Persuasion, Jane Austen.
Publié en 1818 (écrit de 1815 à 1816).
Résumé : Anne Elliot tombe amoureuse d'un officier de la marine, Frederick Wentworth, mais sa famille s'oppose à ce mariage considérant son fiancé comme ni assez noble ni assez riche. Ils la persuadent ainsi de rompre ses fiançailles. Neuf ans plus tard, alors qu'Anne vit dans le regret, Frederick revient au pays avec une fortune importante et une bonne réputation. Devenu très bon parti, l'amour d'Anne sera-t-il suffisant pour convaincre Frederick de lui pardonner d'avoir cédée à la volonté de sa famille ?L'auteure : Jane Austen (1775 - 1817) est une romancière anglaise célèbre pour ses romans dépeignant la société anglaise avec ironie et discernement.
Mon avis : Cela fait deux ans que je n’avais pas lu de roman de Jane Austen (sauf peut-être le court Lady Susan, mais s’agissant d’une œuvre de jeunesse, je ne vais pas le compter), et c’est ces derniers jours avec la lecture de Darcy’s Diary le visionnage de Emma que j’ai eu envie de me plonger dans Persuasion ; surtout que les articles de Mlle Alice sur le sujet (et avec en tête l’image du Capitaine Wentworth incarné par Rupert Penry-Jones) m’ont convaincue. Il faut remettre le roman dans son contexte, c’est le dernier qu’Austen ait écrit et elle n’a pas pu comme les autres le retravailler et il est en fait sa première mouture. Cela se voit dans ses situations qu’on aurait voulu plus développé, des explications un peu bancales (le caractère de William Elliot est trop volontiers vilain et pas beau, pas assez de nuance), des choses qui trainent un peu en longueurs, et un style un peu moins fluide que d'ordinaire. Mais on découvre aussi des perles. Les deux premières pages du roman, la description du caractère de Sir Walter Elliot et cette phrase que je me rappellerais toujours : « La vanité était le fin et le commencement du caractère de Sir Walter Elliot. » m’ont comblé. L’écriture de Jane Austen est parfaite en ce moment. Juste, équilibrée, ironique, incisive, tellement que j’ai douté de l’avoir trouvé ainsi dans ses autres romans. Et cela se poursuit dans tous le roman, ponctuellement, des passages plus volontiers mordants et ironiques, de douces moqueries sur les personnages, des remarques plus « violentes » que ce à quoi on peut être habitué avec elle, mais cela je le pense est lié au caractère « peu achevé » du roman.
Persuasion a aussi de cela singulier que notre héroïne n’est pas jeune et ne cherche pas l’amour (dit comme ça les romans de Jane Austen semblent être des crétineries pour ado enamourées, mais bon je ne suis pas écrivain, alors pardonnez mon incompétence) ; elle l’a trouvé presque dix ans auparavant mais c’est résolu à ne pas l’épouser sous la persuasion de Lady Russell, qui pour elle se rapproche le plus d’une mère (tout l’enjeu alors du roman consiste à montrer la façon dont le caractère de Anne a pu évoluer et la façon dont elle voit son imprudence passée). Mais « pour un cœur fidèle, huit années ne signifient pas grand-chose ». L’autre attrait du roman - selon mon avis - repose, outre le fait de jouir de l’écriture de Jane Austen, sur la façon dont le capitaine et Anne vont parvenir à se retrouver finalement amoureux et avec pleins d’enfants. Et sur ce point-là on peut se montrer satisfait… je ne vais pas dire à cent pour cent car le caractère « manuscrit » de ce roman ne permet pas de profiter de ce que Jane Austen aurait pu faire avec plus de temps et de réécriture. Mais l’on est satisfait et j’ai souri plus d’une fois en lisant la fin. Même si je trouve le roman vraiment très court et que cela me frustre. Que de développements auraient pu être ajoutés si Jane Austen en avait eu le temps. L'histoire du Capitaine et de Anne est aussi beaucoup plus mélancolique que les autres, et ne m'a pas autant charmée que celle de Emma. Mais j'ai lu ce roman dans une optique précise, découvrir enfin l'histoire et je sais que je le relirais plus tard et que peut-être l'histoire cette fois-ci, une fois habituée au petit manque de fluidité me séduire surement d'une autre façon. J'ai été touché par contre par la situation de Anne ; l'indifférence et la bêtise de sa famille, les remarques blessantes, l'insensibilité de sa sœur avec ses maux imaginaires, l'orgueil de son père. J'avais envie de leur mettre des baffes à tous.
Je ne suis par contre pas très satisfaite de la traduction d’André Belamiche ; les dialogues souvent indirects d’Austen sont mal rapportés, des cadratins (des « tirets de dialogue ») sont apposés n’importe où et certaines tournures m’ont gêné (mais comment faire le distinguo entre ce que Austen a réellement fait et la perte d’informations liée à la traduction ?). Il y a de plus un nombre assez importante de fautes de typographies pour que cela soit signalé et particulièrement des problèmes de majuscules qui se baladent toutes seules, de points oubliés ou même une lettre disparue.
En deux mots : Si ce roman n’est pas mon favoris, en cela dû au fait qu’il n’a pas pu être autant relu et travaillé que ses autres romans, j’ai beaucoup apprécié les éclats de la plume de Jane Austen, les impertinences, l’ironie, les bons mots qui laissent présager que ce roman aurait pu être plus qu’exceptionnel. Ah et oui je suis amoureuse du Capitaine Wentworth.
Persuasion a aussi de cela singulier que notre héroïne n’est pas jeune et ne cherche pas l’amour (dit comme ça les romans de Jane Austen semblent être des crétineries pour ado enamourées, mais bon je ne suis pas écrivain, alors pardonnez mon incompétence) ; elle l’a trouvé presque dix ans auparavant mais c’est résolu à ne pas l’épouser sous la persuasion de Lady Russell, qui pour elle se rapproche le plus d’une mère (tout l’enjeu alors du roman consiste à montrer la façon dont le caractère de Anne a pu évoluer et la façon dont elle voit son imprudence passée). Mais « pour un cœur fidèle, huit années ne signifient pas grand-chose ». L’autre attrait du roman - selon mon avis - repose, outre le fait de jouir de l’écriture de Jane Austen, sur la façon dont le capitaine et Anne vont parvenir à se retrouver finalement amoureux et avec pleins d’enfants. Et sur ce point-là on peut se montrer satisfait… je ne vais pas dire à cent pour cent car le caractère « manuscrit » de ce roman ne permet pas de profiter de ce que Jane Austen aurait pu faire avec plus de temps et de réécriture. Mais l’on est satisfait et j’ai souri plus d’une fois en lisant la fin. Même si je trouve le roman vraiment très court et que cela me frustre. Que de développements auraient pu être ajoutés si Jane Austen en avait eu le temps. L'histoire du Capitaine et de Anne est aussi beaucoup plus mélancolique que les autres, et ne m'a pas autant charmée que celle de Emma. Mais j'ai lu ce roman dans une optique précise, découvrir enfin l'histoire et je sais que je le relirais plus tard et que peut-être l'histoire cette fois-ci, une fois habituée au petit manque de fluidité me séduire surement d'une autre façon. J'ai été touché par contre par la situation de Anne ; l'indifférence et la bêtise de sa famille, les remarques blessantes, l'insensibilité de sa sœur avec ses maux imaginaires, l'orgueil de son père. J'avais envie de leur mettre des baffes à tous.
Je ne suis par contre pas très satisfaite de la traduction d’André Belamiche ; les dialogues souvent indirects d’Austen sont mal rapportés, des cadratins (des « tirets de dialogue ») sont apposés n’importe où et certaines tournures m’ont gêné (mais comment faire le distinguo entre ce que Austen a réellement fait et la perte d’informations liée à la traduction ?). Il y a de plus un nombre assez importante de fautes de typographies pour que cela soit signalé et particulièrement des problèmes de majuscules qui se baladent toutes seules, de points oubliés ou même une lettre disparue.
En deux mots : Si ce roman n’est pas mon favoris, en cela dû au fait qu’il n’a pas pu être autant relu et travaillé que ses autres romans, j’ai beaucoup apprécié les éclats de la plume de Jane Austen, les impertinences, l’ironie, les bons mots qui laissent présager que ce roman aurait pu être plus qu’exceptionnel. Ah et oui je suis amoureuse du Capitaine Wentworth.
Adaptation de 2007.

Imaginez les effets d’un beau cavalier vêtu de noir sur une jeune fille au caractère si faible que le mien ? Dévastateur pas moins. Surtout si le cavalier est le capitaine Wentworth (aka Rupert Penry-Jones) et que j’en sois amoureuse. Franchement dites-moi qui ne peut pas tomber amoureux du Capitaine ? Après ces bonnes paroles laissez-moi vous annoncer simplement que Rupert Penry-Jones incarne le meilleur Capitaine Wenworth de l'univers entier ; qu'il joue très bien, qu'il est beau à tomber par terre (ce que Anne fait d'ailleurs), que le noir lui sied à merveille et que je veux le même pour noël.
Je n'ai pas vu d'autres adaptation de ce roman (normal vu que j'ai terminé de le lire à minuit hier et que ensuite j'ai enchainé avec le film), mais je suis sûr que son interprétation est incomparable. Sally Hawkins... bon... elle joue bien... mais je sais pas, son jeu est trop mou, ses hésitations, trop manifestes. Elle fait un peu comme Romola Garai dans Emma, elle a la buche sans cesse ouverte et ses façons ne sont pas très regency.
Si le film réussi à rendre plus logique certaines choses, coupe certaines scènes avec talent, il change la fin et fait un truc beaucoup trop... mélodramatique et longuette. J'aime la scène avec le Capitaine qui vient à la maison de Camden Place pour faire la commission de l'Amiral Croft, c'est franchement bien trouvé, mais ensuite je trouve que cela tire en longueur. On zappe aussi la réaction de la famille d'Anne au mariage et ç'aurait été intéressant à noter.
Par contre le père de Anne et Elizabeth sont très bien joués ; le père est à baffer tout le temps, mais très bien dans son rôle. Lady Russell ne m'a pas convaincu, non plus que la scène inventée du début du film entre elle et Anne (et son introduction intéressante, mais trop longuette). J'ai aimé par contre que le début du roman qui explique pourquoi sir Walter doit louer Kellynch, ne soit pas mis textuellement, mais évoqué au hasard des conversations.
Comme le roman est court, le film est court et ça me rend très très triste ; je crois que je vais le revoir ce soir. Mais pour autant que j'en puisse juger quelques minutes après avoir terminé le roman, c'est une adaptation qui m'a plu et j'irais peut-être en regarder de plus anciennes, seulement le souvenir d'un capitaine Wentworth incarné par Rupert Penry-Jones ne saurait être effacé ou surpassé.
Je n'ai pas vu d'autres adaptation de ce roman (normal vu que j'ai terminé de le lire à minuit hier et que ensuite j'ai enchainé avec le film), mais je suis sûr que son interprétation est incomparable. Sally Hawkins... bon... elle joue bien... mais je sais pas, son jeu est trop mou, ses hésitations, trop manifestes. Elle fait un peu comme Romola Garai dans Emma, elle a la buche sans cesse ouverte et ses façons ne sont pas très regency.
Si le film réussi à rendre plus logique certaines choses, coupe certaines scènes avec talent, il change la fin et fait un truc beaucoup trop... mélodramatique et longuette. J'aime la scène avec le Capitaine qui vient à la maison de Camden Place pour faire la commission de l'Amiral Croft, c'est franchement bien trouvé, mais ensuite je trouve que cela tire en longueur. On zappe aussi la réaction de la famille d'Anne au mariage et ç'aurait été intéressant à noter.
Par contre le père de Anne et Elizabeth sont très bien joués ; le père est à baffer tout le temps, mais très bien dans son rôle. Lady Russell ne m'a pas convaincu, non plus que la scène inventée du début du film entre elle et Anne (et son introduction intéressante, mais trop longuette). J'ai aimé par contre que le début du roman qui explique pourquoi sir Walter doit louer Kellynch, ne soit pas mis textuellement, mais évoqué au hasard des conversations.
Comme le roman est court, le film est court et ça me rend très très triste ; je crois que je vais le revoir ce soir. Mais pour autant que j'en puisse juger quelques minutes après avoir terminé le roman, c'est une adaptation qui m'a plu et j'irais peut-être en regarder de plus anciennes, seulement le souvenir d'un capitaine Wentworth incarné par Rupert Penry-Jones ne saurait être effacé ou surpassé.
Rupert Penry-Jones : le capitaine Wenworth.
Sally Hawkins : Anne Elliot.





J'ai un jour lu quelque part qu'Anne était l'héroïne austenienne qui se rapprochait le plus de Jane Austen...Moi j'ai toujours pensé que Jane devait avoir un peu plus de caractère que ça !
Sinon je suis très fan de l'adaptation, moi...J'aime bien Sally Hawkins. Quant à Rupert Penry-Jones...hiiiiiiiiiiiiiii XD. J'adore la scène où elle court à travers Bath (même si j'ai vu qu'elle ne plaisait pas trop cette scène ^^^).