La maîtresse d’école, Clarice Tartufari.
Publié pour la première fois en 1887.
Emprunt bibliothèque municipale.
Résumé : Voici, dans l’Italie de la fin du XIXe siècle, l’histoire douce-amère de Ginevra, jeune Romaine sur laquelle reposent tous les espoirs de ses parents. Aux prix de gros sacrifices, elle peut suivre les cours de l’Ecole normale pour devenir institutrice. Mais ses espérances seront déçues…
Mon avis : J’ai déniché ce petit livre sur une étagère de la bibliothèque du village voisin du mien. Je me souviens que j’y allais souvent plus jeune pour emprunter des bandes-dessinées et des magazines, puis j’ai découvert la médiathèque et la petite bibliothèque a perdu son attrait. Cependant, cette année j’y suis revenue pour découvrir un endroit calme, qui sent bon les livres et une bibliothécaire qui aime son travail, parler de livre, et se souvenait de mon nom même si je n’étais pas venue la voir depuis dix ans.
La maîtresse d’école est un petit ouvrage d’une centaine de pages. Quatre chapitres rythment la vie de Ginevra, jeune Romaine du XIXe qui étudie à l’école normale pour devenir institutrice, le rêve et la fierté de sa mère. Mais comme l’auteure le laisse supposer dans sa narration, les doux rêves que la jeune fille fait de son avenir ne se réaliseront pas. C’est un peu le genre de livre où l’héroïne, innocente, franche, se retrouve dans des situations où elle aurait besoin de se départir de sa franchise et de son innocence, et où sa complète vertu lui joue plus de mauvais tours que si elle avait été un peu plus roublarde. On voit son univers se désagréger au fur et à mesure, sachant que les améliorations ne pourront pas durer, et l’auteure non plus ne le laisse pas supposer par quelques allusions, et je me suis même demandé en lisant sa maladie si l’auteure n’allait pas pousser le vice jusqu’à la faire mourir.
J’ai aimé l’écriture fluide et nette de Clarice Tartufari. Certaines de ses phrases sont très belles, mais quand l’enchainement des mots devient pressant, musical, elle ne semble pas terminer son effet. J’aurais aimé qu’elle aille plus loin parfois. J’ai aimé lire un ouvrage se passant en Italie, découvrir les allusions à la vie quotidienne, cerner un univers que je ne connais pas. Pour autant Clarice Tartufari ne nous offre pas un roman naturel et réaliste, en ce sens les descriptions ne sont pas légions, ni les grandes réflexions.
Mais l’histoire de Ginevra m’a plu, j’ai aimé la suivre, découvrir sa vie, j’avoue que je suis aussi tombée amoureuse de son Rodolfo et que j’ai senti mon cœur se serrer quand les choses tournaient mal.
En deux mots : Ce court ouvrage se lit agréablement en une heure de temps et fait une coupure plus que bienvenue avec mes précédentes lectures. La maîtresse d’école est un roman bien construit, bien écrit, qui m’a permis d’entrer dans la littérature italienne de la fin du XIXe siècle. Une découverte qui fait du bien et qui donne envie de trouver d’autres petits bouquins dans son genre.
En plus, le livre est agréablement fabriqué. Le papier est doux, les cahiers cousus, la couverture d’une carte singulière.
Traduit de l’italien par Marine Françoise-Balzan.
Maestra.
Illustration de couverture : La lectrice, Federigo Zandomeneghi.
Editions la fosse aux ours, 2007.



