Les chroniques des vampires (T.8) : Le sang et l'or, Anne Rice.
Publié en 2000.
Résumé : De tous les vampires imaginés par Anne Rice, Marius est sans doute le plus civilisé, le plus raffiné. Philosophe et artiste, mentor de Lestat et Armand qui, comparés à lui, font figure d'enfants turbulents, gardien d'Enkil et Akasha, il émane de lui une sorte de sagesse et de sérénité. Peut-être cela s 'explique-t-il par le fait qu'il a été un témoin privilégié de la grandeur et la décadence de l'Empire romain, a assisté à l'épanouissement de Constantinople, puis découvert la Renaissance italienne. Toujours est-il que les apparences sont parfois trompeuses...L'auteure : Anne Rice est née à La Nouvelle-Orléans en 1941. Au milieu des années 70 elle commence à écrire ce qu'elle pense être une courte nouvelle sur les vampires, cela deviendra Entretien avec un vampire. Elle a révolutionné la vision du vampire et marie admirablement les connaissances historiques à sa propre mythologie vampirique.
Mon avis : J'ai découvert Anne Rice après avoir adoré Fascination lorsque j'étais en Terminale. Même si je doute à présent fortement de jamais relire avec plaisir ce roman adolescent, je lui suis infiniment reconnaissant de m'avoir fait découvrir une foultitude d'autres. Entretiens avec un vampire m'a enchanté au plus haut point, Lestat le vampire aussi, La reine des damnés aussi quoique un peu moins, Le voleur de corps est celui qui m'a le plus déplu à ce jour (la vie mortelle de Lestat et ses jérémiades ne m'ont pas attendries), Memnoch le démon m'a ravie au delà de toute mesure, Armand le vampire m'a fait l'effet du claque tellement c'est beau, et Merrick m'a plu parce qu'il continue l'histoire. Une fois cette mise en bouche achevée, il faut bien parler du Sang et l'or.
J'attendais avec impatience de lire l'histoire de Marius parce qu'elle m'avait fasciné quand il l'a racontait à Lestat dans le volume susnommée. Mais justement, racontant déjà une grande partie de sa vie, de sa création, que restait-il à dire ? Beaucoup certes, mais les évènements parcellaires déjà révélé dans Pandora, Armand, Lestat et les autres ont donné lieux des résumés plus ou moins rapides qui m'ont déplu. Certes on en apprend beaucoup sur les ressors de l'intrigue, sur ce qu'il s'est passé à Venise et raconté par Armant, les coulisses du récit de Pandora (et m'a donné envie de les relire tous les deux !), mais on découvre aussi un Marius que l'on croyait calme et maître de lui, dans une forme d'ataraxie en somme, mais qui ne cesse de vouloir montrer à quel il est un imposteur. On ne peut vraiment connaître une personne au travers du récit et des autres et c'est que Anne Rice entreprend de nous montrer en nous révélant les intentions de Marius derrière ses actions. Cependant j'ai trouvé cela trop pesant parfois. On comprend rapidement que Marius n'est pas l'être d'intelligence et de calme que l'on croyait, enfin il est intelligent, mais est si fortement attaché à ses enfants du Sang qu'il en devient faible et aveugle. Il ne cesse de se dévaloriser, comme si Thorne (l'interlocuteur à qui il raconte pendant 600 pages son histoire ; ils ont une looooongue nuit dites donc) ne pouvait le comprendre tout seul. En fait c'est peut-être aussi le fait de découvrir l'envers du décors qui m'a déplu dans ce livre ; j'aimais imaginer la supériorité et la sagesse de Marius ce me semble et rien de ce que j'avais pu lire dans les sept précédents volumes ou les chroniques annexes ne m'avait détrompé. Le fait aussi que ses pêchés ne semblent pas bien énormes et que lui un fasse tout un fromage ; bon ok c'est un vilain buveur de sang qui tue des gens mais en partant de ce postulat il n'est pas plus méprisable qu'un autre, et dans ses actions, et dans ses pensées.
