Ma vie aventureuse, Sir Arthur Conan Doyle.

Publié en 1924.
Société Sherlock Holmes des Dilettantes - Le signe des Trois



http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/mavieaventureuse.jpgMon avis : Je me passerais pour cette fois de résumé et de présentation d'auteur étant donné qu'il s'agit d'une autobiographie et que je vais déjà assez blablater comme ça. Toujours dans le projet de mon exposé sur Conan Doyle et son siècle (ce qui inclus un nombre impressionnant de sujet en passant de l'histoire du copyright à Florence Nightingale ou l'histoire de la médecine et du règne de la reine Victoria), je me suis procurée ce qui me semblait le plus à même de me donner un matériel juste et contrasté. À savoir l'autobiographie de Doyle pour la clarté des aventures de sa vie, deux ouvrages biographiques pour les différents points de vues et le recul à prendre avec l'autobiographie, une ou deux études et un autre ouvrage écrit par lui sur le spiritisme. Et le tout à lire en très peu de temps puisque mon professeur de Culture G. a eu l'excellente idée de me faire passer en première ... (soit vendredi prochain, pensez à moi !) autant dire que je fais une petite indigestion d'époque victorienne et de Doyle. Je hais devoir lire quelque chose et préfère me laisser une entière liberté sur le sujet. Bref on aura compris que cette lecture aura été faite dans un état d'esprit particulier.

Première remarque. Mais c'est quoi au juste cette couverture ? On reconnaît bien une caricature de Doyle enfumé par son personnage qu'il trucide une fois ou deux, histoire de s'en débarrasser. Mais pourquoi la mettre en couverture d'un ouvrage où Holmes, et la réserve de l'auteur n'explique pas pleinement à quel point il fut ou ne fut pas agacé par la renommé fulgurante de son personnage ? Pour attire l'oeil comme dirait mon prof de Marketing. Certes mais la lectrice que je suis trouve cela idiot. Et quant à la traduction du titre... Memories and adventures devient ce très ronflant Ma vie aventureuses aux relents de romans d'aventures à quatre sous.

Passons à l'ouvrage en lui-même. Doyle nous raconte donc sa vie en commençant par sa naissance, sa scolarité chez les jésuites et sa très rapide prise de conscience quant à la religion et son incompatibilité avec son caractère rationnel. J'ai particulièrement aimé avoir sa voix pour nous expliquer comment s'étaient passées  ses études de médecines et comment il avait vécu ses différentes aventures. A savoir se retrouver sur un baleinier alors qu'il aurait dû être en cours et sa rencontre avec Bell qui ne prend pas beaucoup de place (ce que je déplore parce que je suis un peu devenue admirative de l'homme depuis l'ouvrage d'Ey M. Liebow). En fait l'impression générale qui ressort de cette ouvrage c'est sa brièveté. Plutôt que d'avoir du récit on a un résumé. J'ai pensé un moment que c'était la forme autobiographique qui se prête très bien à "Ma vie, mon oeuvre" qui me gênait, mais en fait je me suis souvenue adorer Une autobiographie d'Agatha Christie où justement elle sait nous raconter sa vie et pas seulement passer sur certains évènements en les regardant de loin.

