L'homme qui rêvait (T.1) : Aristote, John Marcus.

Publié en 2011.
Partenariat Livraddict et L'Autre Editions.



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Nouveauancien/couv33509759.jpgRésumé : « Une société meilleure est-elle possible ? Maintenant ? » C’est en tout cas ce que pensait le sénateur Aristote avant d’être retrouvé sauvagement assassiné dans la célèbre villa Arabe, quelques jours à peine après l’annonce de la création du PIB, le nouveau Parti international du bien-être.
Dans l’agitation qui suit la mort du vieux sénateur, candidat à l’élection présidentielle, la fine équipe du « 36, quai des Orfèvres », dirigée par le commissaire Delajoie, est aussitôt lancée sur la trace des meurtriers. Quelles relations pouvait bien entretenir le politicien avec un joueur invétéré de poker et un jeune trader londonien, eux aussi retrouvés à l’état de cadavres ?

L'auteur : John Marcus, est auteur français, écrivant sous pseudonyme ; il vit actuellement en Afrique de l'Ouest. L'Éclat du diamant, qui inaugure une série policière de critique sociale, est son premier roman publié par L'Autre Editions, petit éditeur indépendant localisé à Alfortville.


Mon avis : En fait au départ, genre hier soir avant de terminer les 60 dernières pages du bouquin j'aurais commencé ma chronique par : " Rah ça m'agace ! Ca m'exaspère ! " Ou un truc de la même eau. Mais en fait, vu que la fin m'a un peu plus emballée que le début, je ne peux honnêtement pas écrire ma tirade ; c'est dommage c'était si beau stylistiquement -_- Mais avant de commencer à vous dire pourquoi j'aurais poussé ce cri du coeur, je tiens à remercier Livraddict pour m'avoir choisi pour ce partenariat, et L'Autre Editions pour m'avoir envoyé le bouquin avec une petite surprise (je suis tenue au secret défense, faudra me passer sur le corps pour que je révèle ce dont il s'agit ; pis comme je fais du karaté, je vous aurais rétamé bien avant). En fait je suis déçue parce que, L'éclat du diamant, le précédent opus des aventures des policiers du 36 avait été une très agréable surprise ! J'avais découvert un roman policier très sympa avec en plus des propos très intéressants sur les prisons, la Grande Distribution et tout un tas d'autres choses. Alors je m'attendais peu ou prou à la même chose ici, sauf que l'aspect "essais" du truc prend vraiment trop, mais alors beaucoup trop de place. Et le bandeau imprimé sur le bouquin m'avait bien prévenu ; la dernière fois on nous annonçait le polar de l'été, les réactions des lecteurs déplorant la trop grande part d'essais et le fait que dans ce volume il y a effectivement beaucoup plus de blabla économique, on fait cette fois décrire le truc comme un essais romancé économico-policier.