En fait j'étais très enthousiaste en commençant ce volume ; ça faisant deux ans que j'avais dévoré La reine des damnés, Le voleur de corps, Memnoch le démon, Amand le vampire et je voulais retrouver cet univers tant aimé. Le début m'a beaucoup plu, il permet de se remettre les évènements de La reine des damnés en mémoire par le biais du récit de Thorne et la rencontre avec Marius est très chouette, mais quand il commence à pleurer et gémir sur son sort j'avais bien envie de lui coller une super-claque. Il ne me semble pas qu'Anne Rice ait su doser à la perfection la façon dont elle a présenté son récit, dans Entretien avec un vampire elle savait ménager des poses pour que Louis et son interlocuteur discute et que le temps passe, ici le récit de presque deux mille ans de vie passe en une nuit. Un peu comme ces longues lettres qu'échangent Gilbert Markham et son beau frère dans La châtelaine de Wildfell Hall. Elle fait aussi Marius se répéter souvent, nous causant de Pandora à ne plu savoir qu'en faire ; c'est cohérent avec le récit et ça poursuit un but, mais c'est trop.
Pour autant j'ai beaucoup aimé certaines parties du récit, et en particulier la façon dont Marius nous raconte la montée du christianisme dans sa vie. Enfant de la république romaine et du syncrétisme des religions juives et païennes (je ne devrais peut-être pas dire païenne puisque cela oppose le christianisme aux religions qu'il ne reconnaît pas, et que moi je ne reconnais aucune suprématie à cette religion-ci ?), il ne comprend pas ses gens qui se retrouvent dans des grottes pour prier un Dieux dont il n'a jamais cru en l'existence. Il partage mon opinion sur le sujet et me permet de mieux comprendre la genèse du mouvement, comment elle était considérée. On ne s'en rend pas forcément compte, même dans un pays laïque comme la France, mais la religion chrétienne, et son mouvement catholique (qui encourage la révération des saints et de la Vierge) n'était d'abord qu'une simple secte dans le judaïsme et ses pratiquants persécutés. Même si je ne pratique pas cette religion, je suis baptisée et dans mon département les cours de catéchisme sont autorisés, alors je pensais bêtement que la religion chrétienne était un truc énorme depuis ses débuts et je n'envisageais pas sérieusement l'importance qu'avait pu avoir le culte des Dieux et Déesses Grecques par exemple ; le récit de Marius permet de bien en prendre conscience.
J'ai également beaucoup beaucoup apprécié d'avoir la vision de Marius sur Armand. La façon dont il le découvre, dont il le voit souffrir. Cela m'a donné une très très forte envie de relire les mémoires de ce vampire-ci que j'avais déjà dévoré. En fait, le récit devient vraiment passionnant quand on quitte ce que l'on a déjà pu aborder dans les autres romans pour découvrir ce qu'il advint de Marius après l'évènement de Venise (je ne spoile pas parce que je suis bien élevée), et j'aurais vraiment voulu que cette partie soit plus longue. Malheureusement c'est là que le récit touche à sa fin en rencontrant les évènements de La reine des damnés, mais enfin ce que j'ai aussi apprécié, est d'avoir le véritable sentiment de Marius quant aux agissements de Akasha.
J'ai également (vous voyez que j'ai aimé des trucs) était très intéressée par l'intervention du Talamasca dans ce volume. Je ne me souviens pas avoir lu que Marius avait conversé avec eux et moi aussi je suis très intriguée par la genèse de cet intrigante association...
Ai-je besoin de préciser qu'Anne Rice écrit majestueusement bien ? Qu'elle s'y connaît dans toutes les époques qu'elle évoque et qu'elle donne terriblement envie de s'intéresser à la peinture et aux arts quels qu'ils soient (c'est elle qui a fait naître ma passion dévorante pour Botticelli). Son évocation du peintre florentin m'a encore plus donner envie de me rendre un jour à la Galerie des Offices (nom de bleu vous imaginez les tableaux qu'il y a là bas ?), et de faire des recherches sur les peintres qu'elle évoque : Piero della Francesca, Gozzoli, Signorelli. Gozzoli est d'ailleurs très largement évoqué pour son tableau du Cortège des mages qui tient une place importante dans la vie de Marius à Venise ; je n'ai pas pu résister à l'envie de vous en mettre un détails dans cette article ainsi que le tableau complet plus bas même si la définition empêche de vraiment apprécier sa beauté, même si j'aime dix fois plus le traitement des visages et des corps de Botticelli.
