Journal d'Hirondelle, Amélie Nothomb.Publié en 2006.
Re-relecture
Résumé : « On se réveille dans l'obscurité sans plus rien savoir. Où est-on, que se passe-t-il ? L'espace d'un instant, on a tout oublié. On ignore si l'on est enfant ou adulte, homme ou femme, coupable ou innocent. Ces ténèbres sont-elles celles de la nuit ou d'un cachot ?
On sait seulement ceci, avec d'autant plus d'acuité que c'est le seul bagage : on est vivant. On ne l'a jamais tant été : on n'est que vivant. En quoi consiste la vie en cette fraction de seconde où l'on a le rare privilège de ne pas avoir d'identité ?
En ceci : on a peur.
Or, il n'est pas de liberté plus grande que cette courte amnésie de l'éveil. On est un bébé qui connaît le langage. On peut mettre un mot sur la découverte innommée de notre naissance : on est propulsée dans la terreur du vivant. [...]
Et puis les souvenirs réintègrent le corps en un éclair et lui rendent ce qui lui tient lieu d'âme. On est rassuré et déçu : on est donc cela, on n'est donc que cela. [...]
Sous-jacente, l'angoisse poursuit son travail de sape. On ne peut complètement bâillonner son discours. Tu crois que tu t'appelles machin, que ton métier consiste à faire ce et ça mais, au réveil, rien de cela n'existait. C'est peut-être que cela n'existe pas. »
L'auteur : Fabienne Nothomb (née en 1967 en Belgique) de son vrai prénom est une écrivain belge de langue française, à publié de nombreux romans depuis 1992, date de publication de son très célèbre Hygiène de l'assassin, et depuis c'est au rythme d'un livre par an qu'elle nous régale.
- Le fait du prince • Le Voyage d'hiver • Ni d'Eve ni d'Adam -
Mon avis : Je ne sais pas pourquoi j'ai tiré cet exemplaire de ma bibliothèque. Mais j'ai relu la première page (si admirable est qui en fait le résumé que j'ai posé ici) et j'ai tout de suite pensé à mes cauchemars ; tout cela dit si parfaitement, si magnifiquement m'a donné envie de relire ce livre. J'ai recherché sur mes registres pour voir combien de fois je l'avais lu et il apparaît que ce n'est que la troisième fois aujourd'hui. Contrairement au Voyage d'hiver, avec le même nombre de pages, tout est dit. Mais je ne sais pas pourquoi, cette fois, j'ai trouvé le texte d'une drôlerie et d'un humour exceptionnel. Les dialogues entre Youri et Urbain m'ont tous fait sourire, et les réflexions d'Urbain même m'ont ravi. Mais le sommet a été atteint quand je suis tombée sur ce passage : "Aucune caméra. Cette curieuse prison ne manquait pas d'intimité. Combien d'homme étaient morts ici ? Le ciment du sol me paru frais. Sa surélévation par rapport au couloir laissait rêveur quant aux motifs de ces récents terrassements. J'imaginai un genre de clafoutis aux cadavres." Le début de passage est banal certes, mais la fin, ce clafoutis m'a tout simplement fait rire. Imaginer ce clafoutis, bref ...
A la lumière de cette relecture j'ai découvert une autre image de ce livre ; de l'humour, de la coquetterie chez Urbain qui se fabrique des manières de tueurs sophistiqué pour la beauté du geste.
En deux mots : Une agréable re-relecture.
Extrait : « - Je suis ton père. Tu ne vas pas tuer ton père.
- Ça s'appelle un parricide. Si ça porte un nom, c'est que ça existe.
- Tuer son père pour un journal intime !
- Il n'y a pas de mot pour la violation d'un journal. Ça prouve que c'est plus grave? C'est innommable.
- En plus, ce que tu as écrit n'a rien de compromettant.
- Comment ! Tu l'as lu ?
- Forcément. Sinon, pourquoi l'aurais-je emporté ?
C'en fut trop pour elle. Elle vida le chargeur. Le ministre, stupéfait, glissa dans l'eau, mort. »






Un des nombreux livres de Nothomb que je n'ai pas encore lus...
Meli