La twittérature, Emmett Rensin et Alexander Aciman.

Publié en 2009.




http://raison-et-sentiments.cowblog.fr/images/Anciens/anciennouveau/couv5310654.jpgMon avis : Je ne pensais jamais lire cet ouvrage. Je n’étais pas dans la posture de l’outragée vertueuse, genre « non mais quels cuistres, ils ont osé résumés les œuvres de la littérature mondiale ? », mais plutôt « mouais, ça ne m’intéresse pas ». Mais Marion en a décidé autrement et me l’a offert cette semaine. Merci !

Les deux auteurs de l’ouvrage nous offre un avant propos à leur « travail » : « La vie ne saurait offrir de plus grand trésor que l’art. Il permet à l’être humain de s’abstraire des trivialités qui lui malmène l’esprit du matin au soir et de se hisser vers les sommets pour, brièvement, entrevoir le sublime. » Hey en lisant ça on se dit, cool ils sont peut-être intelligents les gamins. Mais quand ils embraillent avec « ces grands textes si intemporels soient-ils, sous leur forme actuelle, sont datés. A part des étudiants et des professeurs, quelques ermites et les disciples d’un John Ludd tombé en disgrâce, qui ose aujourd’hui s’y immerger en espérant comprendre un minimum de quoi il en retourne ? » Et là je réponds, des lecteurs bandes de ruffians. Pas des esthètes surdiplômés, ou des mages cacochymes, mais simplement des lecteurs qui ont trois neurones vaillants.

Ensuite ils comparent leur entreprise à celle de Martin Luther qui traduisit la Bible du vernaculaire en langue courante de l'époque afin de permettre aux croyants de comprendre ce qu’ils lisaient. Et là je dis… hum… je ne savais pas qu’on avait besoin d’un traducteur automatique réducteur de caractères pour capter la langue de Flaubert, Jane Austen, J.K. Rowling et etc. Que des étudiants en lettres, qui sont surement de futurs professeurs, à moins que ce ne soit pas assez hype pour eux, pensent ainsi fait froid dans le dos. Qu’ils estiment que le « cerveau moderne » de l’homme ne peut plus comprendre ces bouquins, est juste complètement faux bien sûr et très dans l’air du temps. Et on se demande ce qu’ils pourraient bien enseigner comme passion de la littérature à leurs élèves.
Qu’ils aient égayé leurs soirées par ces jeux de langages (que des journaleux hyper objectifs comparent à l’Oulipo) ok, c’est drôle entre potes de se taper des délires, mais delà à chercher à le légitimer et à la publier, hum je doute. En plus l’édition française renforce cette impression. J’ai trouvé sur un blog de Libération l’explication parfaite : « On continue, et l’impression reste la même. Les tweets en eux-mêmes passent bien. Le decorum éditorial, moins. » Le décorum français en effet voudrait changer ces blagues de potaches en révolution de la culture. Les petits résumés d’œuvres présents au début de chaque ouvrage tweeté ont en effet était ajouté par l’éditeur français (et en plus le gars ou la fille hein, qui les a ajouté s’est trompé dans les prénoms de héros, les intrigues), les notes de bas de pages (également pleines d’approximations et de fautes) alourdissent le tout en voulant tout expliquer. L’édition français vire aussi la mise en forme très tweet et qui enlève un peu la compréhension du tout.

Deuxième truc qui me gêne. Les coco disent en préambule vouloir rendre plus accessibles ces géants de la littérature auxquels on ne peut plus rien capter aujourd’hui (c’est pas de leur faute ils sont trop longs ces trucs et écrits dans un idiome incompréhensible). Mais euh alors Harry Potter, les Beatles, Fascination et le Da Vinci Code c’est pourquoi ? Certes les tweets sont drôles, mais au lieu de vouloir passer pour des pourfendeurs de la littérature, des révolutionnaires ils auraient dû rester ce qu’ils sont : des étudiants qui s’amusent.

Et donc parlons des tweet. Il y en a des drôles franchement, des raccourcis assumés qui montrent le ridicule d’une situation. Mais ces résumés ôtent tout l’intérêt des textes. Parce que l’histoire du gars qui se changent en cafard et meurt ça paraît pas hyper passionnant comme ça, non ? Mais avec la scénographie de Kafka, sa langue, l’atmosphère qu’il dégage ça en devient génial et prenant. Edith Wharton disait un truc dans le genre dans son Vice de la lecture.
Mais il y en a qui tombent à plats (et beaucoup). Quand ils changent  leur ton d’jeunz et moderne ça devient mortellement ennuyeux genre O & P. D’autres qui sont justes à côté de la plaque, ou simplement incompréhensibles. D’autres encore… j’suis pas prude, mais avoir des « j’ai la trique » « j’avais la prendre » « j’ai les couilles gonflés »  « ça me démange », je vois pas l’intérêt. Genre je cite : « Cet endroit est plus sinistre qu’une chatte de pute. » On repassera. Ou pas.
Et ces tweets qui se suivent, même s’ils sont courts paraissent très longs rétrospectivement. Une phrase bien faites et drôle aurait suffit. Eux qui veulent abréger des bouquins trop verbeux et pleins d’adverbes (cf. Harry Potter), auraient dû essayer de déjà raccourcir leur bazar.

