anglais (dixit Pierre Pevel) ! J'ai donc eu l'impression de lire un autre volume des aventures des mousquetaires. On pourrait découper ce Vicomte en plusieurs fois qu'on aurait la matière de trois romans au moins. Cette histoire du masque de fer … il faut dire que sous la plume de Dumas elle ne m'a pas trop convaincue. Je ne développerais pas ce qui m'a semblé louche afin de garder la surprise pour les futurs lecteurs, mais j'ai trouvé ça un peu maladroit et tiré par les cheveux.
Je critique, je critique mais … vraiment quel bonheur (je dirais même quel kiff si j'étais une jeune demoiselle branchée). L'écriture de Dumas est un régal quand elle ne s'alourdit pas de trop, les intrigues passionnantes quand elles ne pêchent pas par excès d'ambition ou de complication, les personnages savoureux quand ils sont présents. C'est un volume, que quiconque ayant aimé Les trois mousquetaires, aimera. Aimera mais avec la nostalgie de la perfection du premier volume des aventures de nos quatre amis. Avec la vision d'un roman qui aurait pu être mieux taillé et moins alourdis. Mais qui l'aimera pour l'aventure, pour les dialogues, pour l'écriture, pour nos héros.
Encore un tout petit mot : le roman à l'origine se terminait sur une épilogue qui nous montrait ce que quatre plus tard étaient devenus nos personnages. Mais la fin sembla trop brusque au rédacteur du Siècle où était publié le roman en feuilleton qui demanda à Maquet, le collaborateur de Dumas, de couper les quinze lignes qui racontaient le sort de d'Artagnan et de lui réserver une fin digne de lui. On remarque tout de suite que cette partie quelques pages est plus lourde que l'ouvrage lui-même, que les dialogues et la narration orale de Dumas sont parties se faire pendre que Maquet a beau avoir le talent de peindre le tableau historique des mousquetaires il ne sait pas se servir des pinceaux du romancier et donner vie à l'histoire ...
En deux mots : Je ne vous ferais pas l'injure de vous commenter chaque partie du roman comme j'en ai envie. J'ai déjà bien assez parlé. Sachez juste que si je critique parfois certains aspects du Vicomte, j'ai beaucoup apprécié ma lecture et que je recommande ce volume. Je le recommande chaudement même s'il faut simplement savoir que ce n'est pas le meilleur de la série des Mousquetaires.
J'ai tellement de choses à dire que je ne sais pas comment faire et qu'il me semble que je ne parle pas assez de l'extrême bonheur que j'ai eu à retrouver nos mousquetaires. Ne doutez pas que ce soit un merveilleux romans chers lecteurs, je ne le sert pas bien mais il vaut la lecture, au moins pour vous en faire votre propre opinion.
Et qu'il faut mieux acheter la version Livre de Poche pour les notes pertinentes et intéressantes de Simone Bertière plutôt que les commentaires bateaux du commentateur de Folio. Et ce qu'elle dit justement à propos du Vicomte de Bragelonne est très juste et je me permets de vous le recopier ici : "Le règne de Louis XIV n'offre rien de comparable aux grands affrontements de la première moitié du siècle : Dumas, contraint d'inventer, tombe parfois dans le rocambolesque. des héros vieillis sont tristes ; comment s'en débarrasser ? L'auteure n'a pas le courage de les tuer assez vite. Sa verve tarit, laissant place, malgré de brillants morceaux, à un délayage un peu laborieux."

Ou alors Pierre Pevel dans L'Élixir d'Oubli : « Ce dimanche, en fin de matinée, Griffont lisait dans son salon. Il avait récemment achevé sa vingt-septième lecture des Trois Mousquetaires. Comme de juste, il avait enchaîné avec Vingt ans après, qu'il aimait moins cependant. Mais la compagnie des héros de Dumas père lui était trop agréable pour qu'il y renonce, malgré quelques longueurs. Il se réjouissait d'ouvrir bientôt l'énorme Vicomte de Bragelonne et savait qu'une mélancolie l'envahirait lorsqu'il devrait abandonner d'Artagnan et son bâton de maréchal au siège de Maastricht. »
Extrait : « Mais qu'importe la douleur des autres à celui qui souffre ? La plaie ouverte dans une autre poitrine adoucit-elle la plaie béante dans la nôtre ? Le sang qui coule à côté de nous tarit-il notre sang ? Cette angoisse universelle diminue-t-elle l'angoisse particulière ? Non, chacun souffre pour soi, chacun lutte avec sa douleur, chacun pleure ses propres larmes. »





