Huit saisons, Justin Cronin.
Publié en 2001.
Partenariat Livraddict - Livre de poche
Résumé : Huit saisons, huit nouvelles qui, en fait, constituent un roman. L’histoire d’une famille dont chaque membre va son chemin : les études, le travail, le mariage, les enfants... Mais, chez Justin Cronin, ce n'est jamais un chemin facile, car chacun a son secret : un amour qui n'ose pas se déclarer, une grave maladie qu'on tente de cacher, un drame vécu autrefois qui revient vous hanter... Sous l'apparente banalité des jours et des destins, sous le tissu protecteur de l'affection et de l'entraide, se dissimulent bien des angoisses et des détresses.
Mon avis : Je n’ai pas compris lorsque le bouquin de Justin Cronin, Le passage, a été annoncé pourquoi un tel foin avait été fait autour. Une couverture plutôt jolie, mais à part ça qu’est-ce qui justifiait un tel tapage et un tel engouement ? Je n’ai pas lu le résumé et ne m’y suis pas intéressée. Cependant le nom de l’auteur était resté et quand sur Livraddict j’ai vu cet exemplaire de nouvelles proposé, je me suis dit que ce serait une belle introduction à l’auteur (et bien sûr que Livraddict et Ldp soient remerciés de l'organisation et de l'envoie du part'). Ce que je n’avais pas prévu c’est que je ne sois pas du tout dans l’humeur à lire un roman contemporain dans les délais impartis. Je ferais donc un bilan en demi-teinte de cette lecture, même si…
Comme annonçait le titre français et la quatrième de couverture, je pensais à des nouvelles sans liens entre elles, courtes peut-être. Enfin je n’avais pas lu en détails non plus. Hors si Huit saisons est bien composé de nouvelles, je ne le qualifierais pas de recueil. Il m’a fait penser à Franny & Zooey de Salinger pour sa construction ; la même famille, suivit sur plusieurs nouvelles, mais avec des protagonistes différents mais récurrents parfois. Ici Mary, O’Neil, Kay (sa sœur), selon différentes périodes de leurs vies et comment elles seront liées. Et j’aime cette structure, c’est très intéressant, nouveau par rapport au roman classique qu’on aurait dû couper en parties peut-être peu équilibrées. Du coup le titre anglais Mary and O’Neil est beaucoup plus juste que sa traduction et ne donne pas l’idée fausse d’un recueil ordinaire.
Les nouvelles en elles-mêmes sont plus longues que ce que j’avais pensé, et c’est ce qui de prime abord m’a découragé ou tout du moins mis dans un état d’esprit particulier. La première commençant au présent de manière assez curieuse ne m’a pas encouragé (d’ailleurs, ce que je n’ai pas compris, c’est pourquoi certaines nouvelles sont racontées au présent et d’autres au passé) et j’ai décidé de lire la suite, plus courte, au passé pour au moins entrer dans le recueil. Je n’ai pas eu de difficulté à découvrir O’Neil, qui après avoir quitté l’université et voyagé se retrouver à habituer chez sa sœur et faire de petits boulots. L’écriture de Justin Cronin est simple à suivre et certains passages sont vraiment très beaux, même si comme je l’ai dit au départ, je n’étais pas dans l’état d’esprits adéquat pour l’apprécier pleinement. Je crois que son écriture me plaît, l’atmosphère particulière qu’elle permet de créer, et qui enveloppe tout, mais une fois encore il faudrait que je le relise à un autre moment.
La construction particulière de l’ouvrage, ces nouvelles qui reprennent les mêmes personnages mais peuvent se suivre indépendamment (cependant je pense que l’on ne peut gouter leur atmosphère qu’en les lisant toutes ensembles dans l’ordre), est agréable. J’ai aimé reprendre les personnages à différents moments de leurs vies, et j’ai été touché par certains thèmes abordés par Justin Cronin. La façon dont il décrit la mort des parents de O’Neil, le fait de grandir ; par contre sur la maternité et sur cet espèce de schmilblick bizarre sur les naissances annoncées par des petites musiques et des descriptions de rêves (je trouve) trop longues et alambiquées, j’ai été perplexe et je ne sais pas quoi en penser. Les propos sur la maternité et le mariage aussi.
J’ai été plus sensible à certains passages plutôt qu’à d’autres, notamment la dernière nouvelle (que je ne raconterais pas pour ne pas gâcher la surprise de lecture) qui m’a touché et dont la dernière est d’une douceur et d’une tristesse… ça m’a un peu fait penser à l’ambiance de Et rester vivant de Jean-Philippe Blondel.
En deux mots : Si cette lecture n’a pas commencé sur les meilleurs hospices, je suis contente de l’avoir faite. Je n’ai pas été stupéfaire ni tourneboulée, mais j’ai aimé découvrir ces nouvelles, l’écriture de Justin Cronin et j’ai envie de garder l’ouvrage pour le relire plus tard dans un meilleur état d’esprit.
Extrait : « Demain, ce sera autre chose, songe-t-il. Demain, il y aura d’autres coups de téléphones à donner, et le retour inquiet en voiture suivant un itinéraire compliqué pour éviter la circulation, et les parents de Mary arrivant de Minneapolis, les bras chargés de cadeaux encombrants et inutiles. Il y aura les repas à préparer, les lits à recouvrir et les couches à changer. Il y aura mille détails, puis mille milliers d’autres, et au bout du compte, un jour lointain, très lointain, l’un d’eux se retrouvera tout seul. »
Traduit de l’anglais par Pierre Charras.