En deux mots : Je trouve parfaitement crétin cette opinion que j'ai pu lire un peu partout que les romans d'Anne Rice sur ses vampire s'essoufflaient après les deux ou trois premiers ; il faut prendre les volumes comme ils sont, indépendamment. Il y en a des bons et des moins bons. Chacun choisi celui qu'il préfère et personne n'a raison puisque tout est affaire de subjectivité. Je sais que mon ami Bryaxis (si tu passes par là) a adoré ce volume, j'ai préféré Armand, avons-nous tort pour autant ? Je n'ai pas autant apprécié ce volume que les précédent, encore que je pourrais très bien en tomber amoureuse lors de sa relecture, et je reste terriblement attachée à Anne Rice. Je veux lire tout ce qu'elle écrit, je veux le relire, encore et encore. Je vous conseille donc très fortement de commencer son excellente série ou alors de la continuer, vous y trouverez assurément matière à admiration et bonheur.
J'attendais avec impatience de lire l'histoire de Marius parce qu'elle m'avait fasciné quand il l'a racontait à Lestat dans le volume susnommée. Mais justement, racontant déjà une grande partie de sa vie, de sa création, que restait-il à dire ? Beaucoup certes, mais les évènements parcellaires déjà révélé dans Pandora, Armand, Lestat et les autres ont donné lieux des résumés plus ou moins rapides qui m'ont déplu. Certes on en apprend beaucoup sur les ressors de l'intrigue, sur ce qu'il s'est passé à Venise et raconté par Armant, les coulisses du récit de Pandora (et m'a donné envie de les relire tous les deux !), mais on découvre aussi un Marius que l'on croyait calme et maître de lui, dans une forme d'ataraxie en somme, mais qui ne cesse de vouloir montrer à quel il est un imposteur. On ne peut vraiment connaître une personne au travers du récit et des autres et c'est que Anne Rice entreprend de nous montrer en nous révélant les intentions de Marius derrière ses actions. Cependant j'ai trouvé cela trop pesant parfois. On comprend rapidement que Marius n'est pas l'être d'intelligence et de calme que l'on croyait, enfin il est intelligent, mais est si fortement attaché à ses enfants du Sang qu'il en devient faible et aveugle. Il ne cesse de se dévaloriser, comme si Thorne (l'interlocuteur à qui il raconte pendant 600 pages son histoire ; ils ont une looooongue nuit dites donc) ne pouvait le comprendre tout seul. En fait c'est peut-être aussi le fait de découvrir l'envers du décors qui m'a déplu dans ce livre ; j'aimais imaginer la supériorité et la sagesse de Marius ce me semble et rien de ce que j'avais pu lire dans les sept précédents volumes ou les chroniques annexes ne m'avait détrompé. Le fait aussi que ses pêchés ne semblent pas bien énormes et que lui un fasse tout un fromage ; bon ok c'est un vilain buveur de sang qui tue des gens mais en partant de ce postulat il n'est pas plus méprisable qu'un autre, et dans ses actions, et dans ses pensées.
En fait j'étais très enthousiaste en commençant ce volume ; ça faisant deux ans que j'avais dévoré La reine des damnés, Le voleur de corps, Memnoch le démon, Amand le vampire et je voulais retrouver cet univers tant aimé. Le début m'a beaucoup plu, il permet de se remettre les évènements de La reine des damnés en mémoire par le biais du récit de Thorne et la rencontre avec Marius est très chouette, mais quand il commence à pleurer et gémir sur son sort j'avais bien envie de lui coller une super-claque. Il ne me semble pas qu'Anne Rice ait su doser à la perfection la façon dont elle a présenté son récit, dans Entretien avec un vampire elle savait ménager des poses pour que Louis et son interlocuteur discute et que le temps passe, ici le récit de presque deux mille ans de vie passe en une nuit. Un peu comme ces longues lettres qu'échangent Gilbert Markham et son beau frère dans La châtelaine de Wildfell Hall. Elle fait aussi Marius se répéter souvent, nous causant de Pandora à ne plu savoir qu'en faire ; c'est cohérent avec le récit et ça poursuit un but, mais c'est trop.
