Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet, Antoine Bello.
Publié en 2010.
Chalenge ABC 2010 - 18e livre lu.
Publié en 2010.
Chalenge ABC 2010 - 18e livre lu.
Résumé : Le détective Achille Dunot souffre d'une étrange forme d'amnésie. Depuis un récent accident, sa mémoire ne forme plus de nouveaux souvenirs, si bien qu'il se réveille chaque matin en ayant tout oublié des événements de la veille.Quand le chef de la police lui demande d'enquêter sur la disparition d'Émilie Brunet, une des femmes les plus riches du pays, Achille décide de tenir un journal dans lequel il consignera le soir, avant d'aller se coucher, les enseignements de la journée. Lui qui ne jure que par Agatha Christie devient ainsi à son insu le héros et le lecteur d'un drôle de roman policier... dont il est aussi l'auteur.
Très vite, tout accuse Claude Brunet, le mari de la disparue. Il a plusieurs mobiles et aucun alibi. Il se vante à demi-mot d'avoir commis le crime parfait. Mais surtout, il ose critiquer les méthodes d'Hercule Poirot...
L'auteur : Antoine Bello (né en 1970 à Boston) est une écrivain français vivant aux États-Unis. Il a déjà écrit et publié quatre livres dont un recueil de nouvelles chez Gallimard.
Mon avis : J'ai un grand regret, celui de ne pas avoir une vive intelligence. Il faut m'expliquer souvent et longtemps. Et quand cela m'empêche d'apprécier une lecture, je ressens un sentiment de défaite qui entache mon ressenti sur le livre. J'aime dans un roman policer établir tout un tas d'hypothèses, faire des connexions improbables, et à la fin recevoir comme une cerise le nom du meurtirer et comment il a fait. C'est ma récompense, c'est ce qui me permet de mettre un point final à ma lecture et d'apprécier les efforts que j'ai fourni. Hors dans Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet on n'a pas de cerise, ou pas qu'il faille gagner après avoir décrypté tous les indices et les pistes. Antoine Bello joue avec nous du début à la fin. Voyez plutôt l'intrigue. Achille Dunnot (ça m'a fait penser à une déformation de Don't know tiens) ancien inspecteur de police est affligé d'une étrange perte de mémoire. Chaque matin il oublie ce qu'il a fait la veille, son esprit ne forme plus de nouveaux souvenir depuis qu'une étagère de romans lui est tombée sur la tronche. Cependant un ami encore inspecteur lui confie une enquête. Claude Brunet est accusé d'avoir tué sa femme, le bougre est venu signaler sa disparition mais pousse le policier qui l'écoute si bien à bout, qu'il se fait tabasser et semble perdre la mémoire de ces deux jours derniers.
J'ai pris le roman tout d'abord comme un simple roman policier. L'admiration que le narrateur et l'auteur porte à Agatha Christie et la façon dont il dit sans arrêt qu'un bon roman policer doit faire 250 pages, qu'on doit pouvoir découvrir le criminel me faisait aller dans ce sens, mais le fait qu'il parle des transgressions qu'Agatha a fait aux règles du romans policiers auraient dû me mettre la puce à l'oreille et justement en rédigeant mon avis je viens de me rendre compte d'un indice qui nous était donné dés le départ. Achille Dunnot qui fait lire son cahier, où il consigne les déroulements de l'enquête, à Claude Brunet (afin qu'il puisse lui, lire ce que Brunet écrit) nous dit qu'il va essayer de cacher des choses dans son texte et patati et patata, hors un petit truc me turlupinait, une remarque sur les transgressions d'Agatha (ben oui maintenant je l'appelle par son prénom) aux règles de Van Dine concernant le roman policier (et que selon lui on ne devait pas transgresser si on était un auteur de roman policier qui se respecte). Soit me disais-je l'auteur s'est planté dans sa rédaction, soit je n'ai pas compris. Hors s'agissant des deux romans d'Agatha que je trouvais les plus magistraux, j'ai laissé cela en suspens jusque maintenant... oui oui... décidément je pense que c'est la bonne voie. Mais en fait je pense que l'auteur, avec son final, mais même avec tout son roman, veut qu'on cherche notre explication, celle qui nous semble expliquer toutes les zones d'ombre du livre. Et ça me complique un peu la tâche, car j'aime les lectures qui se règlent toutes seules à la dernière page. Devoir réfléchir pour comprendre le pourquoi d'un roman après en avoir tourné la dernière page ne me plaît pas. C'nest pas du jeu dirais-je. C'est beaucoup plus reposant pour moi certes. Mais enfin il faut que j'y réfléchisse encore alors...
Mais bref je ne comprenais pas pourquoi les autres lecteurs du roman ne mettaient pas leur solution dans leurs avis mais en fait en croyant en tenir une, je me rends compte que je n'ai pas envie de la donner à tous, que je veux que ça reste un sésame à gagner et à trouver. Et aussi peut-être pour simplement ne pas me sentir la seule idiote à ne pas comprendre :) Par contre si quelqu'un qui l'a lu veut confronter son idée avec moi, je serais ravie de le faire par mail.
Pendant toute ma lecture j'ai donc été stimulée par la recherche de l'assassin, l'analyse du dialogue verbeux et parfois assommant de Brunet. Amusée par les forfanteries d'Achille Dunnot qui parle très exactement comme Poirot et les petits coups d'absurde qu'on a dans le texte. C'est en fait un vrai plaisir littéraire. Antoine Bello parvient parfaitement à ce que Dunnot se substitue à sa plume et que ce soit lui qui parle. Son écriture lui est propre. Je suis sûr que si j'ouvrais un autre roman de Bello, je découvrirais une autre plume. Quelque chose qui montre que Dunnot a sa propre manière d'écrire, enfin vous voyez ce que je veux dire ?
J'ai pris vraiment un grand plaisir à lire ce texte, le postulat de débat de l'amnésie de l'enquêteur est géniale à imaginer. Les références à Agatha Christie sont succulentes (quoique parfois un peu longuettes... surtout quand il s'agissait de romans de Christie que je n'avais pas encore lu et dont on donnait la solution), et le tout très bien écrit.
En deux mots : Mon avis rend un pâle hommage au livre d'Antoine Bello qui allie complexité et ingéniosité. Cécile, je suis sûre qu'il te plairait (si tu ne l'as pas déjà dans ta PAL).





