La tête en friche, Marie-Sabine Roger.
Publié en 2008.
Publié en 2008.
Résumé : "Ce qu'ils mettent au dos des romans, je vais vous dire, c'est à se demander si c'est vraiment écrit pour vous donner l'envie. En tout cas, c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi. Que des mots à coucher dehors - inéluctable, quête fertile, admirable concision, roman polyphonique... - et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement : c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour - ou d'Indiens. Et point barre, c'est tout."L'auteure : Marie-Sabine Roger (née en 1957) est une écrivain française. Auteure de nombreux romans pour la jeunesse souvent primés, ainsi que des albums, elle a également écrit plus d'une dizaine de romans pour "adultes".
Mon avis : Pour la raison tout à fait futile que j'avais entendu parler du film et qu'il me tentait vaguement, quand j'ai vu le livre en baladant chez Hisler Even, je l'ai pris sans me poser plus de questions. C'est quand même plus drôle de ne pas savoir ce que l'on va lire, non ? Alors je l'ai commencé peu après et j'ai essayé de lire lentement, je vous jure ! Mais ça s'avale comme tout, ce livre ; les chapitres sont courts et passent sans qu'on n'y prête attention. Alors un bout dans ma baignoire, un autre dans mon lit, un autre dans mon fauteuil et c'était plié. La vie est injuste tout de même, d'autant que j'en aurais bien passer un peu plus de temps auprès de Germain et Margueritte.
Le livre, il commence comme ça : "J'ai décidé d'adopter Margueritte. Elle va bientôt fêter ses quatre-vingt-six ans, il valait mieux pas trop attendre. Les vieux ont tendance à mourir
Comme ça, s'il lui arrive un truc, je sais pas - tomber par terre dans la rue, ou se faire gauler son sac - je serais là. Je pourrai arriver tout de suite et pousser les gens du milieu, leur dire :
-Ok ! C'est bon, tirez-vous, maintenant ! Je m'en charge : c'est ma grand-mère.
Ce n'est pas écrit sur sa tête qu'elle est seulement adoptée." C'est un mélange entre tendresse, familiarité, définitions du dictionnaire, et le tout est bizarrement très agréable à lire. Germain est le modèle type de l'innocent (enfin je me comprends), ignorant à toutes sortes de sujets, il va rencontrer une vieille dame distinguée et cultivée, Margueritte. Margueritte aime lire, si tant et si bien, qu'elle va commencer à faire la lecture à Germain. Germain qui va commencer à penser, à se demander le pourquoi du comment, à envisager la vie autrement, et à devenir curieux. Les phrases sont belles, les réflexions "naïves" de Germain sont très jolies et parfois très drôles. Même si je trouve que l'auteure abuse un peu de la formule "choc", une simple phrase qui à la fin de chaque chapitre, ou presque, résume une idée. Les réactions de Germain sont également un peu "trop" prévisibles à mon gout et m'ont fait penser au Cercle des poètes disparus, au Sourire de Mona Lisa, aux Choristes, et caetera ... J'aime clairement ce genre d'histoire, mais peut-être était-ce ici un peu trop consensuel pour moi. Surtout que parfois Germain a tendance à se répéter. Je ne sais pourquoi non plus, mais je m'attendais à ce que le récit de sa rencontre et de sa relation avec Margueritte soit un peu plus centrale dans le livre, alors que ce n'est pas tout à fait le cas. Germain nous parle de sa mère (qui n'a pas la fibre comme il dit), d'Anette, de son enfance, de son quotidien. J'ai donc au départ été un peu déçue, mais le tout est agréable et facile à lire, du coup j'ai un peu oublié mes griefs.
En deux mots : Je ne sais en fait pas trop quoi penser de ce livre. D'un côté j'ai aimé l'écriture de Marie-Sabine Roger, l'histoire qu'elle raconte, les personnages et les réflexions de Germain. D'un autre les répétitions et son côté un peu trop naïf m'ont gêné. Ca été une très agréable découverte, et j'ai très envie de lire d'autres livres de l'auteur (dont Un simple viol et Voisin rime avec assassin), mais pas un coup de coeur par contre. Une chouette lecture point barre. Mais c'est déjà pas mal non ? :)
Extraits : "Les gens instruits, lorsque ça leur arrive de se perdre dans leur discours, ils deviennent tout pâles. Ils se posent un index sur la bouche, ils froncent les sourcils, ils disent, Ah ça ! Bon sang, mais où est-ce que j'en étais ? de quoi est-ce que je vous parlais ?
Et tout autour, les gens, ont l'air inquiet, ils arrêtent de respirer, comme si c'était grave ...
La différence entre eux et moi, c'est que moi, si je perds le fil, tout le monde s'en tape.
Moi y compris et même le premier."
" Et là, j’ai réalisé une arnaque incroyable : pour pouvoir trouver un mot dans le dictionnaire, il faut déjà savoir l’écrire ! Ce qui fait que les dictionnaires ça sert uniquement à des gens cultivés qui n’en n’ont pas besoin par la même occasion.
On t’abat à la tronçonneuse des forêts de l’Amazonie pour faire des dicos pour t’aider, qui te montrent -au final- à quel point tu es con ? Vive la politique ! "






A vrai dire, je ne le lirai pas car je pense que c'est le genre d'histoires mieux à voir qu'à lire pour les petits défauts que tu as trouvé. =)