En deux mots : C’est long. Pour un truc qui se voulait court c’est bête. Plus souvent lourd que drôle (même si bien sur j’admets qu’il y a certains trucs rigolos), l’édition française n’arrange rien. Alors bon si vous voulez le lire faites-le en anglais ou bien tiens, ne le faites pas :D

Rangé dans Littérature états-unienne le 16 octobre 2011

Par Mimili le 16 octobre 2011
Tu m'interpelles là! Je n'avais pas entendu parler de ce phénomène...ça me laisse sans voix. Je ne pense pas être vieux jeu, c'est clair que j'aime la langue française et ses grands classiques. Je comprends que ce soit difficile pour certaines personnes de se les approprier aujourd'hui, mais de là à en faire une généralité! Et en plus il s'agit d'étudiants en lettres! Ca fait un tout petit peu peur....:s
Par Raison-et-sentiments le 16 octobre 2011
Ouais comme quoi leur truc a fait un gros flop et je trouve ça très bien, ils le méritent :D
Leur rhétorique fait peur c'est clair ; l'idée de faire de l'humour sur des classiques, de les résumer de manière drôle je trouve ça sympa, sauf que là ils sont justes lourds, pas drôles et vulgaires pour rien.
Par petitelunesbooks le 16 octobre 2011
Ma dernière lecture remonte à loin (un an) mais j'avais été mitigée avec cette lecture, je t'avais envoyé le livre pour que tu puisses découvrir même si ça ne m'étonne pas que la lecture ne t'ait pas plus emballée que ça. J'avais pensé que c'était curieux, ces classiques à la sauce Twitter, c'était à la fois drôle et lourd, ça aurait pû être plus drôle et moins stupide car souvent j'ai pensé 'pauvres pauvres pauvres auteurs et leurs oeuvres massacrées'.

En bref, c'est pas un livre top, c'est un livre flop. C'était assez drôle et curieux de voir ces classiques version Twitter mais au final, c'est pas une parodie remarquable...

J'espère qu'Angélique et Les pinq personnes que j'ai rencontrées là-haut te plairont plus :)
Par Mimili le 16 octobre 2011
Oui c'est sûr que l'idée en elle même est plutôt plaisante. Ca ne fait jamais de mal de s'amuser, tant que ça reste une plaisanterie. Mais que ça se veuille sérieux...et puis la vulgarité gratuite ça les dessert!
Par Raison-et-sentiments le 16 octobre 2011
Oui voilà à la fois lourd et drôle ; mais plus souvent lourd quand même. J'ai bien ricané en lisant le Da Vinci Code parce que c'est surement la seule fois que je le "lirais" ce bouquin. Mais le reste...
Si ça ne m'a pas plu je suis contente que tu me l'ai offert, parce que c'est une découverte quand même et que j'ai pu réfléchir à des trucs ^^
Par Raison-et-sentiments le 16 octobre 2011
Oui voilà ; un peu de blagues potaches, des allusions sexuels c'est rigolo, mais faire de la vulgarité pour faire de la vulgarité c'est un peu... pourri :)
Par Raison-et-sentiments le 16 octobre 2011
Bon j'vais pas commenter ton passage sur les "amoureuses" parce que tes amalgames me fatiguent légèrement :)
Pour le livre, oui je suis d'accord, il sert à rien, comme un bon nombre d'autres.
Par bredouille le 13 novembre 2011
Pour la deuxième citation que tu as mise, je trouve le propos tellement exagéré que ça ne peut être que du second degré pour moi oO Mais apparemment le livre n'est pas une grande réussite humoristique...Ça me rappelle une BD que j'avais vue en librairie, "90 livres cultes à l'usage des personnes pressées"(un livre = quatre cases), j'aimerais bien tenter un jour, mais après avoir lu tous les bouquins que je veux lire dans cette liste, j'aime pas qu'on me raconte la fin, moi xD
Par Raison-et-sentiments le 13 novembre 2011
Mouais, j'espère que c'est du second degrés, mais à lire le reste de la postface et le bouquin en entier ça n'en a pas l'air du tout :/
C'est sûr que c'est à lire quand tu connais la fin du bouquin, j'ai d'ailleurs sauter les présentations de livres que je n'avais pas lu pour ne pas me gâcher la surprise.
 

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