Résumé : Le Jour de la Gratitude au Travail réunit deux récits mordants et drôles sur le monde du travail, vu du côté féminin, au Japon. " Quel est votre but dans la vie ? " a-t-on demandé à Kyôko lors de son premier entretien d'embauche. " Vivre vieille ", a-t-elle répondu. Après avoir été virée pour avoir molesté son patron qui s'était montré obscène et insultant, la voilà qui accepte une " rencontre arrangée " avec un homme infatué de lui-même et de la taille... de son entreprise. Dans le second récit, l'amitié qui unit la jeune Oikawa à son collègue de travail Futo est de nature assez spéciale. On a beau savoir que les liens qui se nouent au travail sont parfois très puissants, il est rare que le fantôme de votre collègue vous apparaisse, pris de hoquet, devant la porte de son appartement ...L'auteur : Itoyama Akiko (née en 1966) est une écrivain japonaise qui a reçu le prix Akutagawa (le Goncourt japonais) pour Le jour de la gratitude au travail en 2006.
Mon avis : C'est totalement par hasard que j'ai acheté ce volume ; j'avais envie de littérature japonaise et ce petit roman en poche m'a presque sauté dans les bras, je n'ai pas pu résister … et oui la chair est faible :D
La jour de la gratitude au travail est composé de deux récit, le premier éponyme raconte l'histoire de Kyôko, au chômage et à qui on arrange un rendez-vous avec un prétendant. La deuxième histoire, J'attendrai au large, raconte l'histoire d'une autre jeune femme, Oikawa, et de son collègue et ami Futo.
Itoyama Akiko prend pour cadre les entreprises japonaises où les femmes ont bien du mal à trouver leur place et où elles doivent supporter bien des vexations et des épreuves. Dans le cas de Kyôko c'est le harcèlement de son patron, lequel patron elle agressera le jour de l'enterrement de son père car il tenta d'agresser sa mère. Pour Oikawa ce sont les mutations régulières et les collègues froids et distants. Mais il y a toujours Futo, ami de promo avec qui elle restera en contact et avec qui elle fera un pacte. Si l'un d'eux venait à mourir, le survivant devrait faire rendre l'âme à son disque dur afin qu'aucun des proches du défunt ne découvre des choses qu'il aurait voulu caché. Cela se complique quand le fantôme de Futo (qui est mort écrasé par un homme qui avait sauté du septième étage. Comme quoi ça n'arrive pas que dans Amélie Poulain :p), qui a le hoquet, se pointe chez lui et commence à discuter avec Oikawa. Je regrette cependant que cette partie ne soit pas plus développé ; même si les souvenir d'Oikawa sont intéressants à découvrir j'aurais aimé en savoir plus.
Ce cadre de l'entreprise est intéressant, surtout du point de vue d'une femme, même si on ne parvient pas à savoir à quelle époque cela se déroule. On peut en avoir une idée quand Oikawa dit qu'après quelques années son entreprise se mit à utiliser des ordinateurs, début des années 80 ?
Avec une narration très orale, Itoyama Akiko nous livre les pensées et les souvenirs de ses personnages ; de façon même trop orale parfois. Certaines phrases qui passent très bien dans une discussion sont difficiles à comprendre quand écrit dans une narration « normale ». C'est ces passages parfois peu esthétique et compréhensible qui pèse sur le reste de la narration, qui pourtant est parfois très juste et belle.
Certains passages sont également peu attrayant ; notamment quand Oikawa parle de son entreprise et avec un jargon propre à son milieu.
En deux mots : Une lecture rapide et sympathique, même si parfois la narration est laborieuse.
Traduit du japonais par Marie-Noëlle Ouvray.





