Le joueur, Fedor Dostoïevski.

Publié en 1866.
Challenge ABC 2010 - 3e livre lu


 
http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/y1pl6tUcgdMTuthn2DGbbHiZmzZhAX8da5V1dAyKXmWWBfrbGVJgDtNbyyOkVwPNY.jpgRésumé : Alexis Ivanovitch joue d’abord pour gagner, puis pour étonner, enfin pour espérer. Il n’a pas misé seulement de l’argent mais sa vie elle-même. Ce récit suit comme une ombre la vie de Dostoïevski, durant quinze ans, à Moscou et à Baden-Baden où il se ruina au jeu. Jouer, c’est tenter le diable, c’est aussi tenter Dieu. Alexis a voulu tout risquer, toucher le fond pour connaître la compassion et la grâce divine. Il y a une autre malédiction dans la vie du joueur, une femme-bourreau, Pauline, la belle-fille du général. C’est, dans la vie de l’auteur, Apollinaria, que Dostoïevski aima d’un amour douloureux. Autour d’eux, des êtres malfaisants ou étonnants, dévorés par la passion du gain. Ce court roman, plein de brio, annonce toute l’œuvre de Dostoïevski. « Demain, demain tout cela finira », dit le joueur qui recommence à jouer éternellement.

L'auteur : Fedor Dostoïevski (1821-1881) est un écrivain russe mondialement connu pour Crimes et châtiments, Les frères Karamazov... 

Mon avis : Dans une tentative dérisoire de faire baisser ma PAL et avec l'envie de lire de la littérature russe, j'ai choisi ce petit volume de Dostoïevski qui m'attendait dans ma bibli. depuis presque quatre ans. J'avais lu l'année dernière L'éternel mari que j'avais assez bien aimé, aussi partais-je avec un apriori positif. Mais je fus déçue, tout du moins sur les cent premières pages.
Nous découvrons Alexis Ivanovitch (et avoir étudié la question des prénoms, patronymes, noms et diminutifs russes m'a bien servi pour mieux comprendre), outchitel (précepteur) dans la suite d'un général ruiné adepte du jeu et amouraché d'une jeune française ; ils se trouvent dans une station thermale ou les casinos fleurissent. Ensemble ils n'attendent qu'une chose, que la grand-mère meurt et laisse un héritage conséquent. Alexis lui, aime Pauline, la belle-fille du général, et Pauline ne l'aime pas... Les chapitres sont en fait des notes prisent par Alexis Ivanovicth durant le temps que dure l'histoire, mais il faut attendre là aussi un bon moment avant de le savoir. On est tout de suite plongé dans une narration "orale" et très "vivante" : "Enfin, me voici rentré après quinze jours d'absence. Il y a déjà trois jours que les nôtres sont arrivés à Roulettenbourg. Je pensais qu'ils m'attendaient avec la plus vive impatience, mais je faisais erreur." Personne ne nous est présenté pas même le narrateur, on doit tout découvrir par nous-mêmes, petites touches par petites touches.
Ces cent premières pages... qu'elles furent longues. La plupart du temps Alexis Ivanovitch nous entretient des événements journaliers, des discussions, des télégrammes envoyés pour savoir si la mère grand a passé l'arme à gauche ; de ses conversations avec la vénéneuse Pauline. C'est cette dernière qui m'a le plus énervé. Une je ne sais comment la qualifier. Elle mène Alexis Ivanovitch par le bout du nez, lui dit le contraire de ce qu'elle vient de déclarer, trois paragraphes plus loin, le faire tourner en bourrique, lui demande de jouer pour elle, bref... une peste.
Mais la grand-mère arrive et tout devient intéressant. Elle n'est pas morte, tout juste a-t-elle été malade et détruit tous les espoirs du général d'épouser sa belle française ; détruit aussi l'espoir des créanciers du général et n'a pas sa langue dans sa poche. Elle sait qu'on la veut morte et ne se cache pas d'être riche et de pouvoir dépenser tout son sou. Mais elle aussi tombera sous le coup des jeux et perdra nombre de thalers, kopecks ou encore francs. Et c'est au tour d'Alexis Ivanovitch d'avoir la fièvre du jeu ; de gagner gros, de perdre encore plus et de penser que c'est la dernière fois, qu'après il arrête de jouer :"Demain, demain, tout sera fini !...". Et il y a aussi Mr. Astley à leur côté, anglais riche et distingué que Pauline semble aimer ; Astley le prototype même du Darcy, digne, sobre et toujours prêt à sauver l'honneur de la belle. Astley qui dans les dernières pages parlera avec Alexis qui a tout perdu, a été en prison et a toujours la fièvre du jeu.
 
