Les masques de Wielstadt (T.2), Pierre Pevel.
Publié en 2002.
Résumé : Trois ans après les événements que vécu le chevalier Kantz, la guerre de trente ans ne fait que commencer. C’est donc en dehors de la cité que nous retrouverons le héros et les Templiers en mission. Ce qu’ils doivent faire ? Capturer une certaine personne, mais Kantz ne s’attendait certainement pas à ce que cette personne soit un démon aidé par des esprits assassins.
Les événements vont s’enchainer, on parlera d’une très ancienne prophétie connu du seul pape et de quelques rares Templier, de la Rose-Croix, une autre société secrète qui œuvre dans l’empire …
L’auteur : Pierre Pevel (né en 1968) vit à Nancy et est l’un des écrivains majeur de la fantasy française. Il est l’auteur de 7 romans sous son nom propre mais aussi d’autres écrits sous le pseudonyme de Pierre Jacq. Il est notamment l’auteur de la célèbre trilogie de Wielstadt.
- Les enchantements d'Ambremer (T.1) • L'Élixir d'Oubli (T.2) • Les Ombres de Wielstadt (T.I) • Le Chevalier de Wielstadt (T.III) • Les Lames du Cardinal (T.1) • L'alchimiste des Ombres (T.2) • Le Dragon des Arcanes (T.3) • Viktoria 91 -
Mon avis : Tout d’abord je dois dire que j’ai beaucoup aimé ce deuxième volume, autant que le premier si ce n’est plus.
Maintenant passons à longue critique !
Ce qui est génial en premier c’est de retrouver Wielstadt sous un autre jour. Car sous une nouvelle saison, dans le tome précédent c’était l‘hiver, là nous somme en été, et tout change. Les images comme les odeurs ainsi que les sons. C’est presque une autre cité que l’on voit vivre sur ces pages.
Ce qui est bien avec Kantz c’est qu’il n’aime pas la violence pour la violence. Il n’aime pas tuer, mais lorsqu’il doit agir, il agit. Et n’hésite pas en se torturant 107 ans, comme un antihéros de base qu’on envie de baffer. Il est efficace, sans pitié quand il le faut, mais ce n’est pas pour autant un Rambo en puissance. C’est Kantz quoi ! On est également toujours autant captivé par ce personnage du chevalier, par son passé mystérieux qu’on découvre petits bouts par petits bouts, par sa piété. Oui même par sa piété. Sa piété qui évite l’écueil de l’auto-aveuglement, et qui ne faiblit pas tout au long de l’ouvrage.
Ce qu’il y a de bien avec de livre, et plus largement avec Pevel, c’est qu’il n’a pas besoin de jouer du pathos ni de nous tartiner trois pages sur une histoire d’amour compliquée pour qu’on lise le récit et ne ressente pas de « ralentissement » dans la narration et l’enchainement des actions. Il évite également l’auto-apitoiement quand un personnage meurt ou autre chose. Si on ressent de la peine, c’est par le simple fait de lire ce qui arrive et que l’on est attaché au personnage en question.
Chandelle, toujours, apporte une note inestimable au livre. C’est de par la diversité des personnages qu’on est fasciné. Pas un qui ne soit stéréotypé et simplement un épouvantail. Chandelle donne cette note de « dérision » de fraicheur, de légèreté qui pourrait manquer au personnage du chevalier si on l’avait seul. C’est d’ailleurs le seul personnage qui peut faire sourire à coup sûr le chevalier.
Et pour terminer je dirais que j’aime toujours autant l’érudition dont fait montre l’auteur, qu’il nous offre, même s’il a parfois romancé des faits historiques pour servir la cause de son livre, on n’est pas choqué, on est simplement admiratif. (* Le tire est en fait une transformation des paroles La nuit des fées d'Indochine)
En deux mots : Tout simplement magnifique.
Extrait : « « Et sachant cela, vous vous refusez à aider une femme ?
- Oui. Arrêtez le carrosse avant qu’il me prenne l’envie de vous jeter à bas.
- Mais quel genre de monstre êtes-vous ? »
Kantz prit une inspiration.
« Je ne suis pas un chevalier tout droit sorti d’un conte. Je ne porte pas une armure blanche et ne vole pas à la rescousse de pucelles emprisonnées… Vous me disiez tout à l’heure de cesser mes jeux. Mais je ne joue pas. Je ne m’affuble pas d’un masque d’or pour des conciliabules secrets, je ne prends pas des airs superbes et mystérieux. Je mène une guerre. Une guerre clandestine dont les nombreuses victimes et les rares héros ne seront jamais reconnus. Une femme va mourir ? Et alors ?... Vous comme elle comprenez trop tard, tragiquement trop tard, que cette guerre à laquelle vous désiriez vous mêler est impitoyable. Qu’elle est tout sauf une distraction de salon, un prétexte à des intrigues vaines… »





