
Résumé : « Ce matin, 6h30, à l'heure où Phoebus darde encore ses rayons dans sa poche, on a sonné à ma porte. Ce ne pouvait pas être le laitier. Je ne bois pas de lait le matin ça fait cailler la tequila de la veille au soir.
Ce ne pouvait pas être le KGB. Je suis au mieux avec Moscou. J'ai rencontré l'autre jour un ingénieur de Tchernobyl qui se désirradiait dans la piscine Molitor, je lui ai dit j'aime beaucoup ce que vous faites.
On ne sait jamais. On n'est jamais trop prudent. »
Mon avis : Desproges, je connaissais de nom et c'est tout. Je n'avais pas envie d'approfondir, les quelques rediffusions des minutes nécessaire de monsieur Cyclopède que j'avais vu ne m'ayant pas emballé outre mesure. Mais lorsqu'en Culture G. j'ai découvert le réquisitoire du tribunal des Flagrants délires (vous pouvez voir le truc en entier sur cet article de Caprices) j'ai été conquise ! Du coup je m'étais dit que j'essaierais de lire ses recueils de chroniques, et lorsque j'ai trouvé Les chroniques de la haine ordinaire en .2 je n'ai pas hésité, et j'ai bien fait parce que j'ai passé un excellent moment de lecture. Cela ajouté au fait que j'ai adoré utiliser de nouveau le format .2 et que j'ai envie d'avoir des tas et des tas de livres dans ce format (d'ailleurs ils vont sortir l'intégral des œuvres de Baudelaire ainsi et comme on a toujours besoin d'un petit peu de Baudelaire sur soit, je sens que je vais l'acquérir).
J'ai mis du temps à comprendre la nature de ces textes, parce que la biographie de début d'ouvrage est pas super clair pour qui n'était pas né pendant la diffusion de ces chroniques. Il s'agissait en fait de petits billets diffusés en soirée sur France Inter dans les années 86 à 87. On a de tout, du billet « politique », d'humeur ou tout simplement loufoque.
Ce que que j'ai par dessus tout apprécié c'est la langue de Pierre Desproges ! Et quelle langue, une verve, une inventivité exceptionnelle. Il joue avec les mots, a un vocabulaire riche, se moque, est drôle ou tout simplement complètement loufoque. Chaque phrase à rallonge est un plaisir pour le lecteur, on ne se perd pas, au contraire on déguste toute la phrase et l'on se demande comment il va faire pour la prochaine. Et il ne se répète jamais, n'est jamais ennuyeux. Le sujet des chroniques plutôt politiques m'étant partiellement connus j'ai pu apprécier (la cohabitation, les essais nucléaires français, etc.) leur verve et leur justesses, pour les autres j'étais un peu désorientée, mais la langue étant un très bon palliatif à l'incompréhension cela est tout de même passé. Je dois cependant confesser que la visée de certaines chroniques, pas celles vraiment loufoques et sans sens, mais les autres, certaines de celles raillant un caractère, une personne m'ont échappé. Je terminai la chronique en me disant, oui mais bon ?
En deux mots : Une très agréable découverte ! Pierre Desproges sait manier la langue française avec brio et chacune de ses chroniques est un plaisir de lecture.
Extrait : « Mercredi. Rude journée. Pas d'école. Les minuscules sont lâchés.
Ils font rien qu'à embêter les parents qui essaient de faire des chroniques dans le poste. Ils font rien qu'à poser des questions idiotes. Tout à l'heure, il y en a une avec du chocolat poisseux plein la figure qui est venue le partager avec mes cheveux sous prétexte de câlin... On ne devrait pas procréer ainsi à l'aveuglette. On devrait élever des poissons rouges. »