Doyle est passionnant quand il raconte quelques petits problèmes qu'il a eu à traiter (mais ne parle nulle part de Georges Edalji, ni de Slater le barbe-bleue du bain qui est si bien raconté dans l'ouvrage de Peter Costello), mais assez assommant quand il raconte par le menu certains détails de sa vie ou certains hommes éminents qu'il a eu à rencontrer. Toujours cette manie de nous décrire leur caractère et de leur trouver, même si ce sont des types imbuvables, une qualité ou une autre. Trait typiquement victorien me semble-t-il. Dans l'introduction de l'ouvrage par François Rivière, lui-même écrit un avis semblable et me fait dire que ce n'est pas entièrement à mon mauvais caractère que l'on doit que je relève ces points négativement : "La modestie - ou sa forme encore plus noble : la retenue - constitue sans aucun doute la première qualité de l'homme qui se raconte dans Ma vie aventureuse, paru en 1924, soit six ans avant sa mort, survenue le 7 juillet 1930. Le contenue de ce livre est en effet à envisager sous l'angle du "reportage", un reportage sur l'existence d'Arthur Conan Doyle dans son temps. Les vingt chapitres de cette autobiographie écrite sur le mode le plus souvent badin, journalistique, ne sacrifient jamais à l'introspection souvent lourdement égotiste, pour ne pas dire suffisante et généralement pénible pour le lecteur."
S'il peut être pesant à certains moment il oublie également de nous raconter des pans entiers de sa vie. Si l'on a vent de la maladie de sa première épouse, on ne saura rien de sa mort ni de son remariage. Ni de la naissance de son fils Adrian qui écrivit des pastiches avec Carr. Ni encore de son écriture des aventures du professeur Challenger et de son monde perdu, ni encore des cris du publics pour retrouver Holmes, ni de sa résurrection et de ce qu'il a ressenti à écrire ces nouvelles. Pourtant il y a côtés agréables dans ce livre. Oui oui. N'ouvrez pas de gros yeux, j'aime bien râler avant d'encenser. Il est très intéressant de découvrir la vie de l'homme et ses aventures comme je l'ai déjà dit. La façon pittoresque et naturelle qu'il a de raconter un plongeon accidentel depuis un petit bout de glace en Antarctique ; ou encore de sa vie chevauchée débridée à travers le désert au dos d'un cheval devenu incontrôlable ou de sa rencontre avec quelques têtes couronnées.
J'ai été particulièrement ému pendant la page où il nous parle d'Oscar Wilde. Il le rencontre alors qu'un éditeur américain qui a beaucoup aimé Une étude en rouge lui commence Le signe des quatre, et où Wilde, lui, se voit commandé Le portrait de Dorian Gray. Il en parle avec justesse et respect, et le dépeint exactement tel que j'ai eu le bonheur de le découvrir dans les romans de Gyles Brandreth (ce qui me donne envie de les relire). Même s'il termine son portrait en donnant son opinion sur le procès pour homosexualité de Wilde d'une bien étrange façon.
J'ai également aimé le passage où il parle de James M. Barrie le créateur de Peter Pan. Et où il nous reporte la très curieuse et drôle histoire écrite par ce dernier sur Sherlock Holmes. Elle est très courte mais très sympathiquement écrite et moi qui voulait la lire depuis un moment, suis comblée. J'ai également beaucoup aimé de découvrir son parcours pour se trouver une croyance... car c'est bien cela il cherche quelque en quoi croire après avoir été déçu par la religion catholique. Il parle de ses lectures, de ses pensées et même s'il ne s'étend pas des masses sur le domaine du spiritisme c'est très instructif. Et combat par la même l'espèce de mythe comme quoi la fascination pour l'occultisme ne lui serait venue que d'un coup...

En deux mots : Je m'excuse d'avance pour la tartine que j'ai écrite et qui assurément n'intéressera que moi. Ma vie aventureuse est à lire quand on s'intéresse à Doyle et que l'on veut discourir sur sa vie pendant une demi-heure (nom de bleu). Même si j'ai pu relever beaucoup de points négatifs il y en presque autant de positif et je ne regrette pas ma lecture.


Traduit de l'anglais par Louis Lablat.



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Rangé dans Littérature britannique le 29 octobre 2010

Par petitelunesbooks le 5 novembre 2010
Je veuuuuuuuuuuuuuuuuux ! Vile tentatrice, pourquoi tu me fais çaaaa ? Et voilà, encore un titre à rajouter à ma wish-list, bouhou...
Par Raison-et-sentiments le 5 novembre 2010
Héhé :) J'ai fait mon exposé cet aprem ... une heure à l'oral ! J'étais lancé sur Doyle et mes auditeurs ont bien souffert :) Enfin c'est fini et c'est chouette !
J'te dis pas la tremblotte que j'avais.
Par petitelunesbooks le 5 novembre 2010
J'espère que ça s'est bien passé. Tu m'étonnes que tu devais bien stresser, c'est normal :)
Je suis sûre que tu as réussi, passionnée de Doyle comme tu es, grande lectrice, admiratrice de l'oeuvre de Doyle (ou du moins de Holmes. On ne dit pas Doyle sans Sherlock Holmes :p) ton auditoire a du être bien servi ! Jsuis sûre qu'ils étaient passionnés ^-^ En tout cas, moi je l'aurais été !
N'empêche... une heure quand même, et tu as tenu le coup ? Courageuse va ! J'espère que tu auras une bonne note
Par Raison-et-sentiments le 5 novembre 2010
Bah ça dépend ... j'avais pas de power point, ni de vidéos, ni de musique du coup ils s'ennuyaient un peu et c'est pas le type à aimer écouter pendant une heure tout ce que j'ai présenté : l'ère victorienne, Joe Bell, Florence Nightingale, etc ... mais je suis contente que ce soit passé et curieuse de savoir ce que le prof en a pensé ^^
Par Carisma le 20 novembre 2010
Merci pour cette présentation qui m'a permis de découvrir certains aspects de la vie de Sir Conan Doyle. La relation entre Sherlock Holmes et son auteur est ainsi que vous le rappelez bien particulière.
Par Raison-et-sentiments le 20 novembre 2010
Mais de rien ^^ Je suis heureuse que mon avis fleuve ait pu servir à quelqu'un. Au plaisir !
 

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