Tout ce que vous avez voulu savoir sur Sherlock Holmes sans jamais l'avoir rencontré, Pierre Nordon.
Publié en 1993.
Publié en 1993.
Mon avis : Je plaide innocente ! Je vous assure mon général (ou mon colonel Moran à vous de voir) que ce n'est pas de ma faute si ma bibliothèque holmésienne s'est vue dotée d'un exemplaire supplémentaire ! C'est la faute à Mycroft (oui encore lui !) ...lorsque j'ai fait ma première commande chez Mycroft's Brothers (boutique en ligne et éditeur de pastiches et études de la SHHF) le président (je suppose que c'est lui qui prépare les colis) m'a rajouté quelques cartes postales, journaux, rapports d'activités de la Franco-Midland (autre nom de la SSHF) ainsi que ce petit ouvrage. Je me suis décidée à l'ouvrir à cause d'un projet que je prépare pour votre plus grand bonheur (si si je vous assure ! Vous allez être ravi :). Et je dois dire ... que ça été une lecture instructive ... mais pas satisfaisante, enfin pas totalement.Cet essais (ou enfin tel qu'il est estampillé sur la couverture) de Pierre Nordon parle ...de tout. De la naissance de Sherlock, à la biographie de Conan Doyle (ses déboires sentimentaux, et sexuels -_- comme le montre cette phrase dont je recherche toujours l'intérêt : "Pendant plus de vingt ans la vie privée de Conan Doyle avait donc oscillé entre la banalité domestique et la frustration sexuelle" Le rapport avec la choucroute, comme on dit dans mon pays ?), aux sociétés holmesiennes et à l'étude (très rapide et légère) du canon. Un court ouvrage que l'on pourrait donc qualifier de généraliste, ou tout simplement de fourre-tout. Mais qui pourrait intéresser ceux qui débutent avec le canon (l'ensemble des 60 histoires de Sherlock Holmes), et qui ne sont pas trop regardant sur l'exactitude des renseignements, de la traduction des citations utilisées, et du sujet traité. Comme le dit, Thierry Saint-Joanis (le président de la SSHF) à propos de ce livre : "Rappelons-nous Pierre Nordon et son guide "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Sherlock Holmes". Dieu sait si le biographe de Conan Doyle a connu son sujet, à une époque, mais quand il prend la plume pour rédiger son guide, longtemps après sa biographie de l'auteur, au lieu de reprendre l'édition originale du Canon, l'angliciste va se contenter de la traduction que l'on trouve dans l'édition Bouquins. Et il recopie les erreurs qui s'y trouvent. Et sans le savoir, il nous sert du non-canonique dans un ouvrage de références supposées canoniques. La tuile !"
Pierre Nordon est le champion au pays des confus. On peut passer d'une page à l'autre à un sujet complètement différent et également changer d'époque en un rien de temps (c'est le cas de le dire !) ce qui est très déstabilisant et rend le propos de l'auteur très très difficile à suivre. On a également droit à une pseudo étude freudienne des textes sur Holmes, et le rapport mère/textes historiques, père/ésotérismes et policiers. Je ne m'y connais pas assez dans la bio. de Conan Doyle pour dire si ces réflexions sont justifiés mais à la simple lecture elle me semble... légèrement tirées par les cheveux.
De plus, certaines citations, sorties de leurs contextes peuvent servir son propos, mais ne pas vouloir dire la même chose dans le texte ou tout simplement n'avoir aucun rapport avec son idée de départ. Même moi, qui n'ai pourtant jamais lu le canon dans le texte j'ai pu remarquer la "mocheté" de la traduction des passages citées ; et puisque je vis depuis deux semaines avec Un cas d'identité et Un scandale en bohème en perfusion (je les écoute en livres audio pour m'endormir :p) je connais à peu près ces nouvelles par cœur tout comme Une étude en rouge que j'ai lu plus qu'à mon compte, ça aide. Il y a aussi des informations erronées ce qui chagrine quand on lit le propos de l'auteur qui semble très érudit mais qui se plante de traduction et d'info.
Il y a cependant des aspects qui m'ont plu, car m'ont appris et éclairé sur des sujets particuliers. Par exemple le pourquoi de la haine/désintérêt de Conan Doyle pour son héros le plus célèbre : "Il s'en veut pourtant d'être apprécié pour des raisons qu'il dédaigne, ou croit devoir dédaigner. Ce n'est certes pas snobisme de sa part, les opinions conventionnelles en matières de valeur littéraire, faisant violence à son attirance spontanée pour une littérature "d'adolescents", et recherche une notoriété plus "adulte", plus conforme à l'image que le public se fait de l'homme de lettres." Ou alors le fait que ce soit son père, Charles Doyle, qui ait illustré la première édition d'Une étude en rouge. On encore la partie sur les sociétés holmesiennes et l'holmésologie (sciences qui prend pour acquis l'existence de Sherlock Holmes et Watson et dit que tout ce qui a été écrit dans le canon, même les incohérences, et surtout elles, sont véridiques).
En deux mots : Je ne vais pas déblatérer plus longtemps et vous consigner toutes les pages que j'ai noté (mon livre est énorme maintenant :p), parce que n'intéressera que les holmésiens (très) amateurs comme moi.
Illustration de couverture par Rozier-Gaudriault.






