Bakuman (T.1), Tsugumi Ohba et Takeshi Obata.
Publié en 2008.
Publié en 2008.
Résumé : Mashiro possède un don évident pour le dessin. Il est secrètement amoureux de Miho Azuki. Akito Takagi, le meilleur élève de sa classe, écrit des scénarios et souhaite que Mashiro les transpose en manga. La lente ascension pour réaliser le meilleur manga jamais édité commence maintenant !Mon avis : J'ai adoré lire Death Note il y a quelques années, même si je me suis arrêté au volume 6 (ben oui c'était L. mon personnage préféré et ensuite ça devient n'imporquaw je trouve), j'étais curieuse de voir ce que le duo Tsugumi Ohba et Takeshi Obata pouvait nous sortir de nouveau. De plus le sujet de Bakuman, deux jeunes gens qui veulent devenir mangaka, avait de quoi intéresser une lectrice de manga. J'ai donc acheté le premier volume et ...
- Les coulisses du manga : Je m'étais déjà, grâce aux encarts dans les Naruto où le mangaka parle, ou bien en me documentant, découvert qu'être un mangaka ce n'est pas la joie et c'est même très très "frustrant". Il faut tout d'abord publier mensuellement un chapitre, où forcément il se passe des tas de trucs pour ne pas se faire engueuler, et travailler sans cesse. Chaque planche est validée par l'éditeur qui peut faire recommencer le mangaka le nombre de fois qu'il le veut. En plus en ajoutant le système maso patron-employé des japonais ça doit donner de bonnes dépressions.
Mashiro et Takagi veulent donc devenir manga et nous parle de ces coulisses et c'est passionnant. Ils discutent de ce qu'ils veulent écrire et dessiner (parce que bien sûr ils veulent devenir mangaka sans avoir d'idée d'histoire avant) et on a plutôt l'impression qu'ils vont fabriquer du savon que créer une histoire. Ils se renseignent sur ce qui plaît aux jeunes, sur quel genre de manga est en vogue, quoi écrire, comment dessiner ... je me doute bien que des écrivains doivent faire la même chose pour nous vendre un "produit" qui correspond aux "tendances" actuelles mais je trouve ça tellement stupide et sans intérêt que d'habitude je ne m'y intéresse pas.
En gros, aucune liberté et un produit qui doit suivre les tendances actuelles. Si l'éditeur a les mêmes idées que son mangaka tout roule, mais si l'éditeur préfère un truc plus consensuel, violent ou larmoyant l'auteur n'a rien a dire. Il n'y jamais que les mangaka célèbres qui peuvent avoir un minimum de liberté ; comme Riyoko Ikeda qui a choisi de publier ses histoires non pas en feuilleton, mais à son rythme et au format qui lui plaisait.
- Le sexisme : Dans Le jour de la gratitude au travail, lors du rendez-vous arrangé de la narratrice le prétendant lui demande sans gêne, et sans que la mère y trouve quelque chose à redire, ses mensurations, et tout un tas de détails assez choquants. Et même en regardant des drama on se rend compte que l'égalité des sexe n'est pas l'objectif principal des japonais. Mais je n'avais jamais été autant choqué par les propos tenues dans les manga, que ceux que j'ai pu lire dans ce volume : "Laisse-le faire. Les hommes ont tous des rêves que les femmes ne peuvent pas comprendre." dit le père quand la mère lui dit qu'elle ne veut pas que son fils devienne mangaka en négligeant ses études. Le scénariste a dû trouver ça normal à écrire et ça fait peur. L'impression qui ressort de Bakuman est que l'on est au moyen-âge. Le héros veut devenir un "homme" (pour autant que ça puisse signifier quelque chose), sa mère s'inquiète et refuse ; les hommes de la famille sont au contraire fiers de lui. Il tombe amoureux d'une jeune fille pure et parfaite (en gros elle est studieuse, ne dit rien, et s'entretient) et lui promet de l'épouser (il a 14 ans ...) quand il sera mangaka. Et je passe les autres propos réducteurs et sexistes.
Les personnages féminins sont tous dessinés comme des poupées irréelles et parfaites ; habillée au top du top et à la conduite très "féminine". Les scènes qu'il peut exister entre la fille dont est amoureux Mashiro et ses amies sont justes ... c'est même pas au niveau d'un shojo de gare. C'est stéréotypés et ennuyeux à mourir. En plus de l'amour platonique et "pur" de ces derniers. Comme si le mariage était une fin en soit. Ils promettent de ne pas se parler jusqu'à ce que Mashiro soit devenue un homme (encore). Et ne parlons pas de l'analyse des femmes que fait Takagi, c'est juste risible.
J'avais adoré le style graphique de Death Note, et là je l'ai retrouvé, mais avec des moins. Des visages assez bizarres, des personnages assez semblables aux précédents ; surtout en ce qui concerne la gente féminine ; toute dessinée sur le même modèle ou presque.
En deux mots : Une découverte intéressante des coulisses du manga ; un électrochoc sur le sexisme ambiant et les clichés machistes balancés à la pièce.