Pour autant j'ai beaucoup aimé certaines parties du récit, et en particulier la façon dont Marius nous raconte la montée du christianisme dans sa vie. Enfant de la république romaine et du syncrétisme des religions juives et païennes (je ne devrais peut-être pas dire païenne puisque cela oppose le christianisme aux religions qu'il ne reconnaît pas, et que moi je ne reconnais aucune suprématie à cette religion-ci ?), il ne comprend pas ses gens qui se retrouvent dans des grottes pour prier un Dieux dont il n'a jamais cru en l'existence. Il partage mon opinion sur le sujet et me permet de mieux comprendre la genèse du mouvement, comment elle était considérée. On ne s'en rend pas forcément compte, même dans un pays laïque comme la France, mais la religion chrétienne, et son mouvement catholique (qui encourage la révération des saints et de la Vierge) n'était d'abord qu'une simple secte dans le judaïsme et ses pratiquants persécutés. Même si je ne pratique pas cette religion, je suis baptisée et dans mon département les cours de catéchisme sont autorisés, alors je pensais bêtement que la religion chrétienne était un truc énorme depuis ses débuts et je n'envisageais pas sérieusement l'importance qu'avait pu avoir le culte des Dieux et Déesses Grecques par exemple ; le récit de Marius permet de bien en prendre conscience.
J'ai également beaucoup beaucoup apprécié d'avoir la vision de Marius sur Armand. La façon dont il le découvre, dont il le voit souffrir. Cela m'a donné une très très forte envie de relire les mémoires de ce vampire-ci que j'avais déjà dévoré. En fait, le récit devient vraiment passionnant quand on quitte ce que l'on a déjà pu aborder dans les autres romans pour découvrir ce qu'il advint de Marius après l'évènement de Venise (je ne spoile pas parce que je suis bien élevée), et j'aurais vraiment voulu que cette partie soit plus longue. Malheureusement c'est là que le récit touche à sa fin en rencontrant les évènements de La reine des damnés, mais enfin ce que j'ai aussi apprécié, est d'avoir le véritable sentiment de Marius quant aux agissements de Akasha.
J'ai également (vous voyez que j'ai aimé des trucs) était très intéressée par l'intervention du Talamasca dans ce volume. Je ne me souviens pas avoir lu que Marius avait conversé avec eux et moi aussi je suis très intriguée par la genèse de cet intrigante association...
Ai-je besoin de préciser qu'Anne Rice écrit majestueusement bien ? Qu'elle s'y connaît dans toutes les époques qu'elle évoque et qu'elle donne terriblement envie de s'intéresser à la peinture et aux arts quels qu'ils soient (c'est elle qui a fait naître ma passion dévorante pour Botticelli). Son évocation du peintre florentin m'a encore plus donner envie de me rendre un jour à la Galerie des Offices (nom de bleu vous imaginez les tableaux qu'il y a là bas ?), et de faire des recherches sur les peintres qu'elle évoque : Piero della Francesca, Gozzoli, Signorelli. Gozzoli est d'ailleurs très largement évoqué pour son tableau du Cortège des mages qui tient une place importante dans la vie de Marius à Venise ; je n'ai pas pu résister à l'envie de vous en mettre un détails dans cette article ainsi que le tableau complet plus bas même si la définition empêche de vraiment apprécier sa beauté, même si j'aime dix fois plus le traitement des visages et des corps de Botticelli.
En deux mots : Je trouve parfaitement crétin cette opinion que j'ai pu lire un peu partout que les romans d'Anne Rice sur ses vampire s'essoufflaient après les deux ou trois premiers ; il faut prendre les volumes comme ils sont, indépendamment. Il y en a des bons et des moins bons. Chacun choisi celui qu'il préfère et personne n'a raison puisque tout est affaire de subjectivité. Je sais que mon ami Bryaxis (si tu passes par là) a adoré ce volume, j'ai préféré Armand, avons-nous tort pour autant ? Je n'ai pas autant apprécié ce volume que les précédent, encore que je pourrais très bien en tomber amoureuse lors de sa relecture, et je reste terriblement attachée à Anne Rice. Je veux lire tout ce qu'elle écrit, je veux le relire, encore et encore. Je vous conseille donc très fortement de commencer son excellente série ou alors de la continuer, vous y trouverez assurément matière à admiration et bonheur.

Cortège des mages de Gozzoli.
Traduit de l'anglais par Michelle Charrier.
Illustration de couverture par Eric Scala.






Franchement, je suis jalouse, moi qui ai du mal à trouver ce volume et Armand le vampire, et qu'ils sont à des prix exorbitants... néanmoins je préfère encore commençer par Armand que je prendrais sans doute un jour en anglais puisque les prix français sont... hem hem...
Et je suis d'accord : l'écriture d'Anne Rice est un régal, je ne comprends pas ces mauvaises langues qui disent que seuls les trois premiers volumes sont bons et le reste pas terrible, ou encore que Anne Rice a détruit le mythe du vampire... chacun ses opinions oui mais bon...