Le sénateur Aristote, fondateur d'un nouveau parti politique, et candidat à l'élection présidentielle a été retrouvé mort et mutilé dans une villa ; l'équipe du 36 est tout de suite mise sur le coup ; dans le même deux autres morts suspectes ont lieux sans qu'on sache comment elles sont liées à notre affaire. Et c'est là que le bas blesse. Au lieu que l'enquête commence vraiment, on va découvrir la dernière intervention télévisée du sénateur ; et avec un procédé que j'ai bien aimé, de la suivre à travers le regard de plusieurs personnages, et prendre note de tout son programme politique. Sauf que c'est trop long, c'est intéressant, très intéressant, mais trop long bon sang de bois ! Je comprends que la partie économique ait besoin d'être introduite longuement, parce que c'est complexe et qu'en général on y connaît strictement rien (bon j'ai des cours d'éco mais on se contente de ... à vrai dire je ne sais pas trop ce que l'on fait à part étudier les théories de différents économistes ; quand le prof n'oublie pas qu'on a cours avec lui XD), et que du coup le bouquin soit découpée en deux volumes, mais vraiment là on est noyé ! L'enquête est repoussée aux calendes grecques, alors que dans L'éclat du diamant ça bougeait, qu'on rencontrait des tas de personnages, qu'on enquêtait vraiment, et que les info étaient bien distillés dans le texte, ici tout ce passe sur quelques jours, et les pages qui ne sont pas directement consacrées à nous faire un cours d'économie sont très très rares. Et d'autant plus agréables à lire, comme à la fin en fait ... sauf que certaines de ces scènes sont vraiment, mais alors vraiment trop cliché, dont une qui m'a juste donner envie de ricaner et de la zapper. Celle de ce vilain homme d'affaire qui est vraiment vilain ; pensez donc, il se drogue ouvertement ! Bouh ! Il se tape des putes qui ne comprennent rien à la vie et sont elles aussi complètement droguées ... franchement vive le cliché. C'est un peu comme dans Le club Dumas d'Arturo Pérez-Reverte, ou les scènes et les réflexions qu'on peut trouver dans un James Bond ou un film d'action ; des filles à tomber, leur plastique et leur lingerie finement décrites, des parties de jambes en l'air acrobatiques ... C'est juste ... inintéressant et légèrement pénible.
Je trouve donc que ce n'est pas bien dosé ; la partie essais noie le côté policier et c'est très dommage. Et ce qui est frustrant dans le truc, c'est que la fin redémarre du côté policier, Amanda découvre des trucs qui font retrouver l'intérêt pour l'intrigue lie les différentes morts et annonce un jeu des déductions qui me plaît. Du coup, quand on tourne la dernière page et qu'on voit qu'il faut attendre six mois pour avoir le fin mot de l'histoire, on est légèrement frustré. Le bouquin commence à peine qu'on doit attendre pour tout oublier et reprendre tout après ... et en attendant encore deux exposés du prof d'éco. En plus, franchement je n'étais pas dans le bon état d'esprit pour lire ce livre ; j'avais plus envie de romans style Côté Face d'Anne Denier, que d'essais économique même si on apprend des trucs stupéfiants (c'est le genre de truc qui donne envie de hurler, de rage mais aussi de frustration parce que c'est pas parce que moi petite étudiante je lis ce truc que ça va changer quelque chose ; ça me fatigue d'avance) ; alors la suite, je la lirais, sans hésiter, mais je ne ferais pas de part' ... j'ai besoin de décider entièrement quand et comment lire mon livre et je trouve de plus en plus difficile de le faire avec la contrainte du délais d'un mois.

En deux mots : J'ai eu un peu de mal à rédiger ce billet ; j'ai la bizarre impression qu'il ne s'est pas passé grand chose dans le bouquin (ce qui est vrai du côté action) et j'ai été coupé dans mon élan avec ce volume découpé en deux. J'ai aimé parce que c'était très intéressant, que l'action à la fin redémarre et que j'aime l'écriture de l'auteur, j'ai moins apprécié l'enquête noyé dans le flots d'informations et les dialogues un peu "porte-manteau" qui serve juste à placer le propos de l'auteur, et aussi le clichés du vilain homme d'affaire ...

