Winterheim, Fabrice Colin.

Publié originellement en 1999. Présente édition revue par l'auteur en 2011.
Service Presse.




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/couv6983661.jpgRésumé : Il y a bien longtemps, les Faeders et les Dragons ont décidé de ne plus s'immiscer dans les affaires des mortels. Retirés loin de Mirgard, ils ont cependant confié à la Dame des Songes et à ses trois demi-soeurs les Ténèbres la tâche de veiller sur les humains.Aujourd'hui, dans le royaume de Walroek, le jeune forestier Janes Oelsen, dont les parents n'ont jamais pu comprendre le caractère rêveur et la juvénile impétuosité, entre en possession d'une mystérieuse carte à la suite d'un pari. Accompagné de sa fidèle chouette Flocon, il va partir pour le château maudit de Nartchreck où, à en croire les légendes, repose un fabuleux trésor...

Résumé : Fabrice Colin (né en 1972) est un écrivain français, évoluant surtout dans le domaine du fantastique.

Mon avis :
Il y a des bouquins qu'on lit et qu'on sait au bout de quelques pages qu'il n'était pas fait pour nous. Pas qu'il est mauvais, mais que notre «sensibilité» de lecteur n'est justement pas sensible aux éléments mis en place.

Pourtant tout avait commencé sous d'excellents hospices. J'aime la mythologie nordique, la sonorité des noms des Faeders (Fregh, Ever, Hell, Wyrd), les paysages neigeux, les quêtes, les héros qui doivent combattre un bon gros vilain avec une épée tip top trop cool. Et pendant tout le premier volume (Le fils des Ténèbres) j'étais très agréablement surprise, j'appréciais l'histoire plutôt classique, les personnages. J'aimais également beaucoup la personnification des sentiments en créatures bien vivantes. Le remord du roi mué en petite créature sautillante qui ne le quitte plus, la Peur, la Nuit, la Mort. Et le pourquoi de la disparition programmée des dieux était très intéressant.
Commence ensuite le deuxième volume, La saison des conquêtes, et les choses se gâtent. Janes, notre héros, est de moins en moins notre point de repère. On est plutôt « écarté » de lui, le tout renforcé par la narration omnisciente. Et cette distance imposée entre Janes, Livia, Davengër et moi ne m'a pas permise de rentrer dans le récit et de le suivre avec attente. Certes j'étais parfois touchée et emportée par quelques scènes, mais sans focalisation interne je me suis sentie perdue.

Je n'ai également pas du tout été sensible à l'histoire de Livia et Janes. Trop de « je t'aime mon amour pour la vie, je te donnerais même mes brocolis » tout de suite. Et Livia n'ayant pas un rôle excellemment porteur, se faisait toujours avoir m'a donné envie de lui coller quelques claques. Ainsi qu'à Janes qui subit les événements les uns après les autres. Au lieu d'essayer d'éviter une catastrophe on a l'impression qu'il attend qu'elle lui arrive pour geindre tout son soul. Un peu comme les victimes dans les séries policières qui poussent des hauts cris en voyant le couteau du meurtrier s'avancer vers eux, mais attendent gentiment de se faire trucider.
Certains passages ont cependant réussis à me fasciner ; les grandes scènes de batailles, le réveil des dragons, tout cela est très impressionnant. Mais si j'avais découvert cela avec une focalisation interne je sais que j'aurais vraiment tremblé. Au lieu de quoi c'était comme de contempler une peinture de bataille, certes saisissante, mais trop vaste pour être embrassée du regard et comprise.
Le dernier volume La fonte des rêves a été pour moi dans la même ligne que le volume précédent. Je n'avais l'impression de respirer et de prendre part à l'histoire que lorsque l'on revenait à Janes et se focalisait vraiment sur lui, et pas simplement décrivait ce qu'il lui arrivait ; surtout à la fin en fait. Et l'impression que j'avais de voir Janes se prendre des tuiles sur la tronche toutes les pages sans broncher n'a été qu'accentuée ; et Livia de pleurnicher. Et on comprend le pourquoi de la pleurnicherie, mais ce n'en est pas moins agaçant. Comparé à notre Janes sans peur et sans reproche, ça fatigue toutes ces larmes. Finalement l'épilogue est arrivée et la première phrase m'a saisit. J'aurais voulu en avoir des comme ça tout le temps.

Winterheim est une œuvre de jeunesse de l'auteur et ça se voit. Ça se sent dans le détails de certaines actions, certaines descriptions. Ca m'a fait penser à Lady Susan de Jane Austen. Non pas que des dieux nordiques qui lancent des éclairs bleus et se promènent souvent en petite tenue prennent le thé avec ses héroïnes (elles auraient été carrément choqué de voir arriver la Nuit ou Hemd'l dans leur plus simple appareil), mais que l'on sent la maladresse de certaines choses inhérentes au début d'un écrivain. Et ce n'est pas agaçant, c'est intéressant de comparer ensuite avec ce que l'auteur peut faire à présent.

En deux mots : J'aurais aimé apprécier plus cet ouvrage. Certains trucs m'ont vraiment plu et resteront dans mon esprit, d'autres m'ont agacé. La deuxième catégorie ayant malheureusement été la plus représentée. Ce n'est cependant pas un regard négatif que je peux porter sur ce bouquin, c'est plutôt la tendresse à l'égard d'un presque-premier roman en trois volumes.
Je remercie Fabrice Colin d'avoir proposé des exemplaires de son intégral et Pygmailion de m'en avoir envoyé un.

Extrait : « Ce qui est arrivé n'aurait jamais dû se produire. La vie est plus belle sans masque. La vie est plus belle sans nom. »


• > Les étranges soeurs Wilcox (T.1) : Les vampires de LondresLa malédiction d'Old HavenL'île du sommeil
 

Rangé dans Littérature française le 21 novembre 2011

Par Nienor le 22 novembre 2011
Oh dommage !
J'avais vu sur le blog de l'auteur que tu avais demandé le SP et j'attendais ta chronique parce qu'il m'intéresse plutôt bien !
Toujours rien lu de Fabrice Colin, mais la prochaine fois que je vais à la médiathèque, j'en emprunte au moins un. ^^
Par Raison-et-sentiments le 23 novembre 2011
Ben... mon avis je sais pas comment il passe, j'ai eu du mal à le rédiger. Du coup si mon avis a l'air trop négatif c'était pas le but. J'ai apprécié certains trucs, le premier volume beaucoup, mais après les deux et trois sont moins bien passés avec moi :/
Je te conseille La malédiction d'Old Haven, si tu veux tester l'auteur, moi j'ai beaucoup beaucoup aimé ! Ou alors L'île du sommeil qui est vraiment trop choux.
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/trackback/3152173

 

<< Rayon précédent | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | Rayon suivant >>

Créer un podcast