Résumé : Nous sommes en 2057 et tout est propre. Pour le bien et la santé de tous. l'Etat a instauré la Méthode, qui exige de la population qu'elle se conforme à une série de contrôles et de règles préventives. Mia, une jeune biologiste, ne fait soudain plus de sport et omet d'informer les autorités sur ce qu'elle consomme. On la convoque au tribunal afin qu'elle se justifie. Bientôt soupçonnée de sympathiser avec le groupe Droit à la maladie, auquel appartenait son frère avant de mourir dans des circonstances mystérieuses, Mia glisse peu à peu dans les procédures de la Méthode. Le journaliste de télévision qui s'intéresse à elle et lui donne la possibilité de s'expliquer saura-t-il l'aider ?L'auteure : Juli Zeh (née en 1974) est une écrivain allemande. Après des études de droit et des voyages, elle écrit son premier roman en 2001, qui a été traduit en 28 langues : L'Aigle et l'ange.
Mon avis : J'étais déjà tenté par ce livre, mais quand j'ai vu l'avis de Fashion, j'ai craqué. Et c'est une très découverte surprise ! Juli Zeh a une magnifique écriture. Travaillée, belle, poétique à sa manière. Une écriture qui veut dire quelque chose, qui ne contente pas de l'utilité mais qui insuffle de la beauté et du sens à ce qu'elle raconte.
Nous sommes en 2057, Mia Holl est une jeune biologiste qui vient de perdre son frère. Celui a été condamné pour un crime qu'il n'a pas commis, Mia en est certaine. Quand celui-ci se suicide en prison, Mia cesse d'effectuer ses devoirs de citoyennes : contrôles médicaux réguliers, exercices journaliers, nourriture saine et variée. En effet la société est gouverné par la Méthode ! La Méthode met la santé de l'être humain au coeur de tout, afin que l'humain justement soit le plus heureux possible. Car sans maladie, comment ne pas être délivré de tout soucis et reconnaissant à un régime qui prend si bien soin de soi ? Les ennuis vont donc commencer à pleuvoir sur Mia qui voudrait simplement pleurer son frère en paix ...
Outre le fait que j'ai trouvé l'écriture de Juli Zeh vraiment magnifique, j'ai adoré l'humour et l'ironie qui jalonne le texte et qui est tout simplement savoureuse. C'est avec l'écriture une dimension supplémentaire au plaisir qu'on prend à lire Corpus delicti (en plus du titre magnifique), et qui est vraiment un élément à part entière. Ce n'est pas simplement le moyen de raconter l'histoire, c'est à elle toute seule, un morceau de beauté et de talent. Si on ajoute à cela un récit intelligent et qui fait réfléchir on obtient une belle réussite qui me donne envie de découvrir plus avant l'oeuvre de l'auteure (surtout Une fille sans qualité). Le récit justement est celui que j'ai déjà présenté, et qui va nous permettre de découvrir avec Mia comment une société qui se dit si évoluée, et si soucieuse de son citoyen, va faire pour préserver son unité, quitte à devenir elle aussi cruelle ... On va ressentir avec Mia, et de très belle et juste manière, la douleur d'avoir perdu son frère, sa souffrance, ses digressions et la façon dont elle ressent à présent la réalité (les passages où elle parle de son absence sont tout simplement magnifiques). Elle qui a toujours adoré la Méthode et prôné qu'elle était ce que la raison pouvait le mieux offrir, va commencer doucement à s'en éloigner et va finir par faire ce que son frère aurait adorer faire, c'est-à-dire aller contre le régime et essayer de changer les choses ... Les chapitres sont courts, quatre ou cinq pages et nous permettent d'avancer dans le texte sans s'en rendre compte :)
Si je me suis délecté de l'écriture de Juli Zeh et que j'ai aimé l'histoire de Mia, puisque je suis friande de récits d'anticipation, je n'ai pas non plus été touchée par la grâce. Certains passages sont un peu longuets à mon gout et la fin, même si elle démontre l'habilité de la Méthode à se protéger elle-même, ne m'a pas plu outre mesure non plus qu'elle n'a dérangé. J'aurais peut-être préféré quelque chose de plus long et de plus développé sur la société régie par la Méthode. Je ne suis pas déçue, ah ça non, mais je ne sais pas ... je pense qu'il faut un peu de recul pour bien appréhender tout ce qu'il nous ai raconté dans Corpus Delicti. Paradoxalement, les jours où je n'ai pas lu Corpus Delicti ont été les jours les plus doux de mon passage dans le monde de la Méthode. J'adorais penser à Mia et à imaginer son monde. Bref je suis ravie :)
En deux mots : Une lecture très agréable grâce à l'écriture parfaite et ironique de Juli Zeh, et son histoire particulière et attachante à sa manière.
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Traduit de l'allemand par Brigitte Hébert et Jean-Claude Colbus.
Illustration de couverture par Bebdeum.
Traduit de l'allemand par Brigitte Hébert et Jean-Claude Colbus.
Illustration de couverture par Bebdeum.





