« On m'a demandé de vous calmer », Stéphane Guillon.
Publié en 2009.
Partenariat Livraddict - Éditions Points
Résumé : La patron de Radio France me propose un thé vert. Je décline son offre. « Vraiment, vous ne voulez rien boire ? » S'ensuit une longue discussion sur l'humour, ses limites, ce qui est drôle, ce qui ne l'est pas... Bizarrement ma tête bourdonne... Et puis j'entends cette phrase étrangement menaçante : « On m'a demandé de vous calmer » ...
L'auteur : Stéphane Guillon (né en 1963) est un comédien et humoriste français. Après avoir fait le portrait d'invités au côté de Stéphane Bern au « Fou du roi » et pendant trois ans des interventions sur Canal +, il a animé une petite chronique de quatre minutes sur France Inter jusque juin 2010.
- On m'a demandé de vous virer -
Mon avis : Moi je le trouve sympathique Stéphane Guillon. Avec sa tête de décoiffée et son humour noir. Mais je n'avais jamais pu écouter l'une de ses chroniques sur France Inter n'ayant pas la radio (oui je sais c'est terrible) et ne me levant pas pour écouter le journal … j'étais donc très tentée par les bouquins qui recueillaient ses textes, mais enfin pas assez pour les acheter moi-même. Du coup quand j'ai vu que sur Livraddict les éditions Points proposaient des exemplaires de cet ouvrage, je n'ai pas hésité et j'en suis ravie ! Je remercie donc Livraddict pour organiser toutes les semaines ces partenariats (et donc la Team qui fait un super boulot), et les éditions Points pour m'avoir envoyé le bouquin.
Sont regroupés ici quelques unes des chroniques de Guillon passées sur France Inter de début 2008 à 2009. Je pensais que des textes calibrés pour une chronique orales perdraient tout leur intérêt une fois mis sur papier et sortis de leur contexte, mais en fait c'est un régal. Stéphane Guillon le dit en postface, Muriel Cousin (son épouse si j'ai bien compris) a retravaillé les textes pour qu'il passe mieux à l'écrit et également opéré une choix parmi toutes celles qu'il a pu faire. Et je dois dire que c'est très réussi. J'ai lu cet ouvrage très rapidement et avec beaucoup de plaisir ! La plume de Stéphane Guillon est acéré et jouissive. Il tire le portrait des hommes et femmes politiques avec talent et humour (noir), mais pas seulement, il y a une foule d'autres sujets abordés alors rassurez-vous si vous goutez aussi peu que moi ces questions de magouilles électorales et les frasques de nos dirigeants. Et comme je le disais, même si la politique n'est pas ma tasse de thé, (c'est d'ailleurs aussi pour ça que j'ai voulu faire ce partenariat, pour un peu enrichir ma culture personnelle) j'ai adoré lire ce qu'il pouvait dire sur nos chers amis du Château comme il dit… Et surtout affligée par tant de stupidités. J'avais eu connaissance de certaines d'entre elles (Rachida Dati à Strasbourg qui téléphone à côté d'un micro pour se plaindre de sa terrible vie), mais d'autres comme le président séjournant sur la propriété d'un narco-trafiquant notoire au Mexique ou bien l'idée très très intelligente de ficher les enfants probablement délinquants dés l'âge de trois ans (le vol d'un doudou ou d'une compote est à surveiller avec attention !).
Mais ce que je voulais aussi lire avec intérêt, c'était son billet sur Dominique Strauss-Kahn et son aventure au FMI … bon ce qu'il fait avec ses secrétaires je m'en cogne comme de l'an 40 mais le fait qu'il doive s'excuser publiquement et faire tout son mea culpa à l'américaine (limite s'il n'a pas fallu lui envoyer un conseiller religieux) ça m'a juste fait beaucoup rire. Cependant, la façon dont il a réagit à la chronique de Guillon m'avait tué ; et en la lisant je suis encore plus atterrée. Il n'y a rien de spécial … enfin il se fait descendre (et il le mérite … il dirige le FMI et on peut donc s'attendre à un minium de respect et d'intelligence. Ou alors qu'il cache mieux ses aventures, au choix. Et qu'il assume d'avoir fait le con) mais sans qu'il ne soit dit de bêtises ni d'insultes gratuites. Pas plus qu'il n'ait été dit pour toute autre personnalité politique. Et ça a fait tout un foin … aussi pour Martine Aubry qui avait été traité de petit pot à tabac si je me souviens bien (j'ai adoré la réponse qu'il fait à ceux qui lui ont demandé de ne pas attaquer Martine Aubry sur son physique). Bon s'attaquer au physique je n'aime pas cela, c'est vraiment facile et puis tout le monde le peut (oui encore une phrase bateau mais je n'ai pas trouvé de façon plus philosophique de le dire). Et je ne cautionne pas forcément que cela ait été fait ici (quoiqu'on s'en cogne j'en conviens), mais ce n'est pas non plus une lapidation?
Toutes les chroniques sont ajustées, drôles, grinçantes et frappent là où ça fait mal. Je ne vais pas faire de référence au seuls livres « politiques » que j'ai pu lire, à savoir ceux de Roberto Saviano, parce que ce serait assez vain et puis qu'on pourrait me casser les pieds en me disant que je me goure (quoique je m'en cogne aussi), mais j'ai retrouvé là cette sorte de « révolte » et de sens de la « justice », « vérité » (enfin ce que vous voulez) qui m'avait plu. Les textes de Stéphane Guillon comme je l'ai dit ne sont pas de simples chroniques humoristiques. Il y un fond et une forme travaillée, des idées et surtout de l'humour noir délicieux.
En deux mots : Une découverte très agréable et une lecture non moins passionnante. Un ouvrage drôle et plein d'un humour noir. A lire pour passer un bon moment et rappeler les meilleurs moments de ces dernières années… (enfin les pires).
Photographie de couverture par Pascal Ito.