Rangé dans Littérature française le 7 mai 2011

Par Dame-Meli le 7 mai 2011
Pas trop tentée... J'aime bien les enquêtes, mais dans le monde de la "politique", mouais...
Je passe mon tour pour cette fois ; mais ma PAL n'a pas besoin d'un titre en plus de toute façon ! ^^
Par Raison-et-sentiments le 7 mai 2011
C'est intéressant ... mais particulier et puis j'aurais pitié de te PAL, entre acheteuse et engrengeuse compulsives de livres on se soutient XD
Par 100choses le 7 mai 2011
Pas trop tentée non plus. A vrai dire, je pense que je vais attendre ton futur billet sur la seconde partie pour prendre une décision. Mais là comme ça, je n'ai pas terriblement envie de m'enfiler un tel essai même si cela doit être très intéressant dans le fond.
Par Raison-et-sentiments le 7 mai 2011
:)
J'ai hâte de lire la suite parce que là j'ai l'impression que je vais ouvrir le bouquin d'un instant à l'autre et de le terminer. C'est pour ça que je n'arrive pas à faire un vrai billet, j'ai juste l'impression d'avoir interrompu la lecture et d'attendre ...
Par JMB le 7 mai 2011
Bonjour Matilda,
Je suis désolé que ce second opus (enfin, cette moitié) vous ait autant déçu. Votre billet montre que votre déception est à la hauteur de votre attente. Avec cette série, JM n’a pas choisi la facilité, c’est certain. D’un autre côté, sa prose interroge et interpelle (dans un sens ou un autre) et je pense que, finalement, compte tenu de sa démarche, c’est mieux qu’un consensus mou. La bataille autour du premier opus avait fait rage. Là, où je ne suis pas d’accord avec vous, c’est sur le cliché de l’homme d’affaires, « Le magicien », un « trader » en réalité, qui est le personnage central (et complexe) de la seconde partie. Je peux vous garantir que JM est en dessous de la réalité. Et que cette apparente caricature pose en réalité des questions extrêmement intéressantes sur un plan philosophique, sur la nature des besoins humains, leur gestion personnelle et les limites de notre soif de domination, accentuées par l’impression de toute puissance et des pouvoirs illimités qui vont avec (que décuple naturellement une extravagante abondance d’argent). À suivre donc, si vous le voulez bien, dans le volume 2 (c'était impensable pour des raisons de délai d'éditer en un seul volume les presque 750 pages). Bonne soirée et à très bientôt.
Par Raison-et-sentiments le 7 mai 2011
Oui, certes, le Magicien est peut-être plus fidèle que ses inspirations, comme on peut très bien trouver des tigres de compagnie chez des mafieux italiens qui ont trop regardé la télé, mais moi ça m'agace :) Pis on en voit tellement à la télé que ... trop c'est trop !

Par contre, cette histoire de délais m'interroge. A moins que le texte n'ait pas été écrit totalement, je ne vois pas en quoi ça pose problème de l'éditer en une fois :) Ce n'est pas plus long à imprimer ni rien ... bon peut-être que la prépa. de copie est plus longue puisque le texte est plus long, mais c'est tout en fait. Enfin je crois XD Oui bon si après il y avait une date butoir de sortie ok, mais sinon ...
Par JMB le 7 mai 2011
Patience et tremblements, Matilda : le Magicien cache peut-être bien son jeu.
Petite confidence pour la sortie : oui, il y avait une date butoir, non le livre n'était pas terminé et je ne pouvais pas fouetter JM, nous étions déjà en retard (publication initiale prévue en octobre 2010), ce qui veut dire que si je ne tenais pas mes engagements je perdais le diffuseur-distributeur (qui place les livres en librairies), partenaire que j'ai mis deux ans à trouver et à convaincre. Et donc que je repartais de zéro en allant vendre moi-même les livres sur la plage et que...
Les joies et syllogismes implacables de la petite édition indépendante, quoi ! Mais honnêtement, le découpage du livre se prêtait bien à ces deux parties. Nous en rediscuterons. Mais si une édition de poche parait, je les réunirais, promis.
Par Raison-et-sentiments le 7 mai 2011
:) J'attends alors avec impatience à ce qu'il dévoile son jeu.

Pour la distribution ok :) Je pensais moi à un problème de fabrication (déformation professionnelle), mais je comprends pour le retard du texte, j'en ai d'ailleurs un en retard au boulot depuis deux mois XD Bref, j'espère lire bien vite la suite ^^
Par bredouille le 8 mai 2011
T'as réussi à caser Côté face dans ton billet, ha ha :D
J'avais lu un extrait de L'homme qui rêvait qui m'avait bien plu, mais je ne pense pas que je m'y plongerai avant longtemps...
Par Raison-et-sentiments le 9 mai 2011
Tu as remarqué ? :D
Ahahaha je me demandais qui me ferait la remarque XD
Par El Jc le 16 mai 2011
Non l'homme d'affaire n'est pas vilain, seulement le capitaliste ;o)
J'ai pour ma part beaucoup aimé cet opus et la démonstration de l'auteur, reste que j'aurai beaucoup aimé passé plus de temps avec les petits camarades du 36 plutôt que de les croiser de temps à autre.
Par Raison-et-sentiments le 17 mai 2011
Mouais si tu veux :) C'est pareil c'est un vilain capitaliste !
Pour les rencontres avec l'équipe du 36 je suis d'accord avec toi, et j'aurais sans doute plus apprécier la partie essais à un autre moment :/
 

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