Le protectorat de l'ombrelle (T.1) : Sans âme, Gail Carriger.
Publié en 2009.
Publié en 2009.
Résumé : Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?L'auteure : Gail Carriger est le nom de plume de Tofa Borregaard ; archéologue et auteure de romans steam-punk elle est née en Californie où elle a fait ses études. Elle publie son premier roman en 2009.
Mon avis : C'est d'abord le nom de la série qui a titillé ma fibre scientifique : Le protectorat de l'ombrelle. Oui certes, mais encore ? Puis le résumé de l'ouvrage et la lecture des premières pages. Résultat j'ai craqué et je ne le regrette pas. Par contre avant de vous dire ce que j'en pense plus en détails, je vais parler un peu de la conception du bouquin. Pas besoin d'être fabricant pour remarquer que celui qui a fait la maquette de l'ouvrage ne sait pas compter (enfin celui qui a transmis les mesures au maquettiste si l'on veut être juste). Ou bien le massicot a coupé trop court chez l'imprimeur/façonnier, mais cela m'étonnerait. Il manque clairement un millimètre de large de chaque côté du bouquin. Ce qui fait que lorsqu'on tient le bouquin en face de soi, on voit dépasser le bloc texte d'un petit millimètre. Vous allez vous dire, on s'en fout c'est pas beaucoup, mais ça ne fait pas propre et bien terminé et c'est dommage. Soit il n'avait pas prévu la nécessaire marge pour le débord de colle, soit il ne savait pas calculer correctement la largueur d'un dos et par-là même le format développé de la couverture. Tss.
Mais parlons du bouquin maintenant.
Sans âme est un agréable mélange entre steampunk et fantasy urbaine. Voir bit-lit, même si ce terme est d'une inélégance frustre. On découvre un royaume d'Angleterre où les créatures surnaturelles (fantômes, garous et vampires) sont acceptés dans la société et ont même leur place au gouvernement de sa majesté. Alexia Tarabotti (que j'ai voulu appeler Tarabiscotti tout le long de ma lecture) est elle aussi étrange mais d'une autre manière. Les créatures surnaturelles le deviennent par morsure, et ceux qui ont un excédent d'âme survivent, les autres meurent (cette histoire d'âme est assez épineuse à comprendre au début). Mais Alexia n'a pas d'âme. Cela fait d'elle l'antidote parfait aux pouvoirs surnaturels et un simple contact de sa main annule les attributs magiques de toute créature surnaturelle. Mais Alexia a aussi la tare d'être une vieille fille, au teint olive, au nez un peu long et au père fâcheusement italien et mort de surcroit. Mais quand un vampire nouveau né l'attaque dans la bibliothèque d'une demeure où a lieu un bal, les choses se compliquent un poil pour ell ... et il se pourrait même que le beau garou Lord Maccon ait d'autres projets à son encontre.
Vous l'aurez compris, le premier volume du Protectorat de l'ombrelle est une roman drôle, passionnant et décalé. Une héroïne sans âme qui doit composer avec les bonnes manières victoriennes et en plus combattre des vampires, c'est excellent. Alexia est intelligente, mais terriblement vieille, 26 ans au moins, elle aime donner son avis et s'instruire. Ce qui fait que les messieurs l'évitent et que sa mère regrette chaque jour d'avoir épousé un italien.
La confrontation entre le protocole d'habillement, de bonnes manières, de salutation et de politesse coincée et l'étrangeté des êtres surnaturels donne un relief hilarant à l'histoire et permet de la démarquer d'autres romans plus communs et contemporains de fantasy urbaine. L'histoire des âmes m'a largement laissé perplexe je l'avoue, mais on comprend en lisant, et j'ai beaucoup aimé cela, que cette explication d'excédent d'âme n'est surtout qu'un théorie avancée par la communauté scientifique faute de mieux. On découvre avec Alexia l'évolution des sciences, l'apparition du chloroforme, des dirigeables et d'autres machines bizarroïdes (dont une qui permet de prendre le thé dans un buggy ou de déployer une ombrelle géante afin de ne pas gâter le teint des demoiselles). On découvre aussi les êtres surnaturels et surtout les garous avec Lord Maccon... si intéressant scientifiquement parlant :) L'histoire entre lui et Alexia est visible à des kilomètres, mais est agréable à se mettre sous la dent, comme une petite religieuse à la vanille par un après-midi d'été. J'ai également adoré retrouver des garous, depuis que je lis Mercy Thompson ils me sont très sympathiques, et j'ai donc été ravie de les retrouver ici et de découvrir comment Gail Carriger les imaginait.
Le style de l'auteure est sympa. Parsemée de petites réflexions hilarantes (je n'arrive vraiment pas à vous expliquer ce qui m'a fait pouffer de rire), et de réactions décalées. Certes parfois certains passages sont un peu lourd, trop répétitif, mais ça passe. Par contre il doit y avoir un problème au niveau de la traduction parce que certaines tournures de phrases sont trop anglophone et semblent traduites littéralement. Il y a aussi quelques passages assez brouillon, mais globalement j'ai aimé.
L'intrigue se tient aussi, mais ce ne me semble pas le plus important dans la lecture. La découverte du monde d'Alexia, des personnages et de sa relation avec Lord Maccon est amplement suffisante. J'ai beaucoup aimé la fin (à part peut-être la scène de la diligence où tout est trop suggéré pour comprendre ce qu'il se passe et sans que cela me semble follement utile), et j'ai envie de la lire la suite. Les deux volumes suivants sont déjà disponibles en anglais, et vu que la premier vient juste de sortir en français on aura pas le suivant avec longtemps, du coup si mon budget le permet je prendrais bien la suite en anglais ; histoire de voir aussi comment est le style réel de l'auteure.
En deux mots : Une lecture agréable et drôle. Laissez vous tenter par les aventures de cette Amélia Peabody de la plus belle eau.
Traduit de l'anglais par Sylvie Denis.
• > Le protectorat de l'ombrelle : Sans forme (T.2) • Blameless (T.3)






Ca a l'air frais et sympathique et la couverture est très jolie. Puis bon, si on est plongés en pleine époque victorienne, je ne peux pas vraiment résister :D