Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains.
Publié en 1922.
Genre : Théâtre.
Résumé : LE TAMBOUR - Quand j'ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. Ça me chatouille, ou plutôt ça me gratouille.
KNOCK - Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous gratouille ?
LE TAMBOUR - Ça me gratouille. Mais ça me chatouille bien un peu aussi...
KNOCK - Est-ce que ça ne vous gratouille pas davantage quand vous avec mangé de la tête de veau à la vinaigrette ?
LE TAMBOUR - Je n'en mange jamais. Mais il me semble que si j'en mangeais, effectivement, ça me gratouillerait plus.
L'auteur : Louis Henri Jean Farigoule dit Jules Romains (1885-1972) et un poète et écrivain français membre de l'Académie Française. Agrégé de philosophie, il est proche du groupe de l'Abbaye de Créteil (phalanstère fondé à Créteil en 1906 par Georges Duhamel et Charles Vidrac). Avec ces membres il découvre en 1912 la littérature de Jean-Pierre Brisset qu'il fera couronner Prince des Penseurs.
Mon avis : Je me suis jetée sur cette pièce de théâtre, comme un amateur de pâtisserie sur une religieuse à la vanille, un pingouin sur du poisson pané, bref après quatre jours de laryngite et de larvage devant la télé la moitié de mes neurones avaient fondus et c'est pour ça que je peux sans complexe vous faire tous ces jeux de mots pourris :D Je dis souvent que je n'aime pas lire de théâtre mais c'est un peu une connerie ... j'en ai tellement peu lu dans ma longue vie que c'est risible de juger là-dessus. D'autant que lorsque je choisis bien les pièces je suis ravie ; alors promis maintenant je vais élargir ma culture théâtrale et arrêter de dire des bêtises.
L'histoire est la suivante : le docteur Parpalaid quitte le village de Saint-Maurice où il a une petite clientèle et où il ne fait pas beaucoup de profit. Il pense gruger Knock à qui il a vanté et vendu fort cher sa dite clientèle, sauf qu'il ne connait pas Knock et qu'avant deux mois celui-ci aura déjà triplé le volume de ses visites, de ses prescriptions ... et des malades de la région.
J'ai beaucoup beaucoup aimé cette pièce ! C'est drôle, plein d'humour noir et la rhétorique avec laquelle Knock parvient à faire son nid est imparable. Il arrive à retourner n'importe qui comme une crêpe, à "rendre malade" des gens et à ce qu'ils le restent, à mettre les gens influents et utiles à sa profession dans sa poche et à les préserver de cette psychose du microbe et de la maladie qu'il instaure. Il utilise à fond cette phrase de Claude Bernard qu'il détourne à son avantage : "Les gens bien portants sont des malades qui s'ignorent". Vraiment c'est juste génial à lire ! On se demande s'il est simplement tellement obsédé par les microbes qu'il en voit partout (ce qu'il confesse un peu quand il dit que "Dés que je suis en présence de quelqu'un, je ne puis pas m'empêcher qu'un diagnostic s'ébauche en moi ..."), et qu'en même temps il a un esprit machiavélique qui lui permet de tisser sa toile et se faire une clientèle, ou plutôt de changer en un hôpital géant tout le conté. Il parvient même à entortiller Parpalaid à la fin :)
En deux mots : Une découverte théâtrale très très très agréable ! Une pièce drôle et intelligente :)