En deux mots : Je ne sais pas trop quoi penser de cette lecture... d'un côté, les cent premières pages m'ont réellement ennuyé et m'ont fait me rendre compte que j'aimais réellement plus Tolstoï, mais d'un autre, la dernière partie de l'ouvrage, l'attraction malsaine du jeu, les dialogues entre Pauline et Alexis, la personnalité d'Astley, m'ont plu.

Extrait : "Non, ce n'est pas tout à fait cela. je vous ai dit qu'il m'était difficile de m'expliquer. Vous m'écrasez. Ne vous fâchez pas de mon bavardage. Vous comprenez pourquoi il ne faut pas se fâcher contre moi : je suis fou, tout simplement. D'ailleurs, cela m'est égal, fâchez-vous si vous voulez. Dans ma petite chambre, en haut, il me suffit de me rappeler ou d'imaginer le frôlement de votre robe pour être prêt à me mordre les doigts. Pourquoi êtes-vous fâchée contre moi ? Parce que je me déclare votre esclave ? Profitez, profitez de mon esclavage ! Savez-vous qu'un jour je vous tuerai ? Non par jalousie, ni parce que j'aurai cessé de vous aimer ; non, je vous tuerai simplement parce qu'il y a des jours où j'ai envie de vous dévorer. Vous riez..."


• > L'Éternel mari

Rangé dans Littérature russe le 16 mai 2010

Par 100choses le 18 mai 2010
Je n'ai jamais été attirée par la littérature russe; peur de m'embourber dans quelque choses de trop long, de me perdre parmi les personnages entre noms et surnoms... En même temps, là, le thème du jeu est assez tentant.'M'enfin pas sûre que cela suffise à me décider à franchir le pas.
Par Raison-et-sentiments le 18 mai 2010
Moi j'ai commencé à en lire il y a deux ans avec un nouvelle : prmeier amour de Tourgueniev. C'est sûr que c'est différent, que le ton est différent (encore !) et que la façon de nommer les perso. diffère de "chez nous", mais une fois que tu as compris ça :

Prenons une jeune fille : Maria. Son nom de famille est Mikhaïlovitch. Pour els femmes on décline le nom de famille au féminin, sauf ceux se terminant en -itch. Par exemple pour Pouchkine cela devient simplement Pouchkina.

Souvent en Russie, on nomme les gens que l'on connaît bien par un surnom, pour Maria le plus courant est Macha.

Pour nommer officiellement quelqu'un ou sur un document administratif, en plus du nom et prénom on a un patronyme qui vient s'intercaller entre les deux. Ce patronyme est le prénom du père + une terminaison spéciale déclinée au féminin si besoin ; prenons que le père de Macha se nomme Ivanov, le patronyme de Macha sera donc Ivanov + terminaison féminin = Ivanovna (pour un homme cela deviendrait Ivanovitch).
Le nom complet de Macha est donc Maria Ivanovna Mikhaïlovitch.
On n'utilise très peu le M. et Mme en Russie, on dit donc à la place : Maria Ivanonvna tout simplement.
Bref ça paraît compliqué, mais quand t'a pigé le truc ça vient tout seul ^^ Je dois avouer que pour les surnoms c'est dur parce qu'il y peu y avoir plusieurs variations, mais bon ...
Par Dame-Meli le 30 mai 2010
Ahahah ! Celui-ci aussi je l'ai vu l'autre jour à la librairie. J'ai hésité, car il était à 2€, mais bon... je me souvenais avoir vu ici que tu étais sceptique donc... je me suis vengée sur autre chose ! :D
Par Raison-et-sentiments le 30 mai 2010
J'ai été un peu dubitative sur la première partie mais au final j'ai aimé ^^
Par versager le 31 mai 2010
Pareil : grand ennui !
Et puis vers la fin, on dirait qu'il se réveille, mais trop tard, le livre se termine là où on aurait pu avoir les développements les plus intéressants, là où ça aurait vraiment pu partir... dommage, j'aime bien cet auteur en général.
 